Le lendemain, je ne vais pas le voir.
Je reste chez moi. Je réfléchis. Toute la journée, je pense à lui. À sa chemise ouverte. À son torse. À sa queue sous le tissu. À cette tache. À ce gémissement. À ce moment où il a cessé d'être le chercheur.
Le soir, je prends une décision.
Je me déshabille. Je me regarde dans le miroir. Nue. Je prends mon téléphone. Je me place. Je cadre. De trois quarts. Le visage coupé. Juste le corps. Le cou. La naissance des seins. La courbe du ventre. La main sur la hanche. La cuisse. Rien de plus.
Je prends la photo. Je la regarde. Elle est belle. Elle est troublante. Elle est moi.
J'ouvre la conversation. Je joins la photo. J'écris un mot.
— Maintenant, c'est moi qui documente.
J'envoie. Je me couche.
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Une minute plus tard, mon téléphone vibre.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Une photo.
— Je vois que c'est une photo.
— Ma photo.
— Pourquoi ?
— Parce que c'est mon tour.
— Votre tour de quoi ?
— De documenter.
— Vous ne documentez rien. Vous vous montrez.
— C'est pareil.
— Non. Ce n'est pas pareil.
— Si. Vous m'avez montrée. Maintenant, je me montre. Moi. Ce que je veux. Comme je veux.
— Ce n'est pas la même chose.
— Pourquoi ?
— Parce que moi, je ne vous ai pas demandé la permission.
— Et moi, je ne vous demande pas la permission.
Un silence.
— Vous êtes en train de me rendre fou.
— Je sais.
— Vous le faites exprès.
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce que vous avez fait de moi un objet. Pendant trois semaines. Vous m'avez suivie. Observée. Filmée. Notée. Sans jamais me toucher. Sans jamais participer. Sans jamais vous salir. Vous êtes resté dehors. Maintenant, vous êtes dedans. Et vous allez attendre.
Un silence.
— Et si je ne veux pas attendre ?
— Alors vous ne m'aurez pas.
— Vous êtes forte.
— Non. Je suis comme vous.
Je verrouille le téléphone. Je le pose. Je ferme les yeux.
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Le lendemain matin, en ouvrant mon téléphone, je vois un message.
Pas de lui. D'un autre numéro. Un numéro que je ne connais pas.
Une photo.
J'ouvre.
Et je reste figée.
C'est lui. Ngolo. Nu. Debout. Devant un miroir. Le visage coupé. Le torse. Le ventre. Les cuisses. Et au milieu. Sa queue. Dressée. Énorme. Impressionnante. Plus grosse que celle de Hugo. Plus grosse que tout ce que j'ai vu ce soir-là. La peau sombre. Tendue. Luisante. Le gland large. Rouge sombre. Les testicules lourdes. Serrées. Il bande. Il bande pour moi. Il bande parce que j'ai envoyé ma photo. Il bande parce qu'il n'a pas dormi. Il bande parce qu'il est dedans. Depuis la nuit.
En légende, un mot. Un seul.
— Maintenant, on documente tous les deux.
Je regarde la photo. Longuement. Je ne bouge pas.
Je regarde cette queue. Cette queue que je n'ai pas vue venir. Cette queue qui n'était pas dans le jeu. Cette queue qui est là, maintenant, dans ma main, sur mon écran, à sept heures du matin, dans mon lit.
Et je bave.
Littéralement. Ma bouche s'est remplie. Cette salive qui monte. Cette salive qui coule. Cette salive que je dois avaler. Une fois. Deux fois. Trois fois.
Je ne peux pas m'en empêcher. Je regarde le gland. Je regarde la hampe. Je regarde les veines. Je regarde les testicules. Je regarde tout. Et je bave. Comme une chose que je ne contrôle plus. Comme si cette queue était la première chose que je voyais depuis des jours.
Ma main descend. Sous la couverture. Sur mon ventre. Entre mes cuisses. Je me touche.
À travers le tissu, d'abord. Ma culotte. Humide. Déjà. Puis dessous. Mes doigts. Ma chatte. Trempée. Brûlante. Ouverte.
Je me caresse.
Lentement. Je m'ouvre. J'entre. Je ressors. Je remonte. Je trouve le clitoris. Je tourne. Je frotte. Je gémis. Le téléphone est dans ma main gauche. La photo est toujours allumée. Je regarde cette queue. Je regarde ce gland. Je regarde cette hampe. Je regarde ces couilles. Je pense à ce que ça ferait. Dans ma bouche. Dans ma gorge. Dans ma chatte. Dans mon cul. Partout.
Je me touche plus vite. Plus fort. Je m'enfonce deux doigts. Puis trois. Je cambre. Je gémis. Le lit. Les draps. La lumière du matin. La photo. Cette queue. Ngolo. Le chercheur. Le cas. Tout.
Je viens.
Dans un cri long, rauque, que j'étouffe dans l'oreiller. Je tremble. Je serre les dents. Je m'effondre. Les jambes tremblantes. La main luisante. Le souffle court.
Puis le silence.
Je reste là. Sur le dos. Les yeux ouverts. Le téléphone à côté de moi. La photo toujours allumée. Cette queue. Énorme. Dressée. Pour moi.
Je respire. Une fois. Deux fois. Trois fois.
Puis je reprends le téléphone. Je regarde la photo encore. Longuement.
Et je souris.
Je réponds.
— C'est mieux.
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