Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Fièvre animale — Chapitre 13
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Fièvre animale
Chapitre 13
Chapitre 13
Je suis pétrifié, le souffle court, incapable de détourner le regard de Marc. Le monde semble se réduire à ce rectangle de carrelage froid où les éclats de verre scintillent sous la lumière crue des néons. Le silence, brisé seulement par le bourdonnement électrique du plafonnier, devient une chape de plomb. Mais à la surprise générale, Marc ne crie pas. Ses yeux s'écarquillent, sa mâchoire se verrouille jusqu'à en faire saillir les muscles de son cou, et sans un mot, il pivote sur ses talons. Il quitte les toilettes d'un pas rapide, saccadé, ses talons claquant sur le sol avec une violence sourde qui résonne en moi comme une condamnation.
Damian et moi nous figeons, le cœur battant à tout rompre.
— Qu'est-ce qu'on fait ? murmuré-je, la voix tremblante. Il a tout vu, Damian, il a tout vu !
Damian ne panique pas ; il se raidit, le masque du prédateur reprenant instantanément sa place. Il ajuste sa veste d'un geste précis, avant de poser sur moi un regard dur, tranchant comme un scalpel.
— On ne fuit pas, tranche-t-il, la voix basse. On retourne nous asseoir. Agissons comme si de rien n'était. C'est notre seule arme.
Lorsqu'ils reviennent à la table, l'ambiance est devenue irrespirable. Marc est déjà assis, le regard fixé sur son verre. Julien ne remarque rien.
— Eh, vous avez mis du temps ! lance-t-il. Tout va bien ?
Je m'assois, le visage figé.
— Juste... une discussion sur le travail, rien de spécial, lâché-je.
Le reste de la soirée est une torture. Marc ne nous lâche pas du regard, cherchant une faille. Au bout d'un moment interminable, Julien consulte sa montre et s'en va, nous laissant seuls sur la terrasse. Le silence qui s'installe est oppressant. Marc se lève lentement, ses mouvements sont calculateurs. Il se plante devant Damian.
— Vous... lance-t-il, la voix étrangement calme.
Damian intercepte son regard, une autorité froide dans la voix.
— Oui, Marc. Mais pas ici. Suis-nous jusqu'à ma villa. Nous allons tout t'expliquer.
Marc acquiesce, un sourire amer étirant ses lèvres, et se dirige vers sa voiture dans un silence de mort.
Le trajet se fait dans une atmosphère de plomb. Damian ouvre la route, et je surveille nerveusement dans le rétroviseur les phares de Marc, qui nous suivent comme un spectre. La villa se dessine dans la pénombre, une forteresse de pierre baignée par la lumière crue des projecteurs. Une fois dans le hall, Damian referme la lourde porte avec un claquement sec qui résonne dans toute la bâtisse, coupant tout lien avec le reste du monde.
Marc s'immobilise au milieu du salon. Il soupire, incapable de contenir ce qu'il a vu et ce qu'il ressent face à l'imposante demeure.
— Je ne comprends rien à ce qui se passe ici, lâche-t-il enfin.
Il fait quelques pas, puis se tourne vers moi, le regard brûlant de confusion et de mépris.
— Explique-moi, Nate. Explique-moi pourquoi je t'ai vu dans ces toilettes avec lui, pourquoi tu te laissais faire, et pourquoi tu embrassais Damian ? Je croyais que tu étais 100% hétéro ? C'est quoi ce délire ? Est-ce que c'est du chantage, ou tu es devenu son jouet ?
Je sens le rouge me monter aux joues, le cœur prêt à exploser. Damian s'apprête à intervenir, mais je fais un pas en avant, la voix brisée mais ferme.
— Ce n'est pas ce que tu crois, Marc. Personne ne me contrôle. C'est réel. Damian n'est pas juste mon patron.
Marc se tourne vers moi, le regard acéré.
