Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Fièvre animale — Chapitre 16
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Fièvre animale
Chapitre 16
Chapitre 16
La panique monte brutalement. Mes jambes tremblent. Je sens mes yeux s'embuer. Je me sens soudain comme une relique vivante, un objet précieux et maudit, une cible que tout le monde va vouloir capturer ou détruire. Ma poitrine se serre. Mes phéromones fuient, acides et paniquées, saturant l'air du sous-sol.
Je recule encore, le dos contre une étagère. Ma respiration devient chaotique. Je m'accroche à mon ventre, courbé en avant, essayant de me faire tout petit.
Marc, qui assiste à tout cela, se lève brusquement, perdu :
— Nate ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi tu… ?
Charles pose une main sur l'épaule de Marc et lui explique rapidement, d'une voix basse :
— Marc, ne t'inquiète pas. Nate est en pleine crise d'angoisse. Même s'il a découvert son instinct d'Oméga, il ne peut pas lutter contre ce qu'il ressent. C'est biologique. Son corps réagit comme si une menace vitale pesait sur lui et sur l'enfant.
Damian réagit instantanément. Il s'approche, son odeur boisée et musquée explosant dans la pièce pour recouvrir la mienne. Il me prend dans ses bras, me serrant fermement contre son torse large. Sa main glisse dans mes cheveux, l'autre sur mon ventre. Il mord doucement la marque dans mon cou, réactivant le lien de protection.
— Respire, Nate. Je suis là. Je te tiens.
Mais l'angoisse est trop forte. Je m'agrippe à son bras, enfouissant mon visage dans son cou, cherchant désespérément son odeur comme un drogué. Je me colle contre lui, transformant son corps en nid vivant, mes jambes flageolantes cherchant à se lover contre sa cuisse.
Damian grogne doucement, son instinct Alpha s'éveillant. Il me garde fermement contre lui, saturant l'air de ses phéromones apaisantes.
— On rentre à la villa. Tout de suite, déclare-t-il d'une voix qui ne souffre aucune discussion. Marc, on te dépose à ta voiture.
Le trajet se fait dans un silence tendu. Je reste blotti contre Damian à l'arrière, le visage dans son cou, tremblant encore. Marc ne pose plus de questions.
Une fois à la villa, Marc reprend sa voiture. Il promet une dernière fois, la voix rauque :
— Je ne dirai rien. Jamais. Merci pour la confiance… Prenez soin de lui.
Dès que la porte de la villa se referme et que le verrou cliquette, la dynamique change complètement.
Damian me porte directement jusqu'à la chambre sans un mot. Il commence le rituel du désarmement : il me retire lentement ma veste, ma chemise, mon pantalon, caressant chaque parcelle de peau qu'il dévoile. Le silence est absolu, rassurant. Il se déshabille à son tour et me guide vers le lit.
Je me jette sur les couvertures, arrangeant frénétiquement les oreillers et les draps imprégnés de son odeur pour créer un nid. Damian reste en retrait, me laissant prendre le contrôle. Une fois que je suis niché, il s'allonge contre moi.
Il commence le grooming : ses doigts glissent dans mes cheveux, massent ma nuque, mon dos. Il se frotte doucement contre mon corps, imprégnant ma peau de son odeur boisée et musquée. Ses mains chaudes se posent sur mon ventre, exerçant une pression rassurante.
— Je suis là, murmure-t-il enfin. Tu n'es plus en danger.
Le besoin devient plus profond. Mon corps réclame une connexion totale.
Damian le sent. Il m'embrasse lentement, profondément, puis me fait basculer sur le dos. Il écarte mes cuisses et se place entre elles. Son sexe dur, épais et brûlant, presse contre mon entrée.
Il me prépare longuement avec ses doigts, les courbant pour masser ma prostate jusqu'à ce que je gémisse et me tortille. Quand je suis prêt, il aligne son gland large et le pousse lentement en moi.
Je sens chaque centimètre m'ouvrir, m'étirer, me remplir complètement. Un long râle de plaisir m'échappe quand il est entièrement enfoui, son bassin collé contre mes fesses.
— Nate… grogne-t-il, la voix rauque. Tu es tellement serré… tellement parfait autour de moi.
