Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le projet artistique — Chapitre 55 · Retour
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le projet artistique
Chapitre 55 · Retour
Maxime narrateur
Quelques bruits de pas me réveillèrent, j'attrapai ma montre. Il était presque 8h. Je me levai pour aller voir ce qu'il se passait. Dans le couloir, je trouvai Peter, Germain, Marie, Esteban et Sylvie. Ils parlaient à voix basse, mais ils préparaient quelque chose.
— Que se passe-t-il ?
— Ah Max. Nous pensions réserver un réveil spécial à Paul ce matin, commença Sylvie.
— Mais Gitta dort dans leur lit avec Elisa et lui. Alors nous hésitons un peu.
— Ah Max. Nous pensions réserver un réveil spécial à Paul ce matin, commença Sylvie.
— Mais Gitta dort dans leur lit avec Elisa et lui. Alors nous hésitons un peu.
Peter était embêté de réveiller aussi brusquement Gitta.
— Je pense qu'elle le prendrait bien cette petite blague. Et puis elle aura tout le week-end pour se reposer.
Je ne pensai pas trop me tromper pour Gitta, d'après les éléments dont nous disposions sur elle. J'aurai aussi parié que Dieter et Hanna auraient pris cela à la légère. Marie abonda justement en ce sens. Peter n'était pas sûr, mais il voyait Dieter trop comme son professeur et pas assez comme quelqu'un dans le même pacte. Nous réussîmes à le convaincre que nous pouvions faire cette blague à tous. Il fallut être discret ensuite pour réveiller les autres jeunes sans réveiller les profs. Ce fut fait prestement et nous fûmes tous dans le couloir, retenant difficilement nos ricanements. Nous formâmes alors deux groupes avec des Français et des Allemands mélangés. Nous nous dirigeâmes à pas de loup vers les chambres visées et entrâmes comme des voleurs. Moi, je me trouvais dans la chambre de Paul et Elisa. Je ne fus guère surpris de voir Gitta dans le lit avec eux. Paul était au milieu et les deux femmes s'étaient collées à lui pour profiter de la chaleur de son corps.
Ils étaient apaisés et reposés. Le dernier rentré fit un petit signe et nous criâmes d'un coup :
— Debout il est 8h ! Debout, il est 8h !
De l'autre chambre, nous entendîmes le même réveil en fanfare. Les profs et Gitta se réveillèrent en sursaut alors que nous éclations de rire devant leur air perdu. Après quelques instants pour redescendre sur Terre, Paul se mit à rire en comprenant ce que nous avions fait.
— Ah, ah, ah, c'est malin. Vous aviez marre de mon petit réveil du matin ? Alors vous avez décidé de prendre votre revanche ?
— Ce n'est pas drôle, Paul ! ronchonna Gitta.
— Ce n'est pas drôle, Paul ! ronchonna Gitta.
Elisa ne dit rien, mais nous regarda avec un peu sourire en coin. L'autre groupe déboula dans le couloir avec fracas. Dieter leur criait dessus, mais ce n'était pas une colère très crédible tant il avait du mal à retenir ses rires. Puisque tout le monde était levé, nous allâmes prendre le petit-déjeuner. Il s'étira fortement en longueur. Elisa, Hanna et Gitta s'enquirent auprès des filles si elles n'avaient pas trop souffert de l'expérience de la veille. Toutes répondirent que ça allait. Pour les Françaises ce n'était guère étonnant. Pour les Allemandes cela rassura leurs copains qu'ils ne leur aient pas fait du mal.
— Avez-vous toutes eu du plaisir ? demanda Elisa.
Elles dirent oui toutes les huit. Mais Hanna leur posa une question un peu plus précise :
— L'ambiance était très spéciale. Elisa et moi avions joui fortement puis de voir Gitta prise en double, cela a augmenté votre excitation. Si vous aviez été seuls, sans autre source stimulation externe. Cela aurait-il été différent ?
En effet, cela méritait réflexion. Voir les autres prendre du plaisir, voir une double pénétration et entendre tout cela pouvait avoir joué sur leur libido. Face à face, dans l'intimité du couple, cela pouvait être différent. Les Allemandes réfléchirent un moment, de même que les Françaises. Les deux fois où elles l'avaient fait, c'étaient dans des circonstances où nous étions en groupe et où l'effervescence sexuelle était importante. Elles convinrent toutes que leur première ou deuxième expérience leur faisait dire qu'elles étaient prêtes à le refaire de temps en temps. Et que la prochaine fois, cela se ferait seulement à deux. Cela réjouit Peter, Stephan et Wilhelm qui n'étaient alors pas sûrs de pouvoir y regoûter. Et puis moi aussi un peu, car cela voulait dire que je pourrais sûrement le refaire dans pas très longtemps.
Le petit-déjeuner se termina sur ces nouvelles. Paul, Dieter et Elisa définirent le programme jusqu'au départ : nettoyage des chambres, des toilettes et des cabines de douche, nettoyage de la cuisine et du réfectoire, vaisselle et tri des denrées alimentaires qui restaient, rangement de la salle de repos et du matériel vidéo. Nous prendrions ensuite notre dernier repas tous ensemble avant l'arrivée du car qui nous emmènerait à Francfort. Gitta devait initialement partir dès le matin, mais elle décida de nous donner un coup de main. Toutes nos tâches se firent dans une bonne ambiance, cela fut l'occasion de rire un peu, de s'amuser tout en travaillant. Tous les valises et sacs furent rassemblés dans le hall d'entrée. Nous nous préparâmes un dernier repas et des sandwichs avec ce qu'il restait dans les frigos. Dieter nous indiqua ce qu'il fallait faire des denrées périssables et des non périssables.
