Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
VOICI VENU LE TEMPS DE LA TEMPÊTE — Chapitre 5 · 1939 : Dernier été.
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
VOICI VENU LE TEMPS DE LA TEMPÊTE
Chapitre 5 · 1939 : Dernier été.
Résumé : Guillaume de Minihic, né sur l'île de Liberta, a entamé une première mission dans un pays fanatisé et vient d'apprendre quelque chose qui va tout changer...
Dans ma poche mon poing est serré , mes ongles entrent dans ma peau, mais il me faut cela pour ne pas hurler de rage. Heureusement, la visite se termine rapidement et nous regagnons la voiture. Liselotte est encore une fois complètement excitée, et je réalise que, même par média interposé, le goût du sang lui est parvenu. Nous revenons à pied, et je joue l'excité impatient tout en glissant quelques questions parmi mes remarques sur les gens qui s'opposent à ce bonheur forcé. Elle n'est que trop heureuse de me donner quelques éléments sur les prisons, oubliant complètement qu'elle n'est pas censée le faire.
Mais l'excitation et la perspective d'une séance animée dans son lit effacent tout. J'espère juste être à la hauteur afin de faire passer le fait qu'elle ne me verra pas pendant un moment ; un long moment si tout va comme je le veux. Je n'ai encore aucun plan, mais je sais que,comme toujours mon cerveau tourne déjà à plein régime même si c'est en arrière plan pour le moment.
Arrivé chez elle, je lui saute presque dessus et, heureuse, elle prend cela pour un désir exacerbé par la visite et les annonces. En un rien de temps, nous sommes nus et si je suis tendu, je la trouve trempée de désir. Je lui tire les tétons, les mordille tout en la masturbant presque férocement. Elle jouit rapidement, non pas que je sois un artiste dans ce domaine mais surtout, car je lui parle de punitions et d'un avenir radieux pour l'homme nouveau en Angleterre. Je n'attends pas plus longtemps, la place à quatre pattes et glisse ma queue tendue dans sa chatte blonde et surtout encore plus humide avant d'entamer une véritable chevauchée des walkyries. Pour une admiratrice de Wagner, c'est de circonstances et je ne freine pas,enfoui en elle, j'empoigne ses seins et les malaxe sans vraiment de retenue pendant qu'elle se caresse comme une possédée. Je n'ai jamais été aussi animal, sauf peut-être avec Helga et j'expulse ma rage. Même lorsque elle jouit, je continue encore et encore avant d'exploser sur ses fesses, absolument pas désireux de prendre le moindre risque !
Elle s'effondre dans le lit et sombre quasi directement dans les limbes. Je laisse un petit mot sur un reportage qui me laissera absent tout en l'assurant de mon envie d'elle puis sort rapidement.Une idée s'est développé et, après un passage dans la grande bibliothèque –quel calme en ces jours sombres – elle est presque au point. Aussi, je passe chez un fripier, dans une quincaillerie et enfin, un magasin de fournitures sportives. Mes achats réalisés, je repasse à mon hôtel ; prépare mon sac de randonnée puis repart en laissant mes valises et en me faisant expliquer le meilleur chemin pour me rendre dans le quartier communiste de la cité ; prétextant y avoir une interview. En fait je passe dans un bouge à ivrognes, bien enfumé que j'ai repéré précédemment, histoire d'y subtiliser des pièces d'identité.
