Je les regarde.
Ngolo. Missa. Debout. Devant moi. Leurs pantalons sur les chevilles. Leurs caleçons tendus. Leurs queues. Énormes. Dressées. Moulées. Sous le tissu.
Je ne bouge pas.
Je sais que je devrais partir. Je sais que je devrais ramasser ma jupe. Mon soutien-gorge. Mes affaires. Sortir. Descendre les escaliers. Rentrer chez ma mère. Mentir encore. Faire semblant. Oublier.
Mais je ne bouge pas.
Je les regarde. Longuement. L'un. Puis l'autre. Puis l'un. Puis l'autre. Je regarde la façon dont le tissu se tend. La façon dont le gland se dessine. La façon dont les veines apparaissent sous le coton. La façon dont les testicules pèsent. Je regarde tout. Je regarde chaque centimètre. Je regarde chaque détail. Je regarde comme on regarde une chose qu'on n'aurait jamais dû voir. Comme on regarde une chose qu'on n'oubliera jamais.
Et je salive.
Littéralement. Ma bouche s'est remplie. Cette salive qui monte. Cette salive qui coule. Cette salive que je dois avaler. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je ne peux pas m'en empêcher. Je regarde ces deux queues. Ces deux queues énormes. Ces deux queues noires. Et je salive. Comme une chose que je ne contrôle plus. Comme un animal devant de la nourriture. Comme si ces deux queues étaient la première chose que je voyais depuis des jours.
Missa le voit.
Il me regarde. Il regarde ma bouche. Il regarde ma gorge qui bouge. Il regarde ma salive. Il sourit. Un sourire lent. Un sourire qui prend son temps. Un sourire qui dit tout.
— Tu as faim.
Ce n'est pas une question.
Je ne réponds pas.
Je ne peux pas.
Ma bouche est pleine.
— Regarde-la, dit-il à Ngolo. Elle salive.
Ngolo me regarde. Longuement. Il ne sourit pas. Il ne dit rien. Mais je le vois. Cette chose dans ses yeux. Cette chose qui n'est plus de la recherche. Cette chose qui est du désir. Pur. Simple. Brûlant.
— Elle salive, répète Missa. Elle veut.
— Non, dis-je.
Ma voix est faible. Cassée. Elle ne ressemble pas à ma voix. Elle ressemble à la voix de quelqu'un d'autre. De quelqu'un qui ment. De quelqu'un qui essaie de mentir. De quelqu'un qui ne sait plus mentir.
— Si, dit Missa. Tu veux. Tu es venue. Tu es entrée. Tu t'es assise. Tu as écouté. Tu as bu. Tu as ouvert ta jupe. Tu as montré. Tu as tout fait. Et maintenant, tu regardes. Et tu salives. Et tu veux. Ne me mens pas. Ne te mens pas. Ne nous mens pas.
Un silence.
Je les regarde. Longuement. L'un. Puis l'autre. Puis l'un. Puis l'autre. Je regarde leurs queues. Je regarde le tissu. Je regarde la forme. Je regarde le gland. Je regarde les veines. Je regarde les testicules. Je regarde tout.
Et je salive encore.
Cette salive qui coule. Cette salive que je ne peux plus cacher. Cette salive qui dit tout. Cette salive qui me trahit.
Missa fait un pas.
Puis un autre.
Il s'arrête devant moi. À cinquante centimètres. Il me regarde. De haut en bas. De bas en haut. Il regarde mes seins. Mon ventre. Ma chatte. Mes bas. Mes cuisses. Mes escarpins.
— Tu veux goûter ?
Je ne réponds pas.
— Tu veux goûter, répète-t-il. Dis-le.
— Non.
— Si.
— Non.
— Alors pourquoi tu es là ? Pourquoi tu ne pars pas ? Pourquoi tu ne ramasses pas ta jupe ? Pourquoi tu restes ? Dis-le. Pourquoi tu restes ?
Un silence.
Je ne réponds pas.
Il a raison.
Je reste parce que je veux. Je reste parce que je ne peux pas partir. Je reste parce que ces deux queues sont là. Devant moi. Énormes. Noires. Prêtes. Et que je veux les avoir. Dans ma bouche. Dans ma gorge. Dans ma chatte. Dans mon cul. Partout. Je veux les avoir. Je veux les goûter. Je veux les sentir. Je veux qu'elles me remplissent. Je veux qu'elles me brisent. Je veux tout.
— Réponds, dit-il.
— Parce que je veux.
Ce n'est pas un mot que je voulais dire. Ce n'est pas un mot que j'ai décidé. C'est un mot qui est sorti. Tout seul. Parce que c'est vrai.
Il sourit. Ce sourire lent. Ce sourire qui prend son temps.
— Bien.
Il regarde Ngolo. Ngolo hoche la tête. À peine. Il fait un pas. Il s'arrête à côté de Missa. Les deux. Devant moi. Côte à côte. Leurs deux queues. Leurs deux corps. Leurs deux désirs.
Missa passe ses pouces sous l'élastique de son caleçon.
— Tu es sûre ?
— Oui.
— Vraiment sûre ?
— Oui.
Il baisse.
Le caleçon glisse. Le long de ses cuisses. Le long de ses jambes. Il le dégage de ses pieds. Il le laisse tomber. Il est nu. Devant moi. Sa queue apparaît. Entièrement. Énorme. Large. Épaisse. Elle remonte contre son ventre. Elle pulse. On voit tout. Le gland. La hampe. Les veines. Les testicules. Tout.
Ngolo fait de même.
Son caleçon tombe. Sa queue apparaît. Longue. Fine. Élégante. Énorme elle aussi. Elle remonte le long de son ventre. Elle pulse. Le gland. La hampe. Les testicules. Tout.
Je les regarde. Les deux. Nus. Devant moi. Leurs deux queues. Énormes. Dressées. Prêtes. Pour moi.
Et je salive.
Encore.
Cette salive qui coule. Cette salive que je ne peux plus cacher. Cette salive qui dit tout.
Je ne bouge pas. Je ne parle pas. Je les regarde. Longuement. L'un. Puis l'autre. Puis l'un. Puis l'autre. Je regarde leurs queues. Je regarde leurs corps. Je regarde leurs yeux. Je regarde tout.
Puis je fais un pas.
Un seul. Lentement. Et je m'arrête.
Je les regarde. Longuement.
— Alors ? dis-je.
— À genoux, dit Missa.
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