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Couverture de Road movie, par Azimuteur
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Road movie — Chapitre 15 · Sous les ponts de Paris

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Road movie

Chapitre 15 · Sous les ponts de Paris

La soirée est douce, quelques degrés de moins par rapport à la fournaise de l'après-midi, ce qui fait une énorme différence. De toute façon, la maison est climatisée et des brumisateurs lâchent à intervalles réguliers des petits nuages d'eau vaporisée et parfumée. Dans le salon où nous nous sommes retrouvés pour prendre l'apéritif, les haut-parleurs dissimulés diffusent un jazz feutré.
Kirsten a vidé ses armoires : les femmes se sont mises sur leur trente et un ! Louise porte une mini, noire, coupée dans un tissu un peu rigide et d'aspect froissé qui se redresse en corolle froufroutante et un chemisier blanc, style corsaire, sans bouton et simplement noué sous sa poitrine. Lilly a opté pour une affolante et longue robe du soir en soie, couleur pêche, très sage, à peine décolletée, mais sous la soie légère, ses seins nus pointent comme deux petits coquins effrontés. Depuis le bas de la robe, une vertigineuse fente, montant jusqu'à l'aine, laisse entrevoir sa jambe et sa cuisse gauche lorsqu'elle marche. Un collier de pendeloques colore le décolleté. Kirsten, pour sa part, a choisi une robe fourreau moulante, toute noire mais ornée d'arabesques de strass. Longue, la robe empaquette ses fesses pommelées, révèle ses longues cuisses nerveuses par deux longues fentes latérales qui grimpent jusqu'à son nombril ; aucune épaulette, la robe fronce à grand peine à la lisière des tétons. Que la belle éternue, et ses seins canons jailliront instantanément !
Moins cérémonieux, Juan et moi portons pantalons en lin et chemises ouvertes.
Installées sur un canapé, l'une à côté de l'autre comme trois commères, nos donzelles font face à nos fauteuils.
— Alors, demande Raoul, vous avez passé un bon après-midi, vous vous plaisez chez nous ?
— Cette maison est extraordinaire, répond Lilly. Et l'accueil…
Se tournant à nouveau vers moi, Raoul demande :
— Et ma petite femme, elle a été gentille ?
— Très gentille, adorable !
— Vous avez fait connaissance tous les deux, pas de problème ?
— Aucun problème, ta femme est très... ouverte, elle sait recevoir et donner !
— Très ouverte ? Pour cela, je lui fais confiance ! Mais à cette heure, je les trouve bien sages, très pudiques nos gracieuses, assises cuisses serrées. D'après toi, sur les trois, combien portent une culotte ?
J'observe un instant le trio :
— Lilly n'en porte pas, la fente de sa robe l'interdit. Ta femme non plus : robe trop moulante, le moindre string marquerait le tissu. Il n'y a que Louise qui pourrait se permettre d'en porter une sans que cela se voie, mais comme elles se sont préparées ensemble, je l'imagine mal faire bande à part. Non, d'après moi, aucune !
— Alors, Mesdames, verdict ? demande Raoul.
Le trio se concerte avec des petits sourires. Première à se lever, Lilly retrousse lentement sa robe, ouvre la fente et s'amuse à faire durer le plaisir, pour finalement dévoiler son sexe nu dont elle caresse un instant le fendu du bout du majeur.
— Et d'une, s'exclame Raoul.
Louise se lève à son tour. Saisissant l'ourlet de sa jupe, elle nous lance un regard de défi, et remonte brusquement le tissu jusqu'à la taille, exposant fugitivement son fricotin nu avant de rabattre prestement le vêtement.
— Et de deux, enchaîne le mexicain.
Avec beaucoup de grâce, la maîtresse de maison se lève à son tour. Les mains à plat sur les cuisses, Kirsten ondule au rythme de la musique et resserre entre ses jambes, millimètre par millimètre, le fourreau étroit de sa robe moulante. Fendue jusqu'au ventre, la robe dévoile les deux aines totalement nues. Nulle trace d'un cordon de slip. Je jubile, suis certain d'avoir gagné, mais la seconde suivante, Kirsten se penche, attrape le bas de son fourreau, se tourne et le trousse jusqu'au nombril : son adorable fessier qu'elle écarte un peu est totalement nu et elle nous dévoile la rosette froncée de son cul. Lorsqu'elle se tourne lentement vers moi, je vois cependant apparaître un triangle de dentelles enchâssé dans des armatures rigides.