Il commence à bouger, des va-et-vient lents et profonds qui frottent parfaitement ma prostate. Je gémis sans retenue, les jambes enroulées autour de sa taille, mes ongles plantés dans son dos. Il accélère. Ses hanches claquent contre moi dans un rythme puissant. La chambre se remplit de nos râles, grognements et du bruit humide de nos corps. Il mord à nouveau ma marque, réactivant le lien. La douleur mêlée au plaisir me fait crier.
— Plus fort… Damian… j'ai besoin de te sentir tout entier…
Il me retourne sur le ventre, me relève les hanches et me prend par-derrière, plus profondément. Une main dans mes cheveux, l'autre sur ma hanche, il me pilonne avec force. Chaque coup touche ma prostate, envoyant des vagues de plaisir intense. Il accélère encore, ses testicules, claquant bruyamment contre mes fesses. Ses grognements deviennent plus animaux, plus possessifs.
Il me retourne encore en missionnaire, mes jambes sur ses épaules. Dans cette position, il me remplit entièrement à chaque pénétration puissante. Son regard est plongé dans le mien.
— Regarde-moi, Nate. Tu es en sécurité. Tu es à moi.
Il continue longtemps, alternant entre des coups lents et profonds qui me font gémir de plaisir et des séries rapides et puissantes qui me font crier. Il change encore de position, me mettant à califourchon sur lui. Je descends lentement sur sa grosse queue, sentant chaque veine, chaque centimètre m'ouvrir. Une fois assis complètement, je commence à bouger, montant et descendant sur lui tandis qu'il tient mes hanches, guidant mes mouvements.
— Oui… comme ça… grogne-t-il en relevant le bassin pour venir à ma rencontre. Prends tout ce que tu veux, mon ange.
Je chevauche son sexe avec de plus en plus d'urgence, le plaisir grandissant à chaque descente. Il se redresse, m'attrape par la nuque et mord à nouveau la marque tout en me pilonnant par en dessous. Mes râles de plaisir deviennent presque des sanglots de soulagement.
Il me retourne une dernière fois sur le dos, mes jambes largement écartées. Il me baise avec une intensité renouvelée, son corps musclé luisant de sueur, ses hanches, claquant violemment contre mes fesses. Son nœud gonfle de plus en plus.
— Je vais jouir, Nate… grogne-t-il contre mon oreille. Je vais te remplir complètement.
Avec un long grognement guttural, presque animal, il se fige profondément en moi. Son nœud se verrouille. Une quantité énorme de sperme chaud et épais jaillit en moi, vague après vague, pulsation après pulsation. Je sens chaque jet puissant, brûlant, qui remplit mon intérieur jusqu'à déborder autour de son nœud. Le plaisir est si intense que je jouis à mon tour, mon corps secoué de spasmes violents, mon propre sperme éclaboussant mon torse et mon ventre.
Nous restons longtemps unis, son nœud nous bloquant l'un à l'autre. Damian me caresse les cheveux, murmurant des paroles tendres contre mon oreille :
— Tu es en sécurité… Je te protège… Respire, mon amour. Tout va bien maintenant.
Blotti contre lui, rempli de sa semence abondante, l'angoisse s'apaise enfin complètement. Je me sens protégé, aimé, et surtout… en sécurité.
Le silence dans la chambre est épais, seulement troublé par le souffle lent et régulier de Damian et les battements encore erratiques de mon propre cœur. Nous sommes enchevêtrés, peau contre peau, les draps froissés et humides collés à nos corps. L'odeur lourde de sexe, de sueur, de musc Alpha et de mon propre parfum adouci par la grossesse sature l'air, formant un cocon presque palpable. Son nœud a fini par dégonfler, mais nous n'avons pas bougé. Je reste collé contre son torse large, une jambe passée entre les siennes, ma joue posée sur son pectoral, écoutant les battements puissants de son cœur.
Les hormones libérées par l'acte — l'ocytocine, les endorphines — agissent comme un puissant calmant naturel. La tension qui m'a broyé toute la soirée dans le sous-sol des Vance commence enfin à se dissoudre. Mon corps, qui était en état d'alerte constant depuis des heures, lâche prise d'un coup. Une fatigue écrasante, salvatrice, s'abat sur moi comme une couverture lourde et chaude.
