00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ tounet777 L'éveil dans l'obscurité XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

L'éveil dans l'obscurité — Chapitre 5

25 minutes
4
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de tounet777
tounet777
Histoires publiées
516
Abonnés
167
J'aime cumulés
6.3k

L'éveil dans l'obscurité

Chapitre 5

Chapitre 5
Le souffle de Dan s'apaise peu à peu, mais l'électricité entre nous reste palpable, presque solide. Je recule imperceptiblement pour poser mon front contre le sien, cherchant à calmer la course folle de nos respirations. Mon cœur bat encore à tout rompre, et je sens le sien qui pulse contre ma poitrine à travers nos vêtements.
— Dan… commencé-je, ma voix encore rauque et essoufflée. Je veux tout de toi. Pas comme ces rencontres sans lendemain que j'ai eues, ces trucs vides qui ne signifiaient rien. Je n'ai pas envie de brûler les étapes. Je veux prendre le temps de t'apprendre, vraiment.
Dan, encore haletant, ferme les yeux un instant. Ses doigts caressent doucement mes omoplates à travers le t-shirt, un geste tendre qui fait naître des frissons le long de mon dos.
— Je n'aurais jamais cru cela possible, même dans mes rêves les plus fous… mais on ne devrait vraiment pas faire ça, Milo. Je suis ton auxiliaire. Même si je craque sur toi depuis longtemps, je sais que je ne devrais pas… c'est mal.
Sa voix tremble, partagée entre le désir et la raison. Nous nous embrassons à nouveau, un baiser plus lent cette fois, empreint d'une promesse silencieuse. Mais je ne peux pas détacher mes mains. Elles glissent sous le bas de son t-shirt, cherchant la peau chaude en dessous. Je ne veux pas simplement le posséder. Je veux le découvrir, centimètre par centimètre.
— Laisse-moi te déshabiller… murmuré-je contre ses lèvres.
Dan ne proteste pas. Il se redresse légèrement pour m'aider. Je fais passer son t-shirt par-dessus sa tête, mes doigts effleurant au passage ses bras levés. Le tissu tombe sur le tapis avec un bruit doux. Mes mains reviennent immédiatement sur son torse nu. La sensation est fascinante : sa peau est à la fois douce et ferme, légèrement moite de la chaleur accumulée. Je perçois une petite toison fine et soyeuse au milieu de sa poitrine, un relief que je caresse avec une dévotion presque religieuse. Sous mes paumes, je découvre ses pectoraux dessinés, bombés et puissants, résultat d'années de travail physique. Ils se contractent légèrement sous mes caresses, durs et chauds. Chaque mouvement fait naître un soupir chez Dan, un petit bruit de gorge grave qui vibre contre mes lèvres et m'excite encore plus.
Je sens l'odeur de sa peau s'intensifier : un mélange enivrant de savon frais, de transpiration légère et masculine, et cette note plus profonde, presque musquée, qui me monte à la tête. C'est une odeur chaude, vivante, qui me donne envie de m'y noyer.
Je pose mes lèvres sur son cou, embrassant doucement la peau chaude juste sous sa mâchoire. Puis je descends, déposant une série de baisers lents le long de sa clavicule, sur ses pectoraux fermes. Ma langue effleure un téton qui durcit instantanément. Dan se cambre avec un gémissement sourd.
— Mais… Milo… je croyais que tu voulais attendre ? murmure-t-il d'une voix saccadée, entre deux baisers.
Je continue d'embrasser son torse, descendant lentement vers ses abdominaux bien dessinés. Ma voix est basse, rauque :
— Je sais ce que j'ai dit. Je ne veux rien précipiter, Dan. Je veux juste apprendre à connaître chaque centimètre de ton corps.
