Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Isabelle, son fils Tom ... et Valérie — Chapitre 16 · Le silence de plomb
Auteur
Isabelle, son fils Tom ... et Valérie
Chapitre 16 · Le silence de plomb
~
La fatigue de la semaine m'a terrassée, une chape de plomb tombée sur mes épaules après des heures à ressasser des pensées amères dans le silence de cet appartement de Metz. Assise bien au fond de mon fauteuil, assommée par la tiédeur artificielle du salon et le murmure monocorde de la télévision qui diffuse ses images en boucle pour les insomniaques, j'ai fini par m'assoupir lourdement. Mon menton a fini par caler contre ma poitrine, et mon sommeil a basculé dans un tunnel noir, dense, totalement étanche aux bruits minuscules de la pièce.
~
Pendant un temps que je ne mesure plus, je flotte dans cette ouate. Mais peu à peu, une perception diffuse s'infiltre à travers les couches de ma torpeur. Une vibration de l'air. Un soupir trop lourd, trop pressé. Un raclement de gorge étouffé, ou peut-être la friction anormale de la sueur sur le canapé à quelques mètres de moi. Quelque chose d'organique et de déplacé viole la quiétude de la nuit.
~
Mes paupières s'ouvrent enfin, péniblement, lourdes encore d'un sommeil épais et poisseux. Il me faut de longues secondes pour que mon esprit s'arrache à la brume, pour que les formes floues du salon se stabilisent sous la lueur blafarde et intermittente de l'écran plat. Je pivote lentement la tête, passant une main machinale, un peu ankylosée, sur mon front pour chasser la moiteur de la pièce.
~
Et là, les images prennent sens.
~
Le plaid a glissé, rejeté sur le côté dans la précipitation de leur urgence. Ils sont figés sur le canapé, à portée de main, dans un enchevêtrement qui me coupe instantanément le peu de salive qu'il me reste. Valérie est encore à demi penchée sur mon fils, le visage plongé entre ses cuisses, conservant avidement sa queue en bouche pour en avaler les derniers reflets de sève. Tandis qu'elle se détache enfin avec un bruit humide, de minces filets de sécrétions transparentes et poisseuses — la mouille glaireuse de son intimité mêlée aux traînées de sperme — s'étirent et gouttent lourdement entre leurs corps. Leurs chairs sont tout entières secouées de spasmes résiduels, engluées dans une sueur brillante qui leur colle à la peau.
~
Mes yeux, d'abord embués de stupeur, glissent un peu plus bas. Et ce qu'ils découvrent me frappe avec une netteté glaciale.
~
Sur le velours sombre du canapé, s'étalant jusque sur le tissu froissé, la preuve s'étale en pleine lumière : une large auréole poisseuse, indéniable, abandonnée en plein cœur de mon foyer.
~
Le choc me soulève un haut-le-cœur. Une vague de répulsion rigide me monte des entrailles jusqu'à la gorge. Mon fils. Sous mon toit. Avec elle, vautrés dans leurs humeurs en plein milieu de mon salon, profitant de mon sommeil pour piétiner le peu de décence qui restait ici.
~
Pendant une seconde interminable, mes poings se serrent sur les accoudoirs du fauteuil. Je pourrais hurler. Je pourrais me lever d'un bond, cracher mon mépris, briser le silence de cette pièce en les accablant, en les chassant nus et honteux dans l'escalier de l'immeuble. La colère gronde en moi, brûlante, prête à tout balayer.
~
Mais quelque chose me retient. Pas la pitié — je n'en ai aucune. Plutôt une image qui surgit brusquement, nette et froide : leurs visages défaits si je faisais éclater le scandale, leurs larmes, leurs justifications. Le spectacle de leur soulagement une fois le séisme passé, déjà occupés à se reconstruire une innocence dans l'explication. Et moi, réduite à celle qui a hurlé, qui a perdu le contrôle, qui leur aura offert une porte de sortie.
~
Non. Pas ça.
~
C'est là, dans cette fraction de seconde où la colère dispute la place à la stratégie, que le déclic se produit dans mon esprit.
~
Pourquoi leur offrir une confrontation ? Pourquoi leur donner le luxe d'un éclat où ils pourront se défendre, pleurer, ou fuir en se sentant persécutés ? Un cri, c'est leur concéder qu'ils ont encore de l'emprise sur moi.
~
Non. Leurs visages terrifiés, suspendus à ma mâchoire, m'offrent une issue infiniment plus jouissive. Le véritable pouvoir ne réside pas dans l'éclat de la colère, mais dans la torture du doute.
