Elle se tourna vers lui en souriant.
— Il est tard, dis-je.
Cette fois, c'est vrai.
Marc est assis sur le canapé. Sa queue est toujours dressée contre son ventre — tendue, luisante, battante. Il n'a pas joui. Pas une seule fois. Depuis qu'il a sorti ça de son caleçon gris, il n'a pas éclaté. Ni avec Catherine. Ni avec Sophie. Ni avec Françoise. Il a tenu. Il a attendu. Et maintenant, il bande encore. Plus fort qu'avant. C'est terrible.
Sophie s'est rhabillée tant bien que mal. Thomas n'a pas bougé du canapé. Et moi, Valérie, je suis assise. Jambes croisées. Guêpière ouverte. Talons aux pieds.
Le plug est toujours sur la table. L'odeur est toujours là.
Et c'est à ce moment-là que quelqu'un frappe à la porte.
Trois coups. Secs. Autoritaires.
— Gendarmerie. Ouvrez.
Une voix d'homme. Grave. Calme. Derrière la porte.
Sophie se lève d'un bond. Thomas la retient par le bras. Marc ne bouge pas. Il me regarde. Il attend.
Je me lève.
Je rajuste ma guêpière. Je remets mes bas en place. Je garde mes talons. Et je vais ouvrir.
Il est là.
Grand. Large d'épaules. La quarantaine bien tassée — quarante-cinq ans, peut-être. Les cheveux gris coupés court, une barbe sel et poivre, une mâchoire carrée. L'uniforme bleu de la gendarmerie — chemise tendue sur les pectoraux, ceinture épaisse, étui de pistolet au côté, talkie-walkie accroché à l'épaule. Il a des yeux clairs. Des yeux qui ont vu beaucoup de choses.
— Madame, dit-il. Bonsoir.
— Bonsoir, dis-je.
— Nous avons reçu un appel. Des riverains se sont plaints du bruit.
Un temps.
— J'ai entendu des cris, madame. Des cris de femme. Ça vient d'ici ?
Je le regarde. Longuement. Je regarde son uniforme. Sa carrure. Ses yeux clairs.
— Oui, dis-je. Ça vient d'ici.
Il marque un temps. Il regarde derrière moi. Il voit Marc, nu sur le canapé, la queue dressée. Sophie, à moitié rhabillée. Thomas, effondré. Il comprend. Il comprend tout. Et il ne dit rien.
— Madame, dit-il enfin. Vous êtes ici chez vous ?
— Non.
— C'est une salle municipale ?
— Oui.
— Vous avez une autorisation ?
— Oui.
— Qui l'a signée ?
— Le maire.
Il marque un temps. Il me regarde. Longuement. Puis il recule d'un pas.
— Je vais faire un rapport, dit-il. Si tout va bien, je ne reviendrai pas.
Il se retourne. Il commence à remonter le couloir. Ses pas résonnent sur le carrelage — lourds, réguliers, professionnels. Il s'éloigne. Il va partir.
Mais je ne veux pas.
Pas comme ça.
Avant de le rattraper, je me retourne vers Marc.
— Ma culotte, dis-je.
Il me regarde. Il ne comprend pas tout de suite. Puis il comprend. Il glisse la main dans sa poche. Il en sort ma culotte — la dentelle sombre, froissée, encore humide de toute la soirée. Il me la tend. Sans un mot. Sans discuter.
Je la prends. Je la regarde une seconde. Puis je la remets.
Je la fais glisser le long de mes jambes. Je la remonte sur mes cuisses. Je la replace sur mes hanches. Le tissu est froid, humide, collant. Il sent tout ce qui s'est passé ce soir. Il sent Marc. Il sent Catherine. Il sent Sophie. Il sent moi. Je le laisse là. Contre moi. Et je sors.
Je sors dans le couloir. Mes talons claquent sur le carrelage. Je le rejoins au niveau de la sortie. Je pose ma main sur son bras. Il s'arrête. Il se retourne.
— Madame.
— Comment tu t'appelles ?
Il hésite. Il me regarde. Il regarde ma main sur son bras.
— Stéphane, dit-il.
— Stéphane, dis-je. Tu as vu ce qui se passe dans cette salle.
— J'ai vu.
— Tu as tout vu ?
— Assez.
— Tu as vu Marc ? Sa queue ? Elle n'a pas faibli depuis le début de la soirée. Il n'a pas joui. Pas une seule fois. C'est terrible.
Il ne répond pas tout de suite. Il me regarde. Longuement. Puis il dit, d'une voix plus basse :
— Quarante-cinq ans que je fais ce métier, madame. J'ai vu des choses. Mais ça…
Il ne finit pas sa phrase. Il regarde la porte de la salle. Il regarde la sortie. Il regarde ma main sur son bras.
Je ne le lâche pas.
Je fais un pas vers lui. Puis un autre. Je me mets tout près. Je pose ma main sur son torse. De l'autre main, je soulève lentement le bord de ma guêpière. Puis je glisse mes doigts sous l'élastique de ma culotte.
Et je l'écarte.
Lentement. Juste assez. Juste ce qu'il faut. Le tissu se tend, s'écarte, découvre ce qu'il y a dessous — ma chatte, encore luisante de tout ce qui s'est passé ce soir, encore gonflée, encore ouverte. Je la lui montre. Sans un mot. Dans le couloir. Devant la porte de la salle. À quelques centimètres de son uniforme.
Stéphane regarde.
Il regarde ma main. Il regarde le tissu écarté. Il regarde ce qu'il y a dessous. Il ne dit rien. Sa respiration change. Elle devient plus courte. Plus sifflante. Ses yeux clairs descendent. Puis remontent. Il me regarde dans les yeux.
— Madame…
— Tu veux entrer ? je demande.
Il hésite. Une seconde. Deux. Puis il hoche la tête. À peine.
— Oui.
Je relâche ma culotte. Je prends sa main. Je le guide dans le couloir. J'ouvre la porte de la salle. Je le fais entrer.
Sophie, Thomas et Marc sont toujours là. Ils se figent. Sophie porte la main à sa bouche. Thomas se lève à moitié. Marc ne bouge pas — sa queue est toujours dressée, toujours luisante, toujours battante. Et Stéphane la voit. Il ne peut pas ne pas la voir.
— Tout va bien, dis-je. Stéphane reste un peu.
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