Le déjeuner fut d'abord animé avant que nous nous rendions compte de l'heure qui avançait et qui annonçait notre prochaine séparation. Nous nous promîmes de nous donner régulièrement des nouvelles. Nos amis nous dirent que s'il y avait besoin d'autres vidéos, ils étaient prêts à en refaire pour nous. Ils nous souhaitèrent de remporter le prix. Nous leur demandâmes ce qu'ils comptaient faire pour la suite ? Nous parlions évidemment de la relation qu'ils venaient d'entamer avec Dieter, Hanna et Gitta. Ils nous dirent qu'ils comptaient d'abord fournir à tous un exemplaire de la vidéo. Ensuite, ils ne savaient pas trop. Sans doute, ils allaient continuer à demander quelques conseils sans pour autant refaire des choses en groupe. Enfin, peut-être, peut-être que non. D'un côté, ils ne regrettaient rien de ce qui était arrivé cette semaine-là. Mais de l'autre, le retour à la vie normale allait peut-être les faire changer d'avis.
Nous les invitâmes à venir en France par politesse, mais sans croire que cela fut vraiment possible. Ils nous remercièrent de l'invitation.
Ce fut ensuite l'heure des adieux. Gitta et Elisa pleuraient à chaudes larmes de devoir à nouveau se séparer. Hanna et Dieter étaient particulièrement émus aussi. Mais eux devaient venir en France avec Adrian pour les fêtes de fin d'année. Nous aussi, cela nous fit quelque chose de les voir ainsi. Nos copines se juraient déjà pleines de choses comme si elles se connaissaient depuis des années. Elles ne tardèrent pas à verser des larmes également. Nous, les hommes, nous nous maîtrisions un peu plus, mais nous avions quand même les yeux humides. Nous entendîmes le car se garer dans la cour. Dieter sortit pour lui dire que nous arrivions dans un instant, le chauffeur mit ce temps à partie pour manœuvrer et se mettre dans le bon sens pour partir puis ouvrir les soutes à bagages.
Gitta et Elisa se serrèrent fort dans les bras l'une de l'autre puis se déposèrent un petit smack sur les lèvres. Elisa en fit de même ensuite avec Hanna et Dieter. Paul se plia bien volontiers à ce rituel hérité des années d'acteurs de ceux-ci. Les Allemands furent un peu surpris. Nous beaucoup moins, car nous le faisions parfois aussi. Alors que je pensai simplement leur faire la bise, nos copines se firent également de petits smacks. Les copains allemands de ces demoiselles haussèrent les sourcils et nous interrogèrent du regard. Nous leur fîmes comprendre que nous la pratiquions parfois. Je me sentais alors suffisamment proche d'eux pour le faire, mais eux, je ne savais pas. Ils firent le premier pas et collèrent un bref instant leurs lèvres sur les nôtres. Finalement, tout le monde eut droit à son petit baiser sur les lèvres.
Nous sortîmes et rangèrent nos valises. La montée dans le car fut un peu longue, les séparations étaient compliquées. Les femmes pleuraient à chaudes larmes, mais étaient heureuses d'avoir de nouvelles amies. Elisa fut la dernière à réussir à monter dans le car. Finalement, je laissai couler quelques larmes, comme les autres mecs. Dans la cour, femmes et hommes pleuraient aussi. Nous nous fîmes de grands gestes d'au revoir tant que du car, nous pûmes les voir. Quand il tourna à droite et s'engagea dans la rue, un silence nostalgique tomba sur nous.
* * *
Pendant un moment, nous restâmes donc silencieux. Puis, nous évoquâmes rapidement ce séjour incroyable. Nos parents et la direction allaient nous demander comment cela s'était passé. Bien sûr, nous n'allions pas raconter le côté sexuel de notre séjour. Mais nous allions être particulièrement élogieux. Clairement, nous avions lié des liens étroits avec les six Allemands, mais au-delà d'eux, tout l'établissement, tous les élèves et professeurs nous avaient extrêmement bien accueillis. Nous pensions même proposer à la partie lycée de notre établissement de faire une sorte de jumelage avec celui de Dieter. Afin que des échanges réguliers se fassent entre les élèves des deux pays. A un moment, je posai une question qui me taraudait à Amandine :
— Dis Am. J'ai été un peu surpris quand Jutta, Ida et Svenja n'ont pas eu trop d'hésitation à caresser Gitta, à l'embrasser ou à vous embrasser entre filles.
— Oh, cela ne m'a pas surpris. Quand nous sommes allés les rejoindre pour nous raser les foufounes, il a fallu se passer une crème apaisante pour éviter le feu du rasoir. Bien sûr, sentir des doigts féminins sur mon sexe m'a fait frémir. Cela a été le cas aussi pour Carine et Marie. Sans trop de surprise, Hanna et Gitta ont apprécié également. Et quand elles se sont fait mettre de la crème, j'ai bien vu que les Allemandes ont pris plaisir à ce massage, et pas seulement pour calmer leur peau irritée.
— Je vois. Je suis sûr que si vous n'aviez pas eu à revenir avec nous, vous vous seriez lancés dans quelques jeux entre nanas.
— C'est fort possible. D'ailleurs, elles ont été un peu gênées d'être excitées par d'autres femmes. Nous leur avouâmes alors qu'il n'y avait pas de mal à se faire du bien entre nanas. Je crois qu'elles sont fortement tentées de le faire.
