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Couverture de Road movie, par Azimuteur
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Road movie — Chapitre 13 · Fiesta mexicana

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Azimuteur
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Road movie

Chapitre 13 · Fiesta mexicana

Le Pathfinder trônait fièrement en vitrine du concessionnaire de Quito. Le hall d'expo était désert à notre arrivée, mais le directeur en personne s'était vite précipité à notre rencontre dès qu'il nous eut repérés : trois "Americanos" tournant autour du fleuron de son garage, il n'allait pas laisser passer l'occasion. La négociation fut très rapide, facilitée par ma proposition d'un paiement discret en billets verts. Tout heureux, le bonhomme regarda avec un évident plaisir les billets s'entasser sur son bureau mais marqua tout de même un peu de dépit en me voyant remettre une liasse en poche après lui avoir compté son dû. Je le vis alors chercher désespérément dans sa tête ce qu'il pourrait bien nous fourguer encore pour capter ce solde. Puis une illumination éclaira son regard et l'homme me proposa de m'échanger, pour me "rendre service" bien sûr, les dollars restants contre de l'argent local. À un très bon taux de change !
Le taux n'était évidemment pas aussi avantageux qu'il le laissait entendre mais la discrétion a son prix et l'opération me simplifiait la vie. J'acceptai donc, rajoutant une liasse supplémentaire dont l'apparition combla d'aise le commerçant.
L'homme n'était pas sot et, très aimablement, sortit sa meilleure bouteille de tequila pour fêter l'événement : sympatoche mais .... de la teq' à dix heures et demie du mat', pour des voyageurs fatigués par une longue route, c'est tout de même un peu costaud comme mise en route.
— Merci bien Senior, mais il est trop tôt : nous avons roulé toute la nuit. Par contre, si vous pouviez nous indiquer un bon hôtel. Un très bon hôtel ! Nous allons passer un ou deux jours ici avant de continuer notre voyage et nous avons besoin de confort ...
L'homme fronce les sourcils, plisse les yeux, promène son regard sur notre trio et, affichant un sourire radieux, nous déclare :
— Il n'y a rien de bien formidable dans le secteur, rien qui ne corresponde à vos personnes, mais il ne sera pas dit que Raoul Ibanez Corto del Peõnere aura un jour laissé de bons clients dans l'embarras ! Ce serait un grand honneur pour moi de vous recevoir dans ma modeste demeure ... Et puisque l'enregistrement du Path est fait à mon adresse, c'est bien que vous connaissiez les lieux.
Lui et moi nous étions en effet arrangés pour le côté administratif. L'homme s'étant proposé de régler les paperasseries pour les States, il avait bien fallu lui expliquer que nous n'avions aucune intention d'y retourner :
— Vous voulez rester au Mexique ? m'avait-il demandé.
— Au Mexique ou dans les Îles, nous ne sommes pas décidés ...
— Dans les Îles..., avait répété l'homme d'un air entendu.
Pour l'heure, le voici qui insiste pour nous accueillir chez lui. Comme je vais refuser son offre, il insiste :
— Permettez-moi de vous inviter à déjeuner, vous pourrez vous reposer et vous déciderez ensuite d'accepter mon offre d'hébergement ...
Comme visiblement mes petites femmes n'élèvent pas d'objections définitives, j'acquiesce :
— C'est un honneur pour nous...
oooOOOooo
Au volant du Pathfinder, j'ai réellement le sentiment de dominer la route. Le temps de m'habituer au gabarit et je me faufile sans problème dans les petites rues poussiéreuses de la bourgade, aidé en cela par notre hôte qui nous ouvre le chemin avec un 4x4 presque aussi imposant que le nôtre. L'animal roule un peu vite, use du klaxon avec insistance pour écarter les passants, les gamins dépenaillés qui jouent aux billes sur la chaussée, les charrettes à bras qui encombrent le passage, les voitures bosselées et les mules récalcitrantes qui animent le bas quartier de la ville. Une ville inondée de soleil, lumière réfléchie par les murs blancs des petites maisons basses. Les toits en argile rouge, les tentures colorées aux fenêtres, les robes bigarrées des femmes apportent des touches de couleur très réjouissantes, rehaussent l'ensemble et masquent en partie la pauvreté des lieux. Ça et là, dans les jardins que notre position élevée nous permet d'apercevoir derrière les murs en chaux, des citronniers, des orangers lourdement chargés d'agrumes magnifiques, des cactées gigantesques aux formes tortueuses. Les rues, plus ou moins entretenues, recèlent de nids de poules parfois impressionnants qui nous font cahoter allègrement.
Brutalement, au détour d'une rue, la ville disparaît, une colline se dresse devant nous, déserte à cette heure mais où les cultures s'étagent avec régularité. Notre moteur vrombit dans la pente, les cylindres en V délivrent leur chant harmonieux et grave. À la poursuite de notre pilote, je n'ai guère le temps d'admirer le paysage mais Lilly et Louise s'extasient à grands cris de la forme incongrue de tel arbre, des fleurs éblouissantes de tel buisson, ou encore du fleurissement surabondant de telle ou telle petite chapelle dédiée à la Vierge. Concentré sur la conduite, je pensais au coffre et à son contenu : notre million. Légère inquiétude vu l'affabilité excessive de Raoul qui me paraissait un peu trouble.
