Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Jusqu’à ce que mon corps dise “oui” — Chapitre 20 · Fausse sécurité
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Jusqu’à ce que mon corps dise “oui”
Chapitre 20 · Fausse sécurité
Le téléphone vibre. Un son bref, mais tranchant. Isabelle sursaute, comme si on venait de crier son nom dans l'obscurité. Elle tend la main vers la table de nuit, ses doigts tremblants effleurent le bois avant de se refermer sur l'appareil. L'écran s'allume. Un message. Numéro inconnu.
Elle déverrouille. Et s'arrête net.
Elle déverrouille. Et s'arrête net.
Une photo. La même que la veille.
Elle. Allongée. Vulnérable.
Les jambes nues, sa jupe remontée si haut qu'elle en devine presque l'humiliation dans la posture. Le cliché est pris d'un angle surplombant, pervers, un œil qui s'invite là où il ne devrait pas être. La lumière sur l'image est sale, presque verdâtre. Une lueur de fin de journée, ou peut-être un filtre artificiel, mais ça n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est le malaise. Le dégoût. La peur.
Elle. Allongée. Vulnérable.
Les jambes nues, sa jupe remontée si haut qu'elle en devine presque l'humiliation dans la posture. Le cliché est pris d'un angle surplombant, pervers, un œil qui s'invite là où il ne devrait pas être. La lumière sur l'image est sale, presque verdâtre. Une lueur de fin de journée, ou peut-être un filtre artificiel, mais ça n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est le malaise. Le dégoût. La peur.
Elle la reconnaît immédiatement. Elle l'a déjà vue. Et pourtant, cette deuxième fois frappe plus fort. Plus viscéralement. Son estomac se contracte. Son cœur donne un coup sec contre sa poitrine.
Un souffle court échappe de ses lèvres. Un frisson glacial remonte le long de sa colonne vertébrale, comme si quelqu'un venait d'effleurer sa nuque avec un gant mouillé. Elle resserre le peignoir autour d'elle, soudain consciente de chaque centimètre de peau exposé, de chaque battement trop bruyant dans le silence autour d'elle.
Un souffle court échappe de ses lèvres. Un frisson glacial remonte le long de sa colonne vertébrale, comme si quelqu'un venait d'effleurer sa nuque avec un gant mouillé. Elle resserre le peignoir autour d'elle, soudain consciente de chaque centimètre de peau exposé, de chaque battement trop bruyant dans le silence autour d'elle.
Elle fixe encore l'image, hypnotisée, horrifiée. Comme si détourner les yeux revenait à admettre qu'elle est en danger. Vraiment. Maintenant.
— J'ai reçu cette photo. Je comprends ce que tu ressens… C'est immonde. J'ai peur. Je suis partie me réfugier chez un ami. Rejoins-moi. Je t'en supplie.
— Adresse : 18, rue de la Forge.
— Adresse : 18, rue de la Forge.
Les mains d'Isabelle tremblent. Son souffle se bloque dans sa gorge. Une nausée brutale lui remonte de l'estomac. Pourquoi Lola ? Qui d'autre l'a reçue ? Combien de personnes, en ce moment même, regardent son corps capturé sans son consentement ? L'intimité la plus profonde, offerte en pâture.
Elle voudrait hurler. Frapper. Crier sa colère dans le silence de la pièce. C'est dégueulasse. Dégueulasse. Comment ose-t-on ? Qui sont ces gens qui pensent avoir le droit de voler ça ? De l'exposer, la réduire à une pose, un sexe, une image ?
Ses jambes lâchent soudain, comme si la honte avait frappé physiquement ses genoux. Elle s'effondre lentement sur le rebord du lit, la respiration brisée, les mains tremblantes qui montent à son visage pour tenter de contenir le vertige. Sa paume est moite contre sa joue glacée. Le tissu du peignoir colle à sa peau sous l'effet de la panique.
Elle voudrait hurler. Frapper. Crier sa colère dans le silence de la pièce. C'est dégueulasse. Dégueulasse. Comment ose-t-on ? Qui sont ces gens qui pensent avoir le droit de voler ça ? De l'exposer, la réduire à une pose, un sexe, une image ?
