Elle se tourna vers lui en souriant.
— Voilà.
Catherine se lève. Elle ramasse sa culotte. Sa combinaison. Sa robe. Elle se rhabille. Lentement. Sans se presser. Quand elle a fini, elle se tourne vers Thomas. Elle le regarde. Longuement. Puis elle dit, d'une voix calme :
— Tu as vu ? Ça, c'est ce que tu aurais dû faire.
Thomas ne répond pas. Il ne peut pas.
Catherine se dirige vers la porte. Elle s'arrête. Elle se retourne. Elle me regarde.
— Merci, Valérie.
Puis elle regarde son mari. Un dernier regard. Toujours ce regard de première année. Puis elle regarde Sophie. Un dernier regard aussi. Deux profs d'anglais. Deux collègues.
— À lundi, dit Catherine.
— À lundi, répond Sophie.
Catherine ouvre la porte. Elle sort. On entend ses talons dans le couloir. Puis plus rien.
Le maire, lui, reste debout. Le pantalon remonté. Le visage encore rouge. Les yeux brillants. Il regarde la porte par laquelle sa femme vient de sortir. Puis il regarde le sol. Puis il rajuste sa ceinture. Il essuie son visage du revers de la main. Et il reste là, debout, au milieu du salon, avec un sourire discret qui ne le quitte plus.
Il ne reste plus que nous.
Sophie, à moitié rhabillée, debout près de la porte. Marc, debout, le froc baissé, le caleçon gris sur les chevilles, la queue à l'air, les couilles lourdes, les cuisses fines, les mains propres. Françoise, debout derrière lui. Le maire, debout, rhabillé, souriant. Et Thomas, assis sur le canapé, le pantalon encore ouvert, le sexe encore luisant, les yeux perdus.
Et moi, Valérie, je regarde Marc.
Je regarde cette queue. Cette queue qui n'a pas faibli depuis tout à l'heure. Cette queue qui est là, dressée, luisante, battante. Cette queue que je veux. Cette queue que je garde pour moi.
Mais Sophie la regarde aussi.
Je le vois avant même qu'elle bouge. Sophie — la douce, la sage, la prof d'anglais à la queue de cheval. Elle est debout près de la porte, ses vêtements à moitié enfilés, sa robe encore ouverte. Elle regarde Marc. Elle regarde ce qui pend entre ses cuisses. Elle regarde ce caleçon gris baissé, ces couilles lourdes, cette queue qui ne faiblit pas. Elle ne dit rien. Mais elle ne peut plus détourner les yeux.
Françoise, elle, est derrière lui. Elle est là depuis tout à l'heure — depuis qu'il s'est déshabillé, depuis qu'il a sorti ça, depuis qu'il s'est agenouillé devant Catherine. Elle n'a pas bougé. Elle a tout vu. Elle a vu la queue de Marc entrer et sortir. Elle a vu ses couilles se serrer. Elle a vu son ventre plat, ses cuisses fines, ses mains propres. Et maintenant, elle regarde — toujours derrière lui, toujours silencieuse, toujours immobile. Mais ses yeux ne quittent plus cette queue. Ses lèvres s'entrouvrent. Sa respiration s'accélère.
Elles ne peuvent plus.
Elles ne peuvent plus ne pas regarder.
Alors elles bougent.
Sophie fait un pas. Puis un autre. Elle laisse tomber ses vêtements — sa robe, sa culotte, son soutien-gorge. Ils tombent en tas sur le parquet. Elle est nue à nouveau. Elle traverse la pièce. Elle ne regarde pas Thomas. Elle ne regarde pas le maire. Elle ne me regarde pas. Elle regarde Marc. Elle s'arrête devant lui. Elle s'agenouille.
Françoise, elle, contourne Marc. Lentement. Sans un mot. Elle vient se placer à côté de Sophie. Elle aussi s'agenouille. Elle aussi regarde cette queue. Elle aussi tend la main — mais elle ne la touche pas encore. Elle attend. Elle regarde Sophie. Elle attend que Sophie commence.
Et moi, Valérie, je les regarde toutes les deux.
Je pourrais les arrêter. Je pourrais dire non. C'est ma queue, cette queue. C'est moi qui devais la prendre. C'est moi qui devais la goûter, la sentir, la garder pour moi. Mais je ne dis rien. Parce que les voir à genoux devant Marc — les deux, côte à côte, l'une douce, l'autre mûre, l'une prof, l'autre bourgeoise — c'est plus fort que moi. Je les laisse faire. Je ne dis rien. Je ne les arrête pas. Et à ce moment-là, je ne sais pas encore que je viens de perdre quelque chose.