— Ah oui ? Alors explique-moi, Nate. Depuis combien de temps ? Depuis quand tu couches avec des mecs ?
Damian pose une main sur mon épaule, un geste de possession autant que de protection. — Il n'a rien vendu, Marc. Il est tout ce que j'ai. Et c'est justement parce que je ne laisserai personne lui faire du mal que tu es ici. Tu as découvert quelque chose qui ne concerne personne d'autre. Tu as deux choix : tu acceptes cette réalité et tu l'oublies, ou tu en fais ton problème. Et crois-moi, tu ne veux pas que ce soit ton problème.
Le silence retombe, plus épais, plus dense. Marc nous regarde, réalisant soudain que la villa est peut-être le dernier endroit où il devrait être. Il est pris au piège, non pas par des chaînes, mais par la vérité qu'il a cherchée.
Dans l'immense salon, l'atmosphère est chargée d'une électricité statique qui semble faire vibrer les vitres. Marc est affaissé sur un fauteuil en cuir, le regard oscillant nerveusement entre nous. Damian ne me quitte pas des yeux, son bras protecteur autour de ma taille, sa main remontant parfois pour caresser mon flanc avec une aisance qui fait tressaillir Marc.
Marc rompt le silence, sa voix trahissant une curiosité qui éclipse peu à peu son choc initial. Il se penche en avant, les yeux plissés.
— Nate... je n'arrive toujours pas à réaliser. Tu as toujours été le dragueur du bureau, celui qui ne jurait que par les femmes. Comment est-ce que ça a commencé ? C'est arrivé comment, ce basculement ?
Je déglutis, cherchant frénétiquement dans mon esprit une version qui paraisse crédible. Je sens la main de Damian se resserrer sur mon flanc, un rappel silencieux de sa présence.
— C'était... le vendredi dernier, commençai-je, la voix un peu instable. Je ne me sentais pas bien toute la journée, une sorte de malaise, peut-être la fatigue ou le stress des dossiers... Quand on a fini, j'étais vraiment au plus bas. Damian s'est proposé pour me raccompagner chez moi. Il voulait juste s'assurer que j'allais bien. On est montés, on a discuté... C'était calme, différent de l'ambiance du bureau. Il a insisté pour que je prenne un verre pour me détendre. On a bu deux ou trois verres. La fatigue, l'alcool, la discussion qui devenait de plus en plus intime... à un moment donné, il s'est approché et il m'a embrassé. C'était inattendu, mais... j'étais dans un état de vulnérabilité tel que je ne l'ai pas repoussé. C'est comme si, à ce moment-là, c'était devenu une évidence.
Marc ne me lâche pas du regard, l'air de vouloir percer le moindre détail.
— C'est surréaliste. Mais, Nate, avoue... c'est sérieux, tout ça ? Tu ne fais pas ça juste pour obtenir une promotion ou pour flatter l'ego du patron ? C'est une vraie relation, ou c'est juste un jeu de pouvoir dangereux ? Tu sais ce qu'on dit, mélanger le travail et les sentiments, c'est courir à la catastrophe. Tu t'es demandé où ça allait vous mener ? Et toi, Damian... tu ne crains pas pour ta réputation ou pour la boîte ? Comment vous comptez gérer ça devant tout le monde demain matin ?
Il tourne ensuite son regard vers Damian, ignorant totalement la tension mortelle qui émane du patron.
— Et toi, tu ne l'as pas manipulé ? Tu es sérieux avec lui, ou c'est juste une passade parce qu'il est disponible et qu'il t'admire ?
Damian ne dit rien. Son regard est une lame d'acier. Il se contente de resserrer sa main sur ma cuisse, un geste de possession lente, dont les doigts s'enfoncent dans ma chair avec une autorité qui me fait gémir malgré moi. Marc finit par promettre le silence, le visage encore pâle de la révélation, mais le trouble est palpable. Après son départ, le silence retombe sur la villa.
