Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Confessions d’une Pharmacienne — Chapitre 4 · La menace
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Confessions d’une Pharmacienne
Chapitre 4 · La menace
La journée s'achève. Sophie quitte la pharmacie avec un soupçon de légèreté. Pas de malaise aujourd'hui, pas d'émotion débordante. Juste la fatigue d'un jeudi ordinaire et, peut-être, cette petite lueur discrète que Jimmy a laissée quelque part en elle. Elle descend lentement les deux marches du perron, son sac à l'épaule, savourant l'air du soir sur son visage. L'air est doux, presque tiède. Un souffle paisible, comme une promesse fragile. Une respiration qu'elle croyait perdue.
Elle lève les yeux. Et son estomac se noue.
Elle lève les yeux. Et son estomac se noue.
Michel.
Appuyée contre un poteau, la silhouette figée comme une menace qu'on aurait laissée là exprès. Veste fermée jusqu'au col, bras croisés, menton légèrement relevé. Il ne bouge pas. Ne parle pas. Mais il sourit. Un sourire sec, aiguisé, glacial. Ce rictus qu'elle a vu trop de fois, dans des couloirs sombres ou des silences domestiques. Celui qui ne blesse pas par les mots, mais par la certitude silencieuse de sa domination. Celui qui veut dire : Je suis encore là. Tu ne m'échapperas pas.
Appuyée contre un poteau, la silhouette figée comme une menace qu'on aurait laissée là exprès. Veste fermée jusqu'au col, bras croisés, menton légèrement relevé. Il ne bouge pas. Ne parle pas. Mais il sourit. Un sourire sec, aiguisé, glacial. Ce rictus qu'elle a vu trop de fois, dans des couloirs sombres ou des silences domestiques. Celui qui ne blesse pas par les mots, mais par la certitude silencieuse de sa domination. Celui qui veut dire : Je suis encore là. Tu ne m'échapperas pas.
Tout en elle se fige d'un seul coup.
Son cœur déraille, cogne fort, puis se suspend, incertain. L'air s'amenuise. Une peur sourde se faufile dans sa poitrine, insidieuse, familière. Son corps réagit avant même qu'elle ait le temps de penser.
Ses épaules se voûtent, instinctivement, comme pour disparaître. Ses jambes, soudain lourdes, ralentissent malgré elle. Son regard chute vers le sol, happé par une force qu'elle ne contrôle plus. Sa gorge se serre, la langue sèche, les paumes moites. Une chape glacée s'abat sur elle, implacable.
Son cœur déraille, cogne fort, puis se suspend, incertain. L'air s'amenuise. Une peur sourde se faufile dans sa poitrine, insidieuse, familière. Son corps réagit avant même qu'elle ait le temps de penser.
Ses épaules se voûtent, instinctivement, comme pour disparaître. Ses jambes, soudain lourdes, ralentissent malgré elle. Son regard chute vers le sol, happé par une force qu'elle ne contrôle plus. Sa gorge se serre, la langue sèche, les paumes moites. Une chape glacée s'abat sur elle, implacable.
Elle n'a pas besoin de s'approcher : chaque fibre d'elle sait. Ce n'est pas une surprise. C'est un cauchemar en marche arrière, un souvenir qui se réincarne.
Elle serre les dents. Inspire, comme on retient un cri. Elle se force à avancer. Un pas. Puis un autre. Mais la panique monte. Cette panique ancienne, pavlovienne. Celle qu'il a patiemment construite en elle brique après brique. Celle qui la rendait silencieuse, docile, presque absente.
Marie Joe sort quelques secondes plus tard, blouse à la main, en train de raccompagner la dernière cliente. Lorsqu'elle aperçoit Michel, son sang se glace.
Elle serre les dents. Inspire, comme on retient un cri. Elle se force à avancer. Un pas. Puis un autre. Mais la panique monte. Cette panique ancienne, pavlovienne. Celle qu'il a patiemment construite en elle brique après brique. Celle qui la rendait silencieuse, docile, presque absente.