Sophie tend la langue.
Elle la pose sur la hampe de Marc. Doucement. Du bas vers le haut. Elle lèche. Longuement. Elle prend le temps. Marc ne bouge pas. Il regarde Sophie. Puis Françoise. Puis moi. Il ne dit rien. Il attend. Il est posé. Toujours posé.
Françoise, elle, se penche vers les couilles.
Elle les prend dans sa main. Doucement. Elle les soupèse. Elle les roule entre ses doigts. Puis elle tend la langue. Elle lèche. Une couille. Puis l'autre. Elle les prend dans sa bouche. Elle les suce. Lentement. Marc gémit. Un gémissement bas, rauque, qui lui échappe malgré lui.
Sophie remonte. Elle lèche le gland. Elle le prend dans sa bouche. Elle le suce. Doucement. Puis plus fort. Puis elle descend. Elle l'avale. Entièrement. Jusqu'à la base. Jusqu'à ce que son nez touche le ventre de Marc. Jusqu'à ce que sa gorge se serre autour de lui. Marc gémit encore. Ses mains se posent sur la tête de Sophie. Il ne pousse pas. Il ne force pas. Il laisse faire. Il laisse Sophie prendre ce qu'elle veut.
Françoise, elle, continue sur les couilles. Elle les lèche. Elle les suce. Elle les mouille. Elle remonte le long de la hampe — là où la bouche de Sophie n'est pas. Leurs langues se croisent. Leurs bouches se touchent. Elles ne se parlent pas. Elles ne se regardent pas. Elles travaillent. Ensemble. Sur la même queue. Comme deux femmes qui se connaissent depuis toujours.
Marc ne bouge plus. Il ferme les yeux. Il serre les dents. Je le vois qui lutte. Je le vois qui essaie de tenir. Mais je ne dis rien. Je ne l'aide pas. Je ne l'arrête pas.
Et c'est là que je comprends.
Je ne dois pas les arrêter. Je ne dois pas le laisser jouir non plus. Je dois les laisser faire — mais je dois le garder. Pour moi. Plus tard.
Je me lève.
— Sophie, dis-je.
Elle s'arrête. Elle relève la tête. Elle me regarde. Sa bouche brille. Ses yeux brillent.
— Françoise, dis-je.
Elle s'arrête aussi. Elle relève la tête. Elle me regarde.
— Vous pouvez le sucer. Toutes les deux. Aussi longtemps que vous voulez. Mais il ne doit pas jouir.
Un silence.
— Pas une goutte, dis-je. Pas une seule. Parce que ce qu'il a là, ce n'est pas pour vous.
Sophie me regarde. Françoise me regarde. Elles ne disent rien. Mais elles ont compris. Elles savent à qui c'est destiné. Elles savent qui va le prendre, à la fin. Elles savent qui va le garder.
Elles se remettent au travail.
Sophie reprend la queue dans sa bouche. Françoise reprend les couilles. Elles lèchent. Elles sucent. Elles prennent. Marc gémit. Marc tremble. Marc serre les dents à se les briser. Il ne jouit pas. Il ne peut pas. Je le lui interdis. Et il tient. Il tient parce qu'il sait que s'il jouit maintenant, il ne m'aura pas, moi. Et ça, il ne le veut pas.
Thomas, sur le canapé, regarde. Il regarde sa femme à genoux devant Marc. Il regarde Françoise à genoux à côté d'elle. Il regarde leurs deux bouches sur la même queue. Il ne dit rien. Il ne peut pas. Sa propre queue pend entre ses cuisses, molle, oubliée.
Le maire, lui, regarde aussi. Il regarde Sophie. Il regarde Françoise. Il regarde Marc. Il ne dit rien. Mais son sourire s'est effacé. Et dans ses yeux, il y a quelque chose qui ressemble à de l'envie. Pas de Marc. De ce qu'il a. D'être désiré comme ça. Par deux femmes à la fois.
Et moi, Valérie, je regarde tout ça.
Je regarde Sophie et Françoise à genoux devant Marc. Je regarde leurs bouches, leurs langues, leurs mains. Je regarde Marc qui tient, qui tremble, qui serre les dents. Je regarde Thomas qui n'a rien. Je regarde le maire qui n'a rien. Je regarde le plug sur la table, ma culotte dans la poche de Marc, la soirée entière qui tient dans cette pièce.
Je regarde l'heure.
— Il est encore tôt, dis-je.
Personne ne répond.
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