Damian se tourne vers moi, son regard scrutateur plongeant dans le mien.
— Peut-on vraiment lui faire confiance ?
Je hoche la tête, une fatigue immense s'emparant de mes traits.
— Oui, c'est mon ami, il ne trahira pas. Il est trop sidéré.
Damian observe mon teint pâle. Il se lève, me soulevant sans effort.
— Assez discuté. Tu es épuisé. Au lit, maintenant.
Dans la chambre, alors que je retire lentement mes vêtements, une pointe d'anxiété revient.
— Il faudra bien que je retourne dans mon appartement, Damian. Je ne peux pas rester caché ici éternellement.
Il m'interrompt d'un geste ferme :
— Pour le moment, tu dors. On en reparle demain.
Je cherche à désamorcer la tension entre nous, à créer une complicité qui nous éloigne des soucis du monde extérieur. Je m'approche et je me glisse sur ses genoux, m'asseyant à califourchon. Mes lèvres cherchent les siennes. Au contact, il réagit instantanément. Ses mains agrippent mes hanches, ses doigts s'ancrant profondément dans ma peau. Je sens, contre mes fesses, la fermeté grandissante de sa queue qui bat la mesure de son désir.
Un sourire malicieux étire mes lèvres.
— Je vois que tu n'es pas vraiment fatigué, toi non plus.
Damian émet un grognement rauque.
— Tu n'as qu'à pas me chevaucher comme ça, Nate. Tu cherches les ennuis.
Dans un mouvement sauvage et soudain, il me bascule sur le dos, se plaçant au-dessus de moi. Son regard est intense, brûlant, une flamme noire qui semble lire en moi comme dans un livre ouvert. Il me déshabille du regard, chaque parcelle de mon corps mise à nu sous sa surveillance implacable. Lorsqu'il m'embrasse avec une passion dévorante, nos langues se mêlent dans une danse électrique.
Mes jambes s'enroulent instinctivement autour de sa taille, le tirant contre moi dans une urgence qui efface toutes les peurs du monde extérieur. Sous son poids, je me sens protégé, possédé, et terriblement vivant. Il me regarde chevaucher ses désirs, ses mains guidant chaque mouvement, son regard ne quittant jamais le mien, m'obligeant à soutenir cette intensité qui me consume.
Damian s'installe confortablement, le dos calé contre les oreillers massifs de la tête de lit. Ses muscles saillants se dessinent sous la pénombre de la chambre. Il m'observe avec une faim insatiable, son regard noir ancré dans chacun de mes mouvements. D'un geste impérieux, mais empreint d'une dévotion sauvage, il indique l'espace au-dessus de lui.
— Viens, Nate. Monte sur moi.
Sa voix vibre comme une note basse de violoncelle.
— Je veux te sentir contre moi, tout entier. Je veux sentir chaque millimètre de ta peau fondre sur la mienne.
Je m'approche, fébrile, mes jambes tremblant sous l'intensité de l'atmosphère. Je m'installe à califourchon, dominant la silhouette puissante de Damian. Je m'abaisse lentement, guidant avec précaution sa grosse queue. Au premier contact, je grimace légèrement ; une sensation intense et démesurée me remplit d'une plénitude immédiate. Chaque millimètre gagné m'arrache un soupir de plaisir profond qui fait naître un sourire satisfait et dominateur sur son visage.
Une fois totalement uni à lui, la sensation d'être comblé jusqu'à l'âme fait tituber mes sens. Je commence à imprimer un rythme, d'abord mesuré, explorant les sensations nouvelles, puis de plus en plus assuré, cherchant le point de rupture.
Damian, captivé par la vision de mon corps ainsi offert, les cheveux en bataille et le souffle court, m'attrape par les hanches avec ses mains larges. Il me maintient dans une étreinte solide, son regard sombre chargé d'une intensité brute.
— Tu me plais...