Ses jambes lâchent soudain, comme si la honte avait frappé physiquement ses genoux. Elle s'effondre lentement sur le rebord du lit, la respiration brisée, les mains tremblantes qui montent à son visage pour tenter de contenir le vertige. Sa paume est moite contre sa joue glacée. Le tissu du peignoir colle à sa peau sous l'effet de la panique.
Elle voudrait disparaître, creuser un trou dans le plancher et s'y enfouir. Mais au fond d'elle, une voix sourde pousse. Une vibration ancienne, celle qui survit même quand le monde s'effondre : comprendre. Elle doit comprendre. Elle doit savoir si Lola est vraiment en sécurité. Sent-elle la même menace rôder dans son dos ? Est-elle aussi traquée ? Ou alors, au contraire, Lola a-t-elle deviné quelque chose ? Détient-elle un morceau de vérité ?
Le battement de son cœur s'accélère. La colère revient, mêlée au froid. Sa peau frissonne. Ses doigts se crispent sur ses cuisses. Elle relève lentement la tête, le regard dur. Elle ne fuira pas. Elle veut des réponses. Et elle ira les chercher.
Elle se lève. Sa peau frissonne. Et tout en serrant la mâchoire, elle se dirige vers le placard pour s'habiller. Elle ira à cette adresse. Elle veut des explications. Maintenant.
Elle se lève. Sa peau frissonne. Et tout en serrant la mâchoire, elle se dirige vers le placard pour s'habiller. Elle ira à cette adresse. Elle veut des explications. Maintenant.
Isabelle reste figée quelques secondes, le téléphone encore en main, le souffle suspendu. La douche coule dans la pièce voisine, régulière, presque rassurante. Luc est là, tout proche. Elle pourrait l'attendre, lui montrer la photo, lui raconter le message. Mais quelque chose la mord de l'intérieur. Une vibration soudaine, instinctive. Ce message ne ressemble pas aux autres. Il a le goût de l'urgence, le poids de la détresse. Et en creux, une invitation silencieuse, presque trop bien formulée.
Elle relie les mots de Lola. "Je suis partie me réfugier chez un ami. Rejoins-moi. Je t'en supplie."
Quelque chose ne colle pas. Mais l'idée que Lola puisse être seule, menacée, comme elle. Isabelle ne peut pas rester là. Pas sans savoir. Pas sans agir.
Quelque chose ne colle pas. Mais l'idée que Lola puisse être seule, menacée, comme elle. Isabelle ne peut pas rester là. Pas sans savoir. Pas sans agir.
Elle dépose le téléphone sur le lit comme si l'objet la brûlait. Elle se lève lentement, le sol froid sous ses pieds, et ouvre le placard. Les cintres cliquettent doucement. Elle choisit mécaniquement une chemise rose satiné, et un jean moulant. Elle enfile ses vêtements avec des gestes rapides, nerveux, chaque couture frottant contre sa peau comme un rappel à la réalité.
Devant le miroir, elle s'arrête une seconde. Ses yeux. Fatigués. Ses traits. Fermés. Aucune trace de maquillage, aucune coquetterie. Juste elle. Nue dans sa peur. Vivante dans sa colère.
Elle prend un stylo, trouve un Post-it sur la table, et écrit d'une main tremblée : Urgence. Je t'explique en rentrant
Elle prend un stylo, trouve un Post-it sur la table, et écrit d'une main tremblée : Urgence. Je t'explique en rentrant
Elle le colle à la porte de la salle de bain, pose la main dessus une fraction de seconde.
Puis elle quitte l'appartement sans bruit, refermant la porte derrière elle comme si elle refermait une parenthèse. Elle sent son cœur battre jusque dans sa gorge. Mais elle avance. Elle ira.
Puis elle quitte l'appartement sans bruit, refermant la porte derrière elle comme si elle refermait une parenthèse. Elle sent son cœur battre jusque dans sa gorge. Mais elle avance. Elle ira.
Le quartier est morne. Les pavés suintent une humidité froide, grise. Le trottoir est désert, les lampadaires peinent à percer le crépuscule. Isabelle serre les bras autour d'elle. Le vent siffle doucement entre les immeubles bas. Elle lève les yeux vers la façade. L'adresse correspond. 18, rue de la Forge. Une lumière jaune, sale, filtre derrière un rideau tiré au premier étage.