Mes mains descendent plus bas. Je défais lentement son pantalon, le faisant glisser le long de ses hanches et de ses jambes. Le tissu frotte contre sa peau avec un bruit doux. Je laisse son sous-vêtement en place, respectant cette limite invisible. Mes doigts explorent maintenant ses jambes nues : les poils y sont un peu plus denses, plus masculins, offrant une texture brute et profondément excitante. Chaque caresse est une découverte : la fermeté de ses cuisses puissantes, la chaleur qui irradie, le léger frisson qui le parcourt quand je passe sur l'intérieur de sa jambe. Je pose mes lèvres sur sa cuisse, embrassant la peau chaude, sentant les muscles se contracter sous ma bouche.
Lorsque je remonte vers son torse et effleure ses tétons du bout des doigts, ils se durcissent instantanément sous le contact. Dan se cambre légèrement, un gémissement sourd s'échappant de ses lèvres. Ce son rauque, presque animal, me traverse comme une vague de chaleur.
Je sens, à travers l'étreinte, que mon propre corps réagit avec une intensité folle. Mon bras, posé en travers de son bassin, ne peut ignorer la preuve physique de son désir : la raideur imposante de Dan contre ma cuisse, une tension chaude et ferme qui fait écho à la mienne. Nos corps se pressent l'un contre l'autre, et chaque frottement, même à travers nos vêtements, envoie des étincelles de plaisir le long de ma colonne vertébrale.
L'odeur entre nous devient plus lourde, plus intime : sueur légère, peau chauffée, ce parfum naturel et masculin qui me rend fou. J'entends le moindre de ses soupirs, le petit bruit de gorge quand il retient un gémissement, le rythme irrégulier de sa respiration qui s'accélère à chaque caresse.
C'est érotique, oui, mais surtout d'une tendresse infinie. Une exploration où le plaisir ne vient pas de l'acte immédiat, mais de cette lenteur, de cette écoute absolue. Je me sens enfin « voir » Dan, non plus comme un auxiliaire, mais comme un homme vibrant, sensible, et surtout, présent. Chaque battement de son cœur sous ma paume, chaque frisson de sa peau, chaque soupir qu'il laisse échapper est une réponse à mon désir.
Dan, de son côté, ne reste pas passif. Ses mains glissent sous mon t-shirt, caressant mon dos nu avec une possessivité nouvelle. Ses doigts chauds tracent ma colonne vertébrale, descendant jusqu'au creux de mes reins, me faisant cambrer contre lui. Le contact de ses paumes sur ma peau nue est électrique, brûlant, et je gémis plus fort contre sa bouche.
Nous restons ainsi de longues minutes, enlacés sur le tapis, à nous découvrir lentement, à nous embrasser, à nous caresser avec une urgence contenue. Il n'y a plus que nous. Plus de passé, plus de cécité, plus de barrières. Juste ce désir brut, intense, tendre et dévorant qui nous consume entièrement.
Le corps de Dan vibre sous mes paumes. Je suis allongé sur lui, torse contre torse, nos peaux brûlantes collées par une fine couche de sueur. Mon cœur cogne si fort que je l'entends résonner dans mes tempes, un tambour sourd qui couvre presque le souffle rauque qui s'échappe de sa gorge. Mes doigts glissent lentement sur son ventre, explorant chaque relief de ses abdominaux tendus. La texture est fascinante : la peau est douce, légèrement humide, et sous elle, les muscles se contractent à chaque caresse comme s'ils répondaient directement à mon toucher. Je descends encore, effleurant la ceinture de son boxer, et je sens la chaleur intense qui irradie de son sexe durci, pressé fermement contre ma cuisse.
Mon propre corps est un volcan sur le point d'entrer en éruption. Mon sexe pulse douloureusement contre le tissu fin de mon short, tendu à l'extrême, presque douloureux. Chaque frottement involontaire de nos hanches envoie une décharge électrique qui me fait serrer les dents. Je veux le dévorer. Je veux arracher ce dernier morceau de tissu qui nous sépare encore, le goûter partout, le sentir s'abandonner complètement sous moi. L'odeur de sa peau — ce mélange enivrant de savon frais, de transpiration et de quelque chose de plus profond, plus animal — m'envahit les narines et me fait tourner la tête. J'approche mon visage de son cou, inhale profondément, et ma langue sort d'elle-même pour tracer un sillon humide et lent le long de sa clavicule. Le goût est salé, chaud, addictif. Je pourrais m'y noyer.