Murmure-t-il d'une voix rauque, presque un grognement.
— Tu m'excites vraiment. Plus que n'importe qui avant toi. Tu es à moi, chaque centimètre de toi, chaque frisson, chaque gémissement.
Galvanisé par ses mots, je prends le relais avec une ferveur grandissante. Je le pilonne avec une urgence nouvelle, le regard planté dans le sien, défiant et passionné, cherchant à soutenir cette force brute. Je ponctue mes mouvements par des baisers sauvages, avides, tandis que Damian, lui, se concentre sur ma nuque. Il s'attarde sur la marque qu'il a gravée dans ma peau, la mordillant avec une précision délibérée. Il alterne entre des baisers fiévreux et des pressions fermes de ses dents sur la cicatrice, et à chaque fois qu'il réactive ainsi cette marque, une décharge brûlante explose dans mes nerfs, effaçant toute velléité de résistance et plongeant mon esprit dans un brouillard de soumission chimique.
— Plus fort, Nate. Donne-le-moi.
Encourage Damian, ses yeux brillant d'une lueur surnaturelle tandis que ses lèvres continuent leur travail possessif sur mon cou.
La cadence devient frénétique, une transe mécanique et charnelle. Je descends et remonte avec une violence contrôlée, heurtant sa base avec une précision qui nous fait gémir à l'unisson. Chaque impulsion est un coup de boutoir qui fait vibrer nos muscles contractés, une lutte de forces où je cherche à le saturer autant qu'il me possède. Il claque ses mains sur mes fesses à chaque descente, accentuant le choc et le plaisir, marquant mon rythme de ses paumes brûlantes qui laissent leur empreinte sur ma peau rougie. La friction devient insoutenable, une brûlure délicieuse qui se propage dans tout mon bassin alors que je sens ses muscles se durcir sous moi, le faisant bondir à chaque fois que je m'encastre davantage. Ses mains agrippent mes hanches, me soulevant pour mieux m'écraser contre lui, m'imposant un tempo sauvage, une cadence infernale où je perds la notion du temps et de l'espace.
Damian libère alors des vagues massives de phéromones d'ambre, une onde de choc olfactive saturant l'air et mes pores. L'odeur est enivrante, boisée, musquée, m'enveloppant dans une aura de possession totale qui me brouille la vue. Emporté par le plaisir, il m'agrippe avec une force possessive, me verrouillant contre lui alors qu'il libère une éjaculation profonde au creux de moi, une sensation de brûlure sacrée et bouillante. Mes gémissements se mélangent à ses soupirs de satisfaction, tandis que nos rythmes cardiaques et nos souffles se synchronisent, fusionnant en un seul organisme sous l'effet du lien.
Même après avoir joui, il ne s'arrête pas. Il impose un rythme soutenu, les mains ancrées dans mes hanches, me forçant à continuer jusqu'à l'épuisement. Porté par cette stimulation incessante qui semble communiquer un message de sécurité absolue à notre enfant — le bébé réagissant vivement dans mon ventre à la puissance paternelle — je bascule vers mon propre sommet.
— Regarde-moi.
Souffle-t-il alors que j'approche du précipice.
— Regarde qui t'appartient, regarde qui tu portes.
Dans un cri étouffé, je m'écroule contre son torse, mes spasmes se prolongeant sur son visage. Dans un geste d'une possessivité brute, il lèche le bord de mes lèvres pour goûter ma semence, scellant notre union avec une dévotion presque rituelle.
Nous restons ainsi, enlacés, dans un silence troublant, seulement ponctué par nos souffles lourds qui reviennent à la normale. Haletant, je sens l'odeur d'ambre imprégner chaque centimètre de ma peau, un parfum qui me marquera pendant des jours comme une propriété privée, un signe invisible que tout le monde pourra sentir. Je regarde mes propres mains, mon corps secoué par un instinct de nidification irrésistible, cherchant désespérément à me blottir davantage dans les draps, contre cet Alpha qui est devenu mon seul refuge.
