Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Confessions d’une Pharmacienne — Chapitre 19 · L’eau et le feu
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Confessions d’une Pharmacienne
Chapitre 19 · L’eau et le feu
L'eau coule, chaude, silencieuse. Elle s'épanche sur sa nuque, ruisselle lentement le long de sa colonne, chaque goutte épouse les creux de sa peau, glisse entre ses seins comme une langue tiède, descend lentement sur son ventre tendu, puis serpente jusqu'à l'intérieur de ses cuisses.
Sa respiration se cale sur le rythme de l'eau. Sa poitrine se soulève à peine. Chaque frisson naît au contact de la chaleur liquide, remonte jusqu'à sa nuque, s'épanouit dans le creux de ses reins. Chaque ruissellement est un frôlement, une réminiscence, un écho de mains disparues. C'est plus qu'une douche. C'est une invocation charnelle du passé.
Sophie ferme les yeux. L'eau martèle doucement sa peau, mais elle ne réagit pas. Ses paupières closes, ses cils alourdis par l'humidité, son souffle ralenti. Elle ne se lave pas. Ne cherche pas à bouger. Elle s'abandonne. Son front repose contre le carrelage humide, froid comme une main étrangère.
Elle sent chaque goutte couler sur son dos, se loger dans le creux de ses reins, s'infiltrer entre ses jambes. Ses bras pendent, lourds, le long de son corps. Ses doigts effleurent ses cuisses. Un frisson remonte le long de sa colonne, lent, inattendu. Le monde s'éloigne. Le temps cesse. Elle flotte dans une bulle d'eau et de mémoire, nue, vulnérable, suspendue entre deux battements de cœur.
La vapeur s'accroche au miroir dans un souffle moite. La lumière pâle du matin filtre à travers la vitre embuée, diffuse, douce. Le monde semble étouffé, lointain. Tout est ouaté. Et pourtant tout est terriblement réel.
Jimmy.
Il surgit. Brutal. Doux. Présent.
Elle le sent dans chaque fibre de sa mémoire, dans le creux brûlant de ses reins, dans la tension sourde de son ventre, dans l'étau invisible de sa gorge serrée. C'est d'abord son regard qui surgit, ce regard fixe, dense, qui ne laissait jamais d'échappatoire, qui la pénétrait avec douceur, mais sans détours.
Il surgit. Brutal. Doux. Présent.
Elle le sent dans chaque fibre de sa mémoire, dans le creux brûlant de ses reins, dans la tension sourde de son ventre, dans l'étau invisible de sa gorge serrée. C'est d'abord son regard qui surgit, ce regard fixe, dense, qui ne laissait jamais d'échappatoire, qui la pénétrait avec douceur, mais sans détours.
Elle revoit ses pupilles sombres qui scrutent, qui saisissent. Puis vient sa voix. Grave, lente, chargée de cette chaleur qui enveloppe et consume à la fois. Une voix qui disait son prénom comme s'il contenait tout le reste, son désir, sa tendresse, sa promesse silencieuse de rester.
Elle revoit la première fois. L'instant précis où leurs regards se sont accrochés, dans cette ruelle étroite derrière la pharmacie, baignée d'une lumière pâle de fin d'après-midi. Elle, vacillante, une égratignure au genou, le souffle court. Lui, les mains en suspens comme s'il n'osait pas la toucher.
Elle revoit la première fois. L'instant précis où leurs regards se sont accrochés, dans cette ruelle étroite derrière la pharmacie, baignée d'une lumière pâle de fin d'après-midi. Elle, vacillante, une égratignure au genou, le souffle court. Lui, les mains en suspens comme s'il n'osait pas la toucher.
Et puis ce sourire, discret, en coin, tremblant d'humanité. Cette façon de rester là, simplement, sans bouger, sans fuir. Cette façon de la regarder, pas comme une femme blessée, ni comme une inconnue, mais comme quelqu'un qu'il reconnaissait déjà. Elle se souvient de son propre cœur qui battait trop fort, de l'air devenu dense, presque tangible entre eux. De ce premier frisson, imperceptible, mais fondateur.
L'eau continue de couler, inlassable, comme un voile vivant qui enveloppe son corps. Sophie bascule lentement la tête en arrière, offrant sa gorge nue au jet chaud qui la frappe d'abord comme une morsure douce, puis glisse, serpente, caresse.