Je me niche plus profondément contre lui, enfouissant mon nez dans le creux de son cou pour respirer son odeur boisée, ambrée et musquée qui recouvre maintenant entièrement la mienne. Mes phéromones de stress ont disparu, neutralisées par l'échange intense de fluides et le contact prolongé. Il ne reste plus que nous, notre nid, notre sécurité.
Damian passe un bras possessif autour de ma taille, sa grande main chaude venant se poser sur mon ventre encore plat. Ses doigts caressent doucement la peau tendue, un geste protecteur instinctif, comme s'il enveloppait déjà notre enfant. Je frissonne de plaisir et de soulagement, me serrant plus fort contre lui.
— Tu vas mieux ? murmure-t-il contre mes cheveux, la voix rauque et tendre.
Je hoche la tête sans parler, trop épuisé pour formuler des mots. Mais mon esprit, lui, ne s'est pas arrêté. Au contraire. Dans ce calme absolu, après la tempête, une idée claire, précise, presque obsédante, surgit soudain.
Je me dégage doucement de son étreinte, m'asseyant au bord du lit. La fraîcheur de l'air sur ma peau nue me fait frissonner, mais je n'attrape pas le drap. J'attrape plutôt le carnet et le stylo posés sur la table de chevet et commence à griffonner rapidement des équations chimiques, des formules de récepteurs vomeronasaux, des vecteurs de diffusion.
Damian se redresse sur un coude, les sourcils froncés, l'inquiétude revenant dans son regard.
— Nate… ?
Je me tourne vers lui, les yeux brillants d'une lueur fébrile, presque maniaque. Ma voix est encore rauque du plaisir précédent, mais déterminée :
— Damian, écoute. J'ai passé assez de temps aujourd'hui à subir l'odeur des autres. À devoir supporter la mienne qui s'échappe, qui s'aigrit quand je suis nerveux, qui me trahit à chaque coin de rue, à chaque regard d'Alpha. Je ne peux plus continuer à être une cible ouverte. Pas avec ce sang. Pas avec notre enfant.
Je me lève, traversant la pièce d'un pas nerveux, complètement nu, le carnet à la main. Je me sens à nouveau le « Nez Senior », celui qui domine son laboratoire.
— J'ai une idée. Une composition moléculaire capable d'inhiber presque totalement la diffusion de mes phéromones. Pas juste un parfum qui masque. Un véritable inhibiteur de signal. J'ai accès aux archives de la Guild des Nez Senior, aux formules interdites sur la gestion des récepteurs vomeronasaux. Avec tes accès de sécurité de niveau supérieur, on a tout ce qu'il faut pour verrouiller la formule.
Je m'approche du lit, me penchant vers lui jusqu'à ce que nos visages soient à quelques centimètres. Mon regard est intense, presque suppliant.
— Si l'on me demande pourquoi je m'isole au laboratoire ou pourquoi je monopolise les équipements, j'ai déjà ma couverture. Je dirai que je développe un nouveau parfum de luxe, une innovation révolutionnaire destinée à la commercialisation. Personne ne soupçonnera que ce projet est une arme défensive personnelle. Pour eux, ce ne sera qu'une quête de prestige. Mais sur ma peau, cette formule agira comme une cage de verre : elle me rendra inodore pour tous les autres Alphas aux alentours. Plus personne ne pourra lire ma peur, ma fertilité, mon état… sauf toi.
Je marque une pause, posant ma main sur son torse.
— Parce que j'intégrerai une trace infime de tes propres phéromones dans la formule. Une signature unique, calibrée sur toi. Seule ton odeur pourra traverser la barrière. Personne d'autre ne me détectera. Seulement toi. Toujours toi.
Damian fronce les sourcils, un pli profond d'inquiétude marquant son front. Il s'assoit complètement, passant une main dans ses cheveux.
— Nate, c'est une folie. Manipuler tes propres émanations à ce niveau, c'est toucher à ta biologie fondamentale. Tu risques l'asphyxie nerveuse, une réaction immunitaire que ton corps enceint ne pourra pas supporter, ou pire… une dépendance. Et intégrer mes phéromones… tu veux vraiment te lier chimiquement à moi de cette façon ?
Je secoue la tête, impatient, presque fébrile. Je pose une main sur son torse, sentant son cœur battre fort sous mes doigts.