Un C-string ! J'en ai déjà vu dans des catalogues de lingerie mais celui-ci me paraît différent.
Kirsten, maligne, joue avec le triangle de soie, le pousse, le tire, le fait pivoter, avant, un air de triomphe dans le regard, de le tirer sèchement pour l'enlever. Jaillit alors de sa grotte, un œuf vaginal, de fort belle taille ! C'est lui qui maintient le triangle en place ! La version ultime du C-string, jamais vue dans un catalogue ! Fabrication artisanale ?
— Aïe, tu as perdu mon gars, hurle Raoul en me décochant une bourrade amicale.
— Ma foi, je ne regrette pas d'avoir perdu, ce string est tout simplement affolant ! dis-je en me léchant les babines.
— Veux-tu le tester ? demande Kirsten à Lilly.
Ma chérie s'empare du gadget en riant, fait glisser sa robe au sol et s'enfonce l'œuf résolument dans la boutique. Raoul me glisse alors une télécommande dans la main.
— Fais-la jouir ta chérie !
Six boutons sur la commande de l'œuf connecté. Première vitesse, Lilly sursaute mais sourit. Deuxième, troisième vitesse. Ma douce n'y tient plus et s'allonge sur le tapis, jambes écartelées, mains jointes, doigts fortement entrelacés sur son ventre. Au cinquième mode, ma gazelle se tortille en gémissant fortement, ses mains ballochent furieusement sa poitrine. Nous voyons bien qu'elle grimpe résolument vers l'extase. Je la laisse savourer les ondes assassines, sa bouche s'arrondit en O, sa respiration s'affole, ses yeux sont exorbités.
J'enclenche la sixième : cette fois, Lilly chaloupe, tangue, se tortille en criant sa joie. Bras en croix, satellisée, elle jouit en hurlant son bonheur. Visage transfiguré par le plaisir, elle savoure pleinement cet orgasme électrique qui la chahute entre joie et douleur. Je finis par faire ralentir peu à peu l'œuf vaginal, jusqu'à arrêter finalement. Lilly extirpe le jouet de sa boîte à mouille et se relevant, se jette sur moi pour m'embrasser furieusement.
— Espèce de salaud ! Tu t'es amusé ! Mais merde, j'ai adoré ! Quel pied ! Je veux le même ! dit-elle en tendant le string à sa cousine.
— On se calme tout le monde, déclare Kirsten qui, nue désormais, s'est assise, jambes croisées sur le canapé. La soirée est encore longue, on ne va pas tirer toutes les cartouches tout de suite et épuiser nos bonshommes ! On se calme, on boit un coup. Passons à autre chose. Dis-nous plutôt Raoul, quelles sont les nouvelles de la ville, chéri ?
La transition est abrupte et me fait tiquer mais je comprends qu'elle est parfaitement préméditée par le couple lorsque Raoul répond :
— Oh, chez nous, rien de spécial, mais chez vous mes amis ! répond Raoul. Quel bazar !
Il se tourne vers moi :
— À New York, ça barde ! C'est la guerre des gangs semble-t-il. Un parrain, un certain Martini, heu non pardon, Certini, s'est fait dessouder parce qu'il empiétait sur les affaires d'un autre et n'avait pu régler une dette. Il se raconte, ça, ce n'est pas aux infos, que le Certini se serait fait alpaguer un joli paquet d'oseille par son chauffeur. Par son chauffeur, tu te rends compte, Al ! Enfin, bref, après Certini, en représailles, un autre malfrat a été abattu, en compagnie de trois de ses hommes. Les flics s'attendent à ce que le nettoyage continue…
Martini-Certini, le lapsus était parfaitement volontaire et la façon dont il a insisté sur le deuxième nom en plissant les yeux me laisse à penser qu'il en sait plus qu'il n'y paraît. Et l'info, pas officielle, sur le chauffeur, n'est pas un hasard : il a calculé ses révélations, le bonhomme, sous-entendu, je sais tout mon coco, j'ai des relations... Il aurait juste manqué qu'il précise « chauffeur boiteux », et c'était complet ! Non, tout ça n'est pas un hasard. D'autant que la mort de Certini remonte à plusieurs jours, je l'ai entendue aux infos avant que nous arrivions au Missouri. Pour que le bonhomme nous resserve un plat froid comme ça, c'est sans doute qu'il a une petite idée derrière la tête. Mais peut-être que je me fais un film…
Ne voulant pas apparaître troublé, je réponds par une banalité :
— Oh, la guerre des gangs, ça permet le renouvellement des cadres...
