Fiction
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Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bon weekend mademoiselle Girard ! — Chapitre 17 · Un petit coup d’accélérateur !
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Bon weekend mademoiselle Girard !
Chapitre 17 · Un petit coup d’accélérateur !
Le lendemain matin, c'est le jour où Patricia, ma prédécesseure est au bureau. Mon patron m'a rassuré en me disant qu'elle est une femme gentille, j'ai quand même une petite boule au ventre. Je vais être avec elle deux jours et si elle est observatrice, elle va bien s'apercevoir de quelque chose.
Et puis ce soir, j'ai rendez-vous chez le médecin. Il ne faut pas que j'oublie.
Comme chaque jour désormais, je mets des bas avec jarretelles. Du fait de la présence de son ancienne assistante, je ne sais pas si mon patron fera son geste quotidien devenu habituel.
J'arrive à l'entreprise et gare mon petit véhicule. En sortant, j'aperçois Karine qui vient d'arriver, elle me voit et vient vers moi et me fait la bise comme si on se connaissait depuis longtemps. Ça me surprend qu'une demi seconde, mais je trouve ça sympathique et marchons toutes les deux vers l'entrée.
- J'adore tes boots, me dit-elle.
- Oh merci, c'est gentil… C'est vrai qu'elles sont jolies.
- Ce sont des talons de 10, non ?
- Oui, c'est ça… Tu as l'œil !
- Elles te vont bien, ça fait une jolie démarche…
Je suis surprise là encore de notre échange et je pense que je vais bien m'entendre avec Karine. Nos chemins se séparent et je monte à mon bureau par l'ascenseur.
En arrivant, je vois que monsieur Gallardo est déjà arrivé ainsi que Patricia également.
- Ah Justine, bonjour ! Je vous présente Patricia. Comme c'était prévu, Patricia sera avec vous aujourd'hui et demain. Je vous laisse mesdames, profitez de ces deux jours pour tout voir du poste et des sujets… Allez, bon courage !
Je vais poser mes affaires dans le bureau et vais préparer le café. J'en propose une tasse à Patricia installée dans le bureau et je vais porter la tasse à monsieur Gallardo.
- Ah merci Justine, c'est gentil, dit-il en glissant le doigt sur la jupe pour sentir l'attache de la jarretelle, après avoir vérifié que nous étions seuls.
Je ne sais pas dire pourquoi, mais cette habitude prise, coquine j'en conviens, me satisfait et m'apaise. Ce n'est pas grand-chose, mais ça me rassure sur ma féminité et sur la complicité qui s'établit entre mon patron et moi.
C'est sûr qu'il ne devait pas faire ça avec Patricia.
C'est effectivement une dame qui semble être gentille, d'une soixante d'années. Pas vraiment belle mais souriante, agréable. Son regard est doux. Elle semble être pleine de compassion. Elle pourrait être notre voisine, notre tante, notre mère. On a envie de la prendre dans les bras et lui faire un câlin.
Elle me demande tout de suite de la tutoyer et m'explique la raison de son départ, l'ennui qu'elle a eu de quitter Monsieur Gallardo auquel elle voue une estime profonde.
- C'est vraiment quelqu'un de très bien, tu sais ! Tu t'en apercevras très vite.
Je me dis dans ma tête qu'effectivement, j'ai déjà pu m'en apercevoir.
Elle me dit qu'elle est contente qu'il ait pu trouver rapidement une remplaçante, ça la rassure.
- En plus une jeune assistante, toute jolie ! Ça va le changer d'une vieille comme moi ! Me dit-elle dans un grand sourire.
Elle m'a dit ça avec une voix douce, empreinte de gentillesse… Une phrase au premier degré sans aucune arrière-pensée.
Nous nous mettons à travailler. Dossiers après dossiers, sujets après sujets, tableaux Excel après tableaux Excel… Tout y passe. C'est clair, organisé, concis… Une perle cette femme ! Il faudra que je sois à la hauteur !
On discute, on rigole, on bosse, je suis assise juste à côté d'elle et rien ne m'a mis mal à l'aise, pas un regard que j'aurais pu juger soupçonneux, pas un mot que j'aurais pu juger ambiguë…
Le midi, elle doit retrouver ses anciennes collègues à la cantine et me propose de l'accompagner. Je décline l'invitation, car je dois rentrer chez moi pendant l'heure du déjeuner.
Eh oui, j'ai pensé à quelque chose qui m'avait échappé ce matin en m'habillant… Je porte des bas avec un porte-jarretelles et ce soir après le travail, je vais chez le médecin. Et comme je suppose qu'il va m'ausculter, je ne me vois pas en porte-jarretelles devant le toubib. Je dois rentrer chez moi me changer et mettre un collant.
