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✦ Galaxie rouge Jusqu’à ce que mon corps dise “oui” XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Jusqu’à ce que mon corps dise “oui” — Chapitre 24 · Retour de flamme

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Galaxie rouge
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Jusqu’à ce que mon corps dise “oui”

Chapitre 24 · Retour de flamme

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent : Luc emmène Isabelle sur une île isolée, loin de tout. Dans une maison simple et lumineuse, ils renouent avec la sensualité pure, les silences partagés et les gestes qui soignent sans bruit. Isabelle, vêtue d'une robe légère et d'un simple bas de maillot, se baigne nue dans une crique cachée sous le regard de Luc, avant de se livrer à lui avec une liberté qu'elle ne s'était jamais permise. Ils font l'amour sur la terrasse, contre les murs chauds de pierre, au bord de l'eau, dans une lenteur brûlante et intime. Durant trois jours, baignades nues, balades à deux, rires et étreintes sensuelles rythment leur parenthèse. Chaque regard, chaque souffle les rapproche. Isabelle ose enfin dire ce qu'elle ressent. Luc l'écoute, la touche, l'aime sans vouloir la réparer. Quand ils repartent, quelque chose a changé. Ils rentrent chez eux… mais plus tout à fait les mêmes.
Le néon des sanitaires grésille faiblement dans le silence glacé du bâtiment vide. L'air est humide, et une odeur de désinfectant mêlée à celle, plus âcre, de canalisations anciennes, flotte dans l'atmosphère. Le sol est poisseux par endroits, une tache séchée trahit un nettoyage bâclé. Isabelle se tient droite, presque figée, face au miroir terni par l'âge. Sa robe noire épouse ses formes sans un pli, ses escarpins vernis claquent à chaque pas feutré, résonnant dans l'écho sale du carrelage.
Elle ajuste un instant une mèche de cheveux derrière son oreille, vérifie la présence du collier noir dans son sac en cuir mat, rigide, orné d'un pendentif doré en forme de "S". Elle le fixe un instant, un demi-sourire au coin des lèvres.
— Oui… Un "S". S comme salope.
Puis, elle referme lentement la fermeture éclair, le regard toujours dur, prêt.
Son téléphone vibre dans sa paume. Un simple mot : "OK." Lola viendra.
Isabelle ravale sa salive. D'un seul coup, une vague d'angoisse la saisit. Et si Lola prenait le dessus ? Si elle retournait la situation ?
Elle ferme les yeux, inspire profondément. Longuement. Elle sent l'odeur âcre du lieu, la moiteur de l'air saturé. Puis, elle rouvre les yeux. Plus déterminée que jamais.
La veille encore, Isabelle doutait. De sa force, de son sang-froid. Mais depuis qu'elle a trouvé ce dossier oublié par Luc, un rapport partiel évoquant un sabotage mécanique, les freins trafiqués, des messages codés entre Hervé et Lola, tout a changé.
Elle comprend enfin depuis combien de temps Lola agit dans l'ombre, depuis quand elle cherche à lui nuire. Et elle, qui avait cru devenir folle. Ses doutes, ses peurs, ses insomnies, tout venait de là. De cette femme. Si petite, si médiocre dans sa tête. Tout ce qu'elle a subi prend un autre sens. Ce n'est plus de la vengeance. C'est de la reprise. De la reconquête.
Et elle n'est pas venue les mains vides.
Dans son téléphone, bien dissimulé, une vidéo. Le soir où elle a récupéré son bijou, elle a filmé sans bruit. Gérard. Lola. Leur obscénité sur son lit. Le miroir reflétait tout. Le son aussi. Et Lola n'en a aucune idée.
9h01. Les talons de Lola claquent dans le couloir. Lent, provocateur. Isabelle entend les pas se rapprocher. Elle inspire une dernière fois, profondément. Il faut qu'elle soit forte. Elle sent le froid remonter le long de ses jambes, l'odeur des sanitaires lui irrite les narines. Puis elle redresse la tête. La porte s'ouvre brusquement. Lola apparaît, en robe rouge moulante, maquillée, insolente.
— Quelle mise en scène… Tu veux vraiment me parler ici, Isabelle ? De toute façon, c'est parfait pour une discussion de bas étages… surtout venant d'une pisseuse comme toi ?
Elle n'a pas le temps de terminer. Isabelle s'avance d'un pas sec et la gifle violemment. La paume claque sur la joue. Lola recule d'un pas, déstabilisée.
— Enlève ta robe. Tu gardes ton string. Pas un mot.