Le filet d'eau coule. Elle ne grelotte pas. Elle s'ouvre. Ce n'est pas le froid. C'est le vide. Le manque. Le souvenir de ce corps qui n'est plus là, de ces mains absentes, de ce souffle perdu qu'elle cherche encore dans le ruissellement de l'eau.
Le filet d'eau coule. Elle ne grelotte pas. Elle s'ouvre. Ce n'est pas le froid. C'est le vide. Le manque. Le souvenir de ce corps qui n'est plus là, de ces mains absentes, de ce souffle perdu qu'elle cherche encore dans le ruissellement de l'eau.
Et puis… La scène. Celle qu'elle voudrait effacer. Celle qui revient toujours.
Le claquement de la porte du bureau. Michel, son regard trouble, sa respiration sifflante, ses mains qui avancent. Le danger. La peur. L'envie de disparaître. Et Jimmy.
Le claquement de la porte du bureau. Michel, son regard trouble, sa respiration sifflante, ses mains qui avancent. Le danger. La peur. L'envie de disparaître. Et Jimmy.
Jimmy qui entre. Qui agit. Qui ne demande rien.
Elle revoit Michel, projeté hors du cadre avec une brutalité sèche, comme un fardeau qu'on rejette d'un seul geste, sans hésitation. Le silence qui suit est plus lourd que le fracas.
Elle revoit Michel, projeté hors du cadre avec une brutalité sèche, comme un fardeau qu'on rejette d'un seul geste, sans hésitation. Le silence qui suit est plus lourd que le fracas.
Puis Jimmy, et dans ses yeux, un feu. Pas de paroles. Rien que cette tension dans ses épaules, cette manière d'avancer vers elle comme si rien d'autre n'existait. Il la saisit par les hanches, la plaque contre le mur, son souffle contre sa joue, brûlant. Le monde s'efface. C'est un ancrage. Une prise de possession, pas de son corps, de son vertige. Il est là, présent, brûlant, et elle s'y accroche comme à une vérité, haletante, envahie, vivante.
Sophie laisse échapper un souffle. L'eau ne lave pas. Elle révèle.
Sophie laisse échapper un souffle. L'eau ne lave pas. Elle révèle.
Ses mains remontent doucement, frémissantes, caressant la courbe de son ventre comme si elle explorait une terre oubliée. Ses doigts s'attardent juste sous sa poitrine, là où son souffle se fait plus court, plus profond. Puis ils montent encore, effleurent ses seins, les paumes ouvertes comme pour recueillir un souvenir. Sa peau frissonne sous ses propres gestes, comme s'ils venaient d'ailleurs.
Elle ferme les yeux. Le chalet revient. Le bois chaud sous ses pieds nus. Le feu dans la cheminée qui crépite doucement. La lumière dorée qui caresse leurs corps entremêlés. Les draps défaits. Les soupirs entrecoupés de rires étouffés. Le silence immense après l'orgasme. Trois jours à se toucher, à se chercher, à se trouver. Trois jours où la peau parlait plus que les mots.
Jimmy qui la prenait à la lumière du matin, entre deux souffles. Jimmy qui la portait contre un mur, ses mains fermes sur ses hanches. Jimmy qui la regardait comme personne ne l'avait jamais regardée. Jimmy qui l'aimait.
Le contraste avec la chaleur continue de l'eau qui ruisselle sur sa nuque lui arrache un frisson, un de ceux qui secouent tout l'intérieur. Sa main gauche cherche un appui, s'agrippe à la poignée métallique comme à un point d'ancrage au monde. Sa paume glisse un peu sur le métal humide, ses doigts se resserrent.
Le contraste avec la chaleur continue de l'eau qui ruisselle sur sa nuque lui arrache un frisson, un de ceux qui secouent tout l'intérieur. Sa main gauche cherche un appui, s'agrippe à la poignée métallique comme à un point d'ancrage au monde. Sa paume glisse un peu sur le métal humide, ses doigts se resserrent.
Ses jambes vacillent, molles, traîtresses, parcourues d'une tension confuse, mi-charnelle, mi-fantôme. Elle sent son souffle se briser dans sa gorge. Son cœur cogne fort, trop fort. Le souvenir est là, massif, brûlant, et son corps cède sous son poids invisible.