Marie Joe sort quelques secondes plus tard, blouse à la main, en train de raccompagner la dernière cliente. Lorsqu'elle aperçoit Michel, son sang se glace.
Deux ans qu'il avait disparu. Deux ans de silence, de reconstruction.
Et il est là, exactement comme dans ses souvenirs : figé, fermé, toxique. Elle sent la colère monter d'un coup, violente, brûlante. Ce type revient pour la briser à nouveau, elle en est certaine. Mais cette fois, il y a quelqu'un d'autre. Elle vient d'apercevoir Jimmy en train de s'approcher. Elle n'hésite pas. Sa voix claque, claire, presque sèche :
Et il est là, exactement comme dans ses souvenirs : figé, fermé, toxique. Elle sent la colère monter d'un coup, violente, brûlante. Ce type revient pour la briser à nouveau, elle en est certaine. Mais cette fois, il y a quelqu'un d'autre. Elle vient d'apercevoir Jimmy en train de s'approcher. Elle n'hésite pas. Sa voix claque, claire, presque sèche :
— Sophie ! N'aie pas peur. Jimmy est là !
— Sophie ?
— Sophie ?
Mais avant même que Sophie puisse répondre, elle entend :
— Jimmy est là.
Ce nom, prononcé comme un secours, là percute de plein fouet. Un instant, elle ne comprend pas. Ce n'est pas Jimmy, c'est Michel.
Pourquoi Marie Joe dit ça ?
Une confusion passagère. Une peur profonde.
Mais derrière ses paupières closes, elle revoit le visage de Jimmy. Son regard franc. Sa voix calme. Sa main sur sa joue. Et soudain, ce souvenir devient un refuge. Juste pensé à lui, lui redonne un souffle. Une ligne d'horizon.
Il n'a rien entendu, mais il a tout vu.
Pourquoi Marie Joe dit ça ?
Une confusion passagère. Une peur profonde.
Mais derrière ses paupières closes, elle revoit le visage de Jimmy. Son regard franc. Sa voix calme. Sa main sur sa joue. Et soudain, ce souvenir devient un refuge. Juste pensé à lui, lui redonne un souffle. Une ligne d'horizon.
Il n'a rien entendu, mais il a tout vu.
En sortant du centre sportif voisin, après une séance de récupération, il marchait sans but précis, le corps encore vibrant d'effort, l'esprit relâché. Il passait devant la pharmacie, comme on repasse devant un point de repère. Il n'avait pas prévu d'entrer. Juste un coup d'œil, un réflexe. Une impulsion étrange, presque animale, de s'assurer qu'elle allait bien. Que cette femme, dont le regard le hante depuis trois jours, respirait encore tranquille dans son monde à elle.
Et il l'a vue.
Il a vu Sophie se figer. Il a vu le type en face. L'homme en position de contrôle. L'homme dangereux. Il n'a pas eu besoin d'un mot : son corps, son expérience, son instinct ont parlé d'un seul souffle. Tout en lui a reconnu la scène. La tension muette. La terreur familière. Ce n'était pas une coïncidence. C'était une intrusion.
Il traverse la rue. Un pas calme. Contrôlé. Mais son regard, lui, est déjà un poing fermé. Un avertissement contenu.
Il a vu Sophie se figer. Il a vu le type en face. L'homme en position de contrôle. L'homme dangereux. Il n'a pas eu besoin d'un mot : son corps, son expérience, son instinct ont parlé d'un seul souffle. Tout en lui a reconnu la scène. La tension muette. La terreur familière. Ce n'était pas une coïncidence. C'était une intrusion.
Il traverse la rue. Un pas calme. Contrôlé. Mais son regard, lui, est déjà un poing fermé. Un avertissement contenu.
Marie Joe, qui vient de réaliser ce que Michel est en train de faire, fonce vers Jimmy. Elle le fixe d'un œil noir, souffle court, mâchoire serrée.