Déjà qu'il va ausculter un transgenre… Un homme qui s'habille en femme, je ne vais pas en rajouter dans la provoc.
Je fais donc l'aller-retour chez moi pour me changer et j'en profite pour déjeuner un peu. Je retourne au bureau et j'y arrive en même temps que Patricia qui rentre de déjeuner.
Nous nous remettons au travail dans la foulée, et ce, jusqu'à 17h45. Je file donc à mon rendez-vous médical.
A 18h20, je m'annonce à l'accueil du docteur Martin, il y a une personne dans la salle d'attente, il semblerait que je sois la dernière. C'est d'ailleurs son tour de passer. Je m'installe et attends patiemment mon tour. Je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, j'ai l'impression d'aller vers l'inconnu.
Vers 18h45 c'est enfin à moi.
- Mademoiselle Girard ?
- Bonjour docteur.
- Bonjour, entrez s'il vous plaît.
- …
- Alors vous venez de la part de mon ami Alexandre ?
Je viens de réaliser qu'il s'appelle effectivement Alexandre. Je l'appelle toujours Monsieur Gallardo.
- Euh oui… Merci de me recevoir aussi rapidement.
- Bon, il m'a succinctement expliqué votre situation. Mais je ne m'attendais pas à recevoir une jeune femme. J'ai déjà suivi des jeunes gens en transition, mais physiquement, on voyait qu'ils l'étaient. Ce n'est pas votre cas !
- …
- Dans un premier temps, expliquez-moi brièvement votre parcours et ensuite, je vais vous ausculter.
Me voici à raconter dans les grandes lignes, ma vie depuis mon enfance, le sentiment d'être dans un mauvais corps, le départ de chez mes parents, mon homosexualité, mon travestissement progressif jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à maintenant où je vis une vie de femme sans l'être complétement.
Il m'écoute attentivement en me posant quelques questions, toujours d'ordre médicales.
- Très bien! Déshabillez vous et installez vous sur la table d'auscultation.
J'ai une petite appréhension, mais bon, je suis là pour la bonne cause. J'ôte mes bottines, ma jupe, mon chemisier, pendant qu'il remplit des éléments de mon dossier. Je garde toutefois mon soutien-gorge, ma culotte (que j'avais choisi la moins sexy) et mon collant.
- Non, ôtez tout s'il vous plaît, ne gardez que la culotte.
- Euhhh docteur… Je n'ai pas de vrais seins.
- Bien sûr ! Otez vos prothèses également.
La scène me parait surréaliste, je suis presqu'honteuse. J'ai déposé mes faux seins sur son plan de travail, je suis désormais en culotte, allongée sur la table.
Et voici qu'il m'examine sous toutes les coutures… La tension, le pouls, la gorge, les oreilles, les poumons, le dos, le cœur, les jambes, le ventre, le blanc des yeux, ma pomme d'Adam… il palpe, il tapote, il écoute… Il examine ma poitrine, pince un peu la chair de chaque sein, puis examine avec attention mon petit pénis en me demandant s'il a toujours été aussi petit depuis que je suis adulte, si j'ai des érections et si j'éjacule.
Puis il me questionne sur mes pratiques sexuelles et si je me protège lors de mes rapports. Également si je suis attentive aux signes de douleur et si je perçois des séquelles lors des sodomies.
Puis il me fait monter sur la balance pèse-personne et enfin, il mesure ma taille.
J'en conviens, l'examen est complet et au fur et à mesure je me sens en confiance.
- Vous pouvez vous rhabiller.
Je remets mes faux seins, mon soutien-gorge ainsi que mes vêtements et je me recoiffe rapidement.
- Vous êtes certaine de ne jamais avoir pris d'hormones ? Même jeune ?
- Oui docteur, certaine.
- Vous avez un terrain particulièrement favorable. Votre morphologie, la finesse des membres, votre taille, votre poids… Globalement tout correspond plus ou moins à une morphologie féminine, c'est assez rare de voir ça. Votre absence de poitrine et évidemment votre sexe masculin rappellent que vous être de genre masculin. En dehors de ça, peu de choses ne laisse le supposer.
- …
- Et votre voix ? Elle est naturellement ainsi ?
- Plutôt, oui. Mais je fais attention aux intonations.
- Beaucoup de personnes en transition vous envieraient, vous savez !
- J'en ai conscience docteur.
- Bon, je vais vous prescrire une analyse médicale.
Le médecin rédige l'ordonnance qu'il me tend, puis commence à me questionner.
- Que souhaitez-vous faire ? Y avez-vous réfléchi ? Vous souhaitez rentrer dans un protocole de traitement hormonal, l'hormonothérapie ? Je suppose que vous souhaitez avoir de la poitrine ? Avez-vous pensé à aller jusqu'à la réassignation sexuelle ?