Ensuite, et comme j'ai appris à le faire en Écosse, j'emprunte une petite voiture et je prends la route. J'ai repéré le trajet le plus logique et,après avoir trouvé le meilleur endroit pour agir, je prépare mon intervention, mettant à profit tout ce que j'ai appris. Je sais bien que je viole toutes les règles, mais j'ai rempli ma mission, enfin à condition que je revienne, ce qui est une autre paire de manches ! Une longue nuit se passe, nuit durant laquelle je réfléchis énormément, conscient de la folie de mon entreprise juste basée sur un regard…
Puis en fin de matinée, et au travers de mes jumelles, je vois arriver un camion militaire. Les clous que j'ai assemblés et semés partout font leur œuvre et l'engin s'arrête non loin de moi. Pendant que les deux soldats sont penchés sur la roue, j'utilise la matraque artisanale que j'ai fabriqué lors de ma longue veille et leur assène un coup sec sur la nuque. Je ne regarde pas le résultat, la force que j'y ai mise augure assez des suites. Je m'empare de l'arme de service du premier, vérifie qu'elle est opérationnelle et fait le tour du camion bâché. Ensuite je marmonne un « Komm » guttural et lorsque l'homme avance je le menace du canon de mon arme. Mais il lève le canon de sa Schmeisser et je tire. C'est la première fois que je fais cela mais pas la dernière, car j'avance et abats le second qui s'écroule, encore figé de stupeur. Vite je vérifie qu'il n'y a pas de cinquième surveillant, mais il n'y a que trois femmes enchaînées par les pieds et les mains au banc de bois qui faisait face à celui des deux soldats. Anna ou plutôt Agatha me reconnaît immédiatement mais, même si comme les autres elle a visiblement subi des violences comme en atteste son visage tuméfié ou encore son crâne rasé, elle ne perd pas de temps et me désigne le soldat qui avait les clés. Elles sont rapidement libérées et, vite nous traînons les corps dans un fossé. Puis je conduis le camion dans le petit bois où j'ai laissé la voiture, Je donne les clés aux deux femmes et elles partent rapidement. J'ai laissé à manger et de quoi se changer dans le véhicule et aussi terrible que ce soit je ne peux me charger d'elles. Elles ont leur chance, et maintenant il est temps de saisir la nôtre. Je tends à boire et à manger à Agatha, assise au sol et puis fais quelque pas avant de devoir m'appuyer à un arbre pour ne pas m'effondrer. J'ai un goût de bile dans la bouche. Bon, sang, pour une première, je viens de tuer froidement quatre hommes et le fait que ce soient des SS ne rend pas la chose plus facile. Je respire à pleins poumons, histoire d'évacuer cette horreur et me tourne vers elle qui tente de rester debout et la serre juste dans mes bras quelques secondes.Elle est au bout du rouleau, n'a plus de force et je a prends sur mon dos le temps de sortir du bois. Tout enquêteur se focalisera logiquement sur les traces de pneus de la voiture. Je l'assieds sur le porte-bagage du vélo déposé à proximité, et emprunte un chemin pierreux. Elle engloutit le sandwich que j'ai ramené et quand elle l'a fini, nous sommes arrivés le long du chemin de halage au bord de la Havel. Il ne nous faut que quelques kilomètres pour trouver la barque que j'appelais de mes vœux. L'y déposer, la couvrir d'une couverture, installer la canne à pêche bien visible et commencer à ramer ne me prend que peu de temps et, pourtant elle met encore moins de temps à s'endormir.
Pour ma part je suis bien trop tendu pour cela et ramer me permets de lentement évacuer tout ce qui c'est passé. Oh, je savais qu'un jour je devrais peut-être donner la mort surtout avec la guerre qui s'approche mais là. Je baisse un peu le regard, la couverture a glissé et je vois son visage endormi.Ce visage qui a hanté mes rêves depuis prés d'un an. Je n'ose pas imaginer la somme de hasard qui a fait que je l'ai retrouvé.Je me rends compte aussi que j'ignore tout d'elle, je veux dire de la vraie elle ; mais j'en sais assez de l'histoire familiale pour savoir que l'univers est hasard.
Nous croisons d'autres barques, des péniches, des pêcheurs sur le bord et je vois même passer des véhicules militaires sur les ponts sous lesquels nous passons. Mais le pêcheur tranquille est l'image même de la lenteur et de l'innocence.
Au bout d'une dizaine d'heures, elle ouvre les yeux et me fixe. Vite je lui donne à boire et à manger et, pendant qu'elle se restaure,je cherche et finis par trouver une rosière dans laquelle je glisse notre canot.
