00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ AlexisPC Le jour où je me suis retrouvé ! XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Le jour où je me suis retrouvé ! — Chapitre 8 · La désillusion affreuse...

19 minutes
4.5k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de AlexisPC
AlexisPC
Histoires publiées
151
Abonnés
609
J'aime cumulés
34.8k

Le jour où je me suis retrouvé !

Chapitre 8 · La désillusion affreuse...

En sortant de la chambre la première, Stéphanie me regarda en souriant et, pensant, faire de l'humour me demanda
— Tu as aimé le spectacle ?
— Pas vraiment, non !
Ma réponse froide, sèche et distante la laissa un instant perplexe. Elle me regarda en fronçant les sourcils, des questions pleins le regard.
Isabella arriva à cet instant et, se penchant sur moi, voulu m'embrasser.
Je me reculais dans le fond du fauteuil, évitant ses lèvres mais en n'oubliant pas de la fixer dans le blanc des yeux.
— Marcus ?
Je la regardais, distant et froid. Je sais que je fis passer le feu dans la prunelle de mes yeux et qu'elle recula doucement, se questionnant sur la situation qui semblait lui échapper totalement.
J'avais bien compris qu'elle souhaitait que notre couple profite de cette escapade newyorkaise et de la rencontre de Stéphanie pour s'encanailler un peu plus. Je ne suis pas idiot. Mais il y a une marge, que dis-je un escalier, entre vouloir et pouvoir. Me demander mon avis aurait, probablement, été la plus élémentaire politesse. Car Stéphanie, aussi élégante et ravissante soit-elle devenue, n'en restait pas moins mon amie depuis ces années qui nous avaient forgés et cela malgré le temps passé loin de l'autre. Franchir le cap de la relation intime avec elle, en plus dans le cadre d'un trio, était, de mon point de vue, délicat. En discuter auparavant me semblait évident si tel était son fantasme. Parce que je n'ose imaginer les réactions si cette attitude était venue de mon fait. Qu'une femme entame directement ces gestes sans en avertir son compagnon semblait acceptable mais qu'un homme tente ce genre de comportement, qui plus est aux Etats-Unis, était irréaliste et immédiatement sujet à controverse, voire procès pour harcèlement. J'étais pour l'égalité homme - femme. Mais dans TOUS les domaines. J'étais, donc, furieux. 
Je me levais lentement et me dirigeais, à mon tour, vers ma chambre, laissant les deux femmes perdues par cette réaction que je ne m'expliquais pas non plus mais qui était tout à fait normale au vu des circonstances et de l'homme que je suis.
Je savais simplement que quelque chose venait de changer en moi concernant Isabella. Je n'arrivais pas à décider si j'étais heureux ou si j'étais désespéré.
Pour la première fois de ma vie, je ne trouvais pas la réponse.
— Marcus ? Répéta Isabella alors que je franchissais la porte que je refermais derrière moi sans un regard pour les deux femmes en nuisette.
Je présume qu'elles restèrent immobiles un instant, ne comprenant pas les tenants et les aboutissants de la situation. Ce n'est que lorsque je verrouillais la porte qu'Isabella réagit. Le bruit de la penne était symbolique et je venais de refermer sur moi quelque chose qui aurait pu être beau. Mais pas dans ces conditions inacceptables.
Mon sentiment, à cet instant, était que je venais de perdre Isabella. Elle avait choisi Stéphanie, qu'elle ne connaissait que depuis quelques heures, à celui qui était avec elle depuis des semaines.
Cependant, je me souvins que notre relation avait débuté de la même façon. Un instant suspendu dans le temps qui m'avait permis de l'approcher et de la conquérir en une seule action de ma part qui s'était terminée par une première nuit ensemble.
Isabella n'était pas comme ces américaines qui sont légion et pour lesquelles les “dates” représentent l'acmé de la vie sociale. Enchaînant les rendez-vous sans concrétisation, sans projets plus longs que celui de la soirée entre deux verres partagés sur les réseaux sociaux à grand coups de photos et de slogans ridicules.