- Heuuu je ne sais pas… C'est assez nouveau pour moi… Je ne me suis pas posé toutes ces questions.
- Je me doute, justement cela va ouvrir un champ de réflexion pour vous, c'est important.
- Ce que je voudrais, c'est effectivement avoir de la poitrine et aussi faire disparaître ma petite barbe.
- Pour la barbe, les hormones peuvent y contribuer un peu, mais il faudra passer par l'épilation définitive.
- Ah bien sûr, je n'y avais pas pensé.
- Quant à la poitrine, là aussi, les hormones de substitution joueront un rôle important, mais il vous faudra certainement compléter par une opération d'augmentation mammaire.
- …
- Je vais vous envoyer vers mon confrère endocrinologue mais je crois que mon ami Alexandre l'a déjà appelé. Je vous prépare un courrier de recommandation que vous pourrez venir chercher au cabinet à partir de demain après-midi ainsi que ses coordonnées pour prendre rendez-vous. Faites-le sans tarder.
- Merci docteur.
- C'est un ami et un endocrino « lgbtq friendly » comme on dit maintenant.
Un endocrinologue qui accepte de suivre des patients qui veulent faire une transition. Ah bon ? je ne m'étais jamais posé la question mais maintenant qu'il me l'a précisé je trouve ça logique.
Je quitte le cabinet avec le sentiment d'avoir fait un grand pas. Le docteur a pris le temps nécessaire pour m'ausculter et bien m'expliquer. Je rentre guillerette à mon domicile en ayant hâte de quitter ce collant qui me gêne de trop. Je ne suis plus habituée.
Le lendemain matin, mercredi, c'est désormais le second et dernier jour que je passe avec Patricia.
A l'arrivée de mon patron, je lui apporte son café et après s'être assuré que nous soyons seuls dans le bureau, il fait discrètement son geste de vérification. C'est devenu une habitude, un rituel qui me plaît bien.
Puis il me demande à voix basse si j'ai vu le médecin hier soir.
- Oui, j'y suis allé…
- Vous me raconterez tout demain. Me dit-il avant que je ne continue ma phrase.
J'attaque la journée de travail avec Patricia et elle me dit avec sa gentillesse que je lui connais désormais :
- Je te sens moins stressée qu'hier ma jolie, tu es sûrement plus à l'aise avec toutes les infos que tu as maintenant.
Sûrement ! Sûrement ! Peut-être aussi que mon rendez-vous médical d'hier m'ouvre des horizons qui me réjouissent, mais ça je ne lui dit pas.
Puis les dossiers s'enchaînent.
A la pause, nous discutons un peu. Patricia me questionne un peu sur moi… Je brode, je raconte brièvement une vie qui n'est pas vraiment la mienne. Puis vient la question qui me perturbe un peu qui me rappelle que je dois rester sur mes gardes.
- C'est marrant, tu as une voix légèrement grave comme si tu fumais alors qu'il ne me semble pas t'avoir vu fumer.
- Tu as raison, j'ai arrêté, mais hélas, mes cordes vocales sont un peu abîmées. Je dis en inventant une raison.
- Oh… Tu as bien fait d'arrêter cette saloperie. Ma pauvre. Personnellement, je ne trouve pas ça jolie une femme qui fume.
- C'est vrai.
- Ce n'est pas bon pour la santé et pire encore quand t'es enceinte. Tu voudras un bébé toi ?
- Euhhh non, enfin oui… Pas pour l'instant ! Je réponds un peu paniquée.
Oulala lala il ne faut pas que j'aille sur ce terrain-là, il est dangereux. Je dévie vite la conversation.
- Bon allez Patricia, on s'y remet ?
- Tu as raison ma jolie, on n'est pas payé à papoter, me dit-elle dans un éclat de rire.
La journée se déroule sans encombre et nous nous quittons le soir comme deux collègues. On s'embrasse en se souhaitant de bonnes choses pour l'une et l'autre.
Ça y est, ces deux jours d'accompagnement sont terminés, je redoutais un peu c'est vrai mais ils se sont finalement passés sans encombre. Ce petit morceau de vie rajoute des briques de réassurance au pont vers l'avenir que j'ai décidé de construire.
Avant de rentrer, je fais un détour pour récupérer le courrier chez le médecin ainsi que le contact de l'endocrinologue qu'il m'a conseillé. Je le trouve bien ce docteur, je pense que je vais le garder comme médecin traitant.
Une fois rentrée chez moi, je recherche un institut pour faire une épilation définitive de la barbe. Après un peu de recherche pour augmenter mes connaissances sur le sujet, je trouve un centre dermato-esthétique qui fait cela et qui me convient bien. Les avis clients sont bons, je prends immédiatement rendez-vous en ligne.
