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✦ Galaxie rouge Jusqu’à ce que mon corps dise “oui” XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Jusqu’à ce que mon corps dise “oui” — Chapitre 22 · Menottes et fin de règne

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Galaxie rouge
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Jusqu’à ce que mon corps dise “oui”

Chapitre 22 · Menottes et fin de règne

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent : Après l'audition d'Hervé au commissariat, Isabelle apprend avec stupeur les mensonges sordides qu'il utilise pour se défendre : il se dépeint en victime manipulée par Lola, et va jusqu'à l'accuser d'avoir provoqué l'agression. Bouleversée, elle trouve un réconfort charnel et silencieux dans les bras de Luc. Mais ce n'est qu'un répit. De retour brièvement chez elle pour récupérer un bijou oublié, Isabelle tombe par hasard sur une scène brutale dans sa chambre conjugale : Gérard et Lola, sa secrétaire, font l'amour dans un déferlement de vulgarité, de domination et d'exhibition. Tétanisée, Isabelle regarde, incapable de détourner les yeux. Et ce qu'elle ressent l'ébranle bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé.
Le bruit métallique des menottes claque dans le couloir. Ça résonne plus fort que les cris de protestation de Gérard. Deux gendarmes l'encadrent, le poussent légèrement à chaque pas pour maintenir le rythme. Il n'a plus l'assurance de ses grandes heures. Sa chemise beige colle à son dos moite, ses cheveux en bataille ruissellent de sueur. Il pue le stress, l'alcool râpé de la veille et la défaite.
Il entre dans les locaux, le regard défiant. Il tente encore de garder contenance, d'aligner des mots, des menaces molles.
— Vous allez le regretter, je connais du monde, vous verrez… Mais sa voix tremble. Elle ne porte plus rien.
Il est conduit vers la salle d'attente. Et là, il la voit.
Lola.
Assises, les jambes croisées avec une lenteur calculée, Lola fait glisser un pied dans le vide, l'effleurant de la pointe de son escarpin comme si elle dessinait des cercles de pouvoir invisible. Son tailleur rose criard colle à sa peau, soulignant chaque courbe dans une provocation millimétrée. La jupe, trop courte pour le lieu, remonte légèrement à chaque mouvement de hanche, laissant deviner le galbe tendu de ses cuisses, gainées de collants nacrés qui accrochent la lumière comme une promesse silencieuse.
Ses talons compensés frappent le carrelage avec un rythme lent et régulier. Elle sent la moiteur sous ses bras, non pas de peur, mais d'excitation contenue. Elle maîtrise chaque frisson, chaque battement de cœur. Son maquillage est outrancier, volontairement : lèvres bordeaux gonflées comme une provocation, yeux charbonnés où vibre une flamme dure, presque cruelle.
Elle sait qu'elle est regardée. Elle veut l'être. Une caricature de secrétaire porno-chic, oui, mais réinventée en stratège. Le masque est parfait. Et dans l'attente, elle respire lentement, savourant chaque seconde avant l'effondrement qu'elle sait imminent. Ce corps, ces habits, ce silence pesant : tout est à elle.
Quand leurs regards se croisent, il s'arrête net. Elle ne sourit pas. Pas encore. Elle le dévisage longuement, le scrute comme une décharge à ciel ouvert qu'elle aurait trop fréquentée. Ses yeux brillent d'un mépris sans filtre, cru, assumé. Son regard remonte lentement le long de son corps avachi, note les plis de sa chemise, la sueur qui tache ses aisselles, le ventre gonflé qui peine à contenir la boucle de ceinture. Il est pitoyable. Transparent. Inutile.
Elle ressent presque un frisson de dégoût physique à l'idée qu'il ait pu un jour poser les mains sur elle. Maintenant qu'il est nu d'autorité, elle ne voit plus qu'une masse flasque, un âne battu, un chien étouffé sous son propre collier. Elle incline lentement la tête, comme on salue un roi déchu à terre, et murmure d'une voix suffisamment haute pour que tout le couloir entende :
— T'es moins imposant sans ta bagnole et ton bureau.
Gérard serre les poings, les yeux écarquillés. Il ouvre la bouche, mais rien ne sort. Les gendarmes le tirent vers une autre pièce.
L'interrogatoire commence. La lumière crue du plafond se réfracte sur la surface plastifiée du dossier épais posé devant lui. Le capitaine ne lève même pas les yeux. Il lit, implacable, une énumération froide de faits : violences psychologiques, harcèlement répété, témoignages croisés d'anciennes salariées.
