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Couverture de Bon weekend mademoiselle Girard !, par Justine_
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Bon weekend mademoiselle Girard ! — Chapitre 12 · La grosse incertitude

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Bon weekend mademoiselle Girard !

Chapitre 12 · La grosse incertitude

Après ce week-end agréable, surtout ce dimanche, désormais la semaine commence. Je suis en congés, j'ai dès lors deux semaines de libre pour me préparer à cette nouvelle vie. 
Seulement les jours passent et l'anxiété monte et ne me quitte plus. Je m'auto-intoxique d'inquiétudes et d'appréhensions. 
Je me demande comment ça va se passer dans ce nouveau travail, comment les personnes de l'entreprise vont m'accueillir et m'accepter, si je vais arriver à jouer ce rôle durablement, si je serais suffisamment crédible… 
Comment devrais-je réagir si quelqu'un s'en aperçoit, si on se moque de moi ou que des ragots circulent sur mon compte… Et sûrement que le patron subirait des quolibets voire des conséquences et qu'il finirait par se séparer de moi. J'aurais l'air fin sans travail et vivre un échec.
Je tourne en boucle là-dessus jusqu'à penser que je fais une bêtise en acceptant et qu'il est encore temps que je refuse. 
Les premières journées de cette semaine sont horribles à cause de ça… Je suis mal et je n'ai personne à qui en parler, je n'ai pas d'amis ou d'amies avec qui partager cela. Même avec mon chérije n'ai rien dévoilé. Du coup impossible de partager mes angoisses avec quiconque, même avec lui.
Je tourne en rond, ne sors pas de chez moi et m'enferme dans cette inquiétude.
 
Le jeudi dans l'après-midi monsieur Gallardo m'appelle au téléphone pour savoir si tout se passait bien et s'assurait de ma présence le lundi d'après. Franchement, je ne m'attendais pas à son appel, mais il sent mon désappointement à ma voix et mes réponses. Il me questionne, je n'ose pas lui dire, il insiste et j'arrive finalement à lui exprimer mes inquiétudes… Jusqu'à imaginer de refuser le poste.
 
C'est clair qu'il ne s'attendait pas à cela. 
S'engage ensuite une assez longue conversation téléphonique dans le but de me rassurer. Il me dit qu'il n'a pas pris cette décision au hasard et ne l'aurait pas fait s'il n'avait pas été totalement certain de mon savoir-faire et savoir être et surtout, surtout de mon passing et de mon comportement.
Il me rappelle l'histoire du magasin, ma tenue, mon comportement, puis le second entretien et là aussi ma tenue. 
Il me rassure sur ma féminité, sur mon allure, sur le choix de mes tenues.
Il a conscience que mes premiers jours seront hésitants, mais il a prévu de m' « isoler » du reste des services pour me laisser le temps de m'habituer. Il veut dire, rester dans mon bureau proche du sien, sans contact avec les autres services. 
Selon lui, je devrais assez vite me sentir à l'aise et prendre mes marques. 
Il m'informe aussi que la secrétaire que je dois remplacer va partir un peu plus tôt de l'entreprise, mais qu'elle prépare plein de tutos à me laisser, plein d'informations, etc. Pour ne pas me laisser dans la galère. C'est une femme gentille et consciencieuse qui fera tout pour que je ne sois pas en difficulté.
 
Je devrais alors commencer seule pendant la première semaine pour appréhender le poste et me familiariser avec la fonction sans que je n'aie besoin de voir quiconque en dehors de monsieur Gallardo.
Ensuite, celle-ci reviendra 2 jours dans la semaine d'après pour être avec moi et après, je devrais voler de mes propres ailes. 
Ce ne sera qu'à ce moment-là que je serais présentée au reste du personnel, du moins le personnel administratif.
Ça me laissera le temps de me familiariser et m'adapter.
Mouai... c'est vite dit !
 
Et bien sûr s'il y a le moindre problème, je pourrais lui en parler. Du toute façon, il sera là, juste à côté et j'aurais besoin de le voir régulièrement.
Je le trouve bienveillant et rassurant. Ça me fait du bien et m'apaise.
 
Lui ayant dit que j'avais écourté mon préavis, ma semaine prochaine était désormais libre. Il me conseille alors de profiter de chaque jour pour sortir, évidemment en femme pour m'habituer si cela était encore nécessaire, mais surtout pour me rassurer en étant au contact le plus possible avec d'autres personnes.
 
Bien sûr, l'idée est bonne, il a raison. Bien sûr, j'aurais dû le faire depuis le début de la semaine si je n'avais pas été figée par mes doutes. Je vais suivre son conseil, me faire violence et sortir.
 