Le lendemain matin, quand j'arrive à l'entreprise, Karine arrive également. Nos horaires sont les mêmes. On s'embrasse pour se dire bonjour. Je remarque tout de suite sa tenue, une jupe en laine écrue, les jambes gainées de nylon couleur Tan et des bottes marron à talons larges et hauts. Le tout recouvert de son manteau. Elle ne dit rien, mais a vu que je l'ai regardé. Elle me sourit.
Quand nous entrons dans le bâtiment, elle ôte immédiatement son manteau et je vois qu'en fait, un s'agit d'un tailleur jupe et veste en laine écrue qu'elle porte sur un chemisier rose pâle. Elle est ravissante.
- Bonne journée Justine, bisous !
- Merci Karine, à toi également.
En arrivant à mon bureau, mon patron est déjà là. Je le salue puis prépare le café. Quand je lui apporte, il effectue son geste habituel pour s'assurer que je porte des bas et il me dit :
- Asseyez-vous Justine, alors raconterez moi cette visite médicale ? Tiens d'ailleurs, j'y pense, la visite d'embauche est obligatoire, il faudra la faire. Nous en reparlerons plus tard.
Oupsss j'avais oublié ça, moi…
Je m'installe dans un des fauteuils de sa table de réunion et lui raconte comment s'est déroulée la visite chez le médecin et tout ce qu'il m'a dit. Et notamment la lettre pour l'endocrino, celui qu'il connait et qu'il a déjà appelé.
Je vais prendre rendez-vous dès aujourd'hui d'ailleurs. Je lui explique aussi avoir pris rendez-vous dans un centre dermato-esthétique.
- Parfait, parfait ! Tenez-moi au courant s'il vous plaît. Et n'hésitez pas à m'en parler si vous avez besoin d'aide ou si un rendez-vous serait sur les heures de travail.
- Bien sûr Monsieur. Merci de votre aide !
- Ah, au fait, j'ai également appelé mon ami avocat. J'ai pris des notes. Il m'a expliqué que depuis 2016 la loi s'est simplifiée, que désormais, il faudra envoyer votre dossier au Tribunal Judiciaire de Lyon. C'est mieux s'il y a eu un changement de prénom au préalable, mais si ce n'est pas le cas, comme vous, il faudra apporter toutes les preuves que vous présentez publiquement comme appartenant au sexe féminin et que vous êtes connue de vos proches et de vos collègues sous le sexe revendiqué, photos, courrier, etc.
Autant vous dire qu'un emploi est une preuve massive. Je ferai une attestation, votre médecin également, l'endocrinologue aussi sûrement et peut-être quelques amis si c'est possible.
- Heuuuuu….
- Il m'a aussi précisé qu'il n'est pas nécessaire d'avoir subi une opération chirurgicale pour demander la modification de la mention du sexe à l'état-civil. Mais votre traitement médical sera un plus dans le dossier.
- Et cette démarche, je peux la faire seule ?
- Oui, ou par avocat ! Ce n'est plus obligatoire, mais ça sécurise le dossier de demande.
- Mais je n'ai pas les moyens de payer un avocat !
- Tttsss mais je vous l'ai dit l'autre jour, qui parle de payer ! Je vous dis, c'est un ami. Il se propose de le faire gracieusement.
Je me dis que je suis décidément tombée sur un ange gardien avec cet homme.
- Allez zou ! Au travail. Et appelez l'endocrino dès ce matin.
Je retourne à mon bureau et m'affaire à téléphoner au spécialiste. Venant de la part du docteur Martin et de Monsieur Gallardo, ça va plus vite, j'ai un rendez-vous pour le jeudi de la semaine prochaine.
Et quelques minutes plus tard, je vois mon patron passer la tête dans mon bureau et me dit :
- Mon ami avocat vient demain après-midi pour traiter de différents dossiers. Il va en profiter pour vous voir et préparer la démarche avec vous.
Puuuuff ! J'ai la nette impression d'un coup d'accélérateur subitement : mon premier rendez-vous avec le docteur généraliste a qui j'ai expliqué ma dysphorie de genre, l'avocat demain, le centre dermato mercredi soir prochain, puis l'endocrinologue jeudi soir !
A suivre…
Un petit problème technique a empêché la publication des commentaires sur l'épisode précédent. J'espère que cela ne vous découragera pas d'en laisser à la fin de celui-ci, pour me donner vos avis, vos sentiments…
Des bisous les amis !
Justine
Et puis ce soir, j'ai rendez-vous chez le médecin. Il ne faut pas que j'oublie.
Comme chaque jour désormais, je mets des bas avec jarretelles. Du fait de la présence de son ancienne assistante, je ne sais pas si mon patron fera son geste quotidien devenu habituel.
