Elle se tourna vers lui en souriant.
— Il est encore tôt, dis-je.
Personne ne répond.
Je me rassois. Je croise les jambes. Je rajuste ma guêpière. Et je les laisse faire. Parce que c'est moi qui décide quand ça s'arrête. Et ça ne s'arrête pas maintenant.
Pas avant que Marc soit à moi.
Sophie et Françoise sont toujours à genoux devant lui. Elles n'ont pas bougé. Elles n'ont pas ralenti. Sophie a la queue de Marc dans la bouche — elle la prend, la reprend, la lâche, la lèche, la reprend. Sa queue de cheval ballote à chaque mouvement de tête — haute, brune, vivante, elle bat contre ses épaules nues, elle glisse sur sa nuque, elle retombe sur son dos. Elle a les joues rouges. Rouges comme quelqu'un qui a honte — mais qui ne s'arrête pas. Rouges comme quelqu'un qui n'aurait jamais dû faire ça et qui continue quand même. Rouges de cette rougeur qui monte du cou jusqu'aux oreilles et qui ne redescend plus. Elle a l'air douce. C'est ce qui frappe. Malgré ce qu'elle fait — malgré la queue dans sa bouche, malgré les gémissements de gorge, malgré la salive qui coule le long de son menton — elle a l'air douce. Sophie la douce. Sophie la sage. Sophie qui rougit en suçant un homme devant six personnes.
Françoise, elle, ne lâche pas les couilles. Elle les a prises dans sa main — les deux à la fois — et elle les lèche, lentement, du bas vers le haut, en remontant jusqu'à la base de la hampe. Sa langue rencontre celle de Sophie. Elles ne se parlent pas. Elles ne se regardent pas. Elles travaillent. Ensemble. Sur le même homme. Françoise est encore habillée — sa robe sage, bien coupée, de bourgeoise, boutonnée jusqu'au col. Mais ses mains, elles, sont nues. Et sa bouche. Et sa langue. Et ses joues, à elle aussi, ont rosi.
Marc gémit.
Un gémissement long, rauque, qui lui sort du ventre. Il ferme les yeux. Il serre les mâchoires. Ses mains sont posées sur la tête de Sophie — pas pour pousser. Pour tenir. Ses jambes tremblent. Ses cuisses se contractent. Son ventre se creuse. Il est prêt. Il est prêt à exploser. Et il tient.
Le gland luit. Il est rouge sombre, gonflé, tendu à se fendre. Une goutte perle à la pointe — claire, épaisse, hésitante. Elle grossit. Elle tremble. Puis elle coule. Lentement. Le long du gland. Le long de la hampe. Sophie la voit. Elle la suit du bout de la langue. Elle la ramasse. Elle l'avale. Puis elle remonte. Elle reprend Marc dans sa bouche. Sa queue de cheval ballote encore. Ses joues sont de plus en plus rouges.
Et moi, Valérie, je défaille.
Ma main descend. Sans que je le décide. Le long de ma cuisse, sous ma guêpière, entre mes jambes. Je me touche. À travers le tissu, d'abord. Puis dessous. Mes doigts trouvent ma chatte — trempée, brûlante, ouverte. Je gémis. Un gémissement que je retiens à peine.
Thomas me voit.
Il est assis sur le canapé, à quelques mètres. Sa main est posée sur son entrejambe. Et sous le tissu, quelque chose s'est réveillé. Sa queue se redresse. Lentement. Puis plus vite. Thomas bande à nouveau. Pour moi. Parce qu'il me voit me toucher. Il ouvre son pantalon. Il sort sa queue — déjà dure, déjà tendue, déjà luisante. Et il se touche. Lentement. En me regardant. Les yeux dans les yeux.
Et le maire, lui, ne part plus.
Il s'était levé. Il avait remonté son pantalon. Il avait rajusté sa ceinture. Il avait ramassé son téléphone. Il s'était dirigé vers la porte. Mais il n'est pas sorti. Il n'a pas pu. Parce qu'il a vu Françoise.
Françoise — la femme mûre, celle qui a tout regardé sans rien dire depuis le début de la soirée. Elle s'est relevée. Elle a lâché les couilles de Marc. Elle a laissé Sophie continuer seule. Elle a essuyé sa bouche du revers de la main. Et elle a traversé la pièce. Lentement. Sans un mot. Elle s'est arrêtée devant le maire. Elle le regarde.
Commentaires ()