— C'est lui… c'est l'ex, souffle Marie Joe, les yeux agrandis par la peur. Il se passe quelque chose… je le sens, ce n'est pas normal. Aidez-la, s'il vous plaît… Aidez Madame Sophie !
Pas besoin d'en dire plus. Dans la tête de Jimmy, quelque chose bascule. L'instinct militaire reprend le dessus, net, limpide. Mode combat activé. Il analyse, il s'avance. Plus vite. En petite foulée. Contrôlé, mais tendu comme un arc. Et sa voix claque, claire, tranchante :
— Ne lève surtout pas le petit doigt sur elle.
Il arrive devant eux et se plante à côté de Sophie. Il ne la touche pas. Pas encore. Il se positionne simplement entre elle et Michel. Une présence. Une frontière. Une barrière humaine. Un mur silencieux.
Puis, sans élever la voix, il tourne la tête, lentement, et fixe Michel droit dans les yeux. Sa mâchoire est serrée, son regard impassible. Dans sa tête, il n'y a qu'un seul objectif : mission protection. Sophie. Rien d'autre n'existe.
Puis, sans élever la voix, il tourne la tête, lentement, et fixe Michel droit dans les yeux. Sa mâchoire est serrée, son regard impassible. Dans sa tête, il n'y a qu'un seul objectif : mission protection. Sophie. Rien d'autre n'existe.
— Qu'est-ce que vous faites ici ?
— Elle ne vous doit rien. Et vous n'avez rien à faire ici.
— Elle ne vous doit rien. Et vous n'avez rien à faire ici.
Michel plisse les yeux. Il s'apprête à dire quelque chose. Un geste. Un mot. Un pas.
Mais Jimmy bouge. Cette fois, c'est rapide. Précis. Tranchant. Pas le temps pour Michel de voir le geste venir. Le bras de Jimmy se lève d'un coup, fluide et net, et vient se plaquer contre le poteau, juste au-dessus de la tête de Michel. Le choc est silencieux, mais l'intention est claire.
Il se penche aussitôt. Leur souffle se croise. Son torse impose une proximité brutale, son regard s'ancre dans celui de Michel comme une lame.
Mais Jimmy bouge. Cette fois, c'est rapide. Précis. Tranchant. Pas le temps pour Michel de voir le geste venir. Le bras de Jimmy se lève d'un coup, fluide et net, et vient se plaquer contre le poteau, juste au-dessus de la tête de Michel. Le choc est silencieux, mais l'intention est claire.
Il se penche aussitôt. Leur souffle se croise. Son torse impose une proximité brutale, son regard s'ancre dans celui de Michel comme une lame.
Le silence devient menace. Suspendu. Chargé.
La mâchoire de Jimmy se contracte. Il ne cligne pas des yeux. Et quand il parle, c'est un grondement bas, serré entre les dents :
La mâchoire de Jimmy se contracte. Il ne cligne pas des yeux. Et quand il parle, c'est un grondement bas, serré entre les dents :
— Foutez le camp. Tout de suite.
Michel, la voix tremblotante, essaie de faire reculer l'homme devant lui. Il lève légèrement les mains, comme pour désamorcer un piège qu'il ne contrôle plus.
— Je… je viens voir… ma femme… Laissez-nous… seuls… s'il vous plaît.
Les mots trébuchent dans sa bouche. Il bafouille, tente d'imposer une légitimité qu'il n'a plus. Mais face au calme tranchant de Jimmy, sa tentative sonne creux. Faux. Pitoyable.
Un pas de recul. Puis un autre. Michel recule, lentement, les dents serrées, le souffle court. Il vacille à peine, mais c'est suffisant. Pour une fois, la peur a changé de camp.
Jimmy se redresse lentement, mais sa voix tonne, cette fois sans détour :
Un pas de recul. Puis un autre. Michel recule, lentement, les dents serrées, le souffle court. Il vacille à peine, mais c'est suffisant. Pour une fois, la peur a changé de camp.