J'arrive à l'entreprise et gare mon petit véhicule. En sortant, j'aperçois Karine qui vient d'arriver, elle me voit et vient vers moi et me fait la bise comme si on se connaissait depuis longtemps. Ça me surprend qu'une demi seconde, mais je trouve ça sympathique et marchons toutes les deux vers l'entrée.
- J'adore tes boots, me dit-elle.
- Oh merci, c'est gentil… C'est vrai qu'elles sont jolies.
- Ce sont des talons de 10, non ?
- Oui, c'est ça… Tu as l'œil !
- Elles te vont bien, ça fait une jolie démarche…
Je suis surprise là encore de notre échange et je pense que je vais bien m'entendre avec Karine. Nos chemins se séparent et je monte à mon bureau par l'ascenseur.
En arrivant, je vois que monsieur Gallardo est déjà arrivé ainsi que Patricia également.
- Ah Justine, bonjour ! Je vous présente Patricia. Comme c'était prévu, Patricia sera avec vous aujourd'hui et demain. Je vous laisse mesdames, profitez de ces deux jours pour tout voir du poste et des sujets… Allez, bon courage !
Je vais poser mes affaires dans le bureau et vais préparer le café. J'en propose une tasse à Patricia installée dans le bureau et je vais porter la tasse à monsieur Gallardo.
- Ah merci Justine, c'est gentil, dit-il en glissant le doigt sur la jupe pour sentir l'attache de la jarretelle, après avoir vérifié que nous étions seuls.
Je ne sais pas dire pourquoi, mais cette habitude prise, coquine j'en conviens, me satisfait et m'apaise. Ce n'est pas grand-chose, mais ça me rassure sur ma féminité et sur la complicité qui s'établit entre mon patron et moi.
C'est sûr qu'il ne devait pas faire ça avec Patricia.
C'est effectivement une dame qui semble être gentille, d'une soixante d'années. Pas vraiment belle mais souriante, agréable. Son regard est doux. Elle semble être pleine de compassion. Elle pourrait être notre voisine, notre tante, notre mère. On a envie de la prendre dans les bras et lui faire un câlin.
Elle me demande tout de suite de la tutoyer et m'explique la raison de son départ, l'ennui qu'elle a eu de quitter Monsieur Gallardo auquel elle voue une estime profonde.
- C'est vraiment quelqu'un de très bien, tu sais ! Tu t'en apercevras très vite.
Je me dis dans ma tête qu'effectivement, j'ai déjà pu m'en apercevoir.
Elle me dit qu'elle est contente qu'il ait pu trouver rapidement une remplaçante, ça la rassure.
- En plus une jeune assistante, toute jolie ! Ça va le changer d'une vieille comme moi ! Me dit-elle dans un grand sourire.
Elle m'a dit ça avec une voix douce, empreinte de gentillesse… Une phrase au premier degré sans aucune arrière-pensée.
Nous nous mettons à travailler. Dossiers après dossiers, sujets après sujets, tableaux Excel après tableaux Excel… Tout y passe. C'est clair, organisé, concis… Une perle cette femme ! Il faudra que je sois à la hauteur !
On discute, on rigole, on bosse, je suis assise juste à côté d'elle et rien ne m'a mis mal à l'aise, pas un regard que j'aurais pu juger soupçonneux, pas un mot que j'aurais pu juger ambiguë…
Le midi, elle doit retrouver ses anciennes collègues à la cantine et me propose de l'accompagner. Je décline l'invitation, car je dois rentrer chez moi pendant l'heure du déjeuner.
Eh oui, j'ai pensé à quelque chose qui m'avait échappé ce matin en m'habillant… Je porte des bas avec un porte-jarretelles et ce soir après le travail, je vais chez le médecin. Et comme je suppose qu'il va m'ausculter, je ne me vois pas en porte-jarretelles devant le toubib. Je dois rentrer chez moi me changer et mettre un collant.
Déjà qu'il va ausculter un transgenre… Un homme qui s'habille en femme, je ne vais pas en rajouter dans la provoc.
Je fais donc l'aller-retour chez moi pour me changer et j'en profite pour déjeuner un peu. Je retourne au bureau et j'y arrive en même temps que Patricia qui rentre de déjeuner.
Nous nous remettons au travail dans la foulée, et ce, jusqu'à 17h45. Je file donc à mon rendez-vous médical.
A 18h20, je m'annonce à l'accueil du docteur Martin, il y a une personne dans la salle d'attente, il semblerait que je sois la dernière. C'est d'ailleurs son tour de passer. Je m'installe et attends patiemment mon tour. Je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, j'ai l'impression d'aller vers l'inconnu.
Vers 18h45 c'est enfin à moi.
- Mademoiselle Girard ?
- Bonjour docteur.
- Bonjour, entrez s'il vous plaît.