C'est là, qu'elle arrive enfin à parler, d'une voix faible et cassée :
— Tu es revenu d'entre les morts pour moi.
— On peut dire cela ! Repose-toi. Oh, attends, tu veux te laver, tu as des plaies ?
Elle hoche la tête et je vois bien que tout son corps lui fait mal. Je la déshabille lentement, essayant de ne pas la blesser, agissant avec toute la douceur dont je suis capable. Son corps est couvert de plaies. Je la soutiens pour la glisser dans l'eau et, avec le morceau de savon pris à l'hôtel, je la lave. Elle ne peut se retenir de gémir malgré toute ma douceur et je la hisse ensuite à bord. Je la tamponne de mon pull, passe de l'alcool sur ses plaies pour les désinfecter avant de la rhabiller tout aussi soigneusement. Épuisée par ces efforts, elle s'endort à nouveau et je reprends ma navigation, aidé par le courant qui nous conduit lentement vers l'Elbe. Tout en ramant, mes larmes coulent, irrépressibles…
Trois jours se sont passés, soixante-douze heures durant lesquelles, elle a lentement repris des forces, alternant entre sommes et repas. J'avais pu m'arrêter à deux reprises à une gargote bordant le fleuve et où j'avais pu acheter à boire et à manger. Enfin, au début du quatrième jour, sous les étoiles et une lune au trois-quarts, j'avais à nouveau trouvé un endroit tranquille pour nous cacher. Agatha réussit désormais à se dévêtir toute seule et je peux examiner ses plaies, qui cicatrisent lentement. Elle en gardera toujours les traces, mais elle est vivante et c'est tout ce qui compte.
Nous sommes au milieu de la nuit, mais il est fait bon en ce début juillet et c'est avec délice que nous nous glissons dans l'eau. Nous sommes nus et sentir sur nous l'onde pure est libérateur. Le courant n'emporte que les tensions, le reste ne pourra s'effacer mais c'est déjà cela. Je la lave à nouveau et cette fois il y a un petit arrière plan sensuel surtout que durant la journée, nous avions pu parler, évoquer les Antilles. Une de ses premières missions, sa surprise lors du tir d'Helga et surtout son bonheur de me revoir vivant et en sauveur. Je lui avais dit la mienne de la revoir sur ce journal et de l'avoir arraché à la mort. Bref nous nous étions un peu expliqué et elle avait compris ma fausse histoire avec Helga. Une fois que je l'ai lavée, elle s'empare du savon et s'occupe de moi. Dieu que cela fait du bien, elle efface non seulement la sueur mais surtout l'odeur de la peur, du sang et de la mort qui me collait encore à la peau.
Ses mains glissent sur mon torse avec une lenteur presque révérencieuse,comme si elle redécouvrait un corps qu'elle avait cru perdu à jamais. Le savon rend sa caresse soyeuse, presque irréelle sur l'eau fraîche de la roselière. Je ferme les yeux, laissant le courant léger nous bercer tous les deux. Plus aucune urgence. Plus de rage à expulser. Seulement le bruit doux de l'eau qui clapote contre la coque de la barque et nos respirations qui se synchronisent peu à peu.
Elle passe derrière moi, presse sa poitrine contre mon dos. Ses tétons,encore sensibles, effleurent ma peau à chaque mouvement. Ses doigts descendent le long de mes bras, puis reviennent sur mes épaules,massant doucement les nœuds accumulés pendant ces jours de fuite.Un soupir m'échappe, profond, presque un gémissement de soulagement. Pour la première fois depuis longtemps, je me sens simplement… vivant.
— Laisse-moi faire, murmure-t-elle d'une voix encore rauque, mais infiniment plus douce qu'avant.
Elle me fait pivoter face à elle. Nos regards se croisent sous la lune aux trois quarts. Dans ses yeux, je lis à la fois la fatigue, la gratitude et quelque chose de plus profond, de plus fragile : du désir, mais un désir calme, presque timide, comme une flamme qui se rallume après avoir failli s'éteindre. Elle me regarde ensuite intensément, comme si elle m'ouvrait son âme et pose enfin la question qui la taraude d'une voix fluette tant elle craint ou n'ose espérer la réponse :
— Pourquoi ?
