Je me lève.
— Marc, arrête.
Il s'arrête. Il relève la tête. Il me regarde, perdu. Sa bouche brille. Son menton brille. Il a le goût de Catherine partout sur le visage. Sa queue se dresse toujours contre son ventre — luisante, battante, oubliée. Elle n'a pas faibli. Elle n'a pas molli. Depuis qu'il l'a sortie de son caleçon gris, elle est là, dressée, vivante, et elle ne demande qu'à servir.
— Recule, dis-je.
Il recule. Il s'assoit sur ses talons. Il essuie sa bouche du revers de la main. Il attend. Il ne dit rien. Il ne demande rien. Il est posé — comme il l'a été toute la soirée. Même avec ça entre les jambes. Même avec cette queue qui ferait perdre la tête à n'importe qui. Même avec ces couilles lourdes qui pendent entre ses cuisses. Il reste calme. Il attend.
Catherine, elle, reste assise sur le canapé. Nue. Les jambes écartées. Les mains sur les coussins. Elle tremble. Elle n'en peut plus — je le vois. Ses cuisses tremblent sans contrôle. Sa respiration est courte, sifflante. Elle a trop donné ce soir. Trop léché. Trop fini. Elle a encore la chatte luisante, encore ouverte, encore gonflée. Mais elle n'a plus la force. Elle a juste la force de rester là, assise, les jambes ouvertes, à attendre qu'on décide pour elle.
Et le maire, lui, ne semble pas supporter.
Je le vois avant même qu'il parle. À sa façon de se tenir, d'abord — les épaules voûtées, les mains qui tremblent le long du corps, le pantalon toujours sur les chevilles. À sa respiration, ensuite — courte, sifflante, comme s'il manquait d'air dans cette pièce. À son visage, enfin — rouge, luisant, les mâchoires serrées à se briser les dents. Il regarde sa femme. Sa femme, Catherine. Nue. Les jambes écartées. La chatte luisante. La bouche brillante du goût de Marc. Il regarde sa femme se faire lécher par un autre homme — et il ne dit rien. Il ne peut pas. Il ne veut pas. Mais ça se voit qu'il souffre. Ça se voit qu'il encaisse. Ça se voit qu'il n'aurait jamais dû laisser ça aller aussi loin.
— Monsieur le Maire, dis-je.
Il sursaute. Il tourne la tête vers moi. Ses yeux sont vitreux. Il n'a pas l'air d'un homme de pouvoir, tout à coup. Il a l'air d'un homme qui vient de comprendre ce qu'il a laissé faire.
— Avancez.
Il ne bouge pas.
— Avancez, répété-je.
Il avance. Un pas. Puis un autre. Son pantalon glisse sur ses chevilles. Il le traîne. Il s'arrête à un mètre de Catherine. Son sexe de taille moyenne pend entre ses cuisses, à demi dressé, luisant. Il regarde sa femme. Sa femme le regarde. Ils ne se disent rien. Mais dans ce silence, il y a tout — les années de mariage, les dîners officiels, les photos de famille, les nuits sans un mot.
— Plus près, dis-je.
Il avance. Il s'arrête à trente centimètres. À hauteur du visage de Catherine. Catherine lève les yeux. Elle regarde ce sexe d'homme de pouvoir, ce sexe de notable, ce sexe qu'elle connaît depuis vingt ans. Elle ne dit rien. Elle attend.
— Catherine, dis-je.
Elle tourne la tête vers moi.
— Tu n'en peux plus. Je le vois. Tu as trop donné. Alors tu vas donner une dernière chose. Et après, tu te reposeras.
Elle attend.
— Tu vas sucer les couilles de ton mari.
Un silence.
Le maire ferme les yeux. Une seconde. Deux. Puis il les rouvre. Il regarde sa femme. Catherine regarde le maire. Il ne dit rien. Il ne peut pas. Son sexe se dresse un peu plus.
Catherine se penche.
Lentement. Elle approche son visage. Elle tend la langue. Elle pose la pointe sur les testicules du maire — lourdes, chaudes, serrées, couvertes d'un duvet gris. Son mari. Elle lèche. Doucement. Du bas vers le haut. Elle prend une couille dans sa bouche. Elle la suce. Doucement. Puis l'autre. Elle les roule sur sa langue. Elle les mouille. Elle les lèche. Le maire gémit. Un vrai gémissement. Un son qui ne lui a pas échappé depuis des années. Ses jambes tremblent. Ses mains cherchent un appui. Il s'accroche aux épaules de Catherine.
— Oh… souffle-t-il. Oh, mon Dieu…
Mais ça ne va pas.
Je le vois. Il ne supporte pas. Son corps tremble trop. Sa respiration se casse. Ses mains agrippent les épaules de sa femme comme s'il allait tomber. Et ce n'est pas de plaisir. C'est d'autre chose. C'est de honte. De jalousie. De tout ce qu'il vient de voir.
Alors Catherine fait quelque chose que personne n'attendait.
Elle descend encore. Elle prend son mari dans sa bouche — entièrement. Pas seulement les couilles. Tout. Elle l'avale. Lentement. Jusqu'à la base. Jusqu'à ce que son nez touche le ventre du maire. Jusqu'à ce que sa gorge se serre autour de lui. Le maire gémit — un vrai cri, cette fois. Ses jambes flageolent. Il s'accroche à sa femme. Il ferme les yeux. Il serre les dents.
Catherine reste là. Quelques secondes. Puis elle remonte. Lentement. Elle le lèche une dernière fois. Elle le laisse glisser hors de sa bouche. Elle se redresse. Elle s'assoit sur ses talons.
Et elle avale.
On le voit. Sa gorge qui bouge. Une fois. Deux fois. Elle avale tout. Tout ce qu'il y avait dans sa bouche. Tout ce qu'il lui a donné. Tout ce que la soirée lui a laissé.
Puis elle lève les yeux vers son mari.
Et ils échangent un regard.
Un regard complice. Un regard de première année. Un regard de ceux qui se sont trouvés à vingt ans, qui se sont choisis, qui se sont mariés, qui ont vieilli ensemble. Un regard qu'ils n'avaient pas échangé depuis des années — pas comme ça. Pas avec cette intensité. Pas avec cette douceur. Pas avec cette compréhension.
Le maire ne dit rien. Il ne bouge pas. Il regarde sa femme. Sa femme le regarde. Et dans ce silence, il y a quelque chose qui se répare. Quelque chose qui s'était cassé — peut-être ce soir, peut-être avant, peut-être depuis longtemps. Quelque chose qui se recolle.
Catherine sourit.
Un sourire doux. Presque tranquille. Comme si rien ne s'était passé.
— Voilà, dit-elle.
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