Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La vie sexuelle d'Amélia — Chapitre 32 · Les projets de Patrick
Auteur
La vie sexuelle d'Amélia
Chapitre 32 · Les projets de Patrick
Résumé
Mariée à René et mère de Patrick, 10 ans, Amélia vient de passer quelques jours sur le bateau de sa riche amante Nathalie...
Mariée à René et mère de Patrick, 10 ans, Amélia vient de passer quelques jours sur le bateau de sa riche amante Nathalie...
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Patrick
École Paul Bert, Maisons-Alfort, 18h
Je rentre dans l'école. Les enfants sont en train de jouer. Je me dirige vers la cour des grands. Pat vient au-devant de moi. Il a un magnifique œil au beurre noir et d'autres ecchymoses sur le visage. Il me fait un rapide bisou sur la joue et prend ses affaires.
— My God... Qu'est-ce qui t'est encore arrivé, mon poussin...
— Oh, ça... Ce n'est rien, Mom... Tu n'avais pas besoin de venir, je serais rentré tout seul à 19h... Enfin c'est gentil...
Je salue les dames du centre aéré.
— C'est une terreur, votre enfant, Madame Boulanger...
Je m'apprête à répondre lorsque Monsieur Caproni, le directeur, se dirige vers moi.
— Bonsoir, Madame Boulanger, vous savez qu'on a des problèmes avec Patrick ? Il s'est encore battu !
— C'est lui qui a commencé, proteste l'enfant.
— On va en parler dans mon bureau... Il s'est jeté sur un camarade et l'a blessé !
— Un instant, Monsieur Caproni, il semble que son adversaire se soit bien défendu !
Et j'examine le visage de Pat, lui arrachant un cri.
— Son adversaire, le petit Rachid, est à l’hôpital : il a l'arcade sourcilière et la lèvre fendus !
— On peut écouter la version de Pat ? Que s'est-il passé, chéri ?
— Il t'a traitée, Mom ! (sic)
— Comment cela, il m'a traitée ?
— Je te le raconterai, Mom, mais pas ici !
Et il regarde le directeur en ajoutant :
— Il a insulté ma mère ! Arnaud vous le dira : il a tout vu et tout entendu !
— On ne fait pas justice soi-même, Pat ! Tu sais que les parents sont décidés à porter plainte ?
Le visage fermé, je prends mon smartphone dans mon sac.
— Vraiment ? Moi je suis sûre que Pat avait une raison de réagir ainsi : c'est un enfant raisonnable et équilibré, très pondéré, il n'a certainement pas fait cela sans raison. Je téléphone immédiatement à Maître Armande de Keralen, mon avocate ! Je vous signale que cela s'est passé dans votre école et que vous êtes responsable !
Le directeur essaie de m'en empêcher.
— Calmez-vous, Madame, je suis sûr qu'il y a un moyen de s'arranger ! C'est vrai que Pat est un enfant à l'esprit vif, mûr pour son âge, excellent élève, il peut réussir brillamment...
— Je lui demande surtout de faire ce qu'il aime et je n'ai pas l'intention de le pousser comme un cheval de course comme on le fait dans mon pays d'origine... Donnez-moi des nouvelles de l'autre enfant quand vous en aurez, nous allons rentrer...
Nous sortons et nous rentrons à pied.
— C'est gentil de m'avoir défendu, Mom... Capro, c'est un c..., de toute façon...
— Ne dis pas de choses comme ça, chéri... Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Sur internet, on t'a vu sur le yacht de Nathalie Schneider en topless avec un cum (re-sic)...
— Un cum, dear ? What do you mean ?
— Un cum : a guy, Mom... Un mec.
Il ajoute en soupirant comme si j'étais une enfant retardée :
— C'est du verlan. Il te tenait dans ses bras et tu riais.
Je rougis.
— D'abord, il ne me tenait pas dans ses bras, il me montrait comment manier les cordages d'un voilier, oui, on dit les cordages. Je n'ai rien fait de mal avec ce garçon... enfin presque rien...