Au sommet de la colline, une vaste étendue aride est parsemée de grands carrés verts. Plusieurs propriétés se partagent l'espace, haciendas luxueuses masquées par une végétation luxuriante et fleurie. Nulle trace de sécheresse dans ces espaces engazonnés à l'anglaise, ces greens où des petits fanions colorés ponctuent les parcours de neuf ou dix-huit trous magnifiques. Les portails majestueux des propriétés sont dorés à l'or fin et des gardes armés assurent la sécurité : ces hommes saluent respectueusement notre passage.
— Les filles, si notre bonhomme habite une de ces villas, ça risque d'être assez sympa comme chambre d'hôtes ! Mais attention, motus et bouche cousue, on ne parle de rien, et surtout pas du magot ! Nous sommes des touristes, nous avons un peu de fric, mais point barre ! Silence radio, où que ce soit, les murs ont peut-être des oreilles dans des palaces comme ceux-là !
— Peut-être même qu'ils ont des yeux, ajoute Lilly avec un air gourmand.
Glissant ma main entre ses cuisses, je réponds :
— Les yeux, ça ne me gêne pas du tout ! Et toi non plus bien entendu, ma petite exhibitionniste chérie, dis-je en appuyant ma caresse sur le coton de son short.
Comme mes doigts fouillent son entrejambe, Lilly me glisse :
— Réouverture après travaux ! La voie est libre ! Inauguration dans les meilleurs délais !
— Tu peux y compter, ma chérie ...
Le 4x4 de Raoul Ibanez & Co vient de virer à droite pour s'engager dans une allée. Deux gardes armés nous saluent alors que le portail monumental s'ouvre. Nous avons au moins trois cents mètres à gravir jusqu'à la maison plantée sur une petite butte. Et quelle maison ! Hypermoderne, haute d'un étage, la bâtisse doit être large de trente mètres au moins. La façade blanche est agrémentée d'une entrée en verre fumé et aluminium formant véranda et abritant un jardin intérieur dont on perçoit la luxuriance de l'extérieur. Une femme, dans la cinquantaine, petite et replète, en robe noire et tablier blanc, se précipite à notre rencontre, bientôt suivie par deux jeunettes portant la même tenue. Sur un signe de Raoul, les deux jeunes se précipitent vers notre voiture pour en extraire les bagages. Le hayon ouvert, l'une attrape les valises pour les tendre à l'autre.
N'arrivant pas à saisir les deux dernières valises, elle grimpe dans le coffre, à quatre pattes. Placé juste derrière elle, j'ai la vision fugitive de ses fesses et de son sexe nu : la soubrette ne porte rien sous sa courte robe ! Comme j'ouvre de grands yeux, Raoul saisit mon regard étonné :
— C'est la maison de tous les plaisirs, j'espère que cela ne vous choque pas, me demande-t-il.
— Pas le moins du monde !
— Ici, tout est permis, tout est possible, ajoute-t-il avec les yeux plissés.
Dans l'entrée, après un sas, l'air recèle des parfums variés : ceux des plantes tropicales, de l'huile qui fait briller le teck qui recouvre le sol et compose le mobilier de jardin installé auprès d'un bassin de plusieurs mètres de long où des poissons colorés se déplacent en bancs. Des oiseaux habitent les lieux, minuscules oiseaux-mouches qui bourdonnent d'orchidées en orchidées, gros toucans et superbes perroquets qui rivalisent de jacassements, oiseaux du paradis, délicats et colorés. Raoul est visiblement très fier de ce décor :
— C'est mon jardin, toutes mes passions regroupées ici !
Ébahi, je lui demande quand même :
— Toutes ?
— Presque toutes, me répond-il avec un air entendu. Que ma femme nous rejoigne, et toutes mes passions seront réunies. D'ailleurs, la voici ! Permettez-moi de vous présenter ma femme, Kirsten !
Alors qu'elle descend quelques marches pour nous rejoindre, je ne peux m'empêcher de détailler la nouvelle venue. Si Raoul est à peine plus grand que moi, son épouse, elle, est encore plus grande que Lilly ! Je ne vois d'abord que ses jambes : longues, interminables, fines, bronzées, des cuisses fuselées, absolument parfaites et découvertes aux trois quarts. Arrivant vraisemblablement de la piscine, la jeune femme porte une courte sortie de bain, blanche, en coton nid d'abeille. La petite ceinture qui ferme le léger vêtement ne suffit pas à contenir la poussée phénoménale occasionnée par une poitrine ahurissante, et bâille largement sur ses seins arrogants. Blonde platine, cheveux courts à la garçonne, merveilleusement bronzée, la jeune femme sort immanquablement tout droit d'un de ces magazines qu'on feuillette d'une seule main.
— Kirsten, je demande.