~
Instantanément, par un effort de volonté quasi inhumain, je verrouille mes traits. J'efface toute expression, je plaque sur mon visage ce masque de neutralité terne, molle et indifférente. Je cligne des yeux avec la lourdeur d'une femme qui sort d'un sommeil trop profond, feignant une vue défaillante, une brume qui m'empêcherait de distinguer nettement les contours de la scène posée juste devant moi. Je fais comme si la pénombre m'avait protégée de l'horreur.
~
Je ne frissonne même pas. Je me contente de redresser lentement mon dos contre le dossier du fauteuil, prenant tout mon temps, un par un, pour torturer le peu de nerfs qui leur reste. J'ajuste mon gilet sur mes épaules d'un geste machinal, presque ennuyé, avant de laisser traîner mes yeux sur eux sans insister, avec la platitude la plus totale.
~
Puis, d'une voix parfaitement neutre, monocorde, dénuée du moindre relief ou du moindre frémissement de reproche, je lâche ces mots dans le silence de la pièce :
~
— Il se fait tard... Éteignez l'écran en partant. Vous feriez mieux d'aller vous coucher.
~
Pas un mot de plus. Pas un regard vers le velours souillé. Je me lève de mon fauteuil avec la lourdeur coutumière de mes articulations fatiguées, sans précipitation, gardant cette démarche assurée mais sans éclat qui leur est si familière. Je traverse le salon dans un silence de cathédrale, sentant leurs regards horrifiés et figés brûler mon dos à chaque pas.
~
J'atteins la porte de ma chambre au bout du couloir. Je l'ouvre, j'entre dans l'obscurité de ma pièce, et je la referme derrière moi.
~
Le déclic de la serrure intérieure claque dans l'appartement avec la netteté d'un couperet.
~
Dans le noir absolu de ma chambre, adossée contre le bois frais de la porte, je ne tremble plus. Mon cœur bat, oui, mais d'une ivresse froide et méthodique. Je les imagine là-bas, sur le canapé, pétrifiés devant la tache humide, se bouffant les sangs, incapables de savoir si j'ai réellement compris ou si j'ai juste frôlé la catastrophe sans la voir. Ce doute-là, cette incertitude venimeuse que je viens de leur insuffler, va leur pourrir la nuit, leur pourrir la peau, et consumer leur liaison à petit feu. Je tiens la laisse, et je ne la lâcherai plus.
La fatigue de la semaine m'a terrassée, une chape de plomb tombée sur mes épaules après des heures à ressasser des pensées amères dans le silence de cet appartement de Metz. Assise bien au fond de mon fauteuil, assommée par la tiédeur artificielle du salon et le murmure monocorde de la télévision qui diffuse ses images en boucle pour les insomniaques, j'ai fini par m'assoupir lourdement. Mon menton a fini par caler contre ma poitrine, et mon sommeil a basculé dans un tunnel noir, dense, totalement étanche aux bruits minuscules de la pièce.
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Pendant un temps que je ne mesure plus, je flotte dans cette ouate. Mais peu à peu, une perception diffuse s'infiltre à travers les couches de ma torpeur. Une vibration de l'air. Un soupir trop lourd, trop pressé. Un raclement de gorge étouffé, ou peut-être la friction anormale de la sueur sur le canapé à quelques mètres de moi. Quelque chose d'organique et de déplacé viole la quiétude de la nuit.
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Mes paupières s'ouvrent enfin, péniblement, lourdes encore d'un sommeil épais et poisseux. Il me faut de longues secondes pour que mon esprit s'arrache à la brume, pour que les formes floues du salon se stabilisent sous la lueur blafarde et intermittente de l'écran plat. Je pivote lentement la tête, passant une main machinale, un peu ankylosée, sur mon front pour chasser la moiteur de la pièce.
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Et là, les images prennent sens.
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Le plaid a glissé, rejeté sur le côté dans la précipitation de leur urgence. Ils sont figés sur le canapé, à portée de main, dans un enchevêtrement qui me coupe instantanément le peu de salive qu'il me reste. Valérie est encore à demi penchée sur mon fils, le visage plongé entre ses cuisses, conservant avidement sa queue en bouche pour en avaler les derniers reflets de sève. Tandis qu'elle se détache enfin avec un bruit humide, de minces filets de sécrétions transparentes et poisseuses — la mouille glaireuse de son intimité mêlée aux traînées de sperme — s'étirent et gouttent lourdement entre leurs corps. Leurs chairs sont tout entières secouées de spasmes résiduels, engluées dans une sueur brillante qui leur colle à la peau.