Elle sort enfin de la douche. Lentement. Comme si chaque mouvement pesait une tonne. L'eau perle sur sa peau, y dessine une armure liquide. Elle reste un instant devant le miroir embué. Son reflet est flou. Brisé. Comme elle.
Elle sort enfin de la douche. Lentement. Comme si chaque mouvement pesait une tonne. L'eau perle sur sa peau, y dessine une armure liquide. Elle reste un instant devant le miroir embué. Son reflet est flou. Brisé. Comme elle.
Elle prend une serviette. Tamponne, sans frotter. Son corps est vivant. Trop vivant pour aujourd'hui.
Elle ouvre un tiroir, les doigts encore humides glissant sur la poignée froide. Elle en sort les sous-vêtements rouges, ceux qu'il préférait. Ceux qu'il effleurait du regard avant de les arracher parfois, dans un éclat de rire grave et affamé. Elle les regarde un instant, les porte à son visage, ferme les yeux. L'odeur légère du linge propre, mêlée à une réminiscence de peau chaude, lui serre la gorge.
Elle ouvre un tiroir, les doigts encore humides glissant sur la poignée froide. Elle en sort les sous-vêtements rouges, ceux qu'il préférait. Ceux qu'il effleurait du regard avant de les arracher parfois, dans un éclat de rire grave et affamé. Elle les regarde un instant, les porte à son visage, ferme les yeux. L'odeur légère du linge propre, mêlée à une réminiscence de peau chaude, lui serre la gorge.
Elle enfile lentement le soutien-gorge, la dentelle râpeuse et douce à la fois frôle la pointe de ses seins, les emprisonne dans une étreinte familière. Puis elle glisse la culotte, la soie fraîche contre ses cuisses, qui remonte lentement, se tend, épouse ses formes. Elle se redresse, frissonne. Le tissu la caresse, mais c'est sa mémoire qui l'électrise. Chaque fibre devient une empreinte, chaque couture, un rappel de ses mains disparues.
Par-dessus, elle choisit le tailleur noir. Elle le saisit du bout des doigts, le tissu dense glissant entre ses phalanges, lourd de silence. Elle l'enfile lentement, une manche après l'autre, sentant la doublure froide épouser ses bras encore humides.
Par-dessus, elle choisit le tailleur noir. Elle le saisit du bout des doigts, le tissu dense glissant entre ses phalanges, lourd de silence. Elle l'enfile lentement, une manche après l'autre, sentant la doublure froide épouser ses bras encore humides.
Chaque bouton qu'elle ferme est un verrou. Une barrière. Un rempart contre ce qui tremble en elle. Devant le miroir, elle s'arrête. Redresse les épaules. Ses mains effleurent le tissu sur sa taille, le lissent avec soin.
Puis ses yeux croisent son propre reflet. Le regard est fixe. Vaste. Elle ne le fuit pas. Elle s'y ancre. Elle s'y reconnaît.
Puis ses yeux croisent son propre reflet. Le regard est fixe. Vaste. Elle ne le fuit pas. Elle s'y ancre. Elle s'y reconnaît.
Elle descend.
Valérie est là, droite, immobile, comme figée dans l'attente. Le silence entre elles est dense, chargé. Sophie s'avance, chaque pas pesant, comme si ses jambes refusaient encore de la porter. Lorsqu'elle atteint sa sœur, elle ne dit rien.
Ses bras s'ouvrent d'un seul mouvement, instinctif, et elle l'enlace. Fort. Très fort. Son front se niche contre son épaule, son souffle heurte le tissu du manteau. Ses doigts s'agrippent dans le dos de sa sœur, s'y ancrent. Comme si elle craignait de tomber. Comme si ce simple contact, cette chaleur humaine, était la seule chose capable de la maintenir debout dans le chaos.
Valérie est là, droite, immobile, comme figée dans l'attente. Le silence entre elles est dense, chargé. Sophie s'avance, chaque pas pesant, comme si ses jambes refusaient encore de la porter. Lorsqu'elle atteint sa sœur, elle ne dit rien.