Je fixe ses beaux yeux, et mobilise tout mon courage pour faire ce qui est bien plus difficile que tout mon entraînement, que toutes les douleurs et lui glisse d'une voix douce :
— Parce que je t'aime depuis que j'ai croisé tes yeux gris.
Elle me sourit et sa réponse est un doux, un très doux baiser, le plus tendre et le plus brûlant que j'ai jamais reçu, Avec une infinie délicatesse, je me serre contre elle, échangeant juste notre chaleurs, sentant le corps de l'autre épouser le nôtre. C'est très doux, c'est une reconnaissance, non une nouvelle naissance. Je la hisse à bord, la dépose sur la couverture, juste éclairée par la lune et les étoiles. Elle se laisse admirer, elle est très mince, marquée de trace mais n'a jamais été aussi belle. Du bout des doigts, je je parcours son corps marqué. Je suis chaque cicatrice du bout des doigts, chaque bleu qui s'estompe, chaque trace de coup. Là où la douleur devait être vive, je ne fais que caresser, effleurer, apaiser. J'efface tout en lui transmettant mon amour. Elle penche la tête en arrière, offrant sa gorge. Un petit gémissement lui échappe, doux, presque musical. J'admire sa fine toison, et quand elle écarte légèrement ses cuisses , mes doigts glissent sur son sexe avec une tendresse infinie, écartant doucement son intimité pour la caresser. Elle est encore faible et je ne veux que lui prouver que la vie revient lentement. Je suis très doux, attentif à chaque regard, chaque mimique et quand elle se tend vers moi, je glisse et ma langue remplace mes doigts. C'est encore plus doux, encore plus lent et, lorsque ses mains se posent sur ma tête et caressent mes cheveux c'est bien plus fort que tout. Je l'amène lentement sur la voie du plaisir et elle finit par pousser un léger soupir de plaisir. Ce n'est pas un orgasme torride, un corps qui se tend et des cris de plaisir mais c'est le début d'une nouvelle vie, le premier pas sur le chemin de la guérison. Elle m'attire à elle pour un doux baiser qui a le goût de son plaisir et qui dure longtemps. Je la rhabille doucement puis me vêt à mon tour avant de m'allonger contre elle,
— Merci…d'être revenu d'entre les morts, murmure-t-elle.
Je souris contre ses lèvres.
— Pour toi, je le ferais mille fois.
Elle se blottit contre moi sous la couverture, et cette fois, c'est ensemble que nous nous laissons glisser dans le sommeil,
Arrivé chez elle, je lui saute presque dessus et, heureuse, elle prend cela pour un désir exacerbé par la visite et les annonces. En un rien de temps, nous sommes nus et si je suis tendu, je la trouve trempée de désir. Je lui tire les tétons, les mordille tout en la masturbant presque férocement. Elle jouit rapidement, non pas que je sois un artiste dans ce domaine mais surtout, car je lui parle de punitions et d'un avenir radieux pour l'homme nouveau en Angleterre. Je n'attends pas plus longtemps, la place à quatre pattes et glisse ma queue tendue dans sa chatte blonde et surtout encore plus humide avant d'entamer une véritable chevauchée des walkyries. Pour une admiratrice de Wagner, c'est de circonstances et je ne freine pas,enfoui en elle, j'empoigne ses seins et les malaxe sans vraiment de retenue pendant qu'elle se caresse comme une possédée. Je n'ai jamais été aussi animal, sauf peut-être avec Helga et j'expulse ma rage. Même lorsque elle jouit, je continue encore et encore avant d'exploser sur ses fesses, absolument pas désireux de prendre le moindre risque !