Son cœur cogne fort. Trop fort. Elle sort son téléphone, hésite une seconde, puis ouvre l'application de messages. Ses doigts volent sur l'écran. Elle tape rapidement :
Son cœur cogne fort. Trop fort. Elle sort son téléphone, hésite une seconde, puis ouvre l'application de messages. Ses doigts volent sur l'écran. Elle tape rapidement :
— Je suis à l'adresse que Lola m'a envoyée. 18 rue de la Forge. C'est bizarre. Je t'expliquerai.
— Si je ne réponds pas… viens. »
— Si je ne réponds pas… viens. »
Une goutte de sueur perle dans le creux de son dos malgré le froid. Elle inspire profondément. Ses doigts sont glacés quand elle approche la main de la poignée d'entrée. Chaque pas sur les marches en bois grince comme un avertissement. Son estomac se noue. Quelque chose sonne faux. Elle le sent. Mais elle continue de monter. Une marche. Puis une autre. Elle ne recule pas. Pas ce soir.
C'est un homme inconnu qui ouvre. Le marcel noir colle à sa peau comme s'il sortait tout juste d'un canapé moite. Son regard est lourd, épais, sa bouche esquisse un sourire trouble, comme s'il savait quelque chose qu'elle ignorait encore. Une odeur de bière éventée, mêlée à celle de la sueur, s'échappe de l'intérieur. L'air chaud et chargé de l'appartement la frappe au visage comme un mur invisible.
Il la détaille lentement, des pieds à la tête, un regard qui traîne, qui gratte, qui fouille. Isabelle fronce les sourcils, un léger pas de recul trahit son malaise.
Son ventre se contracte. Ce n'est pas Lola. Une voix froide, au fond d'elle, chuchote déjà : pars.
Mais elle reste figée. Ses doigts se crispent contre la bandoulière de son sac. Elle sent, sans encore pouvoir l'expliquer, que quelque chose cloche profondément.
Son ventre se contracte. Ce n'est pas Lola. Une voix froide, au fond d'elle, chuchote déjà : pars.
Mais elle reste figée. Ses doigts se crispent contre la bandoulière de son sac. Elle sent, sans encore pouvoir l'expliquer, que quelque chose cloche profondément.
— Euh… excusez-moi… je cherche une certaine Lola, elle m'a envoyé cette adresse… Je me suis peut-être trompée, murmure-t-elle, la voix fragile, hésitante, prête à reculer d'un pas.
Son regard scrute l'encadrement, comme pour y trouver la silhouette familière de Lola, un indice rassurant. Mais rien. Juste cet homme inconnu dont l'ombre remplit déjà l'entrée. Une sueur fine perle à la base de sa nuque. L'air devient lourd, presque étouffant.
— Elle est partie chercher des clopes. Elle m'a dit de te faire entrer au chaud en l'attendant. Elle ne voulait pas que tu restes dehors, tu vois. Allez, entre, elle ne devrait pas tarder.
Isabelle hésite une seconde de trop. Ce moment de battement, où son instinct hurle de faire demi-tour, de fuir, mais où son corps ne bouge pas. Comme figé dans une apnée intérieure.
Il lui ouvre un peu plus l'entrée, d'un geste lent, presque feutré. Elle sent son regard posé dans son dos, la poussée à avancer. Alors elle franchit le seuil, comme on glisse dans une eau trouble sans fond.
Le bruit sec de la porte qui se referme derrière elle lui transperce la nuque. La serrure tourne. Elle sursaute légèrement. Un frisson la parcourt des talons à la base du crâne. Trop tard.
Il lui ouvre un peu plus l'entrée, d'un geste lent, presque feutré. Elle sent son regard posé dans son dos, la poussée à avancer. Alors elle franchit le seuil, comme on glisse dans une eau trouble sans fond.
Le bruit sec de la porte qui se referme derrière elle lui transperce la nuque. La serrure tourne. Elle sursaute légèrement. Un frisson la parcourt des talons à la base du crâne. Trop tard.