— Mais tu n'as pas à t'excuser ni à te justifier, Mom. Je ne peux pas supporter qu'on t'insulte, c'est tout. J'ai fait ce que je devais faire et je ne regrette rien.
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Amélia chez elle
Chez Amélia et René, 19h30
J'entends un léger coup de klaxon dans l'allée. J'accours pour ouvrir le portail du jardin et la Mégane se gare. René sort et nous nous faisons une étreinte brève comme deux personnes liées par une entente physique profonde et ancienne. Et pas seulement physique, d'ailleurs : savez-vous ce que c'est de bien s'entendre avec quelqu'un ? Eh bien ce n'est pas désagréable, comme disent les Français qui s'expriment par litotes...
*** Passage censuré pour ne pas choquer la pudibonde modération automatique d'Xstory *** Que c'est bon de retrouver une personne qu'on connaît par cœur après quelques jours d'émotions nouvelles et imprévues...
— C'est gentil de te souvenir de temps en temps qu'on existe et de venir faire du tourisme à Maisons-Alfort...
— Oh, tu exagères, ce n'étaient que trois jours en bateau. J'adore le bateau, j'ai vomi tout le contenu de mon estomac plus mes tripes mais c'était bien...
— Nathalie va bien et son... équipage aussi ?
Je rougis tandis que nous entrons dans la maison.
— À propos, le petit s'est battu...
— Encore ?!
— À table, les amoureux, c'est prêt ! C'est servi dans la salle à manger !
Pat, comique mais parfaitement sérieux avec son tablier noir, apporte un saladier contenant des tagliatelles blanches et vertes.
— C'est une recette à moi, il y a des champignons, de l'ail et de la crème et on ajoute un œuf par personne... et le reste est secret ! Pour le soir c'est bien. Ça se prend avec du blanc, il y en a dans le frigidaire mais je n'y touche pas, je n'ai pas l'âge et gnagnagna...
— C'est gentil, mon poussin. Effectivement, il ne t'a pas raté... Encore une dispute ?
— C'est bon, on ne va pas en parler toute la soirée, si ?
Il nous sert avec des pinces à spaghetti et il casse un œuf sur chaque assiette.
— Sans parmesan, parce que ça casserait le goût. Mom, tu t'occupes du vin si vous en voulez ?
Je vais chercher dans le frigidaire une bouteille de Graves blanc des voisins de Camille (1), je la débouche et je sers le vin. Le plat de Pat est succulent.
— Ce petit passe son temps à faire la cuisine. Il devrait s'occuper de son travail de classe et jouer, comme les autres enfants...
— La psy de l'école le trouve mûr pour son âge...
— Il faut dire que c'est un enfant unique...
— Désolée, chéri, mais Benhaïm (1) m'avait déconseillé d'en avoir un deuxième : trop vieille, elle trouvait cela dangereux, elle me l'a dit et d'ailleurs on en avait parlé.
— Bon, les parents, je ne vous dérange pas ? Sinon je peux aller dîner dans la cuisine...
Et il fait mine d'emporter son assiette.
— C'est un peu tôt pour décider d'en faire ton métier, je trouve. Tu as le temps de réfléchir...
— Je sais, P'pa, c'est en troisième, mais je m'en tape, ma décision est prise. Bon, vous aimez le plat, oui ?
— C'est absolument délicieux !!
— Ce n'est pas un peu dommage pour un garçon brillant comme toi d'arrêter à la troisième ?
— Parce que les manuels, ce sont tous des c..., c'est bien connu...
— Pat, sois gentil avec ton père, s'il te plaît...
— Des professionnels sont venus nous présenter leur métier, vous vous souvenez ? Le cuisinier, j'ai adoré !
— Moi, je te soutiens à fond, honey, et ton papa aussi, j'en suis sûre ! C'est bien d'avoir un projet !
(1) Voir « Amélia et le couple »
À suivre
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