Ils regardent.
Les deux. Sur le canapé. Côte à côte. Ngolo. Missa. Ils ne disent rien. Ils ne bougent pas. Ils regardent.
Je suis assise dans le fauteuil. Face à eux. Les jambes écartées. Sous la table basse. Ma jupe remontée. Le haut de mes bas visible. La dentelle. La peau. L'ombre entre mes cuisses.
Je les regarde. Longuement. Puis je me lève.
Lentement. Sans me presser. Mes escarpins claquent sur le parquet. Je marche jusqu'au milieu de la pièce. Je m'arrête. Je me tourne. Je les regarde. Ils sont sur le canapé. À trois mètres. Ils attendent.
Je déboutonne mon manteau. Un bouton. Puis un autre. Je l'ouvre. Je le laisse tomber sur le sol. Je suis debout. Devant eux. En jupe. En bas. En escarpins. En chemisier sombre.
Je déboutonne le chemisier. Lentement. Un bouton. Puis un autre. Puis un autre. Je l'ouvre. Je le laisse glisser. Il tombe. Je suis en soutien-gorge. En jupe. En bas. En escarpins.
Je regarde Ngolo. Il me regarde. Il ne bouge pas. Son carnet est posé sur ses genoux. Il ne le prend pas. Il ne note pas. Il regarde.
Je regarde Missa. Il me regarde. Il ne bouge pas. Son verre est dans sa main. Il ne boit pas. Il regarde.
Je passe mes pouces sous l'élastique de ma jupe.
Je la baisse. Lentement. Le long de mes cuisses. Le long de mes bas. Je la dégage. Je la laisse tomber. Je suis en soutien-gorge. En bas. En escarpins. Ma culotte est dans mon sac. À la gare. Depuis le train.
Je me retourne.
Lentement. Je leur montre mon dos. Mes fesses. Les bas. La dentelle. Le creux de mes reins. Je me penche. Je ramasse mon chemisier. Lentement. Sans me presser. Je le ramasse. Je me redresse.
Je me retourne. Je les regarde.
— Vous regardez, dis-je.
— Oui, dit Missa.
— C'est tout ?
— Pour l'instant.
Je souris. Je m'approche du canapé. Je m'arrête devant eux. Devant Ngolo. Devant Missa. Je m'agenouille. Sur le parquet. Entre leurs jambes. Devant le canapé.
Je pose mes mains sur les genoux de Ngolo. Je le regarde. Longuement.
— Toi, dis-je.
— Quoi ?
— Tu as documenté. Pendant des semaines. Tu m'as suivie. Observée. Filmée. Notée. Sans jamais me toucher. Sans jamais participer. Sans jamais te salir.
— Oui.
— Maintenant, c'est mon tour. Tu regardes. C'est tout. Tu ne touches pas. Tu ne participes pas. Tu regardes. Comme tu m'as regardée.
Il hoche la tête. À peine.
Je me tourne vers Missa. Je pose mes mains sur ses genoux. Je le regarde. Longuement.
— Et toi. Tu regardes. C'est tout. Tu ne touches pas. Tu ne participes pas. Tu regardes. Comme lui.
Il sourit. Un sourire lent.
— D'accord.
Je me relève. Je recule. Je me remets au milieu de la pièce. Face à eux. Je me tiens droite. Les jambes légèrement écartées. Les mains le long du corps.
— Vous voulez voir quoi ?
— Tout, dit Missa.
— Tout ?
— Tout.
Je dégrafe mon soutien-gorge.
Lentement. Je le laisse tomber. Mes seins apparaissent. Lourds. Les mamelons durs. La peau blanche. Je les regarde. Ils regardent. Je pose mes mains dessus. Je les prends. Je les soupèse. Devant eux. Lentement.
Je descends. Le long de mon ventre. Sur mes hanches. Sur mes cuisses. Sur mes bas. Je remonte. Je m'ouvre. Je pose deux doigts sur ma chatte. Je les écarte. Juste un peu. Juste ce qu'il faut. Pour qu'ils voient.