Jimmy se redresse lentement, mais sa voix tonne, cette fois sans détour :
— Donc vous voulez voir votre femme ? Très bien.
Il se tourne vers Sophie, et parle plus fort encore, comme pour briser le mur du silence :
— Madame Dumoulin… vous voulez voir votre mari ?
Sophie reste figée. Elle tremble. Elle pleure, sans bruit. Ses lèvres bougent à peine. Sa bouche s'ouvre lentement, comme dans un rêve au ralenti. Elle veut répondre. Mais aucun son ne sort. Et puis, doucement, elle secoue la tête. Non. Non. Pas lui.
Jimmy grogne, un grondement guttural, et avance d'un pas. Ses yeux brûlent. Sa voix se fait acier.
Jimmy grogne, un grondement guttural, et avance d'un pas. Ses yeux brûlent. Sa voix se fait acier.
— Bon. Je compte jusqu'à trois. À trois, si vous êtes encore là, vous finissez dans la vitrine.
Il le fixe sans ciller.
— Un…
Son poing se serre.
— Deux…. Comme s'il connaissait déjà toutes ses failles. Et ce calme, ce silence… c'est pire qu'un coup de poing.
Il jette un dernier regard à Jimmy, un mélange de haine, de trouble et de méfiance. D'où sort cet homme ? se demande-t-il. Et pourquoi, face à lui, tout son vieux pouvoir semble s'évaporer ?
Il tourne enfin les talons. Disparais sans un mot. Mais son regard, lui, promet autre chose. Une suite. Une revanche. Un poison distillé à retardement.
Il tourne enfin les talons. Disparais sans un mot. Mais son regard, lui, promet autre chose. Une suite. Une revanche. Un poison distillé à retardement.
Sophie, elle, n'a pas bougé. Elle est restée figée. Le souffle coupé, comme si l'air s'était figé autour d'elle. Une main posée sur le bord de la vitrine, l'autre crispée sur sa poitrine, là où son cœur cogne en désordre. Une chaleur froide s'empare de son dos, pendant que son ventre se contracte douloureusement. Elle tremble, mais ne bouge pas. Son corps est tendu, gelé par la peur.
Ses jambes vacillent, chaque muscle semble vouloir la lâcher. Elle sent une pression dans sa gorge, une envie de crier, de dire non, mais aucun son ne sort. Juste ses yeux qui s'embuent. Sa respiration est hachée, coupée net à chaque tentative. Tout semble se passer loin d'elle, comme si elle assistait à la scène depuis l'intérieur d'une bulle étouffante.
Au fond d'elle, une voix crie de honte : pourquoi n'a-t-elle pas anticipé ? Pourquoi n'a-t-elle pas regardé autour d'elle avant de sortir ? Elle se sent coupable d'avoir baissé la garde. D'avoir oublié, ne serait-ce qu'un instant, la menace qu'il incarne. Une culpabilité ancienne, collante, empoisonnée, viens l'envelopper à nouveau. Et avec elle, la terreur d'être encore celle qu'il a pu dominer si longtemps.
Mais cette fois, il y a eu autre chose.
Pour la première fois de sa vie, elle a vu Michel reculer. Elle a vu son visage changer. Elle a vu la peur, là où il n'y avait autrefois que contrôle. Et cela, même si elle n'ose pas encore l'admettre à voix haute cela n'a pas de prix.
Jimmy se tourne enfin vers elle. Lentement. Et cette fois, il approche la main de son épaule. Pas pour la prendre. Juste pour qu'elle sache qu'il est là.
Pour la première fois de sa vie, elle a vu Michel reculer. Elle a vu son visage changer. Elle a vu la peur, là où il n'y avait autrefois que contrôle. Et cela, même si elle n'ose pas encore l'admettre à voix haute cela n'a pas de prix.
Jimmy se tourne enfin vers elle. Lentement. Et cette fois, il approche la main de son épaule. Pas pour la prendre. Juste pour qu'elle sache qu'il est là.