La conversation m'a fait grand bien. Il m'a remonté le moral, il a calmé mes angoisses, rassuré, motivé. En-tout-cas il a confiance en moi et je ne dois pas le décevoir. 
Il m'offre une opportunité unique et je dois la saisir, je n'ai pas le droit de faire faux bond, ni pour lui ni pour moi.
Et pour me rassurer encore une fois, je me dis qu'il n'aurait certainement pas pris le moindre risque s'il avait été incertain, cela aurait été pour lui comme pour moi, trop imprudent.
 
Je raccroche en le remerciant de son appel, de sa bienveillance et en lui disant qu'il pouvait compter sur moi.
 
Ce soir, je ressens le besoin d'aller voir mes parents, comme une dernière fois. C'est monté d'un coup, mais c'est certainement lié à la discussion de tout à l'heure et mon embauche qui se rapproche.
 
Je ressens le besoin tellement fort d'aller voir mes parents comme si c'était la dernière fois qu'ils verraient leur fils, un fils, un garçon… Comme pour sacraliser un saut dans le vide.
Enfin, mon père verra encore un pédé… Mais je sais ma mère est malgré tout plus compréhensive.
 
En moi-même, je me dis « maman papa, sûrement que si on se revoit… Si on se revoit plus tard, si on se revoit un jour… Ce sera certainement Justine que vous verrez, ce ne sera plus Romain, plus votre fils, mais plutôt votre fille… Enfin, si vous l'acceptez ».
 
J'appelle ma mère pour lui dire que je vais venir les voir ce week-end, à peine deux jours pour éviter trop de tensions. Elle est très contente de mon appel, surprise de ma venue, mais elle est ravie.
 
Je prends immédiatement mon billet de train et le lendemain soir, je débarque chez eux, en région parisienne.
Je ne fais pas grand effort pour cacher mon côté androgyne et mon père, prévisible, m'en fait la remarque immédiatement à mon arrivée en me disant que je ressemble de plus en plus à une gonzesse. S'il pouvait se douter ce vieux réac ! Il en ferait une attaque.
 
Je retrouve ma chambre d'ado, celle que j'ai laissée quand je suis partie à Lyon, quand j'ai fui les tensions familiales. Ça me fait drôle, car les souvenirs remontent, les bons comme les mauvais. Ça me fait monter les larmes aux yeux.
 
Ce week-end va être long, mais je prends sur moi. Je le fais comme un adieu, comme un devoir, je sais que ma vie va changer, je le sais au plus profond de mon être, j'en suis persuadée.
Je leur explique que j'ai trouvé un travail sans toutefois rentrer dans le détail. Juste que c'est un boulot administratif et que c'est un CDI. Je les rassure, je fais ma vie, je vais bien, je suis heureux, c'est tout ce qui doit leur importer.
Me père s'étonne quand même de comment j'ai pu être embauché quelque part avec une allure comme ça …
 
J'aimerai tout leur dire, mais je n'en ai vraiment pas le courage. C'est sûrement ridicule pourtant j'ai peur d'évoquer ma vie, l'actuelle et la future, d'évoquer ce que je ressens au fond de moi, de dire que ma vie doit résolument s'écrire au féminin pour que je puisse être enfin heureux… Enfin heureuse. 
Ça m'obligerait à parler du passé, de mon enfance, adolescence, d'eux, de moi. Je n'en ai pas envie.
 
Je ne distingue pas si ma peur est pour moi ou pour eux. Je ne distingue pas si c'est un manque de courage ou de pas avoir envie de faire de mal à mes proches. Mais dois-je leur infliger ça ? Je ne sais pas. Alors dans le doute, je me tais.
Un jour peut-être, j'en aurais le courage, mais pas là, pas maintenant.
 
Mon père ne change pas et il accumule les remarques plus ou moins vexantes durant mon séjour. Ça n'a pas varié, je l'insupporte et il me le montre. 
Par contre ma mère pressent les choses, c'est évident, le sens inné d'une mère. 
J'évite le plus possible mon père pour passer du temps avec elle. Ça me fait plaisir et je vois bien que ça lui fait également plaisir. Je vois bien aussi qu'elle cherche à créer des moments d'échanges, de discussions avec moi, sans me poser de question, sans être intrusive, avec patience. Elle a changé quand même. Mais je reste bloquée, je n'y arrive pas, je n'arrive pas à me livrer. 
Peut-être un jour... Peut-être ... Avec elle et elle seule.
 
Le lendemain avant de repartir, je serre fort ma mère dans mes bras. Elle masque au mieux son émotion et je vois son regard humidifié de quelques larmes qu'elle essaie de contenir et se donner bonne figure.
Moi aussi ! J'ai les larmes aux yeux.
C'est certainement la dernière fois que je les vois, que je la serre dans mes bras…. Avant longtemps, très longtemps.
Mais précisément, à ce moment-là, j'ai le sentiment qu'elle sait, qu'elle se doute de quelque chose.
Ça me trouble terriblement. 
 