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Mes yeux, d'abord embués de stupeur, glissent un peu plus bas. Et ce qu'ils découvrent me frappe avec une netteté glaciale.
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Sur le velours sombre du canapé, s'étalant jusque sur le tissu froissé, la preuve s'étale en pleine lumière : une large auréole poisseuse, indéniable, abandonnée en plein cœur de mon foyer.
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Le choc me soulève un haut-le-cœur. Une vague de répulsion rigide me monte des entrailles jusqu'à la gorge. Mon fils. Sous mon toit. Avec elle, vautrés dans leurs humeurs en plein milieu de mon salon, profitant de mon sommeil pour piétiner le peu de décence qui restait ici.
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Pendant une seconde interminable, mes poings se serrent sur les accoudoirs du fauteuil. Je pourrais hurler. Je pourrais me lever d'un bond, cracher mon mépris, briser le silence de cette pièce en les accablant, en les chassant nus et honteux dans l'escalier de l'immeuble. La colère gronde en moi, brûlante, prête à tout balayer.
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Mais quelque chose me retient. Pas la pitié — je n'en ai aucune. Plutôt une image qui surgit brusquement, nette et froide : leurs visages défaits si je faisais éclater le scandale, leurs larmes, leurs justifications. Le spectacle de leur soulagement une fois le séisme passé, déjà occupés à se reconstruire une innocence dans l'explication. Et moi, réduite à celle qui a hurlé, qui a perdu le contrôle, qui leur aura offert une porte de sortie.
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Non. Pas ça.
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C'est là, dans cette fraction de seconde où la colère dispute la place à la stratégie, que le déclic se produit dans mon esprit.
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Pourquoi leur offrir une confrontation ? Pourquoi leur donner le luxe d'un éclat où ils pourront se défendre, pleurer, ou fuir en se sentant persécutés ? Un cri, c'est leur concéder qu'ils ont encore de l'emprise sur moi.
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Non. Leurs visages terrifiés, suspendus à ma mâchoire, m'offrent une issue infiniment plus jouissive. Le véritable pouvoir ne réside pas dans l'éclat de la colère, mais dans la torture du doute.
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Instantanément, par un effort de volonté quasi inhumain, je verrouille mes traits. J'efface toute expression, je plaque sur mon visage ce masque de neutralité terne, molle et indifférente. Je cligne des yeux avec la lourdeur d'une femme qui sort d'un sommeil trop profond, feignant une vue défaillante, une brume qui m'empêcherait de distinguer nettement les contours de la scène posée juste devant moi. Je fais comme si la pénombre m'avait protégée de l'horreur.
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Je ne frissonne même pas. Je me contente de redresser lentement mon dos contre le dossier du fauteuil, prenant tout mon temps, un par un, pour torturer le peu de nerfs qui leur reste. J'ajuste mon gilet sur mes épaules d'un geste machinal, presque ennuyé, avant de laisser traîner mes yeux sur eux sans insister, avec la platitude la plus totale.
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Puis, d'une voix parfaitement neutre, monocorde, dénuée du moindre relief ou du moindre frémissement de reproche, je lâche ces mots dans le silence de la pièce :
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— Il se fait tard... Éteignez l'écran en partant. Vous feriez mieux d'aller vous coucher.
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Pas un mot de plus. Pas un regard vers le velours souillé. Je me lève de mon fauteuil avec la lourdeur coutumière de mes articulations fatiguées, sans précipitation, gardant cette démarche assurée mais sans éclat qui leur est si familière. Je traverse le salon dans un silence de cathédrale, sentant leurs regards horrifiés et figés brûler mon dos à chaque pas.
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J'atteins la porte de ma chambre au bout du couloir. Je l'ouvre, j'entre dans l'obscurité de ma pièce, et je la referme derrière moi.
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Le déclic de la serrure intérieure claque dans l'appartement avec la netteté d'un couperet.
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Dans le noir absolu de ma chambre, adossée contre le bois frais de la porte, je ne tremble plus. Mon cœur bat, oui, mais d'une ivresse froide et méthodique. Je les imagine là-bas, sur le canapé, pétrifiés devant la tache humide, se bouffant les sangs, incapables de savoir si j'ai réellement compris ou si j'ai juste frôlé la catastrophe sans la voir. Ce doute-là, cette incertitude venimeuse que je viens de leur insuffler, va leur pourrir la nuit, leur pourrir la peau, et consumer leur liaison à petit feu. Je tiens la laisse, et je ne la lâcherai plus.
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