— Ça ne m'étonne pas.
— On leur a dit que vous aussi, vous faisiez parfois des trucs entre mecs. Elles ont été vachement surprises, car cela ne transparaît dans votre attitude habituelle.
— Ah bon ? En tout cas, ce n'est pas intentionnel. Mais il est possible que Peter, Stephan et Wilhelm s'y essayent au moins une fois. Ils nous ont dit qu'ils avaient compris que lors de notre apprentissage, nous avions aussi sucé les mecs. Il a bien fallu leur dire que c'était vrai et que nous pouvions aimer presque autant que de le faire avec une fille.
— Presque ? Ah, quand même !
— Oui, bon. C'est vrai. Mais on a dit ça surtout par rapport à l'expérience que nous avions eue avec Graziella.
— Oui, oui, bien sûr, bien sûr.
Amandine mit fin à notre discussion. Je sentais que je n'avais pas été convaincant. Je préférais faire l'amour avec une fille, de préférence Amandine ou une autre nana du groupe (et pourquoi une des Allemandes), j'avais besoin de sentir des seins sous mes mains, l'odeur d'un sexe féminin suintant de désir. Mais une belle queue à sucer d'un de mes potes me donnait envie également.
Le car arriva près d'une heure en avance à la gare. Le quai de notre train était déjà indiqué. Nous nous y rendîmes et attendîmes un long moment. Finalement, un changement de quai eut lieu et nous dûmes nous dépêcher pour aller le prendre. Nous avions de nouveau deux compartiments à notre disposition. Je voulus proposer de se répartir plutôt couple par couple, mais les femmes souhaitèrent d'emblée rester ensemble. Nous nous installâmes donc ainsi. Le train partit après quelques minutes. Il partit à l'heure malgré l'effervescence de ce début de congés d'automne dans ce Land. Un contrôleur passa dans les compartiments. Il vérifia les billets auprès d'Elisa et passa à la suite sans plus de remarques. Nous allions déployer les couchettes quand Paul nous proposa de faire venir les filles.
— Je vous propose de vous raconter comment j'ai revu Elisa, et comment elle a pu venir en France. Car une fois la frontière passée, ça n'a pas été simple.
L'occasion était belle d'avoir la suite et la fin de leurs aventures. Germain et Felipe allèrent chercher nos copines et une fois dans notre compartiment, elles se posèrent sur nos genoux. Paul commença alors son récit.
* * *
Paul narrateur
Cela faisait plusieurs mois, presque un an, que je pensais tous les jours à Elisa. Mon amour pour elle n'avait pas diminué, au contraire. Bertrand et François me disaient de passer à autre chose. J'eus un moment l'idée de demander à immigrer là-bas. Mais je n'étais encore qu'étudiant en STAPS, sans réelle formation et utilité à ce pays ; ils n'auraient pas voulu de moi. J'enrageai dans mon coin, ne sachant que faire. Des nouvelles parvinrent à l'association concernant cet accident de car. Les circonstances n'étaient pas claires. Il fallut une petite semaine pour que nous en sachions plus, le monde s'écroula autour de moi quand j'appris qu'Elisa était la jeune fille disparue dans la rivière. J'appelai à l'aide mes amis, j'avais plus que jamais besoin d'eux. Ils vinrent me soutenir tant bien que mal.
Je retrouvai plusieurs fois à l'association, car quelques courriers furent échangés entre la France et la RDA pour présenter nos condoléances. J'avais eu le plus grand mal à écrire quelques lignes à l'attention de Dieter et de sa famille. J'espérais recevoir une réponse de sa part dans laquelle je fondais mes derniers espoirs d'un miracle. Alors lorsqu'on me dit que j'avais une lettre qui m'était adressée venant d'Allemagne, je crus que cela venait de lui. Mais en y regardant de plus près, la lettre avait été postée de RFA et non de RDA. Plus précisément de Coburg en Bavière. L'écriture sur l'enveloppe semblait plutôt féminine, une belle écriture avec de jolis pleins et déliés. J'ouvris le pli. A l'intérieur, une page manuscrite de la même main. Je regardai le nom et l'adresse de l'expéditeur. Elisa ! C'était elle qui m'écrivait. Je m'isolai pour la lire tranquillement.
Elle me disait, en français, qu'elle avait profité de l'accident pour passer à l'Ouest après des mois et des mois de préparation. Elle était hébergée dans un centre d'accueil pour immigrés à Coburg. Elle avait un peu d'argent devant elle, mais elle ne pourrait tenir longtemps. Elle me disait qu'elle était toujours follement amoureuse de moi et était persuadée qu'il en était de même pour moi. Elle voulait me rejoindre, mais il lui fallait obtenir un visa, quelques papiers officiels. Elle avait réfléchi à comment passer la frontière, mais n'avait pas imaginé qu'il y aurait d'autres obstacles à franchir ensuite. Elle m'appelait à l'aide et m'envoyait tout son amour.
Je rentrai chez moi et écrivis une réponse à Elisa. Je lui disais que je l'aimais plus que tout alors que j'avais cru la perdre. Je lui dis également que j'allais m'occuper de tout et qu'elle n'avait plus qu'à attendre et prendre soin d'elle. Je lui dis également que j'allais lui envoyer de l'argent par mandat international.