L'air de l'appartement est épais. La chaleur moite lui colle à la peau dès les premiers pas. Tout est en désordre : un canapé affaissé, une table basse dont la surface poisse légèrement, des rideaux sombres et lourds.
Elle voudrait faire demi-tour, dire qu'elle a fait une erreur. Mais il est là, derrière elle, et il rayonne une forme d'autorité trouble. Il n'a rien dit de menaçant, rien fait de violent, mais il occupe l'espace. Isabelle sent qu'il attend quelque chose. Et elle n'ose pas dire non. Son silence devient un consentement déformé par la peur.
Elle voudrait faire demi-tour, dire qu'elle a fait une erreur. Mais il est là, derrière elle, et il rayonne une forme d'autorité trouble. Il n'a rien dit de menaçant, rien fait de violent, mais il occupe l'espace. Isabelle sent qu'il attend quelque chose. Et elle n'ose pas dire non. Son silence devient un consentement déformé par la peur.
— Elle t'a dit combien j'étais sympa ? propose Hervé, déjà trop proche.
— Non, pas vraiment. Je… je pensais qu'elle serait là. Elle ne m'a jamais parlé de vous. D'ailleurs, je connais à peine Lola… c'est la secrétaire de mon… enfin bref.
— Assieds-toi, je te sers un truc ? Eau ? Bière ? Whisky ?
— De l'eau, merci.
— Non, pas vraiment. Je… je pensais qu'elle serait là. Elle ne m'a jamais parlé de vous. D'ailleurs, je connais à peine Lola… c'est la secrétaire de mon… enfin bref.
— Assieds-toi, je te sers un truc ? Eau ? Bière ? Whisky ?
— De l'eau, merci.
Elle s'installe sur le bord du canapé, à peine posée, les muscles tendus comme des câbles. Ses mains se crispent sur ses genoux, qu'elle serre l'un contre l'autre, dans une posture de repli instinctif. Il revient avec un verre d'eau, le tends avec un sourire qui ne monte pas aux yeux. Elle l'accepte, le verre tremble légèrement entre ses doigts, mais elle ne boit pas.
Il s'installe à côté. Trop près. Son genou, chaud et rugueux à travers le tissu de son jean, effleure celui d'Isabelle. Elle se tend davantage, comme si chaque centimètre qui la touche contaminait sa peau. Le canapé grince sous son poids. Elle sent son regard sur elle, lourd, collant. Il ne regarde pas ses yeux. Son regard descend. Sur sa poitrine, où le satin de la chemise épouse les formes malgré elle. Puis il glisse lentement, insidieusement, jusqu'à ses cuisses croisées.
Il s'installe à côté. Trop près. Son genou, chaud et rugueux à travers le tissu de son jean, effleure celui d'Isabelle. Elle se tend davantage, comme si chaque centimètre qui la touche contaminait sa peau. Le canapé grince sous son poids. Elle sent son regard sur elle, lourd, collant. Il ne regarde pas ses yeux. Son regard descend. Sur sa poitrine, où le satin de la chemise épouse les formes malgré elle. Puis il glisse lentement, insidieusement, jusqu'à ses cuisses croisées.
Isabelle a l'impression d'être nue. D'être exposée. Comme si chaque couche de tissu s'était dissoute sous ce regard. Un frisson d'angoisse lui traverse l'échine. Elle voudrait se lever, s'éloigner. Mais elle reste figée, prisonnière de ce silence tendu, de cette proximité imposée. Il n'a rien dit d'obscène. Pas encore. Mais il occupe l'espace, son espace. Et elle sent que ça ne fait que commencer.
— J'suis désolé pour c'qu'on t'a fait. La photo. Faut être un sale connard pour mater une femme comme ça en cachette.
— Mes… t'as pas idée du nombre de types qui doivent se branler sur toi.
— Mes… t'as pas idée du nombre de types qui doivent se branler sur toi.
Elle détourne la tête, comme frappée au visage. Une décharge de dégoût pur lui traverse la gorge. Il a vu. Lui aussi. Son intimité. Son corps exposé sans qu'elle ne puisse rien y faire. Et à l'entendre, ça ne le révolte pas. Non. Ça l'excite. Ça justifie, ça autorise. Tout.