Isabella savait ce qu'elle voulait de la vie. L'éclate, le plaisir, la jouissance de son corps de rêve, de son intellect. Alors sombrer dans la luxure en quelques heures n'était visiblement pas un problème pour elle.
Mon ancienne amie, Stéphanie, venait d'en faire la conquête et je venais d'être relégué aux oubliettes de ses plaisirs. Parce que je ne pouvais accepter cela.
Tant pis. J'en prenais mon parti. Après tout, je n'étais pas homme à forcer une femme pour un rapport, à menacer pour rester, à supplier pour un regard. J'étais juste sincère, poli et respectueux. Ce qu'elles n'étaient pas.
Quelques coups discrets retentirent à la porte.
Je n'y répondis pas.
— Marcus ? Marcus...que se passe-t-il ?
— Je crois que nous avons fait une connerie, Isabella ! Entendis-je répondre Stéphanie avec, ce que j'imaginais, un petit rictus de satisfaction.   
La tête sur mon oreiller, je fixais le plafond, revivant par la pensée ces moments entre elles que j'avais volés tel un voyeur de bas-étage. Je me dégoûtais. Non seulement parce que j'avais été faible face à cette situation inédite mais aussi parce que si l'une des protagonistes était une femme qui m'avait aidé durant ma jeunesse et venait de me poignarder dans le dos, l'autre était celle qui m'avait fait baisser la garde.
On ne m'y reprendrait plus !
Je m'endormis avec cette sensation désagréable dans la bouche, avec le goût de la trahison et du mépris.
Le lendemain, je m'éveillais à quatre heures trente du matin. Mon réveil avait fait son effet. J'envoyais un message à mon chauffeur pour qu'il passe me prendre dans une heure. Il me répondit dans la minute. Je pris une douche rapide et, après avoir revêtu un costume gris anthracite sur une chemise blanche, je sortis sans bruit de la chambre. Mes valises étaient faites et mon ordinateur dans sa mallette sécurisée.
En sortant dans le salon, les deux femmes avaient disparu. Je les cherchais un moment pour les trouver chacune dans l'une des chambres de la suite. Je ne ressentis plus rien, à cet instant, si ce n'est un sentiment trop fort de trahison. Je fermais les portes silencieusement après avoir jeté un dernier regard à Isabella qui dormait, repliée sur elle-même, vulnérable. Sa respiration était régulière et fluide.
J'eus un pauvre sourire triste, comme celui que l'on jette en quittant, pour la dernière fois, quelque chose qui nous tenait à cœur.
Je descendis à la réception pour y trouver un jeune homme un peu ensommeillé mais néanmoins parfaitement professionnel malgré l'heure matinale. Mais à New-York, “The city that never sleep”, comme le chantait Sinatra, cela n'avait rien d'étonnant.
— Je souhaite clôturer mon compte à l'exception de la chambre de ma secrétaire qui va la conserver encore quelques jours, s'il-vous-plaît. Vous enverrez l'ensemble à mon bureau, comme d'habitude, lorsqu'elle quittera l'hôtel ?
— Bien sûr, Monsieur Stein. Ce sera fait !
— Vous veillerez à ce que mes bagages soient descendus avant midi ? Je retourne en Californie ce soir, mentis-je. Mon chauffeur passera les prendre et les emmènera à l'aéroport.
— A votre service, Monsieur Stein.
— Ah, dernière chose. Il y a encore deux personnes dans la suite. Vous veillerez à ce qu'elles ne manquent de rien et vous porterez l'ensemble sur ma note finale. Je vous remercie.
— Bonne journée, Monsieur Stein ! Au plaisir de vous revoir prochainement à l'hôtel Pierre.
J'eus un faible sourire.
Mon chauffeur était là et m'attendait avec patience.
— Bonjour, Monsieur Stein.
— Bonjour. Au bureau, s'il-vous-plaît.
— Bien, Monsieur.
Quelques minutes plus tard, j'étais installé à mon ordinateur au centre de Manhattan. Par la grande verrière, je regardais un instant le soleil se lever à l'Est. Le spectacle était magnifique.
Je ne l'avais jamais regardé depuis le haut d'une tour de quarante étages. C'était éblouissant.