— Je ne me coupe pas du monde. Je me protège. Et je nous protège. Imagine : plus de Lassalle qui renifle mon angoisse, plus de Cart qui sent la grossesse avant même que je le veuille. Je pourrai continuer à travailler sans être une proie permanente. Il faudra que je trouve quelqu'un pour m'épauler dans les phases de test. Marc, peut-être… il est un technicien hors pair. Il ne connaît pas encore les formules secrètes, mais il pourrait m'aider à stabiliser les matières premières et à créer le vecteur chimique pour que le parfum soit stable sur ma peau. Si je vends l'idée du parfum de l'année à la Guild, tout le monde fermera les yeux sur nos heures supplémentaires. On peut réussir, Damian. Je sais qu'on peut.
Ma voix devient plus basse, plus intime. Je grimpe sur le lit, m'asseyant à califourchon sur ses cuisses, mes mains encadrant son visage.
— Tu es le seul à qui je veux appartenir, Damian. Je ne te demande pas d'y croire aveuglément tout de suite. Je te demande juste de nous laisser travailler. Je préfère être « aveugle » aux yeux du monde si c'est le prix à payer pour ne plus jamais me sentir menacé en dehors de ces murs. Pour que notre enfant puisse grandir sans que je tremble à chaque sortie. Et grâce à ta signature dans la formule… je resterai toujours à toi, même quand je serai invisible pour les autres.
Damian reste silencieux un long moment, ses mains glissant sur mes hanches, puis sur mon ventre. Il me regarde avec un mélange d'admiration, de peur et d'amour profond. Il voit que cette idée n'est pas une simple lubie : c'est ma façon de reprendre le contrôle, de transformer ma terreur en arme.
— Tu es terrifiant quand tu es comme ça, murmure-t-il enfin. Ton génie te rend encore plus précieux… et encore plus en danger. Mais je te fais confiance. Si tu penses que c'est la solution, on le fera. Ensemble. Avec toutes les précautions possibles. Et Marc… on verra. Mais tu ne fais rien sans moi.
Un immense soulagement m'envahit. Je me laisse tomber contre lui. Damian m'entoure immédiatement de ses bras puissants, me serrant contre son torse. Il m'embrasse longuement, tendrement, ses lèvres douces et possessives à la fois, comme pour sceller cet accord.
— Repose-toi maintenant, mon ange, chuchote-t-il contre ma bouche. Demain, on commencera à planifier. Mais pour l'instant… tu es en sécurité. Dors.
Je me love contre lui, la tête sur son torse, une main sur mon ventre. Sa chaleur, son odeur, la pression rassurante de ses bras autour de moi… tout cela m'emporte enfin dans un sommeil profond et paisible.
Pour la première fois depuis longtemps, je me sens non seulement protégé, mais aussi actif dans ma propre défense.
Le silence de la chambre est doux et enveloppant quand j'ouvre les yeux. La lumière du matin filtre doucement à travers les rideaux, baignant la pièce d'une lueur dorée. Je ne bouge pas tout de suite. La première chose que je ressens, avant même d'être pleinement conscient, est le poids chaud et protecteur de la main de Damian posée sur mon bas-ventre. Ce geste, instinctif, me fait frissonner. Ma propre main vient se poser par-dessus la sienne, comme si mon corps savait déjà ce que mon esprit commence seulement à comprendre.
Je ne suis plus seul dans mon corps.
Une plénitude étrange, calme et profonde, m'envahit. Les hormones de grossesse, même à ce stade précoce, agissent déjà comme un baume naturel. L'anxiété qui m'a rongé hier soir semble atténuée, adoucie, comme si mon organisme avait décidé de mettre mes peurs de côté pour se concentrer sur la petite vie qui grandit en moi. Mon ventre est encore plat, mais je le sens différent : plus sensible, plus vivant. Un calme inhabituel m'habite.
Damian est déjà réveillé. Je le sens à sa respiration régulière et à la façon dont son corps reste parfaitement immobile pour ne pas me déranger. Son odeur boisée, ambrée et musquée m'enveloppe comme une couverture chaude et sécurisante. Il me contemple avec une possessivité protectrice décuplée, ses yeux sombres remplis d'une tendresse presque sacrée.
— Bonjour, mon ange, murmure-t-il d'une voix rauque et basse.
Je me love davantage contre lui, enfouissant mon visage dans son cou. Ma main reste sur mon ventre, juste au-dessus de la sienne. Aucun mot n'est vraiment nécessaire. Nos regards se croisent longuement. Dans ses yeux, je lis qu'il a déjà perçu le changement : mon odeur est légèrement plus douce, plus sucrée, plus… pleine. Il sait.
— Tu le sens déjà ? demandé-je tout bas.
— Oui. Dès que tu t'es endormi hier soir, ton odeur a changé. C'est subtil, mais pour moi… c'est comme une lumière. Notre enfant est là.
— Oui. Dès que tu t'es endormi hier soir, ton odeur a changé. C'est subtil, mais pour moi… c'est comme une lumière. Notre enfant est là.
Sa main caresse lentement mon ventre en cercles tendres. Je frissonne. Un besoin intense de contact me traverse. Je me colle encore plus contre lui, cherchant à me faire petit, à me fondre dans sa carrure puissante. Il m'enlace fermement, un bras autour de ma taille, l'autre protecteur sur mon ventre. Nous restons ainsi de longues minutes, dans un dialogue silencieux. Sa présence est mon ancre. Pour la première fois depuis longtemps, je n'ai pas peur de demain.
Je finis par me redresser lentement. Mon corps est encore sensible, à fleur de peau. Le moindre frôlement des draps me fait frissonner. Je ressens déjà le besoin de nidification : je tire un de ses t-shirts abandonnés sur le lit et le presse contre mon visage, saturant mes narines de son odeur.
Damian sourit doucement en me voyant faire.
— Tu veux que je prépare le petit-déjeuner ?
Je hoche la tête. Il se lève, nu et magnifique, et descend à la cuisine. Je reste encore un peu au lit, profitant de la chaleur qu'il a laissée, arrangeant les oreillers et les couvertures pour renforcer notre nid.
Quelques minutes plus tard, l'odeur du café et des œufs brouillés monte jusqu'à la chambre. Je descends le rejoindre. Damian est aux fourneaux, seulement vêtu d'un bas de jogging bas sur les hanches. Il me sert une assiette avec des œufs, des fruits frais et du pain grillé, puis me tire contre lui pour m'embrasser sur la tempe.
— Mange, mon cœur. Tu as besoin de forces maintenant.
Nous prenons le petit-déjeuner ensemble, assis l'un à côté de l'autre. Sa main ne quitte presque jamais mon genou ou mon ventre. Nous parlons peu, mais chaque regard, chaque caresse est chargé de sens. Je lui raconte à voix basse les détails de mon idée de la veille : la formule inhibitrice, l'intégration de sa signature olfactive pour que seul lui puisse me détecter. Il m'écoute attentivement, posant des questions précises sur les risques pour le bébé et pour moi.
— On va faire ça prudemment, Nate. Des tests très progressifs. Je ne veux pas que tu prennes le moindre risque.
Après le repas, nous montons nous laver ensemble. La douche est un moment intime et tendre. L'eau chaude coule sur nos corps. Damian me savonne avec une douceur infinie, ses mains glissant sur mes épaules, mon torse, mon ventre. Il s'agenouille presque pour laver mes jambes, comme s'il vénérait chaque partie de moi. Je fais de même pour lui, passant mes mains sur son torse musclé, son dos large. Nous nous embrassons longuement sous le jet, sans urgence, juste pour prolonger le contact.
Une fois habillés, nous partons au travail. Dans la voiture, mon excitation est palpable. Je ne tiens plus en place. Je parle sans arrêt de mon projet : les molécules que je veux tester, la façon dont je vais calibrer la signature de ses phéromones, les premiers essais que je pourrais faire discrètement au laboratoire.
— Imagine, Damian… Personne ne saura. Je serai invisible pour les autres Alphas. Libre de bouger sans être une proie. Et toi, tu pourras toujours me sentir. Seulement toi.
Damian pose sa main sur ma cuisse, serrant doucement.
— Je suis fier de toi. Terrifié aussi, mais fier. On va y aller étape par étape. Ensemble.
Je souris, le cœur plus léger. Pour la première fois, je me sens non seulement protégé, mais aussi maître de mon destin. La route vers L'Écorce Bleue défile, et avec elle, l'espoir d'un futur où je ne serai plus seulement une Perle convoitée… mais un homme capable de se défendre.
Fin du chapitre 16.
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