- …
- Alors vous venez de la part de mon ami Alexandre ?
Je viens de réaliser qu'il s'appelle effectivement Alexandre. Je l'appelle toujours Monsieur Gallardo.
- Euh oui… Merci de me recevoir aussi rapidement.
- Bon, il m'a succinctement expliqué votre situation. Mais je ne m'attendais pas à recevoir une jeune femme. J'ai déjà suivi des jeunes gens en transition, mais physiquement, on voyait qu'ils l'étaient. Ce n'est pas votre cas !
- …
- Dans un premier temps, expliquez-moi brièvement votre parcours et ensuite, je vais vous ausculter.
Me voici à raconter dans les grandes lignes, ma vie depuis mon enfance, le sentiment d'être dans un mauvais corps, le départ de chez mes parents, mon homosexualité, mon travestissement progressif jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à maintenant où je vis une vie de femme sans l'être complétement.
Il m'écoute attentivement en me posant quelques questions, toujours d'ordre médicales.
- Très bien! Déshabillez vous et installez vous sur la table d'auscultation.
J'ai une petite appréhension, mais bon, je suis là pour la bonne cause. J'ôte mes bottines, ma jupe, mon chemisier, pendant qu'il remplit des éléments de mon dossier. Je garde toutefois mon soutien-gorge, ma culotte (que j'avais choisi la moins sexy) et mon collant.
- Non, ôtez tout s'il vous plaît, ne gardez que la culotte.
- Euhhh docteur… Je n'ai pas de vrais seins.
- Bien sûr ! Otez vos prothèses également.
La scène me parait surréaliste, je suis presqu'honteuse. J'ai déposé mes faux seins sur son plan de travail, je suis désormais en culotte, allongée sur la table.
Et voici qu'il m'examine sous toutes les coutures… La tension, le pouls, la gorge, les oreilles, les poumons, le dos, le cœur, les jambes, le ventre, le blanc des yeux, ma pomme d'Adam… il palpe, il tapote, il écoute… Il examine ma poitrine, pince un peu la chair de chaque sein, puis examine avec attention mon petit pénis en me demandant s'il a toujours été aussi petit depuis que je suis adulte, si j'ai des érections et si j'éjacule.
Puis il me questionne sur mes pratiques sexuelles et si je me protège lors de mes rapports. Également si je suis attentive aux signes de douleur et si je perçois des séquelles lors des sodomies.
Puis il me fait monter sur la balance pèse-personne et enfin, il mesure ma taille.
J'en conviens, l'examen est complet et au fur et à mesure je me sens en confiance.
- Vous pouvez vous rhabiller.
Je remets mes faux seins, mon soutien-gorge ainsi que mes vêtements et je me recoiffe rapidement.
- Vous êtes certaine de ne jamais avoir pris d'hormones ? Même jeune ?
- Oui docteur, certaine.
- Vous avez un terrain particulièrement favorable. Votre morphologie, la finesse des membres, votre taille, votre poids… Globalement tout correspond plus ou moins à une morphologie féminine, c'est assez rare de voir ça. Votre absence de poitrine et évidemment votre sexe masculin rappellent que vous être de genre masculin. En dehors de ça, peu de choses ne laisse le supposer.
- …
- Et votre voix ? Elle est naturellement ainsi ?
- Plutôt, oui. Mais je fais attention aux intonations.
- Beaucoup de personnes en transition vous envieraient, vous savez !
- J'en ai conscience docteur.
- Bon, je vais vous prescrire une analyse médicale.
Le médecin rédige l'ordonnance qu'il me tend, puis commence à me questionner.
- Que souhaitez-vous faire ? Y avez-vous réfléchi ? Vous souhaitez rentrer dans un protocole de traitement hormonal, l'hormonothérapie ? Je suppose que vous souhaitez avoir de la poitrine ? Avez-vous pensé à aller jusqu'à la réassignation sexuelle ?
- Heuuu je ne sais pas… C'est assez nouveau pour moi… Je ne me suis pas posé toutes ces questions.
- Je me doute, justement cela va ouvrir un champ de réflexion pour vous, c'est important.
- Ce que je voudrais, c'est effectivement avoir de la poitrine et aussi faire disparaître ma petite barbe.
- Pour la barbe, les hormones peuvent y contribuer un peu, mais il faudra passer par l'épilation définitive.
- Ah bien sûr, je n'y avais pas pensé.
- Quant à la poitrine, là aussi, les hormones de substitution joueront un rôle important, mais il vous faudra certainement compléter par une opération d'augmentation mammaire.
- …
- Je vais vous envoyer vers mon confrère endocrinologue mais je crois que mon ami Alexandre l'a déjà appelé. Je vous prépare un courrier de recommandation que vous pourrez venir chercher au cabinet à partir de demain après-midi ainsi que ses coordonnées pour prendre rendez-vous. Faites-le sans tarder.