Ils regardent.
Ngolo serre les mâchoires. Il ne bouge pas. Il ne note pas. Il regarde.
Missa pose son verre. Lentement. Sur la table. Il ne le lâche pas des yeux. Il regarde. Sa main reste sur la table. Elle tremble légèrement.
Je retire mes doigts. Je les porte à ma bouche. Je les goûte. Devant eux. Lentement. Puis je les laisse retomber.
Je me retourne. Je marche jusqu'à la fenêtre. Je regarde la rue. Les passants. Les voitures. Les immeubles. Les gens qui ne savent pas. Qui ne verront jamais. Qui ne sauront jamais. Je suis debout. Nue. Devant une fenêtre. Dans un appartement parisien. Un samedi après-midi. À trois mètres de deux hommes. Qui regardent.
Je me retourne. Je les regarde.
— Vous en voulez encore ?
— Oui, dit Missa.
— Ngolo ?
Il hoche la tête. À peine.
Je m'approche du canapé. Je m'arrête devant eux. Je pose un genou sur le canapé. Entre les jambes de Ngolo. Puis l'autre. Je suis à califourchon sur lui. Sans le toucher. Mes seins devant son visage. Ma chatte au-dessus de son pantalon. Je le surplombe.
Il lève les yeux. Il me regarde. Il ne bouge pas. Il attend.
— Tu ne touches pas, dis-je.
— Je ne touche pas.
— Tu ne participes pas.
— Je ne participe pas.
— Tu regardes.
— Je regarde.
Je descends. Lentement. Jusqu'à ce que ma chatte touche son pantalon. Juste au-dessus de sa queue. Je la sens. Dur. Tendue. Énorme. À travers le tissu. Elle est là. Sous moi. Elle bande. Pour moi.
Je me cambre. Lentement. Je frotte. Doucement. Juste ce qu'il faut. Juste assez. Je gémis. Un gémissement bas. Rauque.
Missa regarde. À côté. Il ne bouge pas. Il regarde.
Je me retire. Je me lève. Je recule. Je me remets au milieu de la pièce.
— C'est tout, dis-je.
— C'est tout ? demande Missa.
— Pour aujourd'hui. C'est tout.
Je ramasse mon soutien-gorge. Je le remets. Je ramasse mon chemisier. Je le remets. Je le reboutonne. Je ramasse ma jupe. Je la remets. Je remonte mes bas. Je rajuste tout.
Je marche jusqu'à mon sac. Je le prends. Je me tourne vers eux.
— Je rentre chez ma mère.
— Déjà ? demande Missa.
— Oui.
— Tu reviens ?
— Peut-être.
— Quand ?
— On verra.
Je marche vers la porte. Je l'ouvre. Je m'arrête. Je me retourne.
Ngolo est toujours sur le canapé. Il me regarde. Il n'a pas bougé. Son carnet est toujours sur ses genoux. Il ne l'a pas ouvert. Il ne l'a pas pris. Il n'a rien noté. Pour la première fois. Depuis des semaines. Il n'a rien noté.
Missa s'est levé. Il me regarde. Il sourit. Ce sourire lent. Ce sourire qui prend son temps.
— À bientôt, dit-il.
Je sors. Je ferme la porte. Je descends les escaliers. Je sors dans la rue. Le froid. Les passants. Les voitures. Paris. Le samedi après-midi.
Mon téléphone vibre.
« Tu n'as pas joui. »
Je regarde l'écran. Longuement.
« Non. »
« Pourquoi ? »
« Parce que ce n'était pas pour moi. »
« C'était pour qui ? »
« Pour vous. »
« Pourquoi ? »
« Pour que vous sachiez. »
« Quoi ? »
« Que je peux donner. Et reprendre. Quand je veux. Comme je veux. »
Un silence.
« Et maintenant ? »
« Maintenant, je rentre chez ma mère. »
« Et après ? »
« Après, on verra. »
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