Il la regarde dans les yeux, sa voix grave, mais posée :
— C'est fini, Sophie. Il est parti. Tu ne risques plus rien maintenant.
Il laisse un silence s'installer, dense, mais apaisant, puis ajoute plus doucement encore :
— Et moi… je suis là. Je reste, si tu veux.
Cette simple phrase posée là, sans pression, la fait trembler de tout son corps.
Elle hoche la tête. Une fois. Très légèrement. Mais au fond d'elle, une tempête silencieuse bat.
Jimmy reste. Il ne parle pas. Il est juste là. Présent. Solide. Inébranlable.
Elle ferme les yeux, une seconde. Une larme silencieuse glisse sur sa joue.
Il ne l'essuie pas. Il ne commente pas.
Elle hoche la tête. Une fois. Très légèrement. Mais au fond d'elle, une tempête silencieuse bat.
Jimmy reste. Il ne parle pas. Il est juste là. Présent. Solide. Inébranlable.
Elle ferme les yeux, une seconde. Une larme silencieuse glisse sur sa joue.
Il ne l'essuie pas. Il ne commente pas.
Mais sa main est là. Sur son épaule. Lourde et douce à la fois. Et dans ce poids simple, elle trouve une ancre, un abri.
Elle frissonne, lentement, des chevilles jusqu'à la nuque, comme si une vague tiède venait de glisser sous sa peau. Elle se mord la lèvre, doucement, pour contenir cette montée de sensations confuses. Ce n'est pas que de la peur. C'est un soulagement qui pulse dans sa poitrine, presque trop chaud, trop vivant.
Elle frissonne, lentement, des chevilles jusqu'à la nuque, comme si une vague tiède venait de glisser sous sa peau. Elle se mord la lèvre, doucement, pour contenir cette montée de sensations confuses. Ce n'est pas que de la peur. C'est un soulagement qui pulse dans sa poitrine, presque trop chaud, trop vivant.
Son ventre se contracte par à-coups, sans qu'elle puisse l'endiguer. Sa gorge est sèche, mais son dos moite. Elle sent une chaleur se répandre au creux de ses reins, et le poids rassurant de la main de Jimmy sur son épaule la traverse, comme un courant diffus. Elle inspire profondément, mais le souffle s'interrompt à mi-course, étranglé par un frisson soudain qui remonte entre ses omoplates.
De la reconnaissance, oui. Mais aussi un vertige intime. Une sensation brûlante, presque délicieuse, d'être vue, tenue, entourée. Comme si, pour la première fois, quelqu'un avait traversé toutes ses couches de silence... et décidé de rester là, contre elle, dans ce cœur battant de sa vulnérabilité.
Elle aurait voulu être plus forte. Prévoir. Fuir. Mais elle n'a pas eu à fuir.
Pas cette fois.
Elle aurait voulu être plus forte. Prévoir. Fuir. Mais elle n'a pas eu à fuir.
Pas cette fois.
Et pour la première fois de sa vie, elle se sent protégée. Vraiment. Sans condition. Sans honte.
Un cri fend soudain l'air du soir.
Jimmy se retourne par réflexe, juste à temps pour recevoir une femme lancée comme un boulet de canon dans ses bras.
Un cri fend soudain l'air du soir.
Jimmy se retourne par réflexe, juste à temps pour recevoir une femme lancée comme un boulet de canon dans ses bras.
— Ne la touchez pas, espèce de salop... dégagez vos mains de ma sœur !
Sophie, sidérée, reconnaît la voix.
— Valérie !
Et ce qu'elle voit la désarme : Jimmy tient sa sœur à bout de bras, par la taille, comme un ballon de plage incontrôlable, tandis que celle-ci gesticule dans sa robe, frappant ses avant-bras de ses poings furieux.
— Non, Valérie ! C'est Jimmy ! crie Marie Joe, essoufflée les talons à la main.