Mes pensées, à cette heure matinale, revinrent vers une chambre de l'autre côté de Central Park, près d'une jeune femme qui m'avait, la veille, brisé le cœur par une attitude que je ne comprenais pas et que je ne cautionnais pas.
Mon téléphone vibra sur la grande table en verre à cet instant.
Je regardais pour voir le visage d'Isabella me fixer depuis l'écran. Je ne répondis pas, ni les fois suivantes. Ses messages arrivèrent alors, l'un après l'autre. Je ne les ouvris pas.
En revanche, à six heures trente, je réveillais Sam.
— Sam ? Marcus ! On y va.
— On va où ? Me répondit-il, la voix encore endormie.
— Je prends le contrôle de Apex Manhattan Realty !
— QUOI ?
Je venais de le réveiller complètement.
— Marcus ? Tu as bu ?
— Non.
— Tu es sérieux ?
— Totalement.
— Merde. Bon, j'arrive. Ne bouge pas !
Je souris.
— Où veux-tu que j'aille ?
— Avec une femme comme Isabella dans ton entourage, tu pourrais partir n'importe où et n'importe quand.
— Elle n'est plus dans ma vie !
— QUOI ?
Pour la seconde fois en une minute, il venait de m'exploser le même tympan.
— PUTAIN MARCUS !!! T'es con ou quoi ?
— Je sais que je te paie pour gérer mes contrats, Sam. Mais pas celui-là, si tu veux bien. On en reste là, c'est mieux pour tout le monde.
— Je suis là dans quinze minutes.
— Il te faut trente minutes pour arriver depuis ton hôtel.
— On parie ?
Il raccrocha.
— Samantha, pourriez-vous m'apporter un nouveau café, s'il-vous-plaît ?
Mon assistante californienne que j'emmenais partout avec moi était arrivée quelques minutes plus tôt. Elle entra avec un café en disant
— Vous êtes arrivé très tôt, ce matin, Monsieur Stein.
— Vous avez vu, je vous ai, enfin, battue.
— Très drôle.
Elle posa le café sur mon bureau et retourna vers son bureau. Je la détaillais un instant. Elle avait quarante-sept ans, professionnelle jusqu'au bout de ses ongles manucurés à la perfection. Sa jupe noire stricte se tendait à chacun des pas de ses talons hauts, dessinant son fessier élégant. Son chemisier, blanc et vaporeux, semblait flotter avec son déplacement. Est-ce parce que j'avais le cœur brisé que je la regardais différemment ce matin ? Je n'en sais rien.
Mais sa poitrine qui s'agitait sous son chemisier et son fessier moulé parfaitement me firent tourner la tête vers elle. Elle était très belle, mais je le savais déjà. Son mari était ingénieur en Californie et acceptait, sans sourciller, ses déplacements en ma compagnie. Il savait que Samantha était ma secrétaire mais aussi qu'elle connaissait tous mes secrets. Sans elle, mes sociétés s'effondreraient en quelques minutes. Elle était l'âme de mon entreprise. Elle connaissait tout le monde et était adorée de tout le monde.
Je souris parce que Samantha était l'archétype de la professionnelle parfaite à l'antithèse de ces bimbos décérébrées qui hantaient les bureaux de mes concurrents afin de satisfaire des egos de mâles en ruts en mal de testostérone. Elle était divine mais surtout divinement inatteignable pour quiconque. Son mari me faisait confiance et j'étais homme à ne pas jouer avec ce genre de choses.
J'avais plus de collaboratrices que de collaborateurs. On m'en faisait souvent la remarque en rigolant ou en plaisantant lourdement.
— Plus de femmes que d'hommes ? Tu ne t'embêtes pas, mon cochon !
Le genre de remarques que j'adore haïr.
Je réponds, alors toujours, la même chose.
— Certains tentent de se rassurer avec un sentiment de supériorité patriarcal. D'autres avancent avec ce qui se fait de meilleur. Je n'y peux rien si les femmes travaillent plus vite et plus fort que la majorité des hommes.
Ainsi, Samantha était une perle.
Mes dossiers étaient sur mon bureau avant que je ne les demande, mes rendez-vous planifiés comme une stratégie militaire et mes désirs devancés. Elle était parfaite.