— Tu plaisantes ?
Lola vient à peine de terminer sa phrase qu'un nouveau claquement retentit. La même joue, la même brûlure. Sa tête vacille sous l'impact. Deuxième gifle. Plus sèche. Plus humiliante.
Elle reste figée, les yeux écarquillés, la peau en feu. Sa bouche s'entrouvre, mais aucun son ne sort. L'arrogance est partie. Chassée net.
Isabelle ne dit rien. Elle se redresse lentement, le port altier. Il y a dans sa gestuelle une grâce tranchante, une maîtrise qui soudain ramène Lola à ce qu'elle a toujours voulu nier : elle n'est qu'une secrétaire. Une silhouette sans relief face à cette femme qui, même blessée, reste digne.
Et dans ce silence, Lola le sent profondément : elle est inférieure. Elle l'a toujours su. Toujours chercher à dépasser Isabelle. À la réduire. Mais ce matin, ici, dans ce lieu sordide… elle comprend qu'elle ne l'a jamais égalée.
Le regard d'Isabelle ne fléchit pas. Lentement, la peur remplace l'arrogance. Lola baisse les yeux. Isabelle, elle, ne détourne pas le regard. Elle glisse les mains sur ses hanches, fait glisser la fermeture de sa robe dans un frottement discret. Le tissu descend lentement le long de ses cuisses, dévoilant sa peau nue au contact glacial de l'air ambiant.
Elle frissonne. Le froid des lieux lui mord les épaules, glisse sur son dos comme un souffle hostile. Elle fait ensuite glisser les bretelles de son soutien-gorge, sans précipitation. La dentelle tombe, laissant ses seins se dresser dans le frisson. Elle reste droite, vulnérable, mais souveraine, exposée, mais puissante.
Face à elle, Lola n'a plus rien d'arrogant. Isabelle n'a pas besoin de mots. Son corps nu, tendu par la froideur du lieu, impose un silence lourd et définitif.
— À genoux.
Lola veut protester à nouveau, la gorge serrée, les lèvres prêtent à cracher un refus. Mais elle n'a pas le temps d'ouvrir la bouche qu'Isabelle lève à nouveau la main et la gifle une troisième fois. La même joue, déjà rougie, encaisse encore. Le claquement résonne dans la pièce, brutal.
Lola gémit, chancelle, le visage en feu. Son corps tout entier tremble. Sans qu'un mot ne soit prononcé, elle tombe à genoux, vaincue. Le sol est froid, sale, rugueux sous ses jambes nues.
Mains au sol, souffle court, Lola baisse la tête, incapable de soutenir plus longtemps ce regard souverain. Le sol est glacé sous ses paumes. La rugosité du carrelage racle sa peau. Ses bras tremblent. Ses seins pendent, lourds, exposés, frissonnants. Le string noir s'est enfoncé entre ses fesses tendues, accentuant son inconfort, sa honte, sa nudité forcée.
Autour d'elle, Isabelle tourne lentement, silencieuse. Pas un mot. Chaque pas résonne dans les sanitaires comme le compte à rebours d'une sentence. Son ombre glisse sur la peau nue de Lola comme une menace. Elle s'arrête enfin, implacable, et retire un escarpin. Le tend lentement, le pose au sol devant elle.
— Lèche.
La langue de Lola effleure le cuir noir, mais Isabelle l'arrête d'un ton sec :
— Plus lentement.
Lola obéit. Sa langue glisse cette fois avec lenteur sur la surface froide et légèrement poussiéreuse de l'escarpin. Le goût est âcre, mêlé de cuir, de salive rance, de poussière et de vieux cirage. Elle a un haut-le-cœur, mais elle continue. Elle ouvre les yeux, croise le regard d'Isabelle.
— Regarde-moi. Tu es une chienne. Alors tu vas marcher comme une chienne. À quatre pattes. Allez.
Lola rampe sur le sol carrelé, les genoux à vif, les paumes moites glissant parfois sur une tache grasse. Elle longe la rangée des portes de toilettes, humides, froides, certaines légèrement entrouvertes, laissant échapper une odeur d'urine ancienne mêlée au désinfectant. Ses seins se balancent au rythme de ses mouvements.
À un moment, elle s'arrête, grimace : l'angle vif d'un carreau lui a entaillé la peau du genou. Elle baisse les yeux, voit une goutte de sang, rougir le carrelage sale. Elle serre les dents, repart. Son string toujours coincé entre ses fesses la gêne à chaque geste.