Pourtant, au moment où mon désir menace de tout balayer, une onde de lucidité me traverse comme un coup de froid brutal. Je me suis promis de ne rien brusquer. Pas avec lui. Pas après tout ce que nous venons de traverser. Je ne veux pas que notre première fois soit un acte impulsif né de la frustration accumulée. Je veux que ce soit… plus. Lent. Vrai.
Je me redresse d'un bloc, trop vite, presque maladroitement. Mes mains quittent son torse à regret. Je recule en arrière, cherchant à créer une distance de sécurité. Mon dos heurte quelque chose — je n'ai pas le temps de comprendre quoi. Dans ma précipitation aveugle, je n'ai pas calculé l'angle. Ma hanche gauche percute violemment le coin de la table basse. La douleur explose, vive, tranchante, et je perds complètement l'équilibre. Dans la chute, mon épaule gauche — celle qui me fait déjà souffrir depuis l'accident de voiture — heurte durement le sol.
Je bascule en arrière avec un cri étouffé. Mon épaule déjà fragile encaisse le choc, envoyant une onde de douleur aiguë qui irradie jusqu'à ma nuque et ma mâchoire. Tout mon poids s'écrase lourdement sur le tapis. Le bruit sourd de ma chute résonne dans le salon. Pendant une seconde, le noir absolu qui m'entoure semble encore plus dense, traversé d'étoiles de douleur qui dansent derrière mes paupières inutiles. Mon épaule pulse violemment, me rappelant cruellement les fractures et les séquelles de l'accident.
— Milo ! s'exclame Dan, la voix chargée d'adrénaline pure.
J'entends ses mouvements rapides, le frottement léger de ses pieds nus sur le tapis, le déplacement d'air quand il se précipite vers moi. Ses mains saisissent mes bras avec une force contrôlée mais urgente. Il me redresse en position assise, ses paumes chaudes et fermes contre ma peau nue. Son corps est tout près — je sens la chaleur qui émane de lui, et surtout le tissu fin de son seul boxer qui effleure ma jambe.
— Milo ! Ça va ? Tu t'es fait mal ? Parle-moi !
Sa voix est proche, vibrante d'inquiétude. Je sens son souffle rapide et chaud balayer mon visage. Ses doigts palpent doucement mes épaules, s'attardant sur la gauche avec plus de précaution, descendant le long de mes côtes avec une précision inquiète, cherchant une blessure. L'odeur de sa peau est encore plus forte maintenant, mêlée à celle de l'inquiétude et de l'excitation qui n'a pas complètement retombé.
Je reste un instant immobile, reprenant mes esprits. La douleur à la hanche pulse sourdement, mais c'est surtout mon épaule gauche qui me lance, ravivant la souffrance ancienne de l'accident. Un sourire penaud étire lentement mes lèvres malgré moi.
— Oui… ça va. Plus de peur que de mal. J'ai juste… heurté la table. Mon épaule… elle était déjà douloureuse depuis l'accident, ça n'arrange rien.
Dan ne me lâche pas. Il maintient mes bras, comme s'il avait peur que je retombe. Je perçois sa respiration qui ralentit légèrement, mais son corps reste tendu tout contre le mien. Sa voix est plus basse, plus intime quand il reprend :
— Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi ce mouvement si brusque ?
Je déglutis. Ma main descend instinctivement, presque malgré moi, et se pose sur mon entrejambe. À travers le tissu tendu de mon short, je saisis fermement ma queue bien dure, brûlante et presque douloureuse. Je la presse légèrement pour souligner mes mots, sentant le pouls qui bat sous mes doigts.