Jimmy, stoïque, pose lentement Valérie au sol, la maintient encore une seconde le temps qu'elle retrouve son équilibre, puis recule d'un pas. Il voit Marie Joe attraper un bras de Valérie pour la stabiliser, pendant que Sophie reste bouche bée.
Valérie, les cheveux en bataille, les joues rouges, se penche en avant, les mains sur les genoux, haletante.
Valérie, les cheveux en bataille, les joues rouges, se penche en avant, les mains sur les genoux, haletante.
— J'ai vu ton ex en voiture… le temps de me garer, il avait disparu. Et j'ai cru que le déménageur là te plaquait contre la vitrine !
Marie Joe, tout en lui tendant les chaussures perdues dans sa course, ajoute d'un ton faussement solennel :
— Pas du tout voyons, madame Valérie. C'est celui que madame Sophie appelle « madame » ... et qui lui fait perdre connaissance.
Sophie devient écarlate, les joues en feu, un peu désemparée par la présentation pour le moins originale que vient de faire Marie Joe à sa sœur. Elle tousse légèrement pour reprendre contenance, lisse nerveusement sa robe froissée, tente de remettre un peu d'ordre dans ses cheveux d'un geste rapide. Puis elle soupire, l'air mi-réprobateur, mi-ravi,
— Tu pourrais te tenir un peu Valérie.
— Je te présente Jimmy.
— Je te présente Jimmy.
Jimmy, en retrait, esquisse un sourire discret. Valérie, encore essoufflée, redresse la tête et tend la main.
— Enchantée… et désolée.
— Aucun problème, répond Jimmy. Sophie a de la chance d'avoir une sœur comme vous.
— Aucun problème, répond Jimmy. Sophie a de la chance d'avoir une sœur comme vous.
Valérie remet ses talons, d'un geste vif, et sourit enfin. Les battements du cœur se calment. Le calme revient. Mais l'air, lui, a changé.
Soudain, la place s'illumine d'un gyrophare. Trois policiers descendent d'un véhicule qui vient de se garer à quelques mètres.
L'un d'eux s'avance vers le groupe, sérieux, le regard balayant la scène.
Soudain, la place s'illumine d'un gyrophare. Trois policiers descendent d'un véhicule qui vient de se garer à quelques mètres.
L'un d'eux s'avance vers le groupe, sérieux, le regard balayant la scène.
— Bonsoir. On a reçu une alerte pour une possible agression sur une femme. Est-ce que tout va bien, madame ?
Il s'adresse à Valérie, qui réajuste sa robe et tente de dompter ses cheveux en bataille. Elle ouvre la bouche, confuse, prête à dire que sa sœur a été agressée.
Mais un autre policier, resté légèrement en retrait, s'écrie soudain, visiblement surpris et ravi :
Mais un autre policier, resté légèrement en retrait, s'écrie soudain, visiblement surpris et ravi :
— Oh, Sandro ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Il s'approche droit vers Jimmy avec un large sourire. Jimmy, lève la main, tape dedans, puis les deux hommes échangent une poignée secrète étrange, fluide et complice, comme un vieux rituel entre camarades d'un autre monde.
Les trois policiers s'écartent légèrement avec Jimmy, parlent bas, puis rient franchement. La tension retombe immédiatement de ce côté-là.
Valérie, interloquée, se tourne vers Sophie et Marie Joe, les bras ouverts.
Les trois policiers s'écartent légèrement avec Jimmy, parlent bas, puis rient franchement. La tension retombe immédiatement de ce côté-là.
Valérie, interloquée, se tourne vers Sophie et Marie Joe, les bras ouverts.
— Quelqu'un peut m'expliquer là ? Parce que moi, je suis perdu.
Les deux femmes haussent les épaules à l'unisson. Elles ne comprennent pas mieux.
Jimmy revient, seul, alors que l'un des policiers s'éloigne avec un signe de la main.
Jimmy revient, seul, alors que l'un des policiers s'éloigne avec un signe de la main.