Mon téléphone sonna à nouveau.
Cette fois, c'était Stéphanie qui attaquait. Elle venait, pourtant d'être rayée des cadres. Sam entra sur ces entrefaits.
— Tu as mis dix-huit minutes ! Dis-je en riant.
Samantha lui apporta aussi un café en me disant
— N'oubliez pas votre rendez-vous à neuf heures, Monsieur Stein.
— Déplacez-le, Samantha. Je vais avoir besoin de temps, ce matin.
— Comme vous voulez ! Me répondit-elle en levant les yeux au ciel.
J'adore cette femme. Sam, d'ailleurs, ne put retenir un sourire en voyant son geste.
— Quand vas-tu te débarrasser de cette péronnelle ?
— Jamais. Tu risquerais de me la piquer pour ton cabinet.
— Tu me connais si bien.
Samantha passa la tête par la porte vitrée pour dire
— Je vous ai entendu, Monsieur Porter. Vous irez chercher vous-même votre prochain café. La péronnelle est en grève pour une heure.
Il était hilare et elle lui rendit son sourire.
— Bon, tu es venu pour me parler de ma secrétaire ?
— Non.
Il s'assit et me répéta
— TU AS BU OU QUOI ?
— Non, Sam. Je suis sérieux. Est-ce possible ?
— Possible ? Je n'en sais rien, moi. Je n'ai pas les chiffres pour ce genre d'opération. Je ne t'ai transmis que ce qui est public. Mais c'est un monstre, Marcus. Tentaculaire. Je ne suis pas certain que tu en sois capable.
— Regarde cela, s'il-te-plaît.
— Je peux te poser une question ?
— Bien sûr.
— Pourquoi ?
Je le regardais un instant puis je lui dis la vérité.
— Parce que je suis en colère.
— Tu m'expliques ?
Je lui parlais de la réception d'hier, de la fin de soirée, de la trahison de Stéphanie et d'Isabella.
— Je ne veux rien savoir de ta vie privée, Marcus. Cela ne me regarde pas. J'ai mal réagi, ce matin, en te gueulant dessus en entendant que tu avais eu un problème avec elles. Mais finalement, cela ne me concerne pas. Tu sais toujours ce que tu fais !
Il dit cela avec, tout de même, une pointe d'interrogation dans les derniers mots. Je ne répondis tout simplement pas.
— Ok ! On essaie. J'ai une info que tu m'as fournie hier qui peut être décisive, dis-je. Je suis curieux de voir si tu vas la trouver aussi.
— Bon ! Je vois que tu es décidé. Je vais dans mon bureau et je te tiens au courant.
— Merci. Dès qu'Erwan est là, tu me l'envoies.
A sept heures, je reçus le message que j'attendais depuis hier soir.
>Marcus, il faut qu'on parle
C'était Michaël. Il sentait le vent du boulet arriver. Il me l'avait envoyé depuis un nouveau numéro. Je l'ignorais totalement. Tout vient à point à qui sait  attendre.
Je demandais à Samantha de s'occuper de lui fixer un rendez-vous dans deux jours.
— Monsieur Stein ? Vous ne repartez pas en Californie ce soir ?
— Non ! J'ai des choses à régler à New-York, lui dis-je en comprenant bien que cela signifiait qu'elle restait encore quelques temps avec moi.
— Je décommande le jet ? Dit-elle de façon rhétorique tout en poussant un petit soupir me faisant comprendre qu'elle n'appréciait que peu le fait de retarder les retrouvailles avec son mari.
— Oui ! Et réservez-moi une chambre dans un autre hôtel.
— Le Pierre ne vous convient plus ?
— Trop de problèmes ! Dis-je, évasif.
— Bien.
Professionnelle et efficace, comme toujours.
A sept quarante-cinq heures, mon directeur financier, Erwan, entra dans mon bureau.
— Marcus, Sam m'a parlé. Tu es certain de ce que tu veux tenter ?
— J'ai besoin de passer ma colère.
— C'est un peu léger comme motif dans ce cas précis, tu sais ?