— Parce que si je ne m'étais pas relevé tout de suite… je t'aurais sauté dessus, Dan. Regarde… enfin, touche plutôt. Je suis terriblement excité. Je ne contrôle plus rien.
Un silence suit, court et chargé d'électricité. Puis un rire léger, un peu déstabilisé, s'échappe de lui. Je l'entends dans sa voix, ce mélange de surprise, d'amusement et de désir contenu. Ce son grave et chaud me traverse comme une caresse directe sur ma peau.
— Ah oui… en effet. Tu ne vas pas par quatre chemins quand tu dis les choses, toi.
— Je suis comme ça, réponds-je simplement, avec un sérieux qui me surprend moi-même.
Je tends les mains à tâtons devant moi. Mes paumes rencontrent d'abord le vide, puis la chaleur de sa peau nue. Dan est seulement en boxer maintenant. Mes doigts explorent lentement son torse, mémorisant chaque contour. La sensation est électrisante : la peau lisse et chaude, les pectoraux fermes qui se soulèvent au rythme accéléré de sa respiration, le léger duvet qui gratte doucement mes paumes. Je remonte jusqu'à son cou, puis son visage. Mes pouces caressent ses pommettes, descendent sur ses lèvres encore gonflées de nos baisers précédents. Elles sont chaudes, douces, légèrement humides.
— C'est bien ce qu'il me semblait, murmuré-je.
— Quoi ? demande-t-il, la voix encore chargée d'émotion.
— J'avais cru entendre un sourire.
Dan rit à nouveau, plus doucement cette fois. Je sens le mouvement de ses lèvres sous mes doigts, la légère vibration, la chaleur de son souffle. Il ramasse quelque chose près de nous — mon t-shirt tombé au sol — et me le tend.
— Tiens, remets ça.
Je repousse le vêtement d'un geste de la main, presque agacé.
— Non. Je préfère rester torse nu. Et toi aussi, s'il te plaît. J'aime trop toucher ta peau.
Dan soupire, longuement, mais je perçois le sourire dans sa respiration, dans le léger relâchement de ses épaules sous mes mains. Il cède. J'entends le froissement discret du tissu quand il ajuste simplement son boxer, confirmant qu'il est presque nu. L'odeur de sa peau nue envahit complètement l'espace entre nous, plus intense, plus intime, musquée et enivrante. Je tends les mains et les pose à plat sur son torse. La sensation est purement érotique : chaleur irradiant, douceur de la peau, le relief de ses pectoraux qui se contractent sous mes paumes, les battements forts de son cœur. Je trace des cercles lents, descendants, jusqu'à son ventre, mémorisant chaque frisson que je provoque, chaque contraction involontaire.
— Il va bientôt être l'heure de préparer le dîner, dit-il après un long moment, la voix rauque et basse. Tu veux m'aider ?
— D'accord, acquiescé-je. Mais à une condition.
— Laquelle ? demande-t-il, sachant déjà ce que je vais répondre.
— Que tu m'embrasses encore. C'était si bon.
Dan ne se fait pas prier. Je sens son corps se rapprocher, son torse nu effleurant le mien. Ses mains encadrent mon visage avec une douceur qui contraste avec la tension sexuelle qui nous habite. Ses lèvres effleurent les miennes, d'abord tendres, puis plus audacieuses. Il mordille doucement ma lèvre inférieure, tirant légèrement dessus. Le geste envoie une onde brûlante jusqu'à mon bas-ventre. Je gémis contre sa bouche, mes mains s'ancrant fermement sur ses épaules nues, sentant les muscles rouler sous mes doigts.