Ses bras s'ouvrent d'un seul mouvement, instinctif, et elle l'enlace. Fort. Très fort. Son front se niche contre son épaule, son souffle heurte le tissu du manteau. Ses doigts s'agrippent dans le dos de sa sœur, s'y ancrent. Comme si elle craignait de tomber. Comme si ce simple contact, cette chaleur humaine, était la seule chose capable de la maintenir debout dans le chaos.
Elle ferme les yeux. Respire. Tremble. Dans cette étreinte silencieuse, elle ne cherche pas à être consolée. Elle cherche juste à ne pas disparaître.
Pas un mot. Juste une étreinte. Longue. Fiévreuse. Leurs corps se pressent l'un contre l'autre, leurs souffles courts se mêlent, s'entrechoquent dans le silence chargé.
Pas un mot. Juste une étreinte. Longue. Fiévreuse. Leurs corps se pressent l'un contre l'autre, leurs souffles courts se mêlent, s'entrechoquent dans le silence chargé.
La joue de Sophie se fond dans le creux de l'épaule de Valérie, y cherche une chaleur humaine, y respire un parfum familier qui serre le ventre. Les bras de Valérie s'enroulent plus fort autour d'elle, la tirent contre elle comme pour empêcher le monde de l'emporter.
Elles oscillent à peine, sur place, comme deux flammes hésitantes dans le vent. Le tissu du manteau crisse sous leurs doigts crispés. Le cœur bat contre un autre. Deux cœurs. Deux douleurs. Deux femmes debout malgré tout. Tremblantes, mais vivantes.
Puis elle s'écarte. Monte dans la voiture. Valérie prend le volant. Le moteur ronronne. Le trajet est court. Mais chaque seconde est une tension.
Sophie regarde par la vitre, le front appuyé contre la paroi froide du verre. Sa joue absorbe la fraîcheur du contact, mais elle ne bouge pas. Dehors, les rues glissent lentement, vides, grises, floues comme un décor en carton. Elle ne voit pas les façades. Pas les passants. Pas les feux rouges qui défilent.
Elles oscillent à peine, sur place, comme deux flammes hésitantes dans le vent. Le tissu du manteau crisse sous leurs doigts crispés. Le cœur bat contre un autre. Deux cœurs. Deux douleurs. Deux femmes debout malgré tout. Tremblantes, mais vivantes.
Puis elle s'écarte. Monte dans la voiture. Valérie prend le volant. Le moteur ronronne. Le trajet est court. Mais chaque seconde est une tension.
Sophie regarde par la vitre, le front appuyé contre la paroi froide du verre. Sa joue absorbe la fraîcheur du contact, mais elle ne bouge pas. Dehors, les rues glissent lentement, vides, grises, floues comme un décor en carton. Elle ne voit pas les façades. Pas les passants. Pas les feux rouges qui défilent.
Elle est ailleurs. Prisonnière de ses souvenirs. Son regard se perd dans une brume intérieure : un souffle chaud contre sa nuque, un cri étouffé dans le creux d'un oreiller, des draps froissés autour de deux corps noués. Un feu dans la cheminée. Un feu dans son ventre. Un feu qu'on a soufflé. Et dans ce silence roulé, elle frissonne, mais pas de froid. De manque. De ce vide qui l'habite désormais, plus brûlant encore que la présence.
La voiture ralentit. S'arrête.
Sophie descend. Ses talons claquent à peine sur les pavés. Elle lève les yeux.
Sophie descend. Ses talons claquent à peine sur les pavés. Elle lève les yeux.
La place d'armes.
Des rangées de militaires en uniforme de sortie. Leurs épaules sont droites, leurs regards fixent un point invisible devant eux. L'air semble figé, tendu, comme si le silence lui-même retenait son souffle. Les drapeaux, hissés au sommet de leurs hampes, claquent mollement au vent, rythmant l'attente solennelle.
Des rangées de militaires en uniforme de sortie. Leurs épaules sont droites, leurs regards fixent un point invisible devant eux. L'air semble figé, tendu, comme si le silence lui-même retenait son souffle. Les drapeaux, hissés au sommet de leurs hampes, claquent mollement au vent, rythmant l'attente solennelle.
Valérie s'approche. Pose une main dans le dos de Sophie.
