Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Erreur de réservation — Chapitre 13
Auteur
Erreur de réservation
Chapitre 13
Ça faisait maintenant plusieurs semaines que Catherine vivait sur un petit nuage.
Le couple qu’elle formait avec Maude la rendait heureuse comme elle ne l’avait jamais été. Chaque jour qui passait, elles se découvraient un peu plus. Sur le plan sexuel d’abord : les nuits étaient devenues de longues explorations tendres, curieuses, parfois rieuses. Plus de course à l’orgasme maximal, plus de recherche frénétique du squirt ou de la sensation extrême. Juste elles deux. Des caresses qui duraient des heures, des rires étouffés dans l’oreiller, des orgasmes qui arrivaient comme des vagues douces et profondes. Et sur le plan des sentiments, c’était encore plus beau. Elles parlaient de tout. De leurs peurs, leurs envies, leur futur. Catherine avait même présenté Maude à ses parents un dimanche midi. Elle avait fait son coming-out d’une voix un peu tremblante. Ses parents avaient échangé un long regard, puis sa mère avait simplement demandé à Maude si elle voulait encore un peu de tarte. L’acceptation avait été simple, presque banale. Catherine en avait pleuré de soulagement.
Elle était même devenue amie avec Sophie.
Tous les midis, elles mangeaient ensemble à la cantine ou dans un petit restaurant du quartier. Elles parlaient de leurs couples, de leurs soirées. Sophie semblait sincèrement contente pour Catherine. Elle disait souvent que Maude lui avait « redonné un équilibre ». Et Catherine le croyait.
Ce vendredi soir, pour fêter un gros contrat signé dans la semaine, le patron avait convié toute l’équipe au bar du coin de la rue. Champagne à volonté. Les verres s’enchaînaient. L’ambiance était bruyante, joyeuse, un peu trop arrosée. Très vite, Catherine et Sophie ne parlèrent plus qu’ensemble, isolées dans un coin, riant de tout et de rien. L’alcool commençait à les désinhiber. Les sujets glissèrent peu à peu. D’abord des allusions anodines, puis des souvenirs plus précis. Bordeaux revint sur le tapis, d’abord en plaisantant.
Puis Catherine, le visage un peu rouge, le regard brillant, demanda d’une voix plus basse :
— À quel point… notre troisième nuit à Bordeaux était spéciale pour toi ?
Sophie ne répondit pas tout de suite.
Elle posa son verre. Leurs regards se croisèrent. Quelque chose passa entre elles. Un reste de braise, un souvenir trop précis, une curiosité dangereuse. Sans un mot, Sophie lui prit la main sous la table et l’entraîna vers les toilettes du bar.
La porte à clé claqua derrière elles.
Les toilettes étaient étroites. À peine le verrou poussé, Sophie plaqua Catherine contre le mur et l’embrassa avec une faim soudaine. Ce n’était plus tendre. C’était urgent, presque brutal. Leurs langues se cherchaient, leurs dents s’entrechoquaient. Catherine gémit dans sa bouche, les mains déjà sous le chemisier de Sophie pour lui caresser les seins.
Elles se déshabillèrent à moitié, juste ce qu’il fallait.
Sophie releva la jupe de Catherine, lui tira la culotte le long des cuisses et s’agenouilla sur le carrelage froid. Elle écarta les lèvres intimes de Catherine avec les pouces et plongea sa langue dedans. Elle la lécha goulûment, profondément, en gémissant elle-même. Deux doigts s’enfoncèrent, puis trois, pendant que sa bouche suçait le clitoris déjà dur. Catherine avait la tête renversée contre le mur, une main dans les cheveux de Sophie, l’autre agrippée au lavabo. Elle jouit vite, violemment, les cuisses tremblantes, un cri étouffé dans la main qu’elle avait plaquée sur sa bouche.
Mais elles n’avaient pas fini.
Le but était clair : faire jouir l’autre le plus fort possible.