Nous nous relevons ensemble, maladroitement, sans jamais rompre complètement le contact. Debout, torse contre torse, nos peaux brûlantes se frottent à chaque respiration. Mon épaule gauche me lance encore un peu, mais la douleur est noyée dans le flot de sensations. Mes doigts glissent le long de son dos, descendent jusqu'au creux de ses reins, puis plus bas, effleurant à peine le haut de ses fesses fermes à travers le tissu fin de son boxer. Le toucher est léger, exploratoire, presque taquin. Je savoure la fermeté des muscles, la chaleur qui irradie, la façon dont son corps réagit à la moindre caresse.
Son goût envahit ma bouche : un mélange subtil et naturel de sel sur sa peau, et cette saveur unique qui n'appartient qu'à lui. Son odeur m'enveloppe totalement — je plonge mon nez dans son cou, inhalant profondément entre deux baisers, me gorgeant de lui comme d'une drogue.
Ses mains à lui parcourent mon dos nu, mes flancs, descendant parfois jusqu'à mes hanches, évitant encore les zones trop intimes mais trahissant son désir par leur pression grandissante et possessive.
Nous restons là de longues minutes, debout au milieu du salon, prisonniers de cette attraction magnétique. Aucun de nous ne veut rompre le sortilège. Nos souffles s'entremêlent, haletants. Nos cœurs battent à l'unisson. Dans mon noir absolu, c'est lui qui devient mon univers entier : sa voix rauque qui murmure mon prénom entre deux baisers, le goût addictif de ses lèvres, l'odeur enivrante de son corps presque nu, le toucher irrésistible de sa peau sous mes doigts avides.
Pour la première fois depuis l'accident, je ne me sens pas perdu. Je suis exactement où je dois être.
Nos lèvres se séparent à regret. Un mince filet de salive étire encore un instant le lien invisible entre nos bouches. Je reste là, le souffle court, les lèvres gonflées et palpitantes, savourant le goût qui persiste sur ma langue. Dan, lui aussi haletant, finit par reprendre ses esprits. Je sens sa main chaude et ferme saisir délicatement la mienne.
— Viens, murmure-t-il d'une voix encore rauque. On va préparer le dîner.
Il me guide vers la cuisine. Ses pas sont mesurés, sa paume serrée autour de la mienne comme pour me rappeler qu'il est là, solide, présent. Une fois arrivés, je marque un temps d'arrêt. Une ombre d'hésitation traverse mon visage. Je sens mes épaules se tendre.
— Dan… j'ai un aveu à te faire.
Il se tourne vers moi. Je perçois le léger déplacement d'air et le froissement de son boxer quand il bouge.
— Quoi donc ?
J'inspire un grand coup, comme si je m'apprêtais à sauter dans le vide.
— Je n'ai jamais cuisiné de ma vie. Absolument rien.
Un silence, puis Dan éclate de rire. Un son cristallin, chaleureux, qui résonne contre les murs de la pièce et fait vibrer quelque chose au creux de ma poitrine.
— Tu me charries, là ? C'est une blague, n'est-ce pas ?
Je ne souris pas. Je fixe le vide, le visage grave.
— Ne te fous pas de moi, Dan. C'est la pure vérité.
Le rire s'éteint doucement. Le silence s'installe, plus doux cette fois. Je sens Dan faire un pas vers moi. Ses mains se posent sur mes épaules nues, chaudes et rassurantes.
— Ce n'est pas grave, Milo. Vraiment pas. On va faire ça ensemble. Je vais t'apprendre, et je serai là pour t'aider à chaque étape.
Dan se place juste derrière moi. Je sens immédiatement la chaleur de son torse nu contre mon dos, une présence solide et réconfortante qui m'ancre sur place. Son souffle effleure ma nuque, provoquant un frisson qui descend le long de ma colonne vertébrale. Ses bras m'entourent, enveloppants, et ses mains couvrent les miennes.
— On commence par préparer les légumes, murmure-t-il tout contre mon oreille, sa voix basse et patiente. D'abord, on va laver les carottes et les courgettes sous l'eau froide. Tu sens le robinet à ta gauche ?