J'avais dit que je m'occupais de tout, mais en fait, je ne savais pas quoi faire. Même envoyer de l'argent, je ne savais pas comment faire. Je demandai conseil à mes amis. Bertrand connaissait une agence pour transférer de l'argent. Je m'y rendis avec eux. J'avais puisé dans mes faibles économies. Ça ne faisait pas lourd, surtout avec les frais de transfert à payer. J'eus la surprise de voir que mes amis avaient aussi ponctionné leurs réserves pour m'aider.
— Je ne sais pas comment vous remercier.
— C'est simple. Tu nous choisiras comme témoin de mariage, me dit Bertrand.
— On fait pas tout ça si vous ne vous mariez pas, hein !
— T'inquiète François. Je compte bien l'épouser.
Nous envoyâmes le mandat et je renvoyai une lettre à Elisa pour lui indiquer comment le récupérer. Les besoins immédiats d'Elisa étaient couverts, mais il me fallait trouver un moyen de la faire venir légalement. Comme les passeports et la plupart des papiers s'obtenaient en préfecture, je m'y rendis. Je ne savais trop dans quel service me rendre et la personne de l'accueil eut bien du mal à trouver un interlocuteur compétent. Finalement, elle me dirigea vers une fonctionnaire qui traitait habituellement les cas bizarres. En fait, elles étaient trois dans ce bureau. Elles traitaient peu de dossiers, mais ceux-ci leur prenaient un temps fou à chaque fois. Des pièces étaient difficiles à obtenir, il fallait des documents d'autres administrations ou d'autres régions, d'autres pays, etc.
Ces trois femmes avaient la petite cinquantaine, elles semblaient avoir été mises là tant par leur expérience en matière administrative que par leur look plus ou moins resté scotché dans le début des années 70. En plus, je compris assez vite qu'elles s'appelaient toutes les trois Brigitte. Celle qui me recevait leva les yeux au ciel et se lamenta lorsque je lui exposai mon problème :
— On me l'avait jamais fait celle-là. Vous vous rendez compte les filles. Il veut faire venir une Allemande de l'est qui a réussi à passer la frontière avec de faux papiers.
— Oh, la, la, ma pauvre t'as pas fini avec ce dossier.
— Hi, hi, hi, tu comptes finir avant la fin de l'année ?
J'espérai qu'elle plaisantait vraiment, car nous étions début juin ! Brigitte, la brune, les autres étant châtain avec ou sans lunette, me donna un numéro de dossier et me demanda de récupérer auprès d'Elisa, une quelconque preuve de sa vraie identité, sans quoi, cela pouvait être très compliqué, si ce ne l'était pas déjà. Elisa m'envoya une photocopie de son passeport. Je retournai à la préfecture pour apporter cette pièce au dossier ainsi que des éléments me concernant :
— Ah mais jeune homme ! Il faudrait qu'elle soit certifiée conforme votre photocopie.
— Mais, mais elle peut faire ça comment ?
— En mairie ou en préfecture.
— Depuis l'Allemagne ?
— Au consulat ou à l'ambassade la plus proche, ils devraient lui faire ça. Celui de Munich doit être le plus proche, hein Brigitte ?
— Oui, Brigitte. Celui de Munich.
— Mais elle n'a pas le droit de se déplacer pour l'instant !
— Ah mais ce n'est pas mon problème.
Je devins tout blanc devant le blocage de la situation. Mon interlocutrice parut gagner un peu d'humanité et me demanda une déclaration sur l'honneur comme quoi la photocopie était conforme à l'originale. Je lui fis sur-le-champ et elle tamponna la copie. Elle me donna tout un tas de choses à lui rapporter. Je revins quelques jours plus tard avec la plupart d'entre eux. J'étais accompagné de mes amis, car nous devions aller à l'entraînement ensuite.
— Mais qui voilà, notre petit jeune homme et son dossier farfelu. Et il nous ramène deux nouveaux. Encore des jeunes filles à faire venir de RDA ?
— Euh, bonjour, non, non. Ce sont des amis qui m'accompagnent, c'est tout.
— Dommage, nous aurions été heureuses de traiter vos cas, susurra la Brigitte sans lunettes.
— Nous nous serions penchés dessus avec grand intérêt, ajouta Brigitte à lunettes.
D'un coup, je me rendis compte que la Brigitte brune m'avait fait des allusions plusieurs fois précédemment. Mais je n'avais pas trop fait attention. Je les détaillai d'un peu plus près. Elles avaient bien la cinquantaine, des physiques assez quelconques, mais des fesses plutôt imposantes. Des rides ornaient bien le tour des yeux, la commissure des lèvres, le front. Elles avaient pu être séduisantes à une époque, mais elles avaient perdu de leur charme avec les années et les aigreurs de leur métier de fonctionnaire.
— Bien, voyons vos documents. Bien, bien, mmmh d'accord. Ah là non, il faut changer ça, préciser ça. Celui-là aussi, vous n'avez pas parafé les pages. Et là, il fallait aussi signer. Revenez me voir quand tout sera d'équerre.
Je me levai, un peu désespéré de la lenteur de notre administration. En reprenant mon dossier, Brigitte à lunettes me lança :
— Et vous pouvez revenir avec vos amis. Nous serons ravies de les revoir aussi.
A la sortie, François et Bertrand me firent part de leur gêne d'avoir été autant convoitée comme de vulgaires morceaux de viande.
— Je vais être beaucoup plus correct avec les nanas maintenant, nous dit François.
— C'est pas super agréable d'être traitée de la sorte, avoua Bertrand.
— Oui, je n'y avais pas fait attention, mais elles sont comme ça depuis le début. Elles ne doivent pas être souvent baisées celles-là.
— Leurs mecs doivent bander mou, ricana François.