— Sûr, répond Raoul, c'est pas ça qui va empêcher les honnêtes gens de dormir. Mais ça va désorganiser quelques affaires. Jusqu'ici sans doute... Mais on s'en remettra ! Allez, si on buvait un coup... pour fêter ça !
Fêter quoi ? Les parrains abattus ou le chauffeur millionnaire ? M'inquiète ce gars…
oooOOOooo
Notre chambre donne évidemment sur la pergola et la piscine. La pièce est vaste, immense même, claire, magnifique bien que sobrement décorée. Le lit à lui seul vaut le détour ! Immense ! Deux matelas, deux personnes côte à côte ! Plus de trois mètres de large, on peut accueillir du monde ! Le plafond ? Un miroir, cela ne vous surprendra guère ! Dans le reste de la pièce, petit canapé, fauteuil, et méridienne Le Corbusier, bureau et armoires en palissandre. Ces gens savent recevoir et gâter leurs invités. Si une des armoires recèle un frigo largement garni, une autre propose une collection complète d'accessoires divers et variés en provenance directe du meilleur sex-shop des environs. Et comble du raffinement, si je puis dire, chaque joujou est ensaché dans une protection stérile !
Debout dans l'encadrement de la porte-fenêtre ouverte, Lilly regarde la piscine éclairée par une série de spots immergés.
— Et si on marchait un peu, me propose-t-elle.
J'hésite une seconde. Je suis nu, aussi nu qu'elle, nous n'avons en effet pas pris la peine de nous rhabiller pour rejoindre notre chambre après l'orgie qui a conclu le dîner, orgie où Raoul ne s'était pas privé de tester les qualités profondes de Louise ! Cela dit, dans une maison où tout le monde se balade plus ou moins à poil, où les serveuses servent le dîner uniquement vêtues d'affriolants petits tabliers de dentelles et se laissent lutiner avec gourmandise, où tout le monde baise avec tout le monde, nous promener nus sur la terrasse pour profiter de la douceur de la nuit ne choquera personne, si tant est que l'on croise quelqu'un.
Je rejoins donc Lilly, l'attrape par la taille et nous sortons baguenauder autour de la piscine. Nous marchons quelques instants silencieux, avant de nous asseoir, les fesses dans l'eau, sur le rebord de la piscine à débordement.
— Alors, tu as réfléchi ?
— Pour moi, c'est clair, il faut profiter de l'occasion et accepter la proposition des Feds. Voyage gratis et hyper sécurisé, ça ne se refuse pas. J'espère juste qu'ils ne vont pas tiquer à mon sujet.
— Ton petit million piqué à Certini, c'est, je pense, le cadet de leurs soucis.
— M'ouais, tu as sans doute raison. Ok pour prendre le risque et on va embrayer rapido parce que les petites réflexions de Raoul m'inquiètent davantage ! Je ne le sens pas trop ce coco ! À moins que justement...
Lilly fronce les sourcils :
— Justement quoi ?
— Oh rien, une petite idée…
Pour éviter que ma tigresse ne continue à me questionner, je l'embrasse à pleine bouche. Manœuvre de diversion certes, mais nullement contraignante ! Les débordements de la soirée n'ont pas apaisé l'incroyable appétit que j'ai pour elle et lui faire, là, tout de suite, l'amour en flottaison dans la piscine est une perspective si émoustillante qu'elle réveille un certain gaillard qui cinq minutes plus tôt paraissait pourtant bien fatigué.
oooOOOooo
Le lendemain matin, au petit-déjeuner-brunch pris en commun, l'ambiance était joyeuse. Juste joyeuse, gaie, mais sans équivoque. Certes, nos compagnes étaient fort peu habillées et normalement très affriolantes, les petites serveuses n'avaient même pas pris la peine de remettre leurs petits tabliers mais on s'habitue à tout. C'est un peu comme dans les centres hédonistes : le premier jour, les mecs sont au garde-à-vous permanent et ça défouraille à tout-va mais dès le lendemain, si leurs compagnes leur ont bien rabattu leurs… coquets, il faut bien plus qu'une paire de miches pour réveiller les ardeurs.
Nous en étions là donc, tranquilles, peinards et enjoués.
Sauf moi !
Je surveillais Raoul du coin de l'œil. Je subodore une entourloupe à son sujet. Oui, je subodore ! Certains pensent, supputent, moi, je subodore. Je préfère. Chacun son vocabulaire !