Gérard tente de répliquer. Sa voix d'abord rauque trébuche sur ses propres mots. Il accuse Isabelle, l'accuse de vouloir se venger, de fantasmer, de mentir. Puis il se déchaîne, tape du poing sur la table, nomme Lola, l'accuse d'être jalouse, d'être instable.
Mais rien ne bouge. Le capitaine reste impassible. Il lève enfin les yeux et énonce, d'une voix neutre, trois nouvelles accusations portées cette fois par Lola elle-même :
— Votre ancienne secrétaire vous accuse de l'avoir contrainte à une fellation dans les sanitaires de l'entreprise en novembre dernier, sous la menace de la faire licencier.
Gérard blêmit, mais tente de se redresser :
— C'est n'importe quoi ! Elle en avait envie. Elle était consentante, c'était du jeu entre nous. C'est elle qui m'a chauffé, elle se mettait en jupe courte exprès !
— Deux semaines plus tard, vous l'auriez plaquée contre le capot d'un poids lourd sur le parking arrière, en plein après-midi, malgré ses protestations.
Il s'agite sur sa chaise, la voix plus hargneuse :
— Elle ment ! Elle gémissait, elle voulait que je sois brut. Elle aimait ça. Vous ne comprenez rien à ce genre de relation...
— Enfin, elle affirme que vous l'avez enfermée dans votre bureau à clé un soir, après les heures de travail, et que vous l'avez empêchée de sortir tant qu'elle ne se mettait pas à genoux.
— Elle m'avait provoqué toute la journée ! Elle savait ce qu'elle faisait, elle jouait la petite vicieuse, elle adorait ça ! C'était... une marque d'affection entre nous, putain, ce n'était pas une agression !
Le capitaine referme lentement le dossier, sans rien dire. Un autre officier prend des notes sans même lever les yeux. Le fauteuil de Gérard grince à chaque soubresaut de son corps trop large, qui s'agite comme un poisson à l'agonie. Il sent son tee-shirt coller à ses reins, la sueur ruisseler le long de sa colonne, son pantalon trop serré, le comprimer à l'entrejambe. Une moiteur insupportable s'installe, comme si son corps tout entier réalisait avant lui qu'il était foutu.
— Votre secrétaire, Lola B., était en couple avec un certain Hervé P., chauffeur dans votre entreprise. Tous deux vous manipulaient depuis des mois. Hervé a été arrêté. Lola affirme que c'est vous qui lui avez suggéré de faire peur à votre épouse, et que vous avez incité Hervé à intervenir sur le véhicule.
— Nous avons la confirmation qu'ils suivaient Isabelle… photos, filatures, messages, et surtout, une tentative de sabotage des freins, que Lola présente comme une exécution directe de vos consignes.
— Les freins de sa voiture ont été trafiqués, monsieur. Lola affirme que vous en êtes à l'origine, que c'est vous qui avez soufflé l'idée à Hervé, dans un moment de colère, pour "lui donner une bonne leçon".
Gérard secoue la tête, les yeux écarquillés. Il bafouille :
— Non... non, c'est du grand n'importe quoi. Je n'ai jamais dit ça. J'ai cru que c'était un accident, moi... Elle ne sait pas conduire, elle freine comme une bourrine ! je n'ai jamais voulu... jamais pensé à un truc pareil !
Il ferme les yeux.
Elle est à genoux. Il la revoit comme s'il y était. L'odeur du bureau fermé, la lumière du plafonnier qui crée des ombres crues sur ses lèvres écarquillées. Le maquillage coule sous ses yeux, des traînées noires sur ses joues humides. Elle crache sur son sexe dur en ricanant, délibérément, sans la moindre tendresse, puis le frappe doucement contre sa joue comme un jouet trop manié.
Elle renifle, gémit faussement, en fait des tonnes. Il croit qu'elle se donne à lui, qu'elle est à lui. Qu'elle l'adore. Qu'elle le vénère. Il est convaincu de la posséder. Mais maintenant, il comprend. Elle jouait. Elle se moquait. Chaque soupir, chaque bruit était calculé. C'était une scène, un numéro sordide. Pour Hervé, peut-être. Ou juste pour le plaisir sadique de le voir y croire, s'enfoncer tout entier dans l'illusion qu'il dominait quelque chose.
Il ne revit pas seulement l'image. Il en ressent chaque odeur, chaque pulsation, chaque humidité. Et tout lui semble sale, glacé, grotesque.
Il ouvre les yeux, désorienté. Un vertige lui serre la tempe. Il ne sait plus s'il était amoureux ou simplement l'esclave docile, aveugle, d'une marionnette en escarpins. Il sent, dans son ventre, dans ses os, qu'on lui arrache sa virilité par le dedans, avec des pinces froides, méthodiques, qui ne laissent rien. Pas même l'illusion d'avoir été un homme.