Quelques jours plus tard, je refis mon apparition devant les Brigitte. Elles furent beaucoup moins avenantes, je compris qu'elles étaient déçues de ne pas me voir avec mes potes. Du coup, elles me firent tout refaire. Je demandai à François et Bertrand de venir à chaque fois par la suite. Ils voulurent bien, pour moi et pour Elisa. Les Brigitte furent ensuite beaucoup plus gentilles et validèrent des choses pourtant imparfaites. Leur petit jeu était clair, je décidai de jouer avec elles. Au rendez-vous suivant, j'arrivai, avec François et Bertrand, habillés en survêtements puisque nous avions entraînement ensuite. Mais nous portions ce jour-là des t-shirts un peu serrés qui mettaient en valeur nos muscles de jeunes sportifs. Les trois femmes de la préfecture en furent toutes émoustillées. La Brigitte brune jeta à peine un œil à mes documents, elle les valida alors qu'elle se mordillait les lèvres. Elle avait abandonné toute pudeur pour me mater l'entrejambe.
Après l'entraînement, Bertrand m'en fit la remarque :
— Ton gros machin pourrait bien t'être utile.
— Bébert, je ne vais pas me taper la vieille pour faire venir Elisa !
— J'ai pas dit ça. Mais la prochaine fois : pantalon léger qui te moule le paquet. Elles vont plus se sentir.
— Et puis, si tu veux faire venir Elisa..., sous-entendit François. Quelques sacrifices pourraient être utiles.
Je tentai le coup la fois suivante, mes amis ne pouvaient venir alors j'avais intérêt à mettre toutes les chances de mon côté. En entrant dans leur bureau, elles cherchèrent du regard les deux autres. La Brigitte à lunettes allait se plaindre de leur absence, mais sa bouche resta ouverte sans aucun son pour en sortir. Elle avait les yeux fixés sur ma braguette. Ses collègues ne firent pas autrement que de l'imiter. Je les saluai et m'excusai de l'absence des autres. La Brigitte sans lunettes me rétorqua alors :
— Ce n'est pas grave pour cette fois. Et vous n'êtes pas venu seul à ce qu'on voit.
Elle pouffa un peu, de même que les autres Brigitte.
— Et encore, je suis sûre que son compagnon n'a pas dévoilé toutes ses qualités, dit la Brigitte à lunettes.
— Vous n'avez pas idée mesdames...
Elles soupirèrent d'émotion et posèrent négligemment une main sur leurs poitrines. Les documents et les pièces justificatives rassemblées à la va-vite furent validés sans un regard. Si je pouvais m'en contenter, ce serait un sacrifice bien maigre.
Mais quelques jours plus tard, je reçus un courrier m'annonçant que mon dossier allait passer devant une commission quelconque. Je ne voyais pas trop ce que cette commission venait faire dans ce bazar. J'appelai ma Brigitte brune et elle me dit que cette commission départementale pouvait octroyer des visas étudiants et une bourse d'études pour des cas exceptionnels. Elle avait pensé que c'était pile ce qu'il fallait dans mon cas. Je la remerciai chaleureusement. Mais elle me dit que ce n'était pas gagné, car plusieurs autres dossiers étaient présentés. Après un instant d'hésitation, elle me dit à voix basse que le mieux était que je vienne, avec mes amis, vendredi en fin de journée pour préparer un argumentaire complémentaire afin qu'elle puisse donner un coup de pouce à mon cas. En clair, elle me demandait de payer de ma personne.
J'eus quelques remords avant de me laisser convaincre par François et Bertrand. Ce n'était pas grand-chose et au pire, elles risquaient de vouloir aller prendre un verre avec nous ensuite.
— Faisons même un peu de charme. Une drague légère, ça leur rappellera leur jeunesse et les flattera, proposa François.
— Oui, et franchement Paulo, s'il faut culbuter de la quinquagénaire pour faire venir Elisa, le jeu en vaut peut-être la chandelle, non ?
— Oui Bébert, mais que va penser Elisa ?
— Tu lui expliqueras. Si elle a passé la frontière avec de faux-papiers elle a peut-être dû faire quelques sacrifices aussi. Vous vous expliquerez et vous tirerez un trait sur tout ça. Allez, vendu !
Nous nous présentâmes tous les trois, en petite chemisette près du corps et pantalon moule burne. Elles nous attendaient, elles avaient fait un effort de look. Nous leur fîmes quelques compliments sur le fait qu'elles étaient bien belles. Elles rougirent autant à cause du compliment qu'à cause de nos attributs qu'elles ne se gênaient pas pour inspecter. Elles se mirent toutes les trois derrière le bureau de Brigitte la brune. Elle m'expliqua ce qu'il serait demandé, quels arguments pouvaient faire pencher la balance en ma faveur. Les trois femmes parlaient tour à tour, mais sans nous regarder dans les yeux. Ce n'était pas très agréable d'en être réduit à ses attributs. Le rendez-vous, fixé en fin de journée, ne laissait pas le temps de tout faire avant la fermeture. Pas question de revenir encore et encore. Je tentai alors un coup de poker :
— Oh, les bureaux vont fermer. C'est dommage, nous étions bien partis.
— Oui, c'est très agréable de parler avec d'aussi charmantes personnes.
Le compliment de Bertrand était un peu gros, mais il fit mouche.
— Et si nous finissions cela autour d'un verre en terrasse.
— Mais nous ne pouvons accepter de nous faire payer un verre. Ce serait un dessous de table, me répondit la Brigitte brune.