Elle s'effondre dans le lit et sombre quasi directement dans les limbes. Je laisse un petit mot sur un reportage qui me laissera absent tout en l'assurant de mon envie d'elle puis sort rapidement.Une idée s'est développé et, après un passage dans la grande bibliothèque –quel calme en ces jours sombres – elle est presque au point. Aussi, je passe chez un fripier, dans une quincaillerie et enfin, un magasin de fournitures sportives. Mes achats réalisés, je repasse à mon hôtel ; prépare mon sac de randonnée puis repart en laissant mes valises et en me faisant expliquer le meilleur chemin pour me rendre dans le quartier communiste de la cité ; prétextant y avoir une interview. En fait je passe dans un bouge à ivrognes, bien enfumé que j'ai repéré précédemment, histoire d'y subtiliser des pièces d'identité.
Ensuite, et comme j'ai appris à le faire en Écosse, j'emprunte une petite voiture et je prends la route. J'ai repéré le trajet le plus logique et,après avoir trouvé le meilleur endroit pour agir, je prépare mon intervention, mettant à profit tout ce que j'ai appris. Je sais bien que je viole toutes les règles, mais j'ai rempli ma mission, enfin à condition que je revienne, ce qui est une autre paire de manches ! Une longue nuit se passe, nuit durant laquelle je réfléchis énormément, conscient de la folie de mon entreprise juste basée sur un regard…
Puis en fin de matinée, et au travers de mes jumelles, je vois arriver un camion militaire. Les clous que j'ai assemblés et semés partout font leur œuvre et l'engin s'arrête non loin de moi. Pendant que les deux soldats sont penchés sur la roue, j'utilise la matraque artisanale que j'ai fabriqué lors de ma longue veille et leur assène un coup sec sur la nuque. Je ne regarde pas le résultat, la force que j'y ai mise augure assez des suites. Je m'empare de l'arme de service du premier, vérifie qu'elle est opérationnelle et fait le tour du camion bâché. Ensuite je marmonne un « Komm » guttural et lorsque l'homme avance je le menace du canon de mon arme. Mais il lève le canon de sa Schmeisser et je tire. C'est la première fois que je fais cela mais pas la dernière, car j'avance et abats le second qui s'écroule, encore figé de stupeur. Vite je vérifie qu'il n'y a pas de cinquième surveillant, mais il n'y a que trois femmes enchaînées par les pieds et les mains au banc de bois qui faisait face à celui des deux soldats. Anna ou plutôt Agatha me reconnaît immédiatement mais, même si comme les autres elle a visiblement subi des violences comme en atteste son visage tuméfié ou encore son crâne rasé, elle ne perd pas de temps et me désigne le soldat qui avait les clés. Elles sont rapidement libérées et, vite nous traînons les corps dans un fossé. Puis je conduis le camion dans le petit bois où j'ai laissé la voiture, Je donne les clés aux deux femmes et elles partent rapidement. J'ai laissé à manger et de quoi se changer dans le véhicule et aussi terrible que ce soit je ne peux me charger d'elles. Elles ont leur chance, et maintenant il est temps de saisir la nôtre. Je tends à boire et à manger à Agatha, assise au sol et puis fais quelque pas avant de devoir m'appuyer à un arbre pour ne pas m'effondrer. J'ai un goût de bile dans la bouche. Bon, sang, pour une première, je viens de tuer froidement quatre hommes et le fait que ce soient des SS ne rend pas la chose plus facile. Je respire à pleins poumons, histoire d'évacuer cette horreur et me tourne vers elle qui tente de rester debout et la serre juste dans mes bras quelques secondes.Elle est au bout du rouleau, n'a plus de force et je a prends sur mon dos le temps de sortir du bois. Tout enquêteur se focalisera logiquement sur les traces de pneus de la voiture. Je l'assieds sur le porte-bagage du vélo déposé à proximité, et emprunte un chemin pierreux. Elle engloutit le sandwich que j'ai ramené et quand elle l'a fini, nous sommes arrivés le long du chemin de halage au bord de la Havel. Il ne nous faut que quelques kilomètres pour trouver la barque que j'appelais de mes vœux. L'y déposer, la couvrir d'une couverture, installer la canne à pêche bien visible et commencer à ramer ne me prend que peu de temps et, pourtant elle met encore moins de temps à s'endormir.