Isabelle l'observe, toujours immobile, droite comme une statue. Puis, sans un mot, elle sort de son sac le collier noir, orné d'un S.
— Tiens-toi droite.
Elle attache le collier autour du cou nu. Le cuir se referme avec un clic sec. Isabelle se redresse légèrement, fixe le pendentif en forme de "S" qui repose contre la peau nue de Lola.
— Tu sais ce que signifie ce "S", Lola ?
Lola hésite, la gorge nouée. Elle avale difficilement sa salive, puis murmure en détournant les yeux :
— Oui… Salope.
Isabelle esquisse un sourire froid, puis sort un rouge à lèvres bordeaux profond. Elle s'accroupit, saisit le menton de Lola et inscrit, au-dessus de ses seins :
CHIENNE EN SOLDE.
Puis, elle trace une flèche vers son pubis, et marque :
SAC À FOUTRE
— Voilà ce que tu es. Tu m'as volé un homme, une maison, une dignité. Maintenant, je prends ta fierté.
Lola baisse les yeux. Elle sent le rouge à lèvres poisseux sur sa peau, le collier serré autour de sa gorge. Elle devine sa silhouette dans le miroir terni, nue, accroupie, marquée, soumise. Et face à elle, Isabelle. Droite. Mais forte. Maîtrisée. Élégante, malgré l'odeur, malgré le froid, malgré tout ce qu'elle lui a fait subir.
Et dans ce contraste, Lola ressent quelque chose de nouveau. Une honte âpre, mais aussi une forme d'acceptation. Elle a voulu écraser cette femme, la salir, la faire douter d'elle-même. Par l'intermédiaire d'Hervé, de Gérard, par le poison du quotidien et les humiliations en coulisse.
Mais aujourd'hui, c'est elle qui est à genoux. Et Isabelle garde sa classe.
Alors ses épaules tombent. Elle ne résiste plus. Elle comprend, sans qu'il soit besoin de mots : ce qu'elle vit là c'est un juste retour des choses.
Isabelle s'assied sur le bord du lavabo. Croise les jambes.
— Viens. M'embrasser le pied. Puis le mollet. Puis le genou. Et à chaque étape, tu diras : "Pardon, Madame."
Lola s'approche, lentement, à genoux, son souffle court. Elle incline la tête, les joues en feu, et commence par déposer un baiser sur le dessus du pied d'Isabelle.
— Pardon, Madame.
Elle remonte ensuite, ses lèvres frôlant la peau nue de la cheville, puis du mollet, lentement, avec ce frisson d'humiliation mêlé à la brûlure du froid.
— Pardon, Madame.
Elle poursuit jusqu'au genou. À chaque contact, elle sent la chaleur douce de la peau d'Isabelle sur ses lèvres, un contraste déchirant avec le froid glacial qui serre encore ses épaules nues, ses genoux rougis par le carrelage.
— Pardon, Madame.
La peau d'Isabelle est ferme, lisse, presque irréelle dans cet endroit humide et mal chauffé. Lola sent ce paradoxe la consumer : elle est à genoux, humiliée, abaissée, et pourtant Isabelle, nue, incarne une majesté intacte. Ce contraste, elle le goûte dans chaque frisson, chaque frôlement. Et dans sa bouche, le goût discret de la peau d'Isabelle se mêle au goût rance de la honte.
Isabelle se place devant Lola, toujours à genoux, l'attrape doucement par les cheveux et lui penche la tête sur le côté.
— Comme tu es une bonne chienne obéissante… Tu vas sentir l'odeur de ta maîtresse, d'accord ?
Lola fronce les sourcils, ne comprend pas tout de suite. Mais Isabelle ne lui laisse pas le choix. Avec une lenteur calculée, elle relève le bas de sa robe noire, dévoilant une culotte noire fine, presque transparente, tendue contre sa peau nue.
L'air froid des sanitaires glisse entre ses cuisses, mais elle garde son port altier. Elle s'approche, s'avance lentement. Lola, comme une bête docile, rampe vers elle, guidée par une main ferme dans ses cheveux.
Son visage frôle les cuisses d'Isabelle, et elle inspire malgré elle. Une odeur chaude, intime, dense, qui tranche avec la puanteur métallique du carrelage. Un frisson la traverse. Elle reste là, le nez presque contre la dentelle.
Et intérieurement, quelque chose se fissure. Ce qu'elle sent n'est pas que l'odeur d'une femme : c'est la preuve d'un pouvoir assumé, d'une féminité écrasante. Elle se surprend à ressentir un plaisir trouble. Un vertige. Elle se dit qu'elle pourrait aimer cette femme. La servir. L'honorer.