— Tu parles, tu crèves d'envie de ça, pensai-je.
— Mais chacun paye sa consommation. Comme ça, pas d'ambiguïté à ce niveau.
Elles sautèrent sur cet argument hypocrite pour accepter. Elles nous emmenèrent à une terrasse assez éloignée de la préfecture. Il ne fallait pas qu'un collègue les voie. Nous continuâmes ainsi à peaufiner mes arguments au soleil de ce mois de juin. Et puis quand il fut 19h passé, des ventres gargouillèrent quelque peu. J'espérai que le petit jeu de séduction que nous avions mené avait satisfait ces mères de famille. Mais elles me surprirent en nous proposant de rester encore un peu, autour d'un repas.
— Mais peut-être devez-vous rentrer voir vos familles. Je ne voudrais pas que mes soucis gangrènent votre vie de famille. Même si cela est très sympathique de passer du temps avec de si élégantes femmes.
— Oh, heu, nous avions prévu de faire une petite soirée entre copines. Alors nos maris ne nous attendent pas très tôt ce soir, avoua Brigitte la brune.
C'est qu'elles avaient préparé leur coup ! Le prétexte de préparer le passage devant la commission fut vite oublié. La conversation tourna rapidement à une séance de drague en bonne et due forme. Elles avaient envie de se sentir désirées, complimentées, choyées. Au-delà de l'attrait physique que nous pouvions exercer, le simple fait que nous leur parlions avec douceur et intérêt les ravissait. Et puis des affinités pointaient quelque peu, Brigitte la brune en pinçait pour moi, Brigitte à lunettes pour François et Brigitte sans lunettes pour Bertrand.
A la fin du repas, elles parurent assez tristes de devoir nous laisser. Mais je les sentais tentées de poursuivre cette soirée sans oser le demander.
— Ce fut une très agréable soirée. Vous aviez prévu de faire autre chose après le dîner, demandai-je.
— Heu, oui, nous voulions aller danser, me dit Brigitte sans lunettes.
— Ah mais quelle bonne idée ! Nous nous étions organisés aussi pour cela, lui répondit Bertrand.
Genre, on est libre ce soir, on sort ensemble ?
— Vous souhaitiez aller où ?
— Heu, et bien, on ne savait pas trop en fait. Cela fait longtemps que...
Brigitte à lunettes révéla que cela faisait quelques années qu'elles ne s'étaient pas amusées. Comme le disco battait son plein, nous les emmenâmes dans une boîte à la mode. Elles furent un peu perdues au départ, tout le folklore disco leur était étranger. Nous avons dû les pousser un peu pour qu'elles viennent sur la piste de danse. Elles commencèrent à se libérer et finirent par accepter les quelques verres que nous leur proposions. Elles se lâchèrent même complètement en venant se coller à nous, en nous aguichant comme des furies. Plusieurs autres hommes autour furent intéressés par ces femmes d'âge mûr. Mais si elles dansèrent un peu avec eux, elles déclinèrent toute avance de leur part. Chacune avait son préféré, mais elles s'échangèrent régulièrement les danseurs. Et comme souvent, je sentis des mains se plaquer sur ma braguette pour évaluer la bête. A un moment où elles étaient toutes les trois aux toilettes, je fis le point avec mes amis :
— Elles m'ont mis la main au paquet, toutes les trois !
— Ouais, bah t'es pas le seul, répondit François.
— Vous croyez qu'elles vont s'arrêter là ?
— Oui, elles se sont bien amusées. Mais je pense qu'elles vont se raisonner et rentrer chez elles.
Elles revinrent et nous traînèrent de nouveau sur la piste. Elles se plaquèrent contre nous, frottant leurs seins sur nos torses. Elles prirent même nos mains pour les poser sur leurs fesses ! Brigitte la brune me regarda dans les yeux, les siens un peu embrumés par les cocktails. Elle se mordit les lèvres, semblant hésiter, puis elle se lâcha et me roula une pelle bien baveuse, bien obscène. D'abord surpris, je ne réagis pas avant de répondre à son baiser. Je m'étais un peu trompé en disant qu'elles allaient se raisonner. Car les deux autres Brigitte galochaient mes amis avec la même luxure. François palpait un sein de sa Brigitte. Bertrand avait glissé sa main sous la jupe de la sienne et pétrissait son cul. Je posai ma main sur un sein de la mienne. Elle gémit de plaisir quand je le massai doucement.
Elles poussaient un peu loin le flirt que nous avions débuté. Mais elles étaient un peu les maîtresses du jeu. C'était à elles d'aller aussi loin qu'elles le voulaient. A un moment, leur âge se fit tout de même sentir. Elles voulurent partir de la boîte. Dehors, devant l'établissement, elles se tournèrent vers nous et prirent possession de nos lèvres. Je pensai alors que c'était un baiser d'adieu. Mais elles s'attardaient avec nous. François leur fit alors une proposition dangereuse :
— Je n'habite pas très loin. Quelques minutes à pied. Voulez-vous venir prendre un dernier verre dans mon petit studio ?
— Ce n'est pas très raisonnable, se défendit mollement Brigitte à lunettes.
— Aller Brigitte. On y va ! la poussa Brigitte sans lunettes.
— Oui, on s'amuse trop.