Pour ma part je suis bien trop tendu pour cela et ramer me permets de lentement évacuer tout ce qui c'est passé. Oh, je savais qu'un jour je devrais peut-être donner la mort surtout avec la guerre qui s'approche mais là. Je baisse un peu le regard, la couverture a glissé et je vois son visage endormi.Ce visage qui a hanté mes rêves depuis prés d'un an. Je n'ose pas imaginer la somme de hasard qui a fait que je l'ai retrouvé.Je me rends compte aussi que j'ignore tout d'elle, je veux dire de la vraie elle ; mais j'en sais assez de l'histoire familiale pour savoir que l'univers est hasard.
Nous croisons d'autres barques, des péniches, des pêcheurs sur le bord et je vois même passer des véhicules militaires sur les ponts sous lesquels nous passons. Mais le pêcheur tranquille est l'image même de la lenteur et de l'innocence.
Au bout d'une dizaine d'heures, elle ouvre les yeux et me fixe. Vite je lui donne à boire et à manger et, pendant qu'elle se restaure,je cherche et finis par trouver une rosière dans laquelle je glisse notre canot.
C'est là, qu'elle arrive enfin à parler, d'une voix faible et cassée :
— Tu es revenu d'entre les morts pour moi.
— On peut dire cela ! Repose-toi. Oh, attends, tu veux te laver, tu as des plaies ?
Elle hoche la tête et je vois bien que tout son corps lui fait mal. Je la déshabille lentement, essayant de ne pas la blesser, agissant avec toute la douceur dont je suis capable. Son corps est couvert de plaies. Je la soutiens pour la glisser dans l'eau et, avec le morceau de savon pris à l'hôtel, je la lave. Elle ne peut se retenir de gémir malgré toute ma douceur et je la hisse ensuite à bord. Je la tamponne de mon pull, passe de l'alcool sur ses plaies pour les désinfecter avant de la rhabiller tout aussi soigneusement. Épuisée par ces efforts, elle s'endort à nouveau et je reprends ma navigation, aidé par le courant qui nous conduit lentement vers l'Elbe. Tout en ramant, mes larmes coulent, irrépressibles…
Trois jours se sont passés, soixante-douze heures durant lesquelles, elle a lentement repris des forces, alternant entre sommes et repas. J'avais pu m'arrêter à deux reprises à une gargote bordant le fleuve et où j'avais pu acheter à boire et à manger. Enfin, au début du quatrième jour, sous les étoiles et une lune au trois-quarts, j'avais à nouveau trouvé un endroit tranquille pour nous cacher. Agatha réussit désormais à se dévêtir toute seule et je peux examiner ses plaies, qui cicatrisent lentement. Elle en gardera toujours les traces, mais elle est vivante et c'est tout ce qui compte.
Nous sommes au milieu de la nuit, mais il est fait bon en ce début juillet et c'est avec délice que nous nous glissons dans l'eau. Nous sommes nus et sentir sur nous l'onde pure est libérateur. Le courant n'emporte que les tensions, le reste ne pourra s'effacer mais c'est déjà cela. Je la lave à nouveau et cette fois il y a un petit arrière plan sensuel surtout que durant la journée, nous avions pu parler, évoquer les Antilles. Une de ses premières missions, sa surprise lors du tir d'Helga et surtout son bonheur de me revoir vivant et en sauveur. Je lui avais dit la mienne de la revoir sur ce journal et de l'avoir arraché à la mort. Bref nous nous étions un peu expliqué et elle avait compris ma fausse histoire avec Helga. Une fois que je l'ai lavée, elle s'empare du savon et s'occupe de moi. Dieu que cela fait du bien, elle efface non seulement la sueur mais surtout l'odeur de la peur, du sang et de la mort qui me collait encore à la peau.