Isabelle, en l'observant, perçoit le trouble. Elle voit la bouche légèrement entrouverte, les joues rosies, le souffle irrégulier. Elle comprend. Alors, d'un geste sec, elle relâche sa robe qui tombe aussitôt, masquant ce qui a éveillé ce désir inattendu.
Elle se redresse lentement, les yeux froids. Pourtant, un bref frisson la traverse. Elle a senti, à travers le tissu de sa culotte fine, le souffle chaud de Lola caresser l'intérieur de ses cuisses. Ce contact inattendu, ce frémissement, la trouble une seconde. Mais elle se ressaisit aussitôt.
D'un ton sec, elle ordonne :
— Va chercher mon escarpin avec ta bouche. Allez.
Lola hésite une seconde, puis s'exécute. Elle rampe lentement, les hanches ondulant dans un mouvement instinctif et maladroit. Ses seins pendent, lourds, frôlant le sol poisseux à chaque avancée. La rugosité du carrelage glisse sous sa peau, la fait frissonner. Ses fesses se tendent, le string noir s'enfonce encore davantage, la marquant comme une bride invisible.
Elle attrape l'escarpin du bout des lèvres, le soulève avec précaution, le regard fuyant. Puis, dans un mouvement lent, presque solennel, elle revient vers Isabelle, tenant le soulier comme une offrande muette.
Isabelle esquisse un sourire froid, presque moqueur.
— Une bonne petite chienne… Comme un toutou qui ramène gentiment la pantoufle à son maître.
Isabelle se penche. Prends l'escarpin encore humide de salive. Et, sans prévenir, l'abat sur la fesse nue de Lola.
Une fessée sonore.
Le cuir claque violemment contre la peau. Lola sursaute, gémit de surprise et de douleur mêlée. Son corps tressaute à chaque coup, ses hanches se contractent, ses seins oscillent, ballottés par les secousses. Sa peau rougit, marquée par l'impact. Le froid des sanitaires semble s'effacer sous les décharges brûlantes qui montent de ses fesses.
Un deuxième coup. Puis un troisième. Isabelle la regarde, penchée, concentrée. Le geste est précis. Maîtrisé.
— Tu aimes ça, n'est-ce pas ? Ça te fait du bien ?
Lola déglutit. Ses yeux brillent, embués de honte et d'autre chose… plus profond. Sa voix tremble.
— Oui, Madame… Je le mérite.
— Tu vois, il y a des bruits que je n'oublierai jamais. Et des mots non plus.
Isabelle sort son téléphone. Lance une vidéo. La pièce résonne de gémissements, de phrases obscènes.
— Oh oui, prends-moi comme une traînée… Tu veux encore de moi, hein, Gérard ? Regarde comme je mouille pour toi…
— Dis-moi que je suis ta petite pute… Dis-moi que tu vas me la mettre jusqu'au fond.
— Je suis qu'une salope, Gérard, ta salope... qui mérite ta bite... j'en peux plus…
Lola devient livide. Son souffle se bloque. Elle reconnaît sa voix. Son corps. Dans le lit d'Isabelle.
— Tu te souviens de ces phrases ? Tu vas les répéter. Mot pour mot. Comme une bonne actrice.
Lola hésite, puis s'exécute. Tremblante. Brisée. Les phrases sortent à peine, couvertes par sa honte. Isabelle la filme.
— Bien. Maintenant, écoute-moi bien.
Elle s'accroupit face à elle, lui prend le menton.
— Tu croyais avoir gagné. Mais ce que tu as volé, je peux le reprendre. Ce que tu as détruit, je peux le reconstruire. Moi, j'ai laissé une trace. Et toi… toi, je peux t'effacer. Tu veux que cette vidéo parte directement à ta sœur ? À ta mère ? À ton père ? Et pourquoi pas sur les réseaux sociaux, pour que tout le monde voie ce que tu es vraiment ?
Lola secoue la tête, silencieuse.
— Alors tu vas obéir. Tu vas te taire. Et tu vas disparaître. Tu as vingt-quatre heures pour quitter cette ville, Lola. Je ne veux plus jamais croiser ton regard. Jamais.
Isabelle se penche sans un mot, ramasse la robe de Lola du bout des doigts, comme on saisirait un chiffon souillé. Elle essuie soigneusement la salive laissée sur son escarpin, chaque geste précis, presque méthodique. Puis elle jette la robe au sol, juste devant les mains à plat de Lola, comme on jette une gamelle à un chien.