— Oui ! Dis-je en riant. Mais je sens qu'il y a une opportunité si l'on s'en réfère aux dossiers que Sam m'a communiqué hier soir.
— Je peux regarder ?
— Tu les as sur ton cloud.
— J'y vais et je te reviens rapidement.
— Demande à Sam de vérifier deux fois tout ce qu'il m'a communiqué. Je veux être certain de mon coup si je le lance.
— Ok.
Deux heures plus tard, ils revinrent. En trois mots, ils décidèrent pour moi.
— C'est faisable !
— Comment ?
— Tu as besoin de plus de liquidités, c'est le seul problème.
— Je répète : Comment ?
— Tu revends R&W.
— Je viens de l'acheter.
— Je sais.
Je me retournais vers la Skyline et une idée totalement idiote me vint à l'esprit.
J'attrapais mon téléphone et lançais un appel
— Monsieur Chen ? Marcus Stein. Pourriez-vous vous déplacer à mon bureau, ce matin. J'ai une proposition à vous faire. Oui, encore une ! Dis-je en riant. Bien. Dans une heure ? Parfait. A tout à l'heure.
— Tu es génial, Marcus ! Me dit Sam qui avait compris.
— S'il accepte, cela peut être fait ce soir.
— Go dans ce cas. On y va. Parce que je n'ai pas beaucoup de temps pour trouver un trader capable d'une telle opération.
— Prends Tudor Investment. Le meilleur. Je ne veux rien laisser au hasard. Appelle-les et propose le truc discrètement. Parle avec le fils Tudor, Simon si je me souviens bien. S'il accepte, l'OPA doit être réalisée entre midi et la fermeture des marchés, ce soir.
— Tu es complètement dingue, Marcus. Mais c'est ce que j'aime chez toi.
Vers dix heures, Monsieur Chen entra dans mon bureau. Une heure plus tard, il en sortait convaincu. Je venais de lancer une OPA hostile (ndlr : OPA : Offre Publique d'Achat. Opération visant au rachat d'un pourcentage d'actions suffisant pour prendre possession d'une entreprise) sur le plus gros cabinet immobilier de New-York grâce aux dividendes que j'avais versé à Monsieur Chen pour l'achat de sa société. Les fonds qui me manquaient étaient, aujourd'hui, à lui puisqu'ils avaient servi à racheter ses parts de la société.
Il allait s'associer avec moi, puisqu'il était aussi dans l'immobilier, pour avaler à deux notre principal concurrent sur le marché de la côte Est. Je voulais réaliser un miracle en prenant le contrôle de cette société en moins de vingt-quatre heures.
Mais la principale attaque vint vers onze heures trente.
Stéphanie et Isabella entrèrent ensemble dans mon bureau alors que je signais le contrat de lancement de l'OPA hostile contre Apex Manhattan Realty (AMR). J'allais rafler cinquante pourcents plus une des actions en circulation sur le marché de Wall Street. J'offrirai quinze pourcents en plus de la valeur actuelle de chaque action. La situation financière n'était pas bonne et plusieurs actionnaires s'impatientaient sans royalties depuis trois ans. Je savais que c'était faisable mais très rapidement, sans leur laisser le temps de respirer.
Mais, pour l'instant, j'avais un double problème à régler.
Il se tenait en tailleur et talons hauts en face de moi.
— On peut savoir à quoi tu joues, Marcus ?
— Bonjour Isabella, bonjour Stéphanie. Vous m'excuserez, mais je manque de temps, ce matin.
— Tu nous vires encore ?
— Oui !
Isabella craqua.
— PUTAIN, TU NE VAS NULLE PART ET TU RESTES ASSIS AVEC NOUS.
— Désolé mesdames mais mon OPA n'attendra pas.
— De quoi parles-tu, demanda Stéphanie. Quelle OPA ?
Elles étaient magnifiques.
Isabella portait une veste blanche ouverte sur un body noir en dentelles du plus bel effet laissant deviner le galbe de ses seins majestueux. Ses jambes étaient dissimulées par un pantalon de la même couleur. Ses talons hauts, blancs également, lui conféraient un port merveilleux. Son sac à main de créateur pendu négligemment à son avant-bras. Ses yeux, maquillés comme pour un combat, lançaient des flammes tout autour d'elle. Mais elle ne m'impressionnait plus.