Elle sent une brûlure monter sous sa peau, une envie de vomir qui gratte l'intérieur de sa bouche. Sa poitrine se soulève, oppressée par la prise de conscience. Voilà pourquoi il se croit permis d'être si proche, pourquoi son regard la déshabille avec une telle certitude. Il se croit dans son droit. Parce qu'il a vu. Parce qu'il l'a vue. Parce qu'elle est devenue une chose à regarder, à commenter, à posséder.
Elle sent une brûlure monter sous sa peau, une envie de vomir qui gratte l'intérieur de sa bouche. Sa poitrine se soulève, oppressée par la prise de conscience. Voilà pourquoi il se croit permis d'être si proche, pourquoi son regard la déshabille avec une telle certitude. Il se croit dans son droit. Parce qu'il a vu. Parce qu'il l'a vue. Parce qu'elle est devenue une chose à regarder, à commenter, à posséder.
Il rit doucement. Une sorte de ricanement gras, pâteux, satisfait. Et elle comprend que ce rire-là est plus dangereux que n'importe quel mot. Il ne la respecte pas. Il la consomme déjà des yeux.
— Tu crois que ça m'amuse ? En vrai, j'te jure, ça m'fait mal au cœur. Une femme comme toi… seule, sans vrai repère, sans personne pour veiller sur elle. T'as besoin d'un homme, un vrai.
— Un maître, tu vois. Quelqu'un pour te protéger. Pas pour te baiser comme un porc, non… pour t'apprendre à être respectée. À rester à sa place, bien au chaud, à l'abri. Protégée par des bras solides, contre le monde. T'as besoin d'un gars qui t'impose un peu de cadre… un gars comme moi.
— Je pense que je vais y aller, dit-elle en se levant.
— Un maître, tu vois. Quelqu'un pour te protéger. Pas pour te baiser comme un porc, non… pour t'apprendre à être respectée. À rester à sa place, bien au chaud, à l'abri. Protégée par des bras solides, contre le monde. T'as besoin d'un gars qui t'impose un peu de cadre… un gars comme moi.
— Je pense que je vais y aller, dit-elle en se levant.
Il la rattrape par le poignet.
— T'es venue. Toute seule. Alors, ne fais pas genre maintenant… C'est qu't'avais faim, non ? Faut arrêter de jouer à la petite princesse. Ce n'est pas en mettant un jean moulant et une chemise ouverte que tu viens chercher du réconfort, hein.
Il penche légèrement la tête, un sourire poisseux aux lèvres.
— Lola, elle m'a dit… les bourgeoises, faut pas leur laisser croire qu'elles tiennent la laisse. Faut leur parler cash, direct. Montrer tout de suite qui est le patron. Sinon, elles montent sur leurs grands chevaux. Mais moi, je sais lire dans tes yeux. Toi, tu veux qu'on te remette à ta place. Et moi, j'suis là pour ça ?
Elle tente de se dégager, mais il se lève aussi, plus grand qu'elle, imposant. Ses mains glissent déjà sur ses hanches.
— Lâchez-moi !
— Allons, fais pas ta mijaurée. T'es pas chez le curé ici. Regarde-toi… ton petit cul moulé dans ce jean. Tu sais ce qu'il te faut ? Qu'on te le case, ce petit cul. Il le réclame, même si t'oses pas encore te l'avouer. Y'a des femmes comme toi, elles croient qu'elles contrôlent tout, qu'elles tiennent les rênes. Mais c'est faux. Ce que t'attends, c'est qu'un homme vienne te remettre à ta place, comme il faut.
— Allons, fais pas ta mijaurée. T'es pas chez le curé ici. Regarde-toi… ton petit cul moulé dans ce jean. Tu sais ce qu'il te faut ? Qu'on te le case, ce petit cul. Il le réclame, même si t'oses pas encore te l'avouer. Y'a des femmes comme toi, elles croient qu'elles contrôlent tout, qu'elles tiennent les rênes. Mais c'est faux. Ce que t'attends, c'est qu'un homme vienne te remettre à ta place, comme il faut.