— Bonne soirée, mesdames !
Jimmy s'approche :
— Je pense que c'est votre ex, Sophie. En croisant la patrouille, il a probablement balancé qu'il y avait une agression ici. Il pensait nous emmerder, sans doute.
Un silence. Puis, Valérie souffle :
— Quel abruti.
Et cette fois, même Sophie sourit franchement.
Marie Joe lance à la volée, malicieuse :
Marie Joe lance à la volée, malicieuse :
— Monsieur Jimmy, vous avez vu comme madame Valérie vous est rentrée dans les plumes ? Vous n'avez pas fait le malin !
Jimmy éclate de rire, secoue la tête :
— J'étais à deux doigts de me rendre, j'avoue.
— Ah non, mais là, on aurait dit ma grand-mère, celle que je n'ai jamais connue, faire de la corrida devant un taureau !
— Ah non, mais là, on aurait dit ma grand-mère, celle que je n'ai jamais connue, faire de la corrida devant un taureau !
Sophie, réplique aussitôt, sourire aux lèvres :
— Au fait, Marie Joe… je voulais vous demander : votre grand-mère, elle est vraiment sortie avec un toréador ?
Marie Joe soupire théâtralement, une main sur le cœur :
— Madame Sophie, vous ne m'écoutez jamais quand je parle, en fait.
Le groupe éclate de rire, un rire franc, un rire léger, comme une fin de tension qui se dénoue dans l'air tiède du soir.
Pour oublier la tension de la soirée, le petit groupe décide de boire un verre à la terrasse d'un café voisin. Les verres tintent doucement, les corps se détendent, les regards s'échangent dans une lumière plus chaude, plus complice. Chacun revisite intérieurement la scène de la pharmacie, dans un silence presque pudique.
Pour oublier la tension de la soirée, le petit groupe décide de boire un verre à la terrasse d'un café voisin. Les verres tintent doucement, les corps se détendent, les regards s'échangent dans une lumière plus chaude, plus complice. Chacun revisite intérieurement la scène de la pharmacie, dans un silence presque pudique.
Puis Valérie repose son verre avec une lenteur appuyée, le fixe quelques secondes, puis lève les yeux vers Jimmy. Son ton est à la fois franc et protecteur :
— Bon, dis-moi, le déménageur… Tu fais quoi dans la vie ? Tu as quel âge ? Et surtout, es-tu en couple ? Parce que si ma sœur doit encore croiser un tordu comme l'ancien, autant que je le sache tout de suite.
Jimmy sourit à peine, pose son verre lentement sur la table, et regarde Valérie droit dans les yeux. Avant qu'il n'ouvre la bouche, Sophie lui décoche un petit coup de pied sous la table, et souffle entre ses dents :
— Arrête… ça ne va pas ou quoi ?
Mais Jimmy ne se démonte pas. Il garde les yeux sur Valérie, puis répond calmement :
— J'ai trente ans. Et pour la profession… militaire, ça suffira ?
Il s'arrête un instant. Marque un silence. Puis il se tourne doucement vers Sophie. Ses mots sont plus bas, presque feutrés :
— Et pour ce qui est d'une femme… je ne peux rien dire pour le moment. Mais j'ai croisé un regard il y a quelques jours… et depuis, il ne me quitte plus.
Marie Joe s'exclame aussitôt, un sourire taquin aux lèvres :
— Eh bien, madame Sophie… si là vous ne comprenez pas le message, moi je ne peux plus rien pour vous !
Tout le monde éclate de rire. Un rire plus libre, plus lumineux. Le genre de rire qui lave les dernières ombres. Et ce soir-là, autour de la table, chacun sent que quelque chose vient de basculer.
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Commentaires ()
Et votre très longue explication. :)
Oui très agréable et frais, j'aime beaucoup.
Cool si c'est frais avec la chaleur de l'été ça fait du bien :)
Magnifique suite
Quel bonheur à lire
Aime28 et merci pour votre fidélité.