Il semble apaisé, serein, ayant "rechargé" son emprise totale sur moi. Je suis déchiré intérieurement : je me sens en sécurité, inondé par sa protection, mais une terreur sourde m'envahit. Je me demande, alors que les battements de nos cœurs s'apaisent à l'unisson, s'il reste encore une part de l'homme que j'étais avant cette nuit, ou si j'ai été entièrement absorbé par lui.
Il resserre son étreinte, enfouissant son visage dans le creux de mon cou, là où bat mon pouls, et murmure dans un souffle victorieux, une promesse qui sonne comme un verdict :
— Enfin... je suis comblé. Et toi, tu es enfin à ta place.
La chaleur moite de nos corps enlacés imprègne encore chaque recoin de la pièce, une atmosphère saturée d'une intensité qui refuse de se dissiper alors que nous sommes encore à califourchon, haletants. Damian, sans jamais rompre notre contact, amorce un mouvement lent. Il bascule progressivement, m'entraînant avec lui dans un jeu de poids parfaitement maîtrisé, jusqu'à ce que nous nous effondrions sur le lit défait.
Nous nous installons enfin, nos corps s'étalant sur la literie, mais même dans cette horizontalité, la détente ne vient pas. Je perçois une tension, une vigilance nouvelle qui s'installe dans les muscles de Damian, tendus contre moi comme ceux d'un prédateur aux aguets. Il ne me relâche pas. Au contraire, ses bras se verrouillent autour de moi avec une possessivité qui frise la paranoïa, comme s'il craignait que je ne m'évapore dans le drapé des couvertures.
Damian se redresse très légèrement sur le coude, ses mains glissant sur mes flancs avec une lenteur calculée, presque clinique. Il ne m'embrasse pas. Il m'inspecte. Ses doigts parcourent ma peau humide, s'attardant sur chaque muscle saillant de mon abdomen, cherchant la moindre trace d'un essoufflement anormal ou d'une douleur qui pourrait trahir une fragilité. Il observe mon teint, la façon dont mes paupières battent pour rester ouvertes, mon souffle qui accroche encore un peu. Pour lui, ce n'est pas seulement un après-coup amoureux ; c'est un test de vitalité. Il veut s'assurer que j'ai "tenu" le choc, que son énergie, sa semence, n'ont pas été trop violentes pour ma constitution d'Oméga.
Il plaque ensuite son visage contre le creux de mon épaule, là où sa marque irradie encore une chaleur cuisante. Il ne murmure pas de mots doux classiques. Ses mots sont des chaînes, des déclarations de propriété qui résonnent contre ma peau.
— Tu es à moi, Nate, chuchote-t-il, sa voix est un grondement sourd, presque animal. Tu es plein de moi, imprégné de ma substance. Ne cherche même pas à te projeter ailleurs. Tu ne vas nulle part.
Chaque syllabe est une affirmation, une manière de marquer son territoire alors que mes propres phéromones, en plein pic d'épuisement, saturent l'air d'une odeur de soumission totale. Il veut s'assurer que même en cet état de vulnérabilité, je comprenne à qui j'appartiens.
De mon côté, je sombre. C'est une chute hormonale vertigineuse, une déconnexion brutale de mon système nerveux. Mes membres deviennent lourds, comme s'ils étaient plombés par une chape de plomb liquide. C'est l'effet chimique du "nouage" et de la semence de l'Alpha qui circule dans mes veines, une potion narcotique qui s'empare de ma volonté. Mon esprit tente de rester alerte, de réfléchir aux conséquences de cette nuit, mais mon corps ne me laisse aucun choix. C'est une léthargie imposée, une marée qui m'emporte vers les profondeurs de l'inconscience.