Il n'était pas un amant. Il était un distributeur de billets déguisé en patron, un guignol qui bandait pour des mots préfabriqués. Une caricature qu'elle a saignée jusqu'à la dernière goutte.
Quand on le reconduit dans le couloir, il la voit de nouveau. Lola. Cette fois, elle est debout, appuyée avec désinvolture contre un mur, un dossier de papiers coincé sous un bras, l'autre main sur la hanche. Elle parle avec un avocat, mais c'est elle qui mène la conversation, qui dicte le rythme, les pauses, les sourires. Elle signe les documents sans les lire, un stylo à la main comme un sceptre. Elle vérifie l'heure sur sa montre, puis tourne lentement la tête vers Gérard.
Son regard est calme, implacable. À la fois sûr de lui et indifférent, comme si elle contemplait un meuble qu'on allait jeter. Elle lui adresse un petit clin d'œil, non de connivence, mais de conclusion. Un point final maquillé.
Et enfin, cette phrase, jetée d'une voix claire, mordante, presque chantante, comme un crachat doux :
— Ciao mon gros. Tu m'as bien servi.
Elle s'en va. Claque la porte. Ses talons ricanent sur le carrelage.
Gérard est replacé en cellule. Il s'assoit sur le lit en tôle. Il a chaud. Il a froid. Il a honte. Il veut mourir et en même temps comprendre.
Il repense à Isabelle. Ce n'était pas le grand amour. Mais elle était digne. Elle était présente. Elle se taisait. Elle ne demandait rien.
Il se souvient comment il pouvait la faire s'agenouiller devant lui sans qu'elle ne dise un mot, ses genoux nus contre le carrelage froid, les mains posées bien sages sur ses cuisses, la bouche offerte avec un silence presque religieux. Comment elle le prenait entre les lèvres avec lenteur, sans rébellion, laissant sa salive couler, ses yeux parfois humides le fixant d'un regard trouble qu'il prenait pour de l'amour, mais qui était peut-être simplement une forme de résignation.
Il se rappelle les fessées qu'il lui donnait, la paume claquant contre sa chair nue, le bruit sec qui résonnait dans la pièce, le rebond de ses fesses sous l'impact. Ou pendant qu'elle faisait la vaisselle, penchée devant l'évier, sa jupe relevée, ses cuisses claquant contre les portes de placards à chaque poussée, et elle ne disait rien. Juste un petit tressaillement dans les épaules, mais jamais un mot.
Il se souvient aussi de toutes les fois où il la retournait sans préambule, sans douceur, au milieu de la nuit, sans demander, sans parler. Ou juste avant qu'elle parte au travail, une main sur sa nuque, l'autre qui dégageait sa culotte, même si cela la mettait en retard. Elle ne le repoussait jamais. Jamais. Et dans ce silence, il avait cru lire l'abandon amoureux. Il n'avait peut-être jamais compris que c'était juste l'abandon tout court.
Elle, au moins, ne voulait pas son argent. Elle n'avait jamais joué un rôle. Elle n'était ni stratège ni manipulatrice. Elle était peut-être soumise, usée, abîmée par lui, mais sincère.
Il l'a étouffée. Il a voulu la dominer pour se prouver qu'il était un homme. Et maintenant il est seul. Seul avec cette certitude étranglée au fond de la gorge : celle d'avoir détruit la seule personne qui l'aimait vraiment.
Il ferme les yeux. Le bruit de la serrure le fait sursauter. On lui apporte un verre d'eau.
Il ne dit rien. Juste cette pensée. Sourde. Amère. J'étais qui, moi, sans elle ?
Et même cette question ne résonne plus.
Rien que du vide.
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Adrdvn
31 octobre 2025 à 10:50
Je ne m attendais pas a cette situation si rapidement !

Il en prend pour son grade, et c est bien fait dans un sens, mais c est lui le manipulé.
Lola se fera t elle coincée?
Ca sent la clôture priche de l histoire :)
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OlivX
31 octobre 2025 à 09:41
Voilà ce qu'on peut appeler une descente de son piédestal qu'il n'a pas vu venir... Lola sa secrétaire amante s'est bien jouée de lui et le détruit une fois qu'elle n'a plus besoin de lui.
Il ne lui reste plus que des regrets vis à vis d'Isabelle, mais c'est trop tard, il a été trop loin pour espérer le moindre pardon.
Modifié 31 octobre 2025 à 09:42
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