Il glisse une main sur sa hanche, remonte lentement jusqu'à la courbe de sa taille.
— Et quand j'aurai commencé, tu pourras plus t'en passer. Tu comprendras que c'est ça qu'il te faut depuis le début. Un mec qui te montre jusqu'où tu peux plier. Et crois-moi, tu vas adorer ça.
— Arrêtez ! crie-t-elle.
— Arrêtez ! crie-t-elle.
Il l'attrape par les épaules, la plaque contre le mur. Un cadre se décroche et tombe. Elle se débat, lui gifle la joue. Il rit.
— Ah ouais, t'aimes ça, la résistance. C'est bon, ça. Mais moi j'vais t'apprendre la vraie vie, la vraie manière d'aimer. J'vais te le faire comprendre.
D'abord, j'te retourne contre le mur, j'te baisse ce jean bien trop serré, et j'te laisse le sentir, juste là, contre ton cul. Tu vas comprendre ce que c'est qu'un vrai homme. Tu vas couiner, gueuler comme une truie, mais au fond, tu vas adorer.
Il se penche plus près, sa voix plus rauque, presque caressante.
Il se penche plus près, sa voix plus rauque, presque caressante.
— Et après ? Après tu vas en redemander. Parce qu'une bourgeoise comme toi, elle a juste besoin qu'on lui débloque les sens. Qu'on lui montre ce qu'elle cache même à elle-même. Tu ne le sais pas encore, mais tu vas supplier pour que je recommence. Chaque putain de nuit.
Il ouvre sa chemise, ses doigts agrippent le tissu avec une hâte brute. Sa peau luit d'une sueur épaisse, ses mains sales se tendent vers elle comme des griffes. Il palpe ses seins à pleines paumes, sans ménagement, comme un homme qui croit avoir déjà conquis, qui prend sans demander. Elle sent l'humidité de sa salive glisser sur sa peau, il y pose sa bouche, sa langue, son souffle chaud et crasseux. L'odeur la soulève.
Elle hurle. Pas un cri contrôlé. Un cri déchirant, d'animal pris au piège.
Chaque nerf de son corps se tend, se crispe, cherche une échappatoire. Ses jambes tremblent, ses bras cherchent à repousser cette masse trop forte pour elle. La panique n'est plus psychologique. Elle est physique. Totale. Absolue.
Et dans le vacarme intérieur de son cœur qui cogne, elle pense à Luc. À ses bras. À sa douceur. À la chaleur d'un autre monde, d'un autre homme.
Chaque nerf de son corps se tend, se crispe, cherche une échappatoire. Ses jambes tremblent, ses bras cherchent à repousser cette masse trop forte pour elle. La panique n'est plus psychologique. Elle est physique. Totale. Absolue.
Et dans le vacarme intérieur de son cœur qui cogne, elle pense à Luc. À ses bras. À sa douceur. À la chaleur d'un autre monde, d'un autre homme.
Mais ici, dans cette pièce qui pue la crasse et la peur, elle comprend qu'elle est seule. Que ce type va la briser. Qu'il est déjà trop tard.
Soudain, trois coups violents résonnent à la porte.
— Putain, beugle Hervé, les yeux injectés, la sueur au front. Ce n'est pas possible, j'suis en train de dresser une bourgeoise et on vient me faire chier maintenant ??
Il desserre son étreinte. Isabelle en profite pour se recroqueviller dans un coin. Un fracas. La porte s'ouvre brutalement.
Luc.
Il entre. Sa respiration est rapide. Ses yeux scannent la pièce, s'arrêtent sur elle, tétanisée, puis sur Hervé, torse gonflé, une lueur de panique dans le regard.
Il entre. Sa respiration est rapide. Ses yeux scannent la pièce, s'arrêtent sur elle, tétanisée, puis sur Hervé, torse gonflé, une lueur de panique dans le regard.
— Écarte-toi d'elle, dit Luc d'une voix sourde.
— Oh, du calme, hein. Elle est venue toute seule, ton petit trésor. J'te jure, je n'ai rien fait… C'est elle qui s'est jetée sur moi ! Elle m'a allumé du regard dès qu'elle est entrée, elle voulait que ça parte loin, j'te le dis. J'essaie d'être sympa, d'accueillir, et c'est comme ça qu'on me remercie ?
