Maintenant, tu t'assois, tu regardes, et tu la fermes.
Thomas recule. Il s'assoit sur le canapé — mon canapé, celui où j'étais tout à l'heure. Il ne reboutonne même pas son pantalon. Il regarde. Il regarde Catherine se remettre à genoux derrière Sophie. Il regarde sa femme se faire prendre en main par une autre femme. Et il ne dit rien. Il ne peut pas.
Le maire, lui, n'en peut plus.
Ça se voit avant même qu'il bouge. À sa respiration, d'abord — courte, sifflante, comme s'il manquait d'air dans cette pièce. À ses mains, ensuite — tremblantes, posées à plat sur la cheminée, les doigts écartés, les jointures blanches. À son visage, enfin — rouge, luisant, les mâchoires serrées à se briser les dents. Il a regardé tout. Le déshabillage de Catherine. Le déshabillage de Sophie. Les quatre pattes. La supplication. Thomas qui n'a pas tenu. Catherine qui engueule Thomas. Et maintenant Catherine qui se penche sur le cul de Sophie, la langue tendue, prête à laver ce que Thomas a laissé.
Il décroche.
Ses mains descendent. Lentement. Maladroitement. Il défait sa ceinture — une ceinture de costume, fine, discrète, qui glisse entre ses doigts moites. Le cuir siffle en sortant des passants. Il ouvre son pantalon. Le bouton saute. La fermeture éclair descend. Il glisse la main dans son caleçon.
Et il le sort.
De taille moyenne. Voilà ce qu'on voit. Pas long comme Thomas. Pas épais comme Thomas. Moyen — mais droit, propre, bien dessiné, le gland rose et dégagé, la hampe tendue, les testicules remontés. Un sexe d'homme qui n'a plus vingt ans, mais qui tient encore. Un sexe de maire. Un sexe de notable. Un sexe qu'il n'a montré à personne depuis des années — peut-être pas même à sa femme.
Il le tient dans sa main. Il ne le caresse pas. Il le tient. C'est tout. Comme s'il voulait vérifier qu'il était encore là. Comme s'il avait besoin de sentir quelque chose de lui, là, maintenant, dans cette pièce où tout le monde baise sauf lui.
Sophie, à quatre pattes, tourne la tête. Elle le voit. Elle le regarde. Longuement. Sans un mot. Puis elle regarde Catherine. Puis Thomas. Puis moi.
Françoise, dans son fauteuil, s'est penchée en avant. Ses mains agrippent les accoudoirs. Ses yeux ne quittent plus les deux femmes. Françoise a soixante ans. Françoise a un mari, des enfants, une maison. Françoise n'a jamais rien fait de tel. Et Françoise regarde Sophie à quatre pattes, Catherine à genoux derrière elle, le maire la queue à l'air, et quelque chose dans son visage s'est ouvert. Pas un sourire. Pas un salut. Une faim. Une faim qu'elle ne cherche même plus à cacher.
Marc, près du canapé, ne bouge plus du tout. Ma culotte pend au bout de ses doigts. Il l'a oubliée. Il regarde Catherine — ses mains, sa bouche, sa façon de se pencher sur Sophie. Il regarde, et il ne dit rien, et il ne serre plus rien. Il est ailleurs. Lui aussi.
Thomas, sur le canapé, regarde.
Il regarde sa femme. À quatre pattes. En train de se faire lécher le cul par Catherine. En train de gémir pour Catherine. En train de jouir pour Catherine. Lui qui n'a pas tenu quinze secondes. Lui qui a balancé trois gouttes et qui s'est relevé. Lui qui pensait, il y a cinq minutes, qu'il était un homme qui décidait.
Il ne dit rien.
Il regarde. C'est tout.
Catherine pose ses deux mains sur les fesses de Sophie.
Elle les écarte. Lentement. Du pouce. Elle regarde ce qu'il y a au milieu — l'entrée que Thomas vient de prendre, encore rouge, encore ouverte, encore palpitante. Les traces de Thomas. Les maigres traces de Thomas.
— Regarde-moi ça, dit-elle. Il t'a à peine touchée.
Sophie frissonne.
— Tu veux que je te finisse ?
— Oui.
— Tu veux que je te fasse ce qu'il n'a pas fait ?
— Oui.
Catherine se penche.
Sa langue sort — rose, fine, tendue. Elle la pose sur la peau de Sophie, juste au-dessus de la naissance des fesses. À l'endroit où la première traînée s'est arrêtée. Elle lèche. Lentement. Du bas vers le haut. Elle ramasse la traînée blanche, elle la fait glisser sur sa langue, elle l'avale. Puis elle recommence. Plus bas, cette fois. Elle suit la trace jusqu'au creux des reins. Elle lape. Elle nettoie. Elle boit Thomas sur le dos de Sophie.
Sophie sursaute. Un vrai sursaut. Tout son corps se tend.
— Catherine… souffle-t-elle.
Catherine ne répond pas. Elle descend encore. Un peu plus bas. Jusqu'à l'entrée. L'entrée encore rouge, encore ouverte. Catherine pose sa langue dessus. Doucement. À plat. Elle lèche. Elle lape. Elle goûte — le foutre, la mouille, le mélange des deux. Elle gémit. Un gémissement bas, rauque, qui lui sort du ventre. Sa main est retournée entre ses propres cuisses. Elle se touche. Elle se touche en léchant le cul de sa collègue.