Les deux Brigitte convainquirent la troisième. Nous nous dirigeâmes donc vers le studio de François. Chaque Brigitte se collait à son cavalier, elles nous faisaient parfois arrêter pour nous embrasser encore et encore. François nous fit entrer et nous proposa une bière. La troupe sirota sa mousse un moment. Nous avions une main tenant notre breuvage et l'autre occupée à tâter les atouts de ces dames : seins, cuisses, fesses. Elles avaient elles-mêmes pris nos mains pour les y déposer. Elles ne se gênèrent pas pour palper nos virilités. Lorsque les bières furent bues et qu'elles auraient dû partir chez elles, elles se tournèrent vers nous et nous embrassèrent. Elles défirent nos braguettes et sortirent nos sexes pour nous branler. On pouvait sentir les années d'expérience derrière ce geste. Lorsque ma bite prit tout son volume, ma Brigitte s'exclama :
— Mon Dieu quel pieu !
Les deux autres voulurent voir de plus près et touchèrent aussi mon engin. Elles s'extasiaient toutes les trois devant ses proportions. Elles n'en perdirent pas de vue que mes amis étaient là et leur demandèrent de nous mettre tous les trois debout devant elles. Elles s'assirent sur des chaises et commencèrent à nous pomper. Là, je sentais beaucoup moins de maîtrise de leur part. Bien qu'au fil de va-et-vient, elles reprirent certains automatismes perdus avec le temps. Elles nous firent passer de l'une à l'autre. C'était surtout pour qu'elles puissent toutes goûter à ma colonne de chair. Elles nous laissèrent là après un moment. Elles commencèrent à ôter chemisier, jupe ou robe. Mais nous leur dîmes que nous allions le faire. Nous les complimentâmes une nouvelle fois sur leur charme. Elles nous dirent qu'elles étaient vieilles et grosses. Oui, leurs grossesses avaient laissé des traces. Oui, elles étaient sans doute plus rondes que dans leur jeunesse.
Mais elles avaient su se mettre en valeur ce soir-là. Elles furent touchées par tous nos compliments et se laissèrent faire. Leurs seins un peu tombants apparurent, elles eurent un geste de pudeur en voulant les cacher de leurs mains. Mais nous les devançâmes en y déposant nos lèvres et en suçotant leurs mamelons. Elles tressaillirent puis plaquèrent nos bouches contre leurs seins. Nous fîmes tomber leurs habits pour les laisser en collants et culotte. Nous nous mîmes à genoux devant elles et tirèrent vers le bas ce dernier rempart. Des toisons brunes très fournies se révélèrent à nous. La sueur due aux heures dans la boîte avait parfumé leurs poils. De la mouille s'y était récemment ajoutée, laissant échapper un parfum puissant, mais non moins attirant. Nous les fîmes se rasseoir et nous commençâmes un cunnilingus.
— Mais, non, mon mari ne fait pas, non, oui, oui.
Ce fut plus ou moins ce que dirent les trois femmes quand nos langues titillèrent leurs clitoris. Leurs poils étaient quand même un peu gênants, cela me chatouillait le nez. Elles nous firent tourner encore une fois, nous faisant passer de l'une à l'autre. La Brigitte à lunettes avait le goût le plus musqué, celle sans lunettes était presque sucrée et la brune mouillait le plus. Elles jouirent sous nos coups de langue assez vite quand même. Nous nous relevâmes et vîmes les trois femmes échevelées, reprenant leur souffle. Cela devait faire un moment qu'elles n'avaient pas joui aussi fort, voire pas joui du tout. Nous bandions toujours devant elles. Elles se regardèrent et se décidèrent toutes les trois. Elles se tournèrent et se mirent à genoux sur la chaise, offrant alors leurs croupes à nos désirs de mâles. Leurs culs un peu gros, un peu flasques avec de la cellulite nous donnèrent quand même envie. Nous présentâmes nos queues devant leurs chattes poilues et baveuses.
J'agrippai les hanches et le gras de ma Brigitte brune et la pénétrai. Elle couina comme couinèrent ses collègues. Mais elle rajouta :
— Oh mon Dieu. Oh mon Dieu.
J'entamai alors de profonds va-et-vient pour bien lui faire sentir toute la longueur et le diamètre de mon sexe. Elle soufflait, râlait sous mes assauts. Elles ne voulurent pas changer cette fois ou n'y pensèrent, tant elles prenaient leur pied. L'interdit, la fougue de nos jeunes bites, l'alcool y étaient sans doute pour quelque chose. J'écartai et malaxai ce cul qui m'était offert. Brigitte sans lunettes poussa soudain de petits cris suraigus. Bertrand lui avait mis un doigt dans le cul ! Ses collègues en voulurent autant. J'introduisis alors mon index dans les fesses de Brigitte la brune. Elle soupira et gémit fortement, mais ne se déroba pas. Brigitte à lunettes, elle, semblait même aller au-devant du doigt inquisiteur. Finalement, elles jouirent toutes les trois dans un concert assourdissant de cris et de râles. Nous nous vidâmes dans les chattes que nous baisions depuis un moment. Elles mirent quelques instants à se remettre de leurs émotions.
Elles prenaient aussi conscience de ce qu'elles avaient fait. Et du plaisir qu'elles y avaient pris. Elles commencèrent même à pleurer sur leur sort, sur le fait que leurs maris allaient demander le divorce, etc.
— Vous ne risquez pas le divorce si vous n'en parlez pas. Nous nous tairons de notre côté, leur dit Bertrand.
— Oui, n'ayez aucune crainte de ce côté-là.
— Mais François, vous êtes gentils, mais vous nous avez fait goûter au fruit défendu.
— Parce que vous le vouliez bien. Vous avez pris les devants tout au long de la soirée, leur fis-je remarquer.