— Oh, du calme, hein. Elle est venue toute seule, ton petit trésor. J'te jure, je n'ai rien fait… C'est elle qui s'est jetée sur moi ! Elle m'a allumé du regard dès qu'elle est entrée, elle voulait que ça parte loin, j'te le dis. J'essaie d'être sympa, d'accueillir, et c'est comme ça qu'on me remercie ?
Il lève les bras en signe d'innocence, mais son regard trahit une nervosité trouble. Dans sa tête, tout s'inverse. C'est elle la folle. La bourgeoise qui joue les victimes alors qu'elle a tout provoqué. Il se persuade qu'il est dans son bon droit, qu'il est la vraie victime ici.
— Recule.
Luc avance, son regard fixe, froid, presque déshumanisé. Hervé, pris de court, lève les bras dans un geste d'apaisement maladroit, mais ses pieds reculent déjà d'un pas, puis deux. Il n'a pas le temps d'esquisser un mot que Luc l'attrape au col. Le geste est net, précis, sans cri, sans rage apparente. Il le soulève presque du sol et le plaque avec violence contre le mur.
L'air quitte les poumons d'Hervé dans un râle étranglé. Il essaie de se débattre, mais Luc lui attrape le bras, le tort dans le dos. En un instant, il l'oblige à plier les genoux. Hervé tombe lourdement au sol, grognant, les paumes écrasées contre le lino, le front au ras du mur, prisonnier. Luc garde sa main appuyée entre ses omoplates, fermement, comme un étau silencieux.
Il n'y a pas eu de lutte. Pas eu de cri. Juste l'effondrement brutal d'un homme convaincu de dominer, réduit en position d'impuissance en quelques secondes.
Il n'y a pas eu de lutte. Pas eu de cri. Juste l'effondrement brutal d'un homme convaincu de dominer, réduit en position d'impuissance en quelques secondes.
— Tu touches encore une fois à elle, j'te démonte. Tu m'entends ?
— Elle est venue ! Elle voulait ça ! Putain, elles veulent toutes ça, les bourges ! Elles font leurs mijaurées, mais elles écartent dès qu'on ferme la porte ! C'est elle qui m'a chauffé, j'te jure ! C'est moi la victime ici ! Elle m'a tendu un piège ! Cette folle, elle voulait que je craque !
— Elle est venue ! Elle voulait ça ! Putain, elles veulent toutes ça, les bourges ! Elles font leurs mijaurées, mais elles écartent dès qu'on ferme la porte ! C'est elle qui m'a chauffé, j'te jure ! C'est moi la victime ici ! Elle m'a tendu un piège ! Cette folle, elle voulait que je craque !
Luc le lâche. Mais au lieu de reculer, il le saisit de nouveau à l'épaule et le projette violemment contre le grand placard de cuisine. Le bois craque sous l'impact, la porte s'ouvre en deux dans un claquement sec, et Hervé s'y écrase avec un cri rauque, à moitié étouffé par le choc. Son corps glisse à genoux, son souffle haletant, les bras ballants, le regard fuyant.
Luc avance vers lui. Les poings serrés. Le visage fermé. Un froid de pierre dans le regard. Il le dépasse, se penche presque, prêt à frapper. Sa mâchoire tremble de rage contenue. Il a dépassé le seuil. Ce type mérite qu'on lui refasse le visage. Il le sent dans ses bras, dans ses nerfs, dans sa gorge brûlante. Il va lui défoncer la gueule.
Mais un frémissement dans son champ de vision arrête tout.
Mais un frémissement dans son champ de vision arrête tout.
Isabelle. Recroquevillée dans le coin de la pièce. Elle le fixe. Ses yeux grands ouverts sortent presque de leurs orbites, figés entre la terreur et l'incompréhension. Elle ne reconnaît plus Luc. Pas comme ça. Pas dans cet état. Et d'un mouvement de tête, lent, imperceptible, mais clair, elle dit non. Non, ne fais pas ça. Pas pour lui. Il n'en vaut pas la peine.