Avec calme, elle réajuste sa propre robe, lissant les plis avec une grâce froide et intacte. Le tissu glisse sur sa peau avec élégance, contrastant violemment avec la nudité soumise de Lola.
Elle s'arrête au seuil, la main sur la poignée, et sans même la regarder, lâche :
— Tu avais raison, Lola. Il y avait bien une pisseuse ici.
Quand Isabelle pousse la porte de l'appartement de Luc, tout semble figé dans un silence presque suspendu. Il est là, dans le salon, assis sur le bord du canapé, un mug de café entre les mains. La vapeur s'élève encore, fine, paresseuse. Il ne dit rien, ne se lève pas, mais à son regard, elle comprend immédiatement : il sait. Il sait exactement d'où elle vient.
Un frisson traverse son dos. Son cœur bat plus fort. Va-t-il crier ? La sermonner ? L'interroger ?
Elle dépose calmement son sac, sans un mot. Il ne bouge pas, mais son regard ne vacille pas. Et c'est dans ce silence qu'elle sent la vérité la frôler comme une lame glacée. Il sait.
Un frisson traverse sa colonne. Son cœur cogne contre sa cage thoracique. Va-t-il la mettre à la porte ? Va-t-il hurler ? L'humilier à son tour ?
Mais il ne bouge toujours pas. Elle baisse les yeux.
Elle pense en le regardant, sans bouger. "J'aurais voulu te le dire", murmure-t-elle intérieurement. "Mais tu m'aurais dissuadée. Et j'ai voulu te protéger… Au moins ça. Si un jour ça se sait, que tu puisses dire que tu n'étais pas au courant."
— Tu savais où j'étais, murmure-t-elle.
Il hoche lentement la tête.
— J'étais là. Pas loin. Juste au cas où.
Un silence. Elle reste debout, face à lui. Son souffle est encore court, son corps tendu. Mille pensées lui traversent l'esprit. Pourquoi n'a-t-il rien dit ? Pourquoi n'a-t-il pas tout arrêté ? Est-ce qu'il l'a laissé faire sciemment ? Est-ce qu'il a eu peur d'elle ? Ou… est-ce qu'il a cru en elle, là où elle-même doutait encore ?
— Et pourquoi t'es pas intervenu ?
Luc la fixe un instant, puis répond, simplement :
— Au début, je ne savais pas… Je me suis demandé si tu ne tombais pas dans un piège. J'étais là, juste au cas où ça tourne mal.
Il marque une pause, puis reprend :
— Mais dès que j'ai vu que tu gérais la situation, que tu n'étais plus en danger… je suis ressorti. Je me suis posé sur le parking, j'ai attendu que tu quittes les lieux. Et puis je t'ai doublée en moto pour être là avant toi.
Son regard ne tremble pas. Sa voix est posée.
— Si tu avais voulu garder ça pour toi… je ne t'en aurais jamais parlé.
Isabelle baisse les yeux. Une émotion complexe monte en elle, profonde, inattendue. Ce n'est pas de la honte. Ce n'est plus du doute. C'est un bouleversement intime. Dans le regard de Luc, elle a vu tour à tour l'inquiétude, la confiance, le respect… et quelque chose d'encore plus grand. Une forme d'amour silencieux, puissant, sans condition. Il savait. Il l'avait suivie pour la protéger, sans interférer. Elle comprend alors : il avait eu peur pour elle, puis cru en elle, et maintenant, il l'accueillait avec cette tendresse inébranlable qui dit tout sans parler. Un soulagement l'envahit, traversé de gratitude, d'un respect immense. Il sait. Il comprend. Et il est resté.
Et il est resté.
— Merci… souffle-t-elle.
Luc ne répond pas. Il lui tend simplement la main. Elle s'approche, s'assied tout contre lui et vient poser sa tête sur son épaule. Son corps se détend enfin. Dans un murmure à peine audible, elle souffle, les yeux clos :
— Je vais porter plainte, Luc… pour vol.
Il tourne légèrement la tête vers elle, surpris.
— Vol ?
Elle hoche doucement la tête contre lui, un sourire tendre aux lèvres.
— Oui. Tu m'as volé mon cœur.
Luc la serre plus fort contre lui, son souffle chaud au creux de ses cheveux. Puis, dans un murmure chargé d'émotion :
— Alors on est deux… Parce que moi aussi, je t'aime.
Et pour la première fois depuis des mois, Isabelle laisse tomber ses défenses. Ses paupières se ferment lentement. Elle ne lutte plus.
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