Les fines allusions de l'honorable correspondant des fabricants automobiles nippons avaient la précision et la légèreté d'un commando des Marines déboulant la résidence d'été d'Oussama ben Laden. Ne serait-il pas, par hasard, honorable correspondant d'une certaine Firme ?
Mon attente n'a pas été bien longue en vérité. Remarquant que je l'observais à la dérobée, Raoul me sourit ostensiblement. S'adressant à Lilly et à moi, il met les points sur les i !
— J'espère, nous dit-il avec un clin d'œil, que la nuit vous a porté conseil. Si c'est le cas, vous avez un petit coup de fil à passer je pense. Vous pouvez le faire en toute sécurité avec ce téléphone satellite crypté.
Bingo ! J'avais vu juste !
oooOOOooo
Y a pas à dire, je préférerais batifoler sur le sable blanc d'une plage paradisiaque plutôt que me morfondre dans cette triste chambre. Pas folichonne la chambrette, aussi gaie que la cellule d'un moine trappiste. Bon d'accord, j'ai la télé. Tu parles d'un confort ! Je n'ai ni le câble, ni le sat, donc programmes de base, service minimum, chaînes françaises uniquement. Rien de très bandant ! Et ce que j'aperçois du ciel par ma petite fenêtre, ce sont de gros flocons, lourds, serrés. Il neige dru ! Pas de quoi me mettre le moral en hausse.
J'en ai encore pour cinq jours. Cinq longues journées, cinq longues nuits avant ma libération. Avant de pouvoir gambader avec mon pied tout neuf !
— Hello ! Surprise !
Dans l'encadrement de la porte qui vient de s'ouvrir brusquement, trois infirmières ! Oh, pas les matrones habituelles avec leurs pyjamas verts sans grâce, non, trois bombes en tenues affriolantes, sexy en diable.
— Lilly !
Ma Lilly ! La seule, l'unique ! Accompagnée de Louise et Kirsten !
— Mais qu'est-ce que vous…
— Non mais Doudou, tu croyais vraiment que tu allais être le seul à profiter des charmes de Paris ? Nous aussi, on veut profiter de la Ville Lumière et de ses plaisirs !
— Oh ma chérie, tu sais, pour l'instant, je n'ai rien vu de Paris à part le bloc opératoire et cette chambre !
Lilly s'est allongée sur le lit, en faisant bien attention à ne pas toucher mon pied enturbanné dans un énorme pansement. Elle me couvre de baisers, me saoule de papouilles, m'inonde de larmes aussi.
Dans le quart d'heure qui suit, je suis cajolé, bisouillé par les trois femmes. La conversation est décousue, entrecoupée de rires et de sanglots, de larmes de bonheur.
Je dois raconter l'opération de mon pied, la rééduc avec le kiné, elles, me parlent de plages, de soleil, de cocktails, de la maison achetée sur une île paradisiaque. Et de tous les plaisirs que nous allons pouvoir partager bientôt. Lilly me raconte aussi ses fastidieuses rencontres avec les fédéraux, avant de conclure :
— C'est bon, j'en ai fini avec eux ! Mais ç'a été long ! Cinq semaines sans toi ! Sans pouvoir venir te voir !
— Pour moi aussi, ç'a été long ! Mais dans quelques jours, on décolle tous vers le paradis !
— Mais avant, t'inquiète, on va profiter de Paris ! On a repéré les adresses intéressantes, me glisse Lilly qui m'explicite ses projets au creux de l'oreille.
Il n'est guère question de musées ou de monuments, pas même des boutiques (enfin si, un peu !). Ses projets sont largement plus croustillants !
— Ton kiné s'est occupé de ton pied ? Nous, on va centrer nos soins sur la rééduc de Popaul ! Il n'a pas souffert de l'opération au moins, demande-t-elle avec un air exagérément inquiet.
— De l'opération, non, pas du tout, je réponds en riant. Mais de ton absence, oh oui, tu n'imagines même pas !
Pour se rassurer pleinement, mon infirmière zélée a fait voler le drap et avec l'aide de ses deux comparses, elle me débarrasse de mon caleçon en prenant garde toujours à mon pied.
— C'est vrai qu'il a l'air en forme le kiki !
Tu m'étonnes ! Avec trois bombes dévergondées et déjà quasi à loilpé pour l'exciter, des nibards à foison et des foufounes brûlantes à portée de main, après cinq semaines de disette, mon obélisque pointe aux cieux !
Bingo ! LE PIED !
♪♫ Sous les ponts de Paris … ♫
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