Stéphanie avait revêtu un tailleur gris sur une chemisier blanc déboutonné juste ce qu'il fallait pour laisser un magnifique sillon apparaître, sa poitrine rehaussée par une lingerie qui devait compresser ses seins l'un contre l'autre. Son pantalon et ses talons hauts étaient, aussi, très élégants.
Elles étaient sublimes mais ma douleur était plus grande que cela.
Alors, je répondis
— Je lance une OPA, ce matin. Assez hostile d'ailleurs. Le reste ne vous regarde pas. Vous lirez les journaux. J'ai besoin de calme et de concentration. Je suis certain que vous trouverez à vous divertir ensemble sans moi. D'ailleurs, n'as-tu pas un avion à prendre, Stéphanie ? Cela t'empêchera peut-être de me prendre ce pour qui, je pensais, compter un tout petit peu. Et toi, Isabella, ton patron t'attend aujourd'hui, si je ne me trompe pas ?
Maintenant, mesdames, si vous voulez bien m'excuser. J'ai, pour ma part, un travail qui n'attend pas. Adieu !
Elles restèrent figées par ma fureur. J'y avais mis toute ma rage et tout mon mépris en la regardant de la tête aux pieds, tout comme Isabella.
Je sortis sur ces paroles et je dis, à ma secrétaire, assez fort pour qu'elles entendent
— Samantha, appelez la sécurité ! Que ces personnes soient escortées hors de mes bureaux avant cinq minutes. Dans le cas contraire ou si elles refusent d'obtempérer, vous appellerez la police tout en déposant une plainte pour intrusion, harcèlement et agression.
— Bien Monsieur Stein !
Je venais de mettre un terme, sans trembler en apparence, à un rêve que je pensais éternel. Je m'étais trompé. Mais je n'avais pas tiré le premier. Isabella, en s'envoyant en l'air avec Stéphanie sous mes yeux, avait rompu notre lien. Je revoyais son regard m'observer tandis qu'elle embrassait Stéphanie sous la douche, sa langue caressant la sienne, son sourire narquois face à ma détresse, ses mains courant sur les seins de sa maitresse, ses cuisses écartées pour permettre l'intrusion de deux doigts au fond d'elle-même, ses seins jaillissant sous les caresses de l'autre et surtout... surtout, j'entendais encore ces soupirs d'aise et ses gémissements qui n'avaient jamais résonnés entre nous.
Je ne regretterai cette décision que pour la durée qu'il faudrait au temps pour l'effacer de mes remords.
Le temps d'un souffle.  
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier

Commentaires ()

Passer les 10 commentaires
Mibou
18 avril 2026 à 10:25
Hé non Olga T, Marcus a bien raison. Il est temps que le respect soit partagé.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Hello67207
Hello67207
18 avril 2026 à 01:00
Excellentissime
Alors que tout semblait lisse... on pensait deviner la suite, quel rebondissement ! Toujours aussi bien écrit, bravo, vivement la suite des aventures !! J espère malgré tout qu il finira par trouver une femme pour vivre avec elle, une vie de solitaire est comme une journée sans soleil
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Elim_Rawne
Elim_Rawne
18 avril 2026 à 00:27
Alors j'ai lu plusieurs histoires de l'auteur et je ne suis pas surpris par la tournure de l'histoire. C'est un ressort scénaristique qu'utilise souvent l'auteur, le quiproquo. Le personnage principal s'aperçoit de quelque chose, analyse la situation n'importe comment, en fait toujours négativement. Accuse sa partenaire de tous les maux de la terre, en tire une conclusion hâtive sans chercher à connaitre la position de l'autre, la quitte, la ghoste. Puis la grand scène de la confrontation, des accusations, de la vérité dévoilée et de la réconciliation puis du happy end.