- Merci docteur.
- C'est un ami et un endocrino « lgbtq friendly » comme on dit maintenant.
Un endocrinologue qui accepte de suivre des patients qui veulent faire une transition. Ah bon ? je ne m'étais jamais posé la question mais maintenant qu'il me l'a précisé je trouve ça logique.
Je quitte le cabinet avec le sentiment d'avoir fait un grand pas. Le docteur a pris le temps nécessaire pour m'ausculter et bien m'expliquer. Je rentre guillerette à mon domicile en ayant hâte de quitter ce collant qui me gêne de trop. Je ne suis plus habituée.
Le lendemain matin, mercredi, c'est désormais le second et dernier jour que je passe avec Patricia.
A l'arrivée de mon patron, je lui apporte son café et après s'être assuré que nous soyons seuls dans le bureau, il fait discrètement son geste de vérification. C'est devenu une habitude, un rituel qui me plaît bien.
Puis il me demande à voix basse si j'ai vu le médecin hier soir.
- Oui, j'y suis allé…
- Vous me raconterez tout demain. Me dit-il avant que je ne continue ma phrase.
J'attaque la journée de travail avec Patricia et elle me dit avec sa gentillesse que je lui connais désormais :
- Je te sens moins stressée qu'hier ma jolie, tu es sûrement plus à l'aise avec toutes les infos que tu as maintenant.
Sûrement ! Sûrement ! Peut-être aussi que mon rendez-vous médical d'hier m'ouvre des horizons qui me réjouissent, mais ça je ne lui dit pas.
Puis les dossiers s'enchaînent.
A la pause, nous discutons un peu. Patricia me questionne un peu sur moi… Je brode, je raconte brièvement une vie qui n'est pas vraiment la mienne. Puis vient la question qui me perturbe un peu qui me rappelle que je dois rester sur mes gardes.
- C'est marrant, tu as une voix légèrement grave comme si tu fumais alors qu'il ne me semble pas t'avoir vu fumer.
- Tu as raison, j'ai arrêté, mais hélas, mes cordes vocales sont un peu abîmées. Je dis en inventant une raison.
- Oh… Tu as bien fait d'arrêter cette saloperie. Ma pauvre. Personnellement, je ne trouve pas ça jolie une femme qui fume.
- C'est vrai.
- Ce n'est pas bon pour la santé et pire encore quand t'es enceinte. Tu voudras un bébé toi ?
- Euhhh non, enfin oui… Pas pour l'instant ! Je réponds un peu paniquée.
Oulala lala il ne faut pas que j'aille sur ce terrain-là, il est dangereux. Je dévie vite la conversation.
- Bon allez Patricia, on s'y remet ?
- Tu as raison ma jolie, on n'est pas payé à papoter, me dit-elle dans un éclat de rire.
La journée se déroule sans encombre et nous nous quittons le soir comme deux collègues. On s'embrasse en se souhaitant de bonnes choses pour l'une et l'autre.
Ça y est, ces deux jours d'accompagnement sont terminés, je redoutais un peu c'est vrai mais ils se sont finalement passés sans encombre. Ce petit morceau de vie rajoute des briques de réassurance au pont vers l'avenir que j'ai décidé de construire.
Avant de rentrer, je fais un détour pour récupérer le courrier chez le médecin ainsi que le contact de l'endocrinologue qu'il m'a conseillé. Je le trouve bien ce docteur, je pense que je vais le garder comme médecin traitant.
Une fois rentrée chez moi, je recherche un institut pour faire une épilation définitive de la barbe. Après un peu de recherche pour augmenter mes connaissances sur le sujet, je trouve un centre dermato-esthétique qui fait cela et qui me convient bien. Les avis clients sont bons, je prends immédiatement rendez-vous en ligne.
Le lendemain matin, quand j'arrive à l'entreprise, Karine arrive également. Nos horaires sont les mêmes. On s'embrasse pour se dire bonjour. Je remarque tout de suite sa tenue, une jupe en laine écrue, les jambes gainées de nylon couleur Tan et des bottes marron à talons larges et hauts. Le tout recouvert de son manteau. Elle ne dit rien, mais a vu que je l'ai regardé. Elle me sourit.
Quand nous entrons dans le bâtiment, elle ôte immédiatement son manteau et je vois qu'en fait, un s'agit d'un tailleur jupe et veste en laine écrue qu'elle porte sur un chemisier rose pâle. Elle est ravissante.
- Bonne journée Justine, bisous !
- Merci Karine, à toi également.