Malgré cette conscience qui lutte, mon instinct d'Oméga prend le dessus, trahissant mes dernières défenses. Sans même m'en rendre compte, je me rapproche, je me plaque contre la chaleur du torse de Damian. Je cherche désespérément le contact de sa peau nue. C'est une réaction instinctive, primordiale : mon corps a décrété que la seule façon de survivre, la seule manière d'être en sécurité dans ce monde hostile, est de rester soudé à la source même de cette odeur d'ambre qui m'étourdit.
— Je suis si fatigué, Damian... articulé-je dans un souffle à peine audible, ma voix déformée par le besoin de sommeil.
— Dors, Nate, répond-il en resserrant sa prise, ses doigts caressant mes cheveux avec une lenteur hypnotique. Je veille sur toi. Tu n'as plus à lutter contre rien. Tu es en sécurité.
— Dors, Nate, répond-il en resserrant sa prise, ses doigts caressant mes cheveux avec une lenteur hypnotique. Je veille sur toi. Tu n'as plus à lutter contre rien. Tu es en sécurité.
Le souffle de nos cœurs ralentit, créant une harmonie lourde dans la pièce. Sans une once d'hésitation, Damian glisse sa main sous les draps de soie froissés, trouvant immédiatement le chemin vers mon ventre. Il le pose à plat, avec une solennité qui me donne le frisson.
Nous restons tous deux parfaitement immobiles. Je sens la chaleur de sa paume irradier à travers ma peau. Il attend. Il écoute, cherchant le moindre petit spasme, un signe de vie, la confirmation que l'enfant, notre enfant, est toujours niché en sécurité, bercé par sa puissance paternelle. Pour lui, ce moment est une mission divine. C'est le bilan de sa possession.
Je pousse un soupir de bien-être, presque malgré moi, tant son contact est apaisant. Sous ma peau, je sens une minuscule réaction, une réponse à cette présence Alpha. Damian se fige, et je sens ses muscles se détendre sous moi. Son regard, qui était encore noir, chargé d'une lueur possessive et sauvage quelques instants auparavant, devient soudainement plus doux. Une aura de protection quasi religieuse émane de lui.
— Il est là, Nate, murmure-t-il, et il y a une fierté indescriptible dans sa voix. Il sait que nous sommes ensemble. Il est en sécurité. Il sent son père.
Avant de laisser le sommeil nous engloutir, Damian entame un dernier rituel. Il m'enveloppe dans ses bras comme dans une cellule, verrouillant ses jambes puissantes autour des miennes, ne me laissant aucune échappatoire. Il crée une bulle de silence et de chaleur, un cocon dont je ne peux plus m'extraire.
Il expire alors une dernière bouffée de phéromones, une émanation consciente, plus lourde, plus épaisse que tout ce qu'il a libéré jusqu'à présent. C'est une couverture invisible, un scellage de la nuit. Je sens cette odeur d'ambre m'envahir, pénétrer chaque pore de ma peau, se loger dans mes poumons. À cet instant précis, avant que le rideau de l'inconscience ne tombe, je sens ma propre identité se dissoudre. Je ne suis plus Nate. Je ne suis plus l'homme qui avait des ambitions, des peurs, une vie propre. Je ne suis qu'une extension de Damian.
Je ferme les yeux, non par choix, mais parce que mon esprit n'est plus capable de résister à la sécurité suffocante qu'il m'impose. Je suis un homme qui a perdu la bataille contre ses propres instincts, et je sens, à travers la peau, que Damian contemple sa victoire dans le noir, une satisfaction sombre et silencieuse faisant vibrer tout son être.
— Enfin... je suis comblé, répète-t-il une dernière fois, son souffle chaud sur ma tempe. Et toi, mon Nate... tu es enfin, et pour toujours, à ta place.
Je ne réponds pas. Je ne peux plus. Je suis déjà ailleurs, absorbé, sécurisé, et définitivement sien.
Fin du chapitre 13.
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