— Oui, oui. Brigitte veut dire que... que je me vois mal revenir vers mon mari et retomber dans la routine de notre couple.
— Là, nous nous sommes senties charmées, draguées, désirées. Ce que nous n'avions plus depuis longtemps.
— Mais c'est aussi parce que vous avez souhaité nous charmer, nous aguicher et vous faire désirer, leur dit Bertrand. Faites à vos maris ce que vous nous avez fait. Je suis sûr que vous obtiendrez le même résultat.
— Vous croyez ? Vous croyez que nos maris peuvent nous voir encore comme de belles femmes ? Ils ne nous disent jamais que nous sommes jolies.
— Demandez-leur pourquoi. Mettez-vous en valeur comme ce soir. Vous verrez, insistai-je.
Voilà qu'après une partouze, nous en étions venus à faire de la thérapie de couple... Mais elles étaient sympas, gentilles nos Brigitte. Alors nous pouvions bien leur donner quelques tuyaux.
— Peut-être pour ça oui. Mais pour le reste... Je n'avais pas joui depuis des années, se lamenta Brigitte la brune.
— Mais tu t'es lâchée comme ça avec ton mari ?
— Non, on fait qu'un petit coup vite fait dans le lit et puis dodo.
Ses copines opinèrent du chef, tant cela ressemblait à leur quotidien.
— Et puis le truc que vous avez fait. Ils l'ont jamais fait.
— Vous leur avez demandé de le faire ? demanda François.
— Non, je me suis dit qu'il y penserait tout seul. Mais comme il ne réclamait pas de pipe, j'ai pensé...
— Faut arrêter de penser et faudrait se parler un peu plus, les tança Bertrand. Vous allez leur demander s'ils voudraient de nouveau que vous les suciez, vous allez demander s'ils sont d'accord pour vous lécher. Peut-être que oui, peut-être que non. Mais ce n'est pas en restant sur des suppositions que vous prendrez votre pied !
— La libération sexuelle. Vous êtes au courant ?
— Bah oui quand même. Mais nous avions déjà des enfants, moi j'ai regardé ça avec envie, mais en me disant que c'était pour la génération suivante.
Brigitte à lunettes avait une pointe de regret dans la voix, comme dans les yeux de ses collègues.
— Et puis maintenant...
— Et il n'est jamais trop tard, les invectivai-je.
Nous avions malgré nous réveillé leurs corps, je voyais que leurs esprits sortaient aussi d'une certaine torpeur.
— Parlez-vous. Si vous avez envie d'essayer des trucs, faites-le si vous êtes d'accord. Il y a des choses que vous n'aimerez pas, d'autres oui. Vous avez encore pas mal d'années devant vous pour vous faire plaisir.
Elles finirent par prendre conscience du temps perdu alors que notre sperme s'écoulait de leurs sexes. Elles se dirigèrent vers la petite salle d'eau de François et se rincèrent à tour de rôle. Elles revinrent et s'habillèrent en silence. Elles ne semblaient pas mal à l'aise ou regretter ce qui s'était passé. Non, elles semblaient réfléchir. Elles partirent dans la nuit récupérer la voiture de Brigitte la brune qui les ramena chez elles.
J'y retournai une dernière fois avec mes amis. Nous fûmes accueillis par de larges sourires. Cela changeait radicalement des mines renfrognées que j'avais eues la première fois. Brigitte la brune m'indiqua mon jour et mon horaire de passage à la commission. Elles poursuivaient leur changement de look et cela leur allait bien mieux.
— Très jolies encore une fois, leur dit Bertrand.
— Merci, tu sais, mon mari. Il me refait des compliments. Et puis moi aussi, il m'a fait remarquer que je ne lui en faisais plus non plus.
— Les vôtres aussi ? demanda François.
Les deux Brigitte acquiescèrent. Je leur demandai alors ce qu'il en était côté sexe. Elles rougirent comme des jeunes vierges effarouchées, mais répondirent :
— Ça va bien mieux. Ils étaient comme nous à supposer plein de choses sans oser en parler.
— Et heu, le mien il a bien voulu me lécher la chatte, souffla Brigitte la brune.
— Le mien aussi.
— Et le mien également.
— Mais il a demandé si je pouvais un peu tailler ma toison.
— C'est vrai que ça m'a chatouillé le nez.
— Oh, c'est pour ça ?
— Le mien il a dit que vu qu'il se taillait et entretenait sa barbe, je pouvais en faire autant avec mon barbu.
Elles rigolèrent toutes les trois et s'épanchèrent un peu sur leur vie sexuelle. Elles avaient finalement plein de fantasmes à réaliser et leurs maris aussi. Je ressortis de là, content pour elles. Je vis les notes et commentaires faits sur mon dossier par les trois femmes. Si avec ça, je ne partais pas avec dix longueurs d'avance... Je réalisai que c'était sans doute plus le fait qu'elles avaient retrouvé une vie de couple plus active et joyeuse que la nuit que nous leur avions fait passer qui m'avait valu tant d'éloges.
Je passai devant la commission quelques jours plus tard. Elisa m'avait fait parvenir une cassette audio où elle expliquait son désir de venir en France dans notre langue. Cela fit son petit effet. Il me fut répondu que je recevrais une réponse rapide, deux semaines. Elisa m'avait dit qu'elle avait eu l'autorisation de faire de petits boulots en attendant que sa situation se débloque. Elle avait donc les moyens d'attendre ces deux semaines si tout se passait bien. Elle prit un car pour Munich et récupéra son sésame.
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