Elle ne bouge pas. Elle regarde. Puis elle tremble. Son menton vibre. Ses lèvres s'entrouvrent.
Elle ne bouge pas. Elle regarde. Puis elle tremble. Son menton vibre. Ses lèvres s'entrouvrent.
Et soudain, elle éclate.
Un sanglot, rauque, profond, arraché à l'intérieur. Un cri muet qui déchire la poitrine jaillit sans qu'elle puisse le retenir. Un seul. Mais il est total. Il traverse son ventre, remonte dans sa gorge comme une vague de feu, la plie en deux, l'ouvre en grand. Et tout s'effondre. En elle. Autour d'elle. Comme si le sol disparaissait sous ses pieds. Comme si l'air cessait de la porter.
Un sanglot, rauque, profond, arraché à l'intérieur. Un cri muet qui déchire la poitrine jaillit sans qu'elle puisse le retenir. Un seul. Mais il est total. Il traverse son ventre, remonte dans sa gorge comme une vague de feu, la plie en deux, l'ouvre en grand. Et tout s'effondre. En elle. Autour d'elle. Comme si le sol disparaissait sous ses pieds. Comme si l'air cessait de la porter.
Elle chancelle d'un pas, vacille comme ivre de douleur, puis s'effondre dans les bras de sa sœur, le corps secoué de sanglots, les jambes coupées. Son visage se colle contre l'épaule de Valérie, trempée, ravagée. Les larmes coulent en vagues chaudes, incontrôlables, mêlées à son souffle brisé qui bute dans sa gorge.
Ses mains agrippent le manteau de sa sœur, le froissent, comme si elle voulait s'y accrocher pour ne pas tomber plus bas, pour ne pas disparaître tout entière. Le cœur battant à vif, elle n'a plus de mots, juste une douleur nue, ouverte, à la frontière du cri.
Ses mains agrippent le manteau de sa sœur, le froissent, comme si elle voulait s'y accrocher pour ne pas tomber plus bas, pour ne pas disparaître tout entière. Le cœur battant à vif, elle n'a plus de mots, juste une douleur nue, ouverte, à la frontière du cri.
— Il me manque…
Elle le dit. Dans un souffle étranglé, presque inaudible. Elle le dit, et c'est tout son ventre qui se retourne, tout son être qui cède. Elle le lâche, pas seulement en mots, mais en larmes, en tremblements, en spasmes. Elle le lâche comme on laisse échapper un cri qu'on a contenu trop longtemps.
Et dans cette seconde suspendue, le monde autour d'elle se fend, se fissure, se déchire. Il n'y a plus de sol. Plus de temps. Plus de bruit. Juste le fracas intérieur d'une femme qui laisse tomber l'illusion de tenir bon.
Et dans cette seconde suspendue, le monde autour d'elle se fend, se fissure, se déchire. Il n'y a plus de sol. Plus de temps. Plus de bruit. Juste le fracas intérieur d'une femme qui laisse tomber l'illusion de tenir bon.
Au centre de la place, trois cercueils. Drapés de bleu, blanc, rouge. Leurs lignes sont nettes, parfaites, presque irréelles. Alignés avec une précision militaire. Le bois poli reflète la lumière du matin. Chaque détail crie l'absence. Chaque fibre du décor impose le deuil.
Tout est calme. Trop calme. Comme le battement d'un cœur qu'on aurait arrêté.
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Commentaires ()
sachez que tout le monde n'a pas pensé la même fin !
Bien un épilogue comment on peut en rencontrer parfois dans la vraie vie.
Effectivement on peut imaginer que son ex revienne on peut aussi imaginer quelle va se servir de cette histoire pour mieux rebondir
On aurait aimé une fin plus heureuse pour les protagonistes, mais l'auteur est maître de leur destin.
Merci beaucoup pour ce long et excellent moment passé en leur compagnie
Merci pour votre commentaire, je suis ravie que vous ayez apprécié la lecture de cette histoire
effectivement bien deviné, le personnage est mort en mission.
Juste pour information, il y a plusieurs mois lorsque j'écrivais l'histoire j'ai dû assister à une cérémonie funéraire.
Du coup je n'avais plus trop envie de continuer cette histoire et j'ai fait mourir l'un des personnages désolé.