Un an après — Chapitre 16 · La femme du préfet
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Ce qui frappe d'emblée, c'est le silence — celui qui s'installe dans la salle et qu'on finit par entendre presque physiquement. Le personnage de la femme du préfet est taillé au couteau : ce chignon de glace, ce tailleur strict, cette façon de gravir les marches sans accorder un regard à quiconque. Le préfet dont les doigts agrippent ses genoux au point de distendre le tissu, Nadia qui retient son souffle : chaque réaction dit quelque chose de précis sur la scène qui se joue. C'est du grand art de la tension.
Un an après
Chapitre 16 · La femme du préfet
Un silence. Puis le grincement d'une chaise au premier rang. La femme du préfet se dresse.
Elle n'accorde pas un regard à son époux, ni même au public. Ses yeux sont ancrés sur Françoise, son chignon strict et son tailleur anthracite.
— Je peux ?
Ce n'est pas une question. C'est un défi.
Françoise hoche simplement la tête.
— Montez.
Le préfet pivote vers elle, les lèvres entrouvertes, incapable de sortir un son. Ses doigts s'agrippent à ses genoux au point de distendre le tissu de son pantalon.
La femme du préfet gravit les marches. Le claquement sec de ses talons résonne sur le bois de l'estrade. Elle s'immobilise au centre, face au public.
— Bien, reprend Françoise. Une seule pose. Vous enlevez tout jusqu'à votre lingerie. Puis vous vous mettez à quatre pattes. C'est tout.
Le silence dans la pièce se fait plus dense, presque toxique.
Elle porte les mains à sa taille. Ses doigts trouvent la fermeture éclair. Le petit grincement métallique déchire l'atmosphère. D'un geste fluide, la jupe glisse sur ses jambes gainées de bas noirs, avant d'être jetée sans ménagement sur une chaise. Elle déboutonne ensuite son corsage, défait la soie d'un geste lent et le laisse tomber à ses pieds.
Elle se tient là, en lingerie fine. Un ensemble d'une indécence calculée : un string d'une finesse extrême en dentelle noire, au fil si étroit qu'il masque à peine la naissance de ses courbes et l'intimité de son fessier.
Malgré ses années, elle est spectaculairement belle. Une plastique sculptée, tonique, sans la moindre once de mollesse — sans doute le fruit d'années d'équitation ou de tennis pratiqués dans l'ombre feutrée des cercles bourgeois. Le contraste entre cette anatomie athlétique, presque insolente, et ce visage sévère surmonté d'un chignon de glace crée un vertige absolu.
Elle ne rougit pas. Son regard balaie la salle avec une supériorité provocante.
Lentement, elle fléchit les genoux et se met à quatre pattes, le dos fortement cambré.
Dans cette posture, la coupe dérisoire de son dessous dévoile l'intégralité de sa chute de reins et la rondeur tendue de ses fesses. La moiteur du désir qui l'habite laisse une fine trace brillante sur le bord du tissu sombre.
Toute la salle est estomaquée. Le choc est total, presque physique.
Des respirations se bloquent. Les regards restent figés, oscillant entre la sidération et la fascination la plus crue.
Dans l'assistance, Sophie observe la scène, pétrifiée, le cœur battant à tout rompre. Je ne pourrai jamais..., se dit-elle en frissonnant, complètement écrasée par la témérité et l'impudeur de cette femme.
Le préfet est au martyre absolu. Sa femme vient d'exposer ses formes les plus intimes à la face de ses pairs. Ses mains se serrent et se desserrent frénétiquement sur ses genoux. Il ne respire plus, ravagé par un mélange d'humiliation publique et d'un trouble incontrôlable.
Nadia glisse silencieusement à côté de moi. Elle contemple la scène, les yeux grands ouverts, avant de tourner son visage vers le mien. Pour la première fois, son assurance vacille légèrement sous le coup de la surprise.
— Elle a osé..., souffle Nadia dans un murmure presque inaudible.
— Oui.
— Elle a osé aller plus loin que nous tous.
Un silence passe. Nadia pose sa main sur ma nuque, brûlante.
— Regarde-les, murmure-t-elle. Ils sont tous sous le choc.
Le temps s'arrête. La femme du préfet ne bouge pas d'un millimètre, le regard soutenu, maintenant la pièce entière sous son emprise.
— Bien, souffle enfin Françoise d'une voix rauque. Vous pouvez vous relever. Fin de la seconde personne.
La femme du préfet se redresse avec une calme assurance. Sans se presser, elle réenfile son corsage, réajuste sa jupe et lisse le tissu sur ses hanches. D'une pichenette, elle replace son chignon. En quelques secondes, la bourgeoise intouchable a repris possession de son corps.
Elle descend de l'estrade et regagne sa place à côté de son mari sans lui jeter un coup d'œil. Elle pose simplement une main ferme sur la cuisse de son époux, qui reste immobile, le visage décomposé.
Françoise tourne la tête vers le fond de la pièce.
— Troisième personne pour cette première série... Sophie, c'est à toi.
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