Je hoche la tête. Il guide ma main jusqu'au levier. L'eau coule, fraîche. Je sens les gouttes éclabousser mes doigts tandis qu'il place les légumes un par un dans mes paumes. La texture est lisse, humide, légèrement terreuse par endroits. Il m'explique chaque geste avec une précision calme.
— Pour éplucher, on utilise l'économe. Tiens-le comme ça… (il positionne mes doigts autour de l'outil). Tu passes la lame doucement sur la peau, toujours dans le même sens, en suivant la forme du légume. Pas de geste brusque. Si tu perds le légume, tu le retrouves en tâtant autour de toi sur la planche. On va fixer une planche anti-dérapante avec un petit rebord pour que rien ne glisse.
Ses mains sur les miennes sont fermes mais douces. Il me montre le mouvement lent, répétitif. Je sens chaque pression de ses doigts, la chaleur de son torse pressé contre mon dos, son bassin qui effleure parfois mes fesses quand il se penche un peu plus. L'odeur de sa peau nue emplit tout l'espace autour de moi, mêlée à celle, fraîche, des légumes.
— Pour couper, on utilise la technique du pont. Tu poses le bout des doigts sur le légume pour le maintenir, pouce et index formant une arche. Le couteau passe sous cette arche. Je guide ta main pour le premier coup… Voilà. Tu sens la lame qui tranche ? On fait des morceaux réguliers, de la même taille pour une cuisson homogène.
Chaque mouvement devient une leçon de proximité. Je perçois le moindre frisson de Dan quand ma hanche frôle la sienne, le rythme de sa respiration contre mon oreille, la vibration de sa voix quand il corrige doucement un geste. Mon épaule gauche me lance encore un peu, souvenir lancinant de l'accident, mais la douleur se noie dans le flot de sensations : la chaleur de son corps, le contact de ses mains, l'odeur des herbes qu'il me fait sentir avant de les hacher.
Au milieu du cliquetis des ustensiles, je tourne lentement la tête vers lui et cherche ses lèvres. Je dépose un baiser léger, presque furtif, sur le coin de sa bouche.
— Merci, chuchoté-je.
Une fois le repas prêt — un plat simple de légumes sautés et de viande grillée —, nous nous installons à la grande table, côte à côte. La tension sensuelle du début de soirée a laissé place à une complicité nouvelle, presque domestique, mais chargée d'une électricité sous-jacente.
Je sens la cuisse de Dan pressée contre la mienne sous la table. Chaque mouvement fait naître un frisson. Dan m'explique comment naviguer dans mon assiette : il place les aliments en suivant le système de l'horloge que nous avons commencé à établir plus tôt.
— Légumes à trois heures, viande à six heures, sauce à neuf heures. Tu suis avec le dos de ta fourchette pour repérer les textures.
Je mange lentement, concentré sur chaque sensation : le croquant des légumes, la saveur relevée des épices, la chaleur du plat qui monte vers mon visage. C'est un dîner simple, mais pour moi, c'est le meilleur repas que j'ai jamais eu. Être assis si près de Dan, sentir sa présence constante, transforme ce moment ordinaire en quelque chose d'intime et de précieux.
Au milieu du repas, une question me brûle les lèvres.
— Dan… comment tu en connais autant sur les personnes mal voyantes ? Tu expliques tout avec une telle précision, comme si tu l'avais toujours fait.
Il marque une pause. Je sens son corps se tendre légèrement contre le mien, puis se détendre.
— Ma petite sœur est mal voyante, répond-il doucement. Elle est née avec une malformation qui a affecté sa vision très tôt. J'ai grandi en apprenant à l'accompagner : adapter la maison, lui apprendre à se repérer, cuisiner avec elle… C'est pour ça que j'ai voulu faire ce métier. Je voulais aider d'autres personnes à retrouver leur autonomie, comme je l'ai fait avec elle.
Sa voix est calme, mais je perçois la tendresse profonde qui l'habite. Je pose ma main sur sa cuisse nue, juste au-dessus du genou, et la serre doucement.