Catherine tira Sophie vers elle, inversa les rôles, la poussa contre le mur à son tour et s’agenouilla. Elle ouvrit le pantalon de Sophie, tira sur la culotte et colla sa bouche contre son sexe. Elle la mangea avec une application presque féroce, langue large, doigts crochus, rythme impitoyable. Sophie gémissait sans retenue maintenant, se moquant éperdument des collègues de l’autre côté de la porte. Elle jouit contre la bouche de Catherine en lui tirant les cheveux, les hanches projetées en avant.
Et elles recommencèrent.
Sophie retourna Catherine, la pencha au-dessus du lavabo, lui écarta les fesses et la lécha de l’anus jusqu’au clitoris pendant que trois doigts la pénétraient profondément. Catherine jouit une deuxième fois, plus fort, les jambes flageolantes. Puis elle se retourna, souleva une cuisse de Sophie contre le mur et la doigta avec quatre doigts pendant qu’elle lui suçait un sein. Sophie se cambra et jouit encore, un long gémissement rauque qui résonna dans la pièce.
Ça dura.
Plus d’une heure.
Elles se relayèrent, se mirent dans toutes les positions possibles dans cet espace minuscule. L’une assise sur le lavabo, les jambes écartées, l’autre à genoux. L’une contre la porte, l’autre agenouillée. Des doigts, des langues, des cuisses qui se frottaient. L’air était devenu lourd, chargé d’odeur de sexe et de champagne. Leurs maquillages avaient filé, leurs vêtements étaient froissés, trempés par endroits. Elles riaient parfois entre deux vagues, se traitant de salopes à voix basse, complètement ivres de plaisir et d’alcool.
Quand elles s’arrêtèrent enfin, elles étaient exténuées.
Catherine s’adossa au mur, le souffle court, le sexe battant, les cuisses collantes. Elle avait joui plusieurs fois. Fort. Mais… moins fort qu’avec Maude. Clairement moins fort. Le lien qui unissait encore Sophie aux orgasmes dévastateurs de Bordeaux était bien rompu. Elle en ressentit un soulagement immense, presque euphorique.
Elles se rhabillèrent tant bien que mal, se regardèrent dans le miroir en riant bêtement, puis ressortirent. Quelques collègues les dévisagèrent, mais personne ne dit rien. L’alcool avait rendu tout le monde indulgent.
Catherine rentra chez elle en taxi, encore pompette, le corps lourd et satisfait.
En ouvrant la porte de l’appartement, elle vit que la lumière du salon était allumée. Maude était assise sur le canapé, en t-shirt et short, un livre ouvert sur les genoux. Elle releva la tête et sourit.
Catherine fut envahie d’une vague de tendresse. Elle allait pouvoir lui faire l’amour. Sceller définitivement ce qu’elles avaient. Elle s’avança, s’assit tout contre elle et l’embrassa sur la bouche, longuement, profondément.
Maude eut un mouvement de recul net.
Son expression changea. Elle fronça légèrement le nez.
— Attends…
Sa voix était devenue étrange.
— Tu sens… la chatte.
Catherine éclata d’un petit rire alcoolisé, complètement à côté de la plaque.
— Ah ouais… attends, je vais t’expliquer. Tu vas voir, c’est marrant…
Et elle lui raconta. Les toilettes. Sophie. Les doigts. Les langues. L’heure passée à se faire jouir l’une l’autre. Les orgasmes moins forts qu’avec elle. Elle lui raconta tout ça avec le sourire, persuadée, dans son ivresse, que Maude trouverait ça excitant. Ou drôle.
Quand elle eut fini, Maude était rouge. Pas de désir. De colère pure.
— T’es vraiment une conne, cracha-t-elle.
Elle se leva d’un bond, attrapa son manteau et ses clés, et se dirigea vers la porte.
— Maude… ? fit Catherine, soudain perdue.
Mais Maude était déjà dehors. La porte claqua.
Catherine resta assise sur le canapé, l’alcool lui brouillant encore les idées, incapable de comprendre ce qui venait de se passer.
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Commentaires ()
Maude arrivera-t-elle à pardonner ?
Le reveille sera brutal pour Catherine.
Excellent chaque chapitre est une nouvelle révélation.