— C'est ça, souffle Sophie. C'est ça. Continue.
Et Sophie se met à crier.
Pas des gémissements. Des cris. De vrais cris. Des cris qui montent du plus profond de son ventre et qui emplissent la pièce entière. Des cris qui n'ont plus rien de doux, plus rien de sage, plus rien de la prof d'anglais bien élevée. Des cris de femme qu'on est en train de finir, qu'on est en train de dévorer, qu'on est en train de vider.
— Ah ! Catherine ! Plus fort ! Plus fort, je t'en supplie !
Catherine obéit. Sa langue s'enfonce. Elle tourne. Elle appuie. Elle suce. Elle remonte, elle redescend, elle revient. Sophie crie de plus en plus fort. Ses mains raclent le parquet. Ses ongles laissent des traces dans le bois ciré. Sa queue de cheval est trempée de sueur, collée à son dos. Ses seins pendent et se balancent à chaque spasme. Elle essaie de reculer, elle essaie d'avancer, elle ne sait plus où se mettre. Elle pousse son cul en arrière, contre la bouche de Catherine, comme si elle voulait s'y enfoncer tout entière.
— Oui ! Oui ! C'est ça ! Continue ! Ne t'arrête pas !
Le maire s'avance. Son sexe est dans sa main. Il se caresse. Lentement d'abord, puis plus vite. Il regarde Sophie crier. Il regarde Catherine laper. Il regarde les deux femmes — celle qui se donne, celle qui prend. Il ne dit rien. Il ne peut rien dire. Il se contente de se toucher, debout, à cinquante centimètres, les yeux fixes, la bouche entrouverte.
Françoise s'est levée. Elle s'est approchée. Elle regarde par-dessus l'épaule du maire. Elle aussi veut voir. Elle aussi veut entendre. Elle aussi veut être près. Sa main tremble le long de sa cuisse. Elle ne se touche pas — pas encore. Mais elle n'est pas loin.
Marc, lui, s'est assis par terre. Sans un mot. Il regarde. Ma culotte est toujours par terre, à côté de lui. Il ne la ramasse pas. Il n'a plus besoin de ça. Il regarde Sophie crier. Il regarde Catherine laper. Il regarde le maire se toucher. Et il attend. Il attend son tour. Il ne sait pas quand. Mais il attend.
Thomas, sur le canapé, a fermé les yeux. Il ne peut pas regarder. Et pourtant, il ouvre les yeux. Il regarde. Il n'a pas le choix. Sa femme crie. Sa femme crie pour une autre. Sa femme crie parce qu'une autre la fait jouir mieux que lui.
Sophie crie de plus en plus fort.
— Je vais venir ! Je vais venir ! Ne t'arrête pas ! Je t'en supplie !
Catherine ne s'arrête pas. Elle appuie encore. Elle tourne encore. Elle suce encore. Et Sophie hurle.
— Ahhhh !
Son corps se tend d'un seul coup. Tout entier. Comme un arc. Ses jambes tremblent. Ses genoux s'écartent encore. Sa tête part en arrière. Sa bouche s'ouvre sur un cri qui n'en finit plus.
Et elle jouit.
Comme une fontaine.
Ça sort d'un coup. Un jet clair, épais, qui gicle entre ses cuisses, qui coule le long de ses jambes, qui éclabousse la bouche de Catherine, son menton, ses joues. Ça continue. Ça ne s'arrête pas. Sophie s'effondre en avant, le visage contre le parquet, les fesses encore hautes, et elle continue de jouir, encore, encore, comme si quelque chose en elle s'était ouvert et ne voulait plus se refermer. Le parquet est trempé. Catherine a le visage trempé. Sophie tremble de la nuque aux talons. Elle gémit, elle halète, elle hoquette.
Puis, lentement, ça se calme.
Le silence revient.
Catherine se relève. Lentement. Elle s'assoit sur ses talons. Elle essuie sa bouche du revers de la main. Son menton brille. Ses joues brillent. Elle a le goût de Sophie partout sur le visage. Elle regarde Sophie — effondrée, haletante, le visage contre le parquet, les jambes tremblantes, la chatte encore ouverte. Puis elle regarde Thomas. Puis le maire. Puis Françoise. Puis Marc. Puis moi.
Elle sourit.
Un sourire doux. Presque tranquille. Comme si elle venait de boire un thé. Comme si rien ne s'était passé.
— Voilà, dit-elle. Ça, c'est fait.
Puis elle se tourne vers Thomas.
— La prochaine fois, dit-elle froidement, tu tiendras plus de quinze secondes. Ou tu ne reviens pas.
Thomas ne répond pas. Il ne peut pas.
Sophie, elle, reste encore un instant au sol. Puis elle se redresse. Lentement. Sur les genoux. Elle se retourne. Elle s'assoit sur ses talons. Elle regarde la pièce — Marc, Catherine, Françoise, le maire, dont le sexe est toujours dans sa main, à demi bandé, luisant. Puis Thomas. Puis moi.
Elle sourit.
Un sourire doux. Presque tranquille. Comme si rien ne s'était passé.
— Voilà, dit-elle.
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