Le temps presse et ces adieux me bouleversent, il faut partir. Valise en main, je rejoins le RER qui m'emmène ensuite à la gare de Lyon.
 
Une fois installé dans le train de retour, la pression retombe et je ne peux m'empêcher de pleurer.
A ce moment-là mon téléphone vibre, je viens de recevoir un sms. Il s'agit d'un message de ma mère.
« Mon chéri, j'ai été très contente de te voir. Sois heureux stp ! Et parle-moi quand tu en éprouveras le besoin. N'oublie jamais que je t'aime. Maman ».
 
Pfff, mes yeux à peine secs s'envahissent à nouveau de larmes. Je me roule en boule dans mon siège et mon regard se perd dans le lointain du paysage visible de la fenêtre. 
 
J'ai envie de lui répondre. Finalement, je rédige un message avec juste une phrase énigmatique « Maman, s'il te plaît rappelle-toi juste d'un prénom : Justine. Tu comprendras plus tard ».
 
J'hésite… Je réfléchi… Je suis incertain. Finalement, j'efface le message. Elle ne le comprendrait peut-être pas et me questionnerait.
Je ne ferai finalement pas de réponse.
 
Le train part, il roule vers Lyon. Je ferme les yeux.
J'espère que cet épisode vous a plu ! Allez, dites-le-moi !
Des bisous !  Justine
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felicity
23 avril 2026 à 18:23
Moment difficile pour Romain / Justine
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Osisme
29 décembre 2025 à 21:57
Cet épisode m a plu plein d émotions
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epicurien35
27 novembre 2025 à 08:37
Que c'est triste merci
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Justine_
2 septembre 2025 à 01:37
Prochain épisode le 5 septembre, les amis
Des bisous :)
Soyez respectueux
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Photo de profil de Kama666
Kama666
18 août 2025 à 08:06
Changer de job n’est pas simple mais changer de personnage il y a de quoi douter !
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ercb
17 août 2025 à 21:37
Que d'émotions et supporter les réflexions de son père. Courage. Vivement la suite
Modifié 17 août 2025 à 21:38
Soyez respectueux
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noemie44
16 août 2025 à 21:31
je suis exactement dans la meme situation avec ma famille en ce moment , le changement de travail en moins et la distance avec mes parents mais je comprend bien ce que vit romain , moi j'ai fait le choix de tout leurs dire , et bien sur ils ne sont pas pret .

moi je le suis , noemie avance et pour le reste on ne peux pas porter toute la misère sur nos épaules a chacun de poter sa croix ....
j'ai hate de decouvrir la suite !
Soyez respectueux
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mariusse
16 août 2025 à 20:43
Une Belle Aventure
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Utilisateur supprimé
16 août 2025 à 16:19
D’habitude, il est simple de rédiger un commentaire sur l’histoire que tu publies.
Il y a toujours une certaine liberté dans mes commentaires.

Mais là … je suis perturbé

Tu connais bien ma situation donc tu te doutes bien qu’il y a forcément des similitudes.

Mais Romain, après avoir été rassuré par son futur patron, a ressenti ce besoin de remonter en région parisienne comme un pèlerinage (on est le 16 Août, c’est l’époque :lol:).

Tout ce qu’il a vécu ce week-end avec ses parents était déjà gravé dans son esprit … le comportement de son père … le comportement de sa mère … il savait qu’il aurait mal mais, comme dit @Iznogood, c’était un passage nécessaire pour alléger le fardeau.

L’au revoir à ses parents est, pour lui, un adieu à Romain … et la naissance de Justine.
Dès qu’il sera rentré à Lyon, le « il » va devenir « elle » … et comme elle l’aime tant, on va lui donner du « bonjour mademoiselle » à tour de bras.

Merci pour cette tranche de vie terriblement poignante.
Soyez respectueux
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Photo de profil de 290Alpro
290Alpro
16 août 2025 à 16:18
Bonjour Justine
Que de tourments qui viennent gâcher ton existence, en pensant je pense à tort aux futurs problèmes que tu pourrais rencontrer dans ton futur emploi, Monsieur Gallardo a bien fait de t’appeler pour te remonter le moral et il croit à ta réussite. Est-ce que la visite chez tes parents était une bonne idée surtout vis-à-vis de ton père, cependant ta mère a l’air d’accepter ta future évolution. Il va falloir être patient pour connaître la suite de ton histoire.
Bisous et bonne journée
Soyez respectueux
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