Ses mains glissent sur mon torse avec une lenteur presque révérencieuse,comme si elle redécouvrait un corps qu'elle avait cru perdu à jamais. Le savon rend sa caresse soyeuse, presque irréelle sur l'eau fraîche de la roselière. Je ferme les yeux, laissant le courant léger nous bercer tous les deux. Plus aucune urgence. Plus de rage à expulser. Seulement le bruit doux de l'eau qui clapote contre la coque de la barque et nos respirations qui se synchronisent peu à peu.
Elle passe derrière moi, presse sa poitrine contre mon dos. Ses tétons,encore sensibles, effleurent ma peau à chaque mouvement. Ses doigts descendent le long de mes bras, puis reviennent sur mes épaules,massant doucement les nœuds accumulés pendant ces jours de fuite.Un soupir m'échappe, profond, presque un gémissement de soulagement. Pour la première fois depuis longtemps, je me sens simplement… vivant.
— Laisse-moi faire, murmure-t-elle d'une voix encore rauque, mais infiniment plus douce qu'avant.
Elle me fait pivoter face à elle. Nos regards se croisent sous la lune aux trois quarts. Dans ses yeux, je lis à la fois la fatigue, la gratitude et quelque chose de plus profond, de plus fragile : du désir, mais un désir calme, presque timide, comme une flamme qui se rallume après avoir failli s'éteindre. Elle me regarde ensuite intensément, comme si elle m'ouvrait son âme et pose enfin la question qui la taraude d'une voix fluette tant elle craint ou n'ose espérer la réponse :
— Pourquoi ?
Je fixe ses beaux yeux, et mobilise tout mon courage pour faire ce qui est bien plus difficile que tout mon entraînement, que toutes les douleurs et lui glisse d'une voix douce :
— Parce que je t'aime depuis que j'ai croisé tes yeux gris.
Elle me sourit et sa réponse est un doux, un très doux baiser, le plus tendre et le plus brûlant que j'ai jamais reçu, Avec une infinie délicatesse, je me serre contre elle, échangeant juste notre chaleurs, sentant le corps de l'autre épouser le nôtre. C'est très doux, c'est une reconnaissance, non une nouvelle naissance. Je la hisse à bord, la dépose sur la couverture, juste éclairée par la lune et les étoiles. Elle se laisse admirer, elle est très mince, marquée de trace mais n'a jamais été aussi belle. Du bout des doigts, je je parcours son corps marqué. Je suis chaque cicatrice du bout des doigts, chaque bleu qui s'estompe, chaque trace de coup. Là où la douleur devait être vive, je ne fais que caresser, effleurer, apaiser. J'efface tout en lui transmettant mon amour. Elle penche la tête en arrière, offrant sa gorge. Un petit gémissement lui échappe, doux, presque musical. J'admire sa fine toison, et quand elle écarte légèrement ses cuisses , mes doigts glissent sur son sexe avec une tendresse infinie, écartant doucement son intimité pour la caresser. Elle est encore faible et je ne veux que lui prouver que la vie revient lentement. Je suis très doux, attentif à chaque regard, chaque mimique et quand elle se tend vers moi, je glisse et ma langue remplace mes doigts. C'est encore plus doux, encore plus lent et, lorsque ses mains se posent sur ma tête et caressent mes cheveux c'est bien plus fort que tout. Je l'amène lentement sur la voie du plaisir et elle finit par pousser un léger soupir de plaisir. Ce n'est pas un orgasme torride, un corps qui se tend et des cris de plaisir mais c'est le début d'une nouvelle vie, le premier pas sur le chemin de la guérison. Elle m'attire à elle pour un doux baiser qui a le goût de son plaisir et qui dure longtemps. Je la rhabille doucement puis me vêt à mon tour avant de m'allonger contre elle,
— Merci…d'être revenu d'entre les morts, murmure-t-elle.
Je souris contre ses lèvres.
— Pour toi, je le ferais mille fois.
Elle se blottit contre moi sous la couverture, et cette fois, c'est ensemble que nous nous laissons glisser dans le sommeil,
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Commentaires ()
Blague à part, c'est toujours un plaisir de suivre la série de Liberta au travers du temps 🙂