— Ma femme est norvégienne, comme vous pouvez vous en douter en la voyant, me répond Raoul, visiblement comblé par l'étonnement ravi qui doit se lire sur mon visage.
Je me fends d'un baisemain pour saluer la superbe nordique, ce qui a pour effet de la faire rire. Rire cristallin et frais, suivi de quelques paroles de bienvenue. La voix est délicieuse, basse et suave comme une voix d'aéroport. Comment un tel canon du Nord de l'Europe se retrouve-t-elle mariée à un négociant mexicain ?
— Une Norvégienne au Mexique, c'est pas banal !
Kirsten explique :
— J'étais danseuse et j'ai rencontré Raoul dans le club où je travaillais, à Miami !
— Moi aussi j'étais danseuse, dans un club, à New York, enchaîne Lilly.
— Il aurait été dommage, (Kirsten dessine les courbes du corps de Lilly d'une main légère) que vous ne tiriez pas avantage d'une plastique aussi éblouissante ...
Un peu étourdi par cette apparition divine, je reprends mes esprits et présente mes deux compagnes. Si j'ai redouté un instant une réaction un peu épidermique de Lilly, mes craintes s'évanouissent lorsque la maîtresse de maison, négligeant la main tendue, ouvre ses bras et embrasse ma fiancée en lâchant :
— Cher Monsieur, votre fiancée est absolument ravissante. Et sa cousine, ajoute-t-elle, l'est tout autant, dans un genre différent ! Vous êtes un homme chanceux, Monsieur, de voyager avec d'aussi ravissantes compagnes ! J'espère que vous ne les accaparerez pas trop, que je puisse moi aussi profiter de leur charme et de leur compagnie.
Comme elle joint à ses propos une caresse légère sur le flanc de Lilly, ses mots prennent une dimension légèrement trouble.
— Mais venez, assez parlé, vous devez être assoiffés, dit-elle en attrapant Lilly et Louise par la taille.
Au pied de l'escalier, Raoul et moi restons un instant à regarder le trio gravir les marches.
— Alors, que pensez-vous de mon invitation ? me demande-t-il.
— Je pense que je serais bien sot de ne pas l'accepter mais ...
Il me coupe :
— Vous resterez aussi longtemps que vous voudrez. Et n'oubliez pas, c'est la maison des plaisirs, de tous les plaisirs !
Pour ce que j'en vois, la maison est en forme de U, ouvert vers l'arrière du terrain, plein sud. Entre les corps de bâtiment, une pergola abrite la terrasse, devant une piscine aux eaux turquoise. Le bassin à débordement doit gentiment mesurer une vingtaine de mètres sur quinze, et contient même une sorte d'île, jolie plage de repos agrémentée de quelques plantes.
Alors que nous sommes installés à table où nous sirotons des boissons fraîches, le trio féminin achève de faire le tour de la piscine et nous rejoint d'un pas lent. Dans la promenade, la ceinture de Kirsten s'est défaite et son bain de soleil est désormais ouvert : un petit barbu, blond et bouclé, veille sur un petit coquillage bien clos entre les cuisses fuselées. Seuls les seins restent partiellement masqués par le vêtement.
— Nous déjeunerons vers treize heures, ici même si vous le voulez bien. Cela vous laissera le temps de vous reposer un peu.
Embarrassé malgré les propos répétés de Raoul, je m'attache à ne fixer que les yeux clairs et rieurs de notre hôtesse.
— Mais si j'étais vous, ajoute celle-ci, je profiterais d'abord de la piscine ou du jacuzzi !
— C'est une bonne idée, déclare Lilly.
— Alors, suivez-moi, lance Kirsten en abandonnant prestement son peignoir.
Je ne peux m'empêcher d'admirer les petites fesses pommées et uniformément bronzées de la jeune femme qui plonge dans les eaux limpides, alors que Lilly et Louise se déshabillent prestement, abandonnant leurs vêtements pêle-mêle sur les margelles. Raoul, moins gêné pour sa part, détaille le strip-tease express, hoche la tête lorsque Lilly dévoile sa fière poitrine, et esquisse une petite moue lorsque les jeunes femmes se retournent vers la piscine juste avant d'enlever leurs slips.
— « Tu mujer » a des nibards fabuleux mon gars !
— On peut en dire autant de ta femme !
— C'est vrai, répond Raoul avec un grand sourire qui révèle sa fierté, mais différents ... Et dis voir, la cousine est bien jeune mais elle n'a pas l'air farouche !
— Elle apprend vite ...
— Caramba, je me la ferais bien aussi !
« Aussi » ! La situation est claire ! Nous allons bien nous amuser ! Vive le Mexique !
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Chapitre 14 · Enchiladas bien fourrés
Au Mexique, dans une villa baignée de soleil, Al se réveille d'une sieste bien méritée entre Lilly, Kirsten et Louise. La piscine scintille, l'appétit se fait sentir à plus d'un titre, et l'après-midi semble toute entière promise à la paresse et au plaisir. Mais une conversation attendue pourrait bien venir bousculer cette parenthèse dorée. Jusqu'où ce programme improvisé peut-il les entraîner ?
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