Luc vacille. Un vertige de honte lui tombe dessus. Montrer ça, cette version de lui-même, à la femme qu'il aime ? Il recule d'un pas, ravalant sa rage à grand-peine. Puis se tourne lentement vers Isabelle, l'aide à se lever, sa main tremblante posée doucement sur sa taille.
Ils sortent.
Luc vacille. Un vertige de honte lui tombe dessus. Montrer ça, cette version de lui-même, à la femme qu'il aime ? Il recule d'un pas, ravalant sa rage à grand-peine. Puis se tourne lentement vers Isabelle, l'aide à se lever, sa main tremblante posée doucement sur sa taille.
Ils sortent.
— Toi et moi, on n'a pas fini. Je m'occupe de toi demain.
Il prend Isabelle par la taille. L'aide a marché. La fait sortir.
Dehors, l'air est vif. La nuit est tombée. Isabelle s'appuie contre la portière de la voiture de Luc. Elle tremble. Des larmes muettes roulent sur ses joues.
Dehors, l'air est vif. La nuit est tombée. Isabelle s'appuie contre la portière de la voiture de Luc. Elle tremble. Des larmes muettes roulent sur ses joues.
Luc la serre contre lui. Elle s'effondre dans ses bras comme si son corps cessait de pouvoir porter seul ce qu'il vient d'endurer. Sa tête s'enfouit contre sa poitrine, son front contre sa veste. Elle respire vite, saccadée. Sa peau est froide, presque trempée de sueur. Elle n'ose pas parler, mais elle s'accroche à lui avec une telle force que ses ongles laissent des traces à travers le tissu.
Il ne dit rien. Sa main couvre sa nuque, la berce, mais il sent ses tremblements. Chaque sursaut est un cri silencieux qui traverse son propre corps.
Il ne dit rien. Sa main couvre sa nuque, la berce, mais il sent ses tremblements. Chaque sursaut est un cri silencieux qui traverse son propre corps.
— Je suis là maintenant. Tu n'as plus à courir.
Elle acquiesce sans parler. Sa main cherche la sienne, l'agrippe comme une bouée. Ils montent dans la voiture. Isabelle jette un dernier regard vers l'immeuble. Un frisson la traverse. Un frisson de honte, de peur, de colère. Et de soulagement.
Luc démarre. Il garde sa main dans la sienne, comme un fil de sécurité tendu entre eux. Dans l'habitacle, le silence est presque oppressant, troué seulement par le ronron du moteur et le cliquetis des clignotants. La radio est éteinte. Tout est calme en surface, mais en elle, tout hurle encore.
Luc démarre. Il garde sa main dans la sienne, comme un fil de sécurité tendu entre eux. Dans l'habitacle, le silence est presque oppressant, troué seulement par le ronron du moteur et le cliquetis des clignotants. La radio est éteinte. Tout est calme en surface, mais en elle, tout hurle encore.
Isabelle garde les yeux fixés sur le pare-brise, mais elle ne voit rien. Chaque image de l'appartement remonte en flashs : la chaleur fétide, le regard poisseux, la voix d'Hervé dans son dos. Elle serre plus fort la main de Luc sans s'en rendre compte. Ses épaules tremblent. Sa mâchoire est crispée. Ses larmes sont silencieuses, lentes, brûlantes.
Luc jette un coup d'œil vers elle. Il la sent loin, absente, retenue. Et pourtant si proche. Il voudrait parler, mais aucun mot ne semble juste. Alors il serre un peu plus ses doigts autour des siens. Comme pour lui dire : Je suis là. Je ne te lâche pas.
Luc jette un coup d'œil vers elle. Il la sent loin, absente, retenue. Et pourtant si proche. Il voudrait parler, mais aucun mot ne semble juste. Alors il serre un peu plus ses doigts autour des siens. Comme pour lui dire : Je suis là. Je ne te lâche pas.
Ils roulent lentement, les rues défilent sans qu'aucun d'eux ne les voie. Chaque virage est un soupir. Chaque feu rouge une respiration suspendue. Le monde continu, indifférent. Mais dans la voiture, un silence sacré les enveloppe. Le silence de l'après.
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