En arrivant à mon bureau, mon patron est déjà là. Je le salue puis prépare le café. Quand je lui apporte, il effectue son geste habituel pour s'assurer que je porte des bas et il me dit :
- Asseyez-vous Justine, alors raconterez moi cette visite médicale ? Tiens d'ailleurs, j'y pense, la visite d'embauche est obligatoire, il faudra la faire. Nous en reparlerons plus tard.
Oupsss j'avais oublié ça, moi…
Je m'installe dans un des fauteuils de sa table de réunion et lui raconte comment s'est déroulée la visite chez le médecin et tout ce qu'il m'a dit. Et notamment la lettre pour l'endocrino, celui qu'il connait et qu'il a déjà appelé.
Je vais prendre rendez-vous dès aujourd'hui d'ailleurs. Je lui explique aussi avoir pris rendez-vous dans un centre dermato-esthétique.
- Parfait, parfait ! Tenez-moi au courant s'il vous plaît. Et n'hésitez pas à m'en parler si vous avez besoin d'aide ou si un rendez-vous serait sur les heures de travail.
- Bien sûr Monsieur. Merci de votre aide !
- Ah, au fait, j'ai également appelé mon ami avocat. J'ai pris des notes. Il m'a expliqué que depuis 2016 la loi s'est simplifiée, que désormais, il faudra envoyer votre dossier au Tribunal Judiciaire de Lyon. C'est mieux s'il y a eu un changement de prénom au préalable, mais si ce n'est pas le cas, comme vous, il faudra apporter toutes les preuves que vous présentez publiquement comme appartenant au sexe féminin et que vous êtes connue de vos proches et de vos collègues sous le sexe revendiqué, photos, courrier, etc.
Autant vous dire qu'un emploi est une preuve massive. Je ferai une attestation, votre médecin également, l'endocrinologue aussi sûrement et peut-être quelques amis si c'est possible.
- Heuuuuu….
- Il m'a aussi précisé qu'il n'est pas nécessaire d'avoir subi une opération chirurgicale pour demander la modification de la mention du sexe à l'état-civil. Mais votre traitement médical sera un plus dans le dossier.
- Et cette démarche, je peux la faire seule ?
- Oui, ou par avocat ! Ce n'est plus obligatoire, mais ça sécurise le dossier de demande.
- Mais je n'ai pas les moyens de payer un avocat !
- Tttsss mais je vous l'ai dit l'autre jour, qui parle de payer ! Je vous dis, c'est un ami. Il se propose de le faire gracieusement.
Je me dis que je suis décidément tombée sur un ange gardien avec cet homme.
- Allez zou ! Au travail. Et appelez l'endocrino dès ce matin.
Je retourne à mon bureau et m'affaire à téléphoner au spécialiste. Venant de la part du docteur Martin et de Monsieur Gallardo, ça va plus vite, j'ai un rendez-vous pour le jeudi de la semaine prochaine.
Et quelques minutes plus tard, je vois mon patron passer la tête dans mon bureau et me dit :
- Mon ami avocat vient demain après-midi pour traiter de différents dossiers. Il va en profiter pour vous voir et préparer la démarche avec vous.
Puuuuff ! J'ai la nette impression d'un coup d'accélérateur subitement : mon premier rendez-vous avec le docteur généraliste a qui j'ai expliqué ma dysphorie de genre, l'avocat demain, le centre dermato mercredi soir prochain, puis l'endocrinologue jeudi soir !
A suivre…
Un petit problème technique a empêché la publication des commentaires sur l'épisode précédent. J'espère que cela ne vous découragera pas d'en laisser à la fin de celui-ci, pour me donner vos avis, vos sentiments…
Des bisous les amis !
Justine
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Commentaires ()
Jusqu'où ira ses évolutions dans sa vie
J'aurai adore avoir une collègue comme Justine.
Bravo et vivement la suite.
Le prochain épisode sera publié le 26 dec... Plus longtemps à attendre ;)
Bon dimanche
J'aurai adore avoir une collègue comme Justine.
Bravo et vivement la suite.
A quand la suite de cette magnifique histoire, c'est long l'attente entre chaque chapitre.
Bises
Il faut que je remettre à l'écriture pour écrire les chapitres suivants
Bises
Pouvez vous me dire si mes commentaires s affichent ?
Merci
Cette histoire me rappelle beaucoup de souvenirs
Merci d écrire si bien
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Merci
Cette histoire me rappelle beaucoup de souvenirs
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Merci
Cette histoire me rappelle beaucoup de souvenirs
Votre récit me rappelle ce que J ai vécu
Mais moi ce fut moins linéaire plus difficile avec des moments très durs
Mais aujourd’hui je vis une vie de femme et c est merveilleux
Vous savez écrire c est bien J aurais voulu pouvoir raconter mon histoire mais je suis une piètre écrivaine
Je suis ravie que l'histoire rappelle la vôtre...
Indéniablement certains moments peuvent être très durs.