Soyez respectueux
Répondre
OlgaT
17 avril 2026 à 22:24
Très sérieusement je trouve que Markus exagère! Isabella ne méritait pas cela
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de mozart
mozart
17 avril 2026 à 20:25
Très belle suite, avec un rebondissement inattendu.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de aime28
aime28
17 avril 2026 à 18:32
Quel retournement
Cette série me plait bien
Rien n’est perdu entre lui et Isabella j’en suis certain
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Jacques du Canada
Jacques du Canada
17 avril 2026 à 15:04
Une autre superbe suite à ce récit. Les filles pensaient surprendre mais en fait ce sont elles qui sont surprises.
La discussion dans un couple est primordial au développement de celui-ci. La colère va t’elle retomber et l’harmonie dans le couple va t’elle revenir? Pas certain, peut-être plus tard! L’homme d’affaires est tellement occupé que les deux dames passeront certainement en deuxième pour un petit bout de temps. Î
Connaissez-vous une femme qui aime passer en deuxième?
Avant d’offrir une surprise à son amoureux, il vaut mieux être certain d’être sur la même longueur d’onde. Moi, de mon côté je navigue sur les mêmes ondes que l’auteur.
Modifié 17 avril 2026 à 15:11
Soyez respectueux
Répondre
Mibou
17 avril 2026 à 14:27
Merci pour ce superbe récit, cher AlexisPC. Je suis ravi de constater que je ne suis pas le seul à défendre la sensibilité de l'homme. Comme s'ils ne pouvaient avoir de conscience, de sensibilité ou de respect à l'égard de leurs compagnes.
J'adhère totalement à l'idée qu'à deux on peut réaliser plein de choses extraordinaires mais l'imposer à l'autre est un vrai manque d'honnêteté et de respect, tout ce que je déteste.
J'attends la suite avec impatience, convaincu que la messe n'est pas dite...
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de fab-io72
fab-io72
17 avril 2026 à 13:59
Je ne m'attendais pas à une réaction si tranchée de la part de Marcus. J'avoue que je suis resté "scotché" quand j'ai lu ce passage. Mais comme Osensuel le dit plus haut, j'ai l'impression que ce n'est que le début de quelque chose qui pourrait bien nous surprendre encore plus.
C'était encore un plaisir de vous lire.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Osensuel
Osensuel
17 avril 2026 à 13:51
Comme d’habitude, vous ne faites pas dans la dentelle. J’aime beaucoup cette attitude à contre courant qui défend l’homme et sa sensibilité. On se serait attendu à ce qu’il apprécie le spectacle, mais c’est vrai que si Isabella l’avait découvert dans la douche avec Stephanie, personne n’aurait été surpris qu’elle parte ulcérée. C’est en fait exactement la même situation et donc sa réaction est complètement compréhensible. Même si il est dévasté de perdre Isabella la femme de sa vie
Ceci dit, je pressens que vous nous préparez des rebondissements et que la page n’est peut être pas 100% tournée
En tout cas, comme d’habitude, vous lire est un ravissement, merci pour ces moments
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Mibou Caprice, orgueil et conséquences XSTORY
Caprice, orgueil et conséquences
Chapitre 2
Par Mibou
102
2
5.9k
Hétéro
✦ NathNMitch (47) Nath et Mitch - Le scandale arrive à la… XSTORY
(47) Nath et Mitch - Le scandale arrive à la Saint-Valentin
Chapitre 1
Par NathNMitch
240
2
2.9k
Hétéro
✦ NathNMitch (8 - Nath et Mitch - Nathalie dérape en voyage… XSTORY
(8 - Nath et Mitch - Nathalie dérape en voyage d'affaires
Chapitre unique
Par NathNMitch
92
15
6.2k
Bi
✦ Anthynéa Les saisons d'une vie XSTORY
Les saisons d'une vie
Chapitre 3
Par Anthynéa
60
2
12.9k
Bi
✦ M. PAUL Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice XSTORY
Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice
Chapitre 5
Par M. PAUL
61
2
5.1k
Bi
✦ Anabee Susane & Alex – Soirée poker avec le patron de mon… XSTORY
Susane & Alex – Soirée poker avec le patron de mon mari
Chapitre 2
Par Anabee
163
4
9.8k
Hétéro
✦ Sykes Voyage d'affaires XSTORY
Voyage d'affaires
Chapitre unique
Par Sykes
93
3
24.9k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio