Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'initiation de Manon — Chapitre 16 · Intensification féminine
Auteur
L'initiation de Manon
Chapitre 16 · Intensification féminine
Son regard avait changé.
Il y a eu un moment, entre les deux. Un moment de transition que j'aurais pu ne pas voir si je n'avais pas appris, avec eux, à lire les changements d'atmosphère comme on lit un ciel avant l'orage.
Claire s'est levée du lit. Elle m'a regardée, moi allongée, nue, encore frémissante de l'orgasme.
Quelque chose dans ses yeux s'est durci. Ce n’était pas de la froideur, au contraire. Plutôt comme un métal qu'on chauffe et qui change de consistance. La douceur qui avait été là pendant tout le début de l'après-midi ne disparaissait pas.
Elle se transformait. Devenait quelque chose de plus dense, de plus concentré, de plus dangereux.
Claire qui m'avait fait jouir avec la tendresse d'une amante me regardait maintenant avec la faim d'une séductrice. Et les deux, la tendresse et le désir, coexistaient sur son visage sans se contredire, comme s’ils avaient toujours été là ensemble, les deux facettes d'une même pièce que Claire m'avait montrée d’un côté et qu'elle retournait maintenant de l’autre.
— Il y a autre chose que tu ne connais pas de moi, Manon, a-t-elle dit.
Sa voix avait baissé d'un ton. Plus lente. Plus grave. Plus pesante.
— Avec Gilles, je suis souvent celle qui te guide. Qui enseigne. Qui accompagne. Mais il m'arrive aussi d'être... autre chose.
Elle a ouvert un tiroir de la commode. En a sorti un foulard sombre, des liens que je connaissais, et autre chose que je n'avais jamais vu ici, un objet soigneusement rangé dans du papier de soie.
— Lève-toi, a-t-elle dit. Au pied du lit. Debout.
Le ton avait changé. Ce n'était plus une suggestion. C'était un ordre. Mon corps a réagi avant que j’en prenne vraiment conscience. Je me suis levée, j'ai senti mes jambes encore faibles de l'orgasme, et je me suis tenue debout au pied du lit, nue, face à Claire.
— Tends tes poignets.
J'ai tendu mes poignets. Claire a noué le lien autour, serré juste assez, la corde rêche contre ma peau. Puis elle a rapproché la chaise et a grimpé dessus. Elle a levé mes bras et a fixé le lien à un crochet que je n'avais jamais remarqué au plafond.
Mes bras tendus au-dessus de ma tête, mon corps étiré, ma cage thoracique ouverte, mes seins qui se soulevaient à chaque respiration comme deux offrandes. La position étirait mon ventre, creusait ma taille, cambrait légèrement mon dos. Je me sentais exposée de manière différente de celle des autres fois. Vulnérable. Avec Gilles, être attachée était devenu presque familier. Avec Claire seule, sans le masculin dans la pièce, c'était nouveau. Plus intime. Plus nu, si c'était possible. Comme si l'absence de Gilles avait retiré un voile que je ne savais pas avoir, un voile de convention.
— Tu me fais confiance, Manon ? a demandé Claire.
— Oui.
— Bien.
— Oui.
— Bien.
Elle a pris le foulard sombre et me l'a noué sur les yeux. Le noir. Le silence. Juste le son de ma respiration et la présence de Claire quelque part dans la pièce, mouvante, invisible.
J'ai entendu un froissement de tissu. Claire qui déballait quelque chose. Puis un silence. Puis ses pas qui se rapprochaient.
Elle a retiré le bandeau. Mais ce n'était que pour me montrer.
— Ouvre les yeux.
Claire se tenait devant moi, et ce que je voyais m'a coupé le souffle. J'ai senti ma bouche s'ouvrir, mes yeux s'écarquiller, mon sexe se serrer d'un coup. L'image était d'une puissance à laquelle je ne m’attendais pas.
Claire. Nue. Ses seins libres, son ventre, ses longues jambes. Et un harnais qui redessinait son corps, les sangles noires encadrant ses cuisses, galbant ses fesses, soulignant ses hanches avec une élégance qui n'avait rien de vulgaire. C'était de la lingerie autant qu'un instrument, un vêtement qui sublimait le corps de Claire au lieu de le masquer, qui ajoutait au lieu de remplacer. Et devant, fixé au harnais, le gode en silicone, incurvé, d'une teinte violette, un objet qui n'appartenait qu'au plaisir.
Claire portant le harnais n'était pas un homme. Claire portant le harnais était plus femme que jamais. C'était du pouvoir au féminin, assumé, revendiqué. Cette image-là, de cette femme que j'admirais debout devant moi, les seins nus, le regard dur, un phallus entre les cuisses et une grâce qui n'avait pas bougé d'un pouce, était probablement la chose la plus érotique que j'avais jamais vue.
— Tu sais ce que c'est, a dit Claire ?
— Un gode ceinture, j'ai dit, la voix rauque. Je savais que ça existait, mais je n’en avais jamais vu en vrai.
— Je m'en sers avec Gilles, à l'occasion.
— Il aime ça ? j'ai demandé, la voix plus aiguë que je ne l'aurais voulu. J’ai vu avec ton doigt, mais ça…
— Un gode ceinture, j'ai dit, la voix rauque. Je savais que ça existait, mais je n’en avais jamais vu en vrai.
— Je m'en sers avec Gilles, à l'occasion.
— Il aime ça ? j'ai demandé, la voix plus aiguë que je ne l'aurais voulu. J’ai vu avec ton doigt, mais ça…
Claire a souri. Un sourire qui disait des choses que je ne comprenais pas encore tout à fait.
— Il adore ça. Tu devrais voir son visage quand je le prends comme ça. Gilles, le maître du contrôle, qui s'abandonne, qui gémit, qui me supplie de ne pas m'arrêter. C'est un des plus beaux spectacles du monde.
J'ai essayé d'assembler l'image. Gilles, le visage enfoui dans l'oreiller, les hanches soulevées, et Claire derrière lui, ce harnais sur elle, le pénétrant avec la même autorité tranquille que celle qu'il exerçait sur moi. L'image refusait de se former complètement, trop éloignée de tout ce que je connaissais.
En même temps elle m'attirait, m'intriguait, ouvrait dans ma compréhension du couple une porte que je n'avais pas soupçonnée. Le pouvoir entre eux n'allait pas dans un seul sens. Il circulait. Il se partageait.
L’offrande n'était pas réservée aux femmes. Le pouvoir n'était pas réservé aux hommes. Et cette fluidité-là, cette liberté-là, disait quelque chose de profond sur ce qu'était un couple qui s'aime depuis plus de vingt ans sans se lasser.
— Mais aujourd'hui, a dit Claire, ce n'est pas pour Gilles.
Elle a remis le bandeau sur mes yeux. Le noir est revenu.
— Aujourd'hui, c'est pour toi.
Des caresses d'abord. Les mains de Claire partout sur mon corps, légères, joueuses, imprévisibles. Mon cou, mes flancs, mes seins qu'elle prenait en coupe, qu'elle malaxait, dont elle pinçait les pointes entre ses doigts. Mon ventre, mes hanches, l'intérieur de mes cuisses. Jamais mon sexe, pas encore. Elle me faisait attendre, elle me faisait vouloir, et le fait que je sois attachée, aveugle, incapable de prévoir ni de contrôler quoi que ce soit, amplifiait chaque sensation de manière presque insoutenable.
Les caresses de Claire étaient différentes de celles du début de l'après-midi. Plus appuyées, plus possessives. Ses ongles qui traçaient des lignes sur mon ventre, juste assez fort pour laisser un sillage de feu. Ses dents qui mordillaient le lobe de mon oreille, mon cou, la courbe de mon épaule. Ses mains qui saisissaient mes seins avec une autorité nouvelle, les malaxant, pinçant les tétons plus fermement qu'avant, juste à la frontière entre le plaisir et la douleur.
— Tu es trempée, Manon, a dit Claire, sa bouche tout contre mon oreille. Je n'ai pas besoin de te toucher pour le savoir. Je sens ton odeur d'ici. Ta chatte mouille pour moi. Elle dégouline. Tu sens ?
Le troisième registre. Les mots de Claire, crus, directs, dans mon oreille, et mon corps qui répondait par un afflux de chaleur entre mes cuisses.
Sa main a frôlé mon sexe, un effleurement si bref qu'il était presque cruel, puis elle a remonté ses doigts humides jusqu'à mes lèvres.
— Goûte-toi, a-t-elle dit. Goûte comme tu es excitée.
J'ai ouvert la bouche. Ses doigts ont glissé entre mes lèvres. Mon propre goût sur sa peau, salé, intime, et l'acte lui-même, cette soumission de goûter mon propre désir sur les doigts de Claire, m'a fait gémir autour de ses doigts.
— Pas encore, a-t-elle dit.
Soudain, la première claque est tombée sans prévenir.
Différente de celles de Gilles. La main de Claire, plus petite, plus précise, frappant ma fesse droite avec un claquement net qui a résonné dans la chambre. La sensation, vive, chaude, irradiant vers mon sexe. Un nouveau gémissement m'a échappé.
— Depuis le temps que j'en avais envie, a murmuré Claire.
La deuxième claque. L'autre fesse. Puis une troisième, plus fort, et mes hanches ont bougé d'elles-mêmes, se tendant vers elle, offrant davantage. Les mains de Claire alternaient entre les claques et les caresses, parcourant mes fesses chauffées, glissant entre mes cuisses sans jamais s'attarder, puis revenant frapper.
— Tu aimes ça, Manon ?
— Oui.
— Dis-le.
— J'aime ça. J’aime tes claques sur mes fesses.
— Tu aimes te laisser aller comme ça, Manon ? M’offrir ta croupe, tremper ta chatte et devenir une vraie petite salope entre mes mains ?
— Oui.
— Dis-le.
— J'aime ça. J’aime tes claques sur mes fesses.
— Tu aimes te laisser aller comme ça, Manon ? M’offrir ta croupe, tremper ta chatte et devenir une vraie petite salope entre mes mains ?
Le mot m'a traversée comme une décharge. « Salope ». Dans la bouche de Claire. Prononcé avec cette douceur puissante qui n'appartenait qu'à elle. Ni le mépris d'Hugo, ni la démonstration pédagogique dans le salon. L'acte, le vrai, en situation, avec mes fesses en feu, mon sexe qui coulait et ma voix qui ne m'appartenait plus.
— Oui, j'ai gémi. J'aime ça. J'aime quand tu m’attrapes comme ça.
— Comment ? Dis-le mieux que ça, Manon.
— J'aime que tu me donnes une fessée. J'aime devenir ta petite salope, Claire.
— Comment ? Dis-le mieux que ça, Manon.
— J'aime que tu me donnes une fessée. J'aime devenir ta petite salope, Claire.
Les mots sont sortis et je les ai entendus comme s'ils venaient de quelqu'un d'autre. Le quatrième registre. Dans ma bouche. Adressé à une femme. Et au lieu de la honte que j'aurais dû ressentir, au lieu du dégoût que ces mêmes mots m'avaient inspiré dans la bouche d'Hugo, j'ai senti une vague d'excitation si violente que mes genoux ont failli céder.
Ici, maintenant, attachée, aveugle, les fesses en feu, le sexe trempé, le mot n'était pas une insulte. Il était une provocation, un jeu, un mot rechargé par l'intention de celle qui le prononçait.
Claire ne me dégradait pas. Claire me poussait, elle me libérait. La différence était dans chaque syllabe, dans le ton, dans la douceur de sa voix. Elle me disait : ces mots aussi t'appartiennent, tu peux les habiter sans te perdre, tu peux être crue et belle et respectée en même temps. Le tiroir que j'avais fermé, celui que je n'étais pas prête à ouvrir, Claire venait de l'ouvrir pour moi, et ce qu'il contenait n'était pas de la honte. C'était du feu.
— Oui, j’ai répété, la voix tremblante. J'aime ça. J'aime me faire salope pour toi.
Et je le pensais. Ce qui m'aurait humiliée dans la bouche d'Hugo me sublimait dans celle de Claire, parce que l'intention n'était pas la même, parce que le respect était là, sous les mots, autour des mots, dans chaque pause et chaque caresse qui accompagnait les claques. J'étais en train de comprendre quelque chose d'essentiel : ce n'étaient pas les mots qui comptaient, c'était qui les disait, et pourquoi, et avec quel regard dans les yeux même si je ne pouvais pas les voir.
La fessée a continué. Claire alternait les rythmes, les intensités, mélangeant les claques avec des caresses sur mon clitoris qui me faisaient monter au bord avant de s'arrêter, puis reprenait la fessée, puis les caresses, un cycle infernal qui me laissait tremblante, gémissante, au bord de la folie.
— Pas encore, disait Claire chaque fois que je m'approchais du bord. Pas encore. Tu jouiras quand je le déciderai.
Puis la fessée s'est arrêtée. Un silence. Des pas derrière moi. J'ai senti Claire se presser contre mon dos. Le harnais contre mes fesses chauffées. Le gode en silicone, lisse, tiède, qui se glissait entre mes cuisses, effleurant mon sexe trempé sans y entrer.
— Tu sens ça ? a murmuré Claire contre mon oreille. Tu sens comme tu es prête ? Comme ta chatte l'attend ?
— Oui, j'ai gémi.
— Dis-moi ce que tu veux.
— Je veux que tu me prennes, Claire. Je veux te sentir en moi.
— Comment ?
— Fort. Profond. Je veux que tu me baises. Je veux sentir ta queue au fond de ma chatte trempée.
— Oui, j'ai gémi.
— Dis-moi ce que tu veux.
— Je veux que tu me prennes, Claire. Je veux te sentir en moi.
— Comment ?
— Fort. Profond. Je veux que tu me baises. Je veux sentir ta queue au fond de ma chatte trempée.
Le troisième registre. Sorti de ma bouche comme une évidence, poussé par l'excitation, par les claques, par les mots de Claire, par tout ce qui avait précédé. Et à cet instant, attachée, aveugle, les fesses brûlantes, le sexe dégoulinant, suppliant une femme de me pénétrer avec un gode ceinture, j'étais plus libre que je ne l'avais jamais été de ma vie.
Claire m'a détachée. M'a guidée vers le lit. M'a allongée sur le dos, les genoux relevés, les cuisses ouvertes. Le bandeau toujours sur mes yeux. J'ai senti le lit bouger sous le poids de Claire qui montait entre mes jambes.
Claire s'est positionnée entre mes cuisses. Mais elle n'a pas bougé. Pas tout de suite. Elle a retiré le bandeau. Elle a plongé son regard dans le mien. M'a regardée, longtemps, avec une intensité qui m'a clouée au matelas plus sûrement que n'importe quel lien. Ses yeux parcouraient mon visage, mon corps, mon sexe ouvert et dégoulinant devant elle. Dans ses yeux il y avait de la faim, de la tendresse, et quelque chose d'autre, une promesse qui prenait son temps pour se formuler.
— Écoute-moi bien, Manon, a-t-elle dit, la voix basse, lente, chaque mot posé comme une pierre. Je vais te prendre. Lentement d'abord. Je vais venir en toi et tu vas me sentir t'ouvrir, t'emplir, toucher cet endroit en toi que tu connais maintenant. Et tu vas gémir, parce que ton corps n'attendra plus que ça.
Mon souffle s'est raccourci. Je sentais déjà la pointe du gode contre mes lèvres, juste posée là, immobile, une pression tiède qui ne faisait rien encore.
— Ensuite, je vais accélérer. Petit à petit. Tu vas sentir mes hanches contre tes cuisses, ma peau contre ta peau. Tu vas sentir ma queue aller et venir au fond de toi, et chaque poussée va toucher ce point qui te fait perdre la tête. Tu vas mouiller de plus en plus, tu vas gémir de plus en plus fort, et tu vas me supplier de ne pas m'arrêter.
Mon sexe s'est crispé sur du vide, un spasme involontaire, comme si mon corps anticipait déjà ce qu'elle décrivait. Mes hanches se sont soulevées malgré moi, cherchant le contact, cherchant la pénétration que Claire me refusait encore.
— Et quand tu seras au bord, a-t-elle continué, sa voix descendant encore d'un ton, quand tu seras tellement excitée que tu ne pourras plus penser, plus parler, plus rien faire d'autre que sentir... je ralentirai. Je te ferai attendre. Et tu me supplieras, Manon. Tu me supplieras de te laisser jouir.
— Claire... j'ai gémi, rien que d'entendre ses mots, rien que d'imaginer ce qu'elle décrivait, j'étais déjà au bord.
— Et quand enfin je te laisserai jouir... je ne m'arrêterai pas.
— Claire... j'ai gémi, rien que d'entendre ses mots, rien que d'imaginer ce qu'elle décrivait, j'étais déjà au bord.
— Et quand enfin je te laisserai jouir... je ne m'arrêterai pas.
Elle a marqué une pause. Son visage au-dessus du mien. Ses yeux dans les miens.
— Je continuerai à te baiser pendant que tu jouis. À travers ton orgasme. Au-delà de ton orgasme. Je te prendrai encore, et encore, jusqu'à ce que tu ne saches plus si tu jouis encore ou si tu jouis à nouveau. Jusqu'à ce que ton corps ne t'appartienne plus. Jusqu'à ce que tu me supplies d'arrêter.
Mon corps entier tremblait. Mes cuisses, mes mains, mes lèvres. Claire n'était pas encore en moi et j'étais déjà dévastée. Juste par ses mots. Juste par sa voix. Juste par la promesse de ce qui allait suivre, détaillée avec une précision qui ne laissait aucune place à l'imagination parce que l'imagination n'aurait pas pu faire mieux.
— Et tu sais ce qui est le plus beau ? a-t-elle murmuré, un sourire sur ses lèvres. C'est que tu vas adorer chaque seconde. Même celles où tu me supplieras d'arrêter. Surtout celles-là.
J'ai ouvert la bouche pour répondre. Rien n'est sorti. Mon corps avait pris les mots d'avance, mon sexe pulsant, mes tétons durs comme de la pierre, mon souffle en lambeaux, et entre mes cuisses une humidité si abondante que je la sentais couler sur le drap.
Claire a souri. Satisfaite. Puis elle a baissé ses hanches.
Le gode a trouvé mon entrée. Claire a poussé. Lentement. J'ai senti l'objet me pénétrer, plus gros que le vibromasseur, une plénitude nouvelle, et la courbe de l'objet trouvant immédiatement ce point en moi, pressant dessus, et mes hanches se sont soulevées d'un coup.
— Oh putain, j'ai lâché.
— C'est ça, a dit Claire. Laisse-toi aller, accueille-moi.
— C'est ça, a dit Claire. Laisse-toi aller, accueille-moi.
Elle a commencé à bouger. Des poussées lentes, profondes, rythmées, ses mains sur mes hanches pour contrôler l'angle. La sensation était dévastatrice. Différent du vibromasseur que je chevauchais, des doigts de Gilles, du sexe d'Hugo. C'était Claire, penchée au-dessus de moi, ses seins qui balançaient au rythme de ses poussées, son souffle sur mon visage, ses hanches qui claquaient contre mes cuisses, et en moi cet objet qui allait et venait en trouvant mon point le plus sensible à chaque passage.
Claire a accéléré. Puis ralenti. Puis accéléré à nouveau. Elle jouait avec le rythme, exactement comme elle m'avait appris à le faire avec la fellation, cette discontinuité qui empêchait mon corps de s'habituer, qui gardait chaque sensation fraîche, chaque poussée nouvelle.
— Retourne-toi, a dit Claire.
Elle s'est retirée. Je me suis retournée, à quatre pattes, la tête sur l'oreiller, les fesses, encore chaudes, offertes. J'ai senti Claire se positionner derrière moi, ses mains sur mes hanches, puis le gode qui me reprenait sous cet angle nouveau, plus profond, touchant un endroit différent, et le son qui est sorti de ma gorge n'avait plus rien de civilisé.
Claire me prenait par-derrière. Le son de ses hanches contre mes fesses emplissait la chambre, un claquement régulier, charnel, qui se mêlait à mes gémissements et au souffle court de Claire derrière moi. Ses mains étaient partout. Sur mes hanches pour contrôler l'angle. Dans mes cheveux pour tirer ma tête en arrière. Glissant sous moi pour trouver mon clitoris, le pincer, le frotter, puis s'en retirer juste quand ça devenait trop bon. Agrippant mes seins qui se balançaient au rythme de ses poussées, les serrant, tirant sur les tétons.
— Tu la sens bien, ma queue ? a dit Claire. Tu la sens te remplir ?
— Oui... oh putain oui...
— Tu aimes te faire prendre comme ça, Manon ? Comme une jolie chienne en chaleur qui en veut encore ?
— Oh oui, j'aime ça ! j'aime quand tu me baises comme ça, Claire, ne t'arrête pas...
— Tu veux jouir ?
— Oui, s'il te plaît, Claire, laisse-moi jouir...
— Pas encore.
— Oui... oh putain oui...
— Tu aimes te faire prendre comme ça, Manon ? Comme une jolie chienne en chaleur qui en veut encore ?
— Oh oui, j'aime ça ! j'aime quand tu me baises comme ça, Claire, ne t'arrête pas...
— Tu veux jouir ?
— Oui, s'il te plaît, Claire, laisse-moi jouir...
— Pas encore.
Les mots sortaient de moi sans filtre, sans choix, arrachés par le plaisir, le troisième et le quatrième registre se mélangeant dans un flux continu que je ne contrôlais plus. Et chaque mot prononcé m'excitait davantage, comme si la crudité du langage était elle-même un aphrodisiaque, un accélérateur qui poussait mon corps plus loin que les gestes seuls ne l'auraient fait. Claire avait raison depuis le début : les mots ne sont pas un commentaire sur le sexe. Ils en font partie. Ils sont du sexe.
Et contrairement à un homme, elle ne se fatiguait pas, elle ne se rapprochait pas de sa propre jouissance, elle était entièrement concentrée sur moi, sur mon plaisir, sur mes réactions, ajustant chaque mouvement en temps réel.
Claire m'a retournée sur le dos. Les yeux dans les yeux pour ce qui allait suivre. Elle a replongé en moi d'un coup, profond, et j'ai crié. Elle s'est penchée sur moi, ses seins contre les miens, son visage au-dessus du mien, et elle a commencé à bouger avec une intensité nouvelle. Plus de jeu, plus de discontinuité. Un rythme soutenu, puissant, ses hanches qui claquaient contre l'intérieur de mes cuisses, le gode qui pilonnait ce point en moi sans relâche.
— Regarde-moi, a dit Claire. Regarde-moi pendant que je te fais jouir.
J'ai ouvert les yeux. Le visage de Claire au-dessus de moi, transformé, méconnaissable. Plus la guide patiente, plus la pédagogue douce. Une femme possédée par son propre pouvoir, les mâchoires serrées, les yeux brûlants, une mèche de cheveux collée à son front par la sueur. Belle. Terrifiante. Magnifique.
— Je vais te faire jouir, Manon, a-t-elle grondé. Tu vas crier pour moi, tu vas jouir comme une magnifique chienne en chaleur, à n’en plus pouvoir.
Elle a accéléré encore. C'était devenu une chevauchée, sauvage, profonde, animale. Le lit cognait contre le mur. Mes mains agrippaient les draps, les épaules de Claire, ses fesses, n'importe quoi pour m'ancrer dans un monde qui partait en morceaux. Le gode en moi était impitoyable, trouvant mon point G à chaque poussée, et ses dents sur mon cou, ses mots dans mon oreille formaient un assaut coordonné sur chaque zone de plaisir de mon corps en même temps.
L'orgasme est arrivé sans que Claire me donne la permission. Il a déferlé comme un barrage qui cède, mon corps entier arc-bouté sous le sien, un cri qui n'en finissait pas.
Et, comme elle l’avait dit, Claire n'a pas arrêté. Elle a continué à me posséder. À travers l'orgasme. Au-delà de l'orgasme. Son rythme n'a pas faibli, ses hanches continuaient leur mouvement implacable. Chaque coup de rein prolongeait le plaisir au lieu de le laisser retomber. Ce qui aurait dû être la descente est devenu une nouvelle montée. Les contractions de mon orgasme n'avaient pas fini de s'espacer qu'un deuxième pic les a rattrapées, les a englobées, les a relancées.
— Claire... c'est trop... oh mon dieu c'est trop...
— Encore, a-t-elle dit, sa voix un mélange de douceur et d'autorité. Tu peux encore, Manon. Laisse-toi aller. Je te tiens.
— Encore, a-t-elle dit, sa voix un mélange de douceur et d'autorité. Tu peux encore, Manon. Laisse-toi aller. Je te tiens.
Sa voix, tendre et implacable en même temps. Ses mains fermes sur mes hanches qui m'empêchaient de me dérober. Le gode qui continuait, continuait, indifférent à ma saturation, mécanique dans sa régularité, infatigable.
Un homme se serait arrêté. Emporté par sa propre jouissance, rattrapé par ses propres limites. Claire, elle, ne jouissait pas. Claire était libre de toute contrainte physique. Le gode ne fatiguait pas. Ne mollissait pas. Ne demandait rien pour lui-même. Cette liberté-là, cette capacité à donner du plaisir sans fin, sans limite, sans le frein de la jouissance masculine, était à la fois une bénédiction et une torture.
Le troisième orgasme est venu. Ou le quatrième. Je ne savais plus. Les vagues se chevauchaient, se superposaient, un kaléidoscope de contractions qui n'avaient plus de début ni de fin. Je pleurais. Je criais. Je bavais. Mon corps était traversé par des spasmes continus, mes cuisses tremblaient autour des hanches de Claire, mes mains la griffaient sans m'en rendre compte. J'étais au-delà de tout. Au-delà du plaisir, au-delà de la pensée, dans un espace blanc et brûlant où il n'y avait plus de Manon, plus de Claire, plus de chambre, juste cette pulsation infinie qui battait en moi comme un second cœur.
— Claire... Claire… Claire… s’il te plaît... je n'en peux plus... arrête... je t'en supplie...
— Je t'ai dit encore, a dit Claire, et dans sa voix il y avait de l'acier et de la soie tressés ensemble.
— Je t'ai dit encore, a dit Claire, et dans sa voix il y avait de l'acier et de la soie tressés ensemble.
Elle a accéléré, encore. Plus fort. Plus profond. Les derniers mètres d'une course folle, et mon corps a cédé une dernière fois, un orgasme qui n'avait plus rien d'humain, un cri silencieux, ma bouche ouverte sur un son qui ne sortait pas, mon dos cambré à se rompre, chaque muscle de mon corps contracté en même temps, pendant un temps qui a semblé durer une éternité.
Puis Claire a ralenti. Progressivement. Les poussées devenant plus douces, plus espacées, comme un cheval qu'on ramène au pas après le galop. Mon corps redescendait par paliers, les spasmes s'espaçant, ma respiration retrouvant quelque chose qui ressemblait vaguement à un rythme.
Elle s'est retirée. J'ai senti le vide, soudain, immense, presque douloureux. Mon sexe pulsait, contracté sur du rien, dilaté, trempé, et les dernières répliques traversaient mon corps comme les ondes sismiques d'un tremblement de terre dont l'épicentre aurait été entre mes cuisses.
Claire s'est allongée à côté de moi. Son visage était à côté du mien, ses yeux brillants, son front couvert d'une fine pellicule de sueur, un sourire qui disait la fierté et la tendresse mêlées.
— Ça va ? a-t-elle demandé.
J'ai voulu répondre. Ma bouche a bougé mais aucun son n'est sorti. J'étais au-delà des mots. Au-delà de la pensée. Mon corps entier tremblait, mon souffle était en lambeaux, et quelque part très profondément en moi, dans un endroit que je n'avais jamais visité, quelque chose s'était ouvert qui ne se refermerait plus jamais.
Claire m'a prise dans ses bras. M'a tenue longtemps. Ses lèvres dans mes cheveux, ses mains dans mon dos. J'ai senti le harnais contre ma cuisse, le gode en silicone encore tiède, humide de moi, et la sensation était étrangement tendre, cet objet qui m'avait dévastée redevenu inoffensif, une prothèse de plaisir endormie.
Le temps a passé. Cinq minutes. Dix. Je ne sais pas. Mon corps est revenu à moi par degrés. D'abord le souffle, puis les sensations, puis les pensées.
— Claire, j'ai dit.
— Oui ?
— C'est à mon tour.
— Oui ?
— C'est à mon tour.
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Commentaires ()
Donner à Claire cette assurance, cette précision et ce magnétisme dans sa façon de guider l’instant était plaisant à écrire. Ravi que ses mots aient résonné avec une telle force chez vous.
À très bientôt pour la suite...