— Tu es quelqu'un de bien, Dan.
Nous finissons le repas dans un silence apaisant, seulement ponctué du bruit de nos couverts et de nos respirations. Dans cette cuisine baignée d'une lumière que je ne peux plus voir, ma cécité semble presque un atout : elle me force à me concentrer uniquement sur les odeurs des plats préparés à quatre mains, sur les textures sous mes doigts, sur le goût des aliments, et surtout sur cette présence vibrante à mes côtés qui ne me quitte plus d'une semelle.
Nous n'avons plus besoin de mots. Le langage de nos corps suffit à tout se dire.
Après le repas, Dan m'invite à débarrasser mon assiette et mon verre. C'est un test de confiance, je le sais.
— Vas-y seul, me dit-il doucement. Je reste à proximité si besoin.
Je me lève, déterminé. Je prends l'assiette encore tiède d'une main et le verre de l'autre. Je me dirige vers l'évier en comptant mes pas dans ma tête, me concentrant sur chaque sensation : le poids des objets, la chaleur résiduelle de la nourriture, le contact froid du sol sous mes pieds nus. Soudain, mon pied heurte violemment le socle de l'îlot central. Le choc est sec, brutal. Une douleur aiguë irradie dans mon orteil et remonte dans ma cheville comme un coup de poignard. Je ravale un juron entre mes dents, la mâchoire serrée. Ma fierté prend le dessus. Je refuse de montrer ma faiblesse. Je me stabilise en posant une main sur le bord froid du meuble, tâtonnant pour retrouver mon équilibre. Mes doigts glissent sur la surface lisse jusqu'à ce que je retrouve mes repères. Puis, avec une précision méthodique, je continue jusqu'à l'évier. Je dépose les affaires sans rien casser. Un petit triomphe silencieux que je savoure intérieurement.
L'ambiance bascule vers la mélancolie quand Dan annonce son départ à regret. Sa voix est basse, presque triste.
— Il est temps que je rentre, Milo.
Je tente une dernière fois de le retenir. Je m'avance vers lui, conscient de l'échec probable, mais savourant la chaleur de l'étreinte. Je me colle contre lui, torse nu contre torse nu, mes bras autour de sa taille. Il me serre fort, ses mains dans mon dos. Je respire son odeur une dernière fois.
— Cette journée a été importante, me rassure-t-il. Pour toi comme pour moi.
Avant de partir, Dan s'assure que je suis capable de naviguer seul jusqu'à ma chambre. Il me guide d'abord un peu, puis me laisse faire.
— J'ai tellement hâte d'être à demain pour apprendre de nouvelles choses avec toi, lui dis-je.
Il répond avec douceur mais fermeté :
— Réfléchis bien au fait d'avoir une canne blanche, Milo. Promets-moi d'y songer pour demain ?
Après une pause réfléchie, le souffle court, je réponds :
— J'y réfléchirai vraiment, promis.
Le dernier baiser sur le seuil est chargé d'électricité. Nos lèvres se pressent avec urgence, nos langues se cherchent une dernière fois. Puis le claquement sec du verrou retentit, m'enfermant dans mon appartement.
Dos à la porte, je suis seul face à moi-même. Un tourbillon d'émotions m'envahit : la rage sourde de ne pas pouvoir « voir » Dan, ce visage qui m'a fait vibrer, contre la gratitude profonde. Sans cette nuit intérieure, cette intimité tactile et cette vulnérabilité partagée n'auraient jamais vu le jour.
Je me déplace à tâtons jusqu'à la salle de bain. Le brossage des dents devient un rituel lent, chaque mouvement évoquant la présence résiduelle de Dan : le bruit de l'eau, le contact de la brosse, l'odeur mentholée du dentifrice. Je me déshabille entièrement, laissant mes vêtements tomber au sol. Nu, je gagne ma chambre et m'allonge sur le lit. Les draps sont frais contre ma peau brûlante.
Allongé dans le noir absolu, je tente de reconstituer Dan par le toucher. Mes doigts glissent sur mon propre torse, reproduisant les gestes qu'il avait sur moi. Je caresse lentement mes pectoraux, puis mes tétons qui durcissent instantanément sous mes pouces. La sensation est électrique, presque douloureuse de plaisir. Je les pince doucement, tirant légèrement, imaginant que ce sont ses doigts à lui. Un gémissement m'échappe.
Ma main descend lentement, effleurant mon ventre contracté, puis plus bas. J'empoigne ma queue déjà dure, brûlante. Je commence à caresser lentement, du bout des doigts d'abord, puis avec toute la paume. Je serre un peu plus fort, faisant monter le plaisir par vagues. De l'autre main, je caresse mes couilles, les roulant doucement, les tirant légèrement. Chaque frottement rappelle l'odeur musquée de Dan, le souvenir brûlant de son torse contre le mien, la fermeté de ses muscles sous mes paumes. Le rythme s'accélère. Ma main monte et descend plus vite, le poing serré autour de ma verge gonflée. Je sens les veines palpiter sous mes doigts, le gland sensible qui glisse dans ma paume humide de pré-sperme. Je gémis plus fort, le corps arqué sur le lit. L'appartement est vide et froid autour de moi, mais ma peau est brûlante, vivante. Je pense à son souffle dans mon cou, à ses mains sur mes hanches. Le plaisir monte, de plus en plus intense, presque insupportable.
Mes hanches se soulèvent d'elles-mêmes, baisant ma main. L'orgasme me frappe violemment. Un jet épais et chaud jaillit sur mon torse, éclaboussant même mon menton et mes lèvres. Je continue à me caresser jusqu'à la dernière goutte, le corps secoué de spasmes violents, un long gémissement rauque s'échappant de ma gorge.
Je ne m'essuie pas. Je laisse la matière tiède et collante s'incruster sur ma peau. C'est ma manière de garder une trace de cet homme sur moi. Allongé dans le noir, le corps lourd et l'esprit encore accroché à la chaleur de ce premier jour, je me dis : « Est-ce que tout ça est réel ? »
Fin du chapitre 5.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 6
24 minutes
5
0
0
Chapitre suivant

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ Romo36 Mon patron - Mon fantasme XSTORY
Mon patron - Mon fantasme
Chapitre 2
Par Romo36
55
2
6.2k
Gays
✦ loubachoun_lyonnais Tous les chemins mènent à toi (extrait) XSTORY
Tous les chemins mènent à toi (extrait)
Chapitre 2
Par loubachoun_lyonnais
11
0
1.9k
Hétéro
✦ CharlotteCoquina L’abandon de Charlotte XSTORY
L’abandon de Charlotte
Chapitre unique
Par CharlotteCoquina
102
5
6.5k
Hétéro
✦ Paula.abdul Le stage, Clément et Moi XSTORY
Le stage, Clément et Moi
Chapitre 2
Par Paula.abdul
37
2
5.9k
Gays
✦ tounet777 Le feu sur la glace XSTORY
Le feu sur la glace
Chapitre 6
Par tounet777
0
0
4
Gays
✦ Stark31 Un rendez-vous imprévu chez le Kiné XSTORY
Un rendez-vous imprévu chez le Kiné
Chapitre unique
Par Stark31
229
9
20.7k
Hétéro
✦ Mrnestpasla Vivre, tout simplement XSTORY
Vivre, tout simplement
Chapitre 3
Par Mrnestpasla
75
6
3.7k
Hétéro
✦ Alphaluna Du clavier à la chair XSTORY
Du clavier à la chair
Chapitre unique
Par Alphaluna
12
3
4.3k
Hétéro
✦ Bzhpic Parenthèse hors de contrôle XSTORY
Parenthèse hors de contrôle
Chapitre 1
Par Bzhpic
169
4
18.2k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio