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Fantasme
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Un an après — Chapitre 18 · Les dessous de la pause

9 minutes
23
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Marc57000
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Ce qui frappe, c'est la façon dont l'auteur fait monter la pression sans jamais précipiter les choses : chaque échange pendant la pause — le carnet de Julien retourné vers Sophie, les regards qui se croisent au buffet, les silences qui pèsent — est une petite bombe à retardement. L'écriture joue avec la retenue et le désir comme on retient son souffle. On reste suspendu à chaque détail, incapable de décrocher.

Un an après

Chapitre 18 · Les dessous de la pause

— Pause de trente minutes, annonce Françoise en s'épongeant le front d'un geste fatigué. On reprend ensuite.
Les chaises raclent lourdement sur le parquet. Les voix montent en un brouhaha étouffé, fiévreux. Le buffet est pris d'assaut, mais l'alcool coule moins que l'adrénaline. Le piano s'est tu, laissant place à une tension qui palpite entre les murs.
Je reste un moment en retrait derrière les lourds rideaux de velours. Je regarde la salle se défaire et se reformer. Des clans se forment, des rapprochements s'opèrent, portés par le vertige de ce qui vient de se passer.
Sophie et le jeune peintre.
Il l'a rejointe près du buffet. Il serre son carnet de croquis contre sa poitrine comme une armure dérisoire. Elle tient un verre d'eau qu'elle ne porte même pas à ses lèvres, les doigts crispés sur le verre fin.
— Vous avez du talent, murmure-t-elle, la voix encore voilée par l'émotion.
— Ce n'est pas… ce n'est pas fini, bafouille-t-il en ouvrant frénétiquement les pages. Le dessin. Je n'ai pas eu le temps de tout capturer.
— Montrez-moi.
Il hésite, puis retourne le carnet vers elle. La page s'ouvre sur son corps, à quatre pattes, la jupe retroussée. Il a croqué la dentelle, le motif des fleurs, le liseré. Et cette ombre... Cette tache sombre au creux du tissu, suggérée d'un trait lourd, gras, appuyé, qui trahit l'humidité de sa culotte.
Sophie regarde. Longuement. Un silence lourd s'installe entre eux. Elle ne rougit plus ; elle est saisie, touchée au plus profond par la justesse crue du dessin. Puis le sang afflue à nouveau, lui empourprant les tempes.
— Vous avez vu ça ? souffle-t-elle.
— J'ai essayé de détourner les yeux. Mais…
— Mais vous avez vu.
— Oui.
Un silence suspendu. Elle repose son verre sur la table avec un petit cliquetis de cristal. Sa main vient se poser à plat sur le carnet, frôlant les doigts du jeune peintre.
— C'est beau, dit-elle, presque pour elle-même. Ce que vous avez fait… C'est beau.
Il la regarde, les yeux brillants d'un trouble immense. Il rougit encore, mais un petit sourire maladroit, tendre, étire ses lèvres. Il ne retire pas sa main.
La femme du préfet et Valérie.
Elle vient vers moi sans se presser, avec cette démarche souveraine qui semble fendre la foule. Les conversations se taisent imperceptiblement sur son passage. Elle s'arrête à un pas de moi, son parfum lourd et poudré flottant dans l'air.
— Vous avez vu Sophie ? demande-t-elle, la voix basse.
— Oui.
— Elle a osé.
— Oui.
— Plus que moi.
Un silence s'étire. Elle contemple la salle, embrassant du regard Sophie avec le jeune peintre, Nadia un peu plus loin, et son propre mari figé au fond de la pièce. Elle replonge ses yeux dans les miens.
— J'ai une proposition, dit-elle.
— Laquelle ?
— La prochaine pose. La seconde série. Françoise l'a dit, elle sera différente. Plus… exigeante. Réservée à un public averti.
— Averti ?
— Les invités seulement. Pas les habitués qui viennent pour le folklore, pas les curieux de passage. Ceux qui restent savent exactement ce qu'ils s'apprêtent à voir… et à consommer des yeux.
Un silence. Elle s'approche d'un demi-pas. Sa main se pose sur le bord du buffet, tout contre la mienne. Nos doigts se frôlent, tièdes.
— Je veux que vous posiez, souffle-t-elle.
Je la fixe, retenant mon souffle. Elle ne cille pas.
— Pourquoi ?
— Parce que vous êtes la seule ici qui comprend. Parce que vous avez vécu cette intimité-là. Parce que vous savez ce qu'on ressent quand on est de l'autre côté du miroir, quand on se met à nu, et quand on voudrait désespérément être à leur place.
— Et vous voulez que je sois à la vôtre ?
— Je veux que vous soyez à côté de moi. Sur l'estrade. Avec moi. Face à eux.
Nos doigts se touchent un peu plus franchement. Elle ne bouge pas.
— Vous me demandez de m'exhiber.
— Oui.
— Devant votre mari ?
Elle ne sourit pas, elle ne rougit pas. Son regard est d'une clarté glacée, presque cruel, mais habité par une attente féroce.
— Surtout devant lui.
Le préfet et Nadia.
Il l'a rejointe près d'une colonne, au fond de la salle. Il tient un verre d'eau qu'il ne boit pas non plus. Nadia le contemple, ce demi-sourire narquois accroché aux lèvres.
— Monsieur le préfet.
— Nadia.
Il ne rougit pas. Pas une once de honte sur ses traits. Il la regarde droit dans les yeux, avec cette morgue naturelle des hommes de pouvoir qui refusent de plier. Mais quelque chose en lui tangue, une micro-fissure dans son armure.
— Votre femme a été remarquable, glisse Nadia, un rien provocante.
— Oui.
— Plus courageuse que vous.
Il ne baisse pas les yeux. Il ne tremble pas. Il la contemple un long moment, lourd de silence, avant d'hocher la tête, tout juste d'un millimètre.
— Oui.
— Elle a posé. Devant vous, devant la ville entière. Elle a montré ce qu'elle gardait jalousement secret. Elle a osé basculer.
— Oui.
— Et vous ? Vous avez osé quoi, au juste ?
Un silence lourd pèse entre eux. Il ne répond pas par des mots. Lentement, il pose son verre sur une console, sans briser le contact visuel.
— Ce n'est pas fini, lâche-t-il d'une voix grave.
Nadia arque un sourcil, intriguée.
— Quoi donc ?
— La soirée. Elle est loin d'être terminée.
Il pivote sur ses talons et s'éloigne d'un pas ferme, la silhouette rigide, marchant droit vers le fond de la pièce. Il ne rougit pas, mais le long de ses cuisses, ses mains sont fermement serrées, les phalanges exsangues sous la tension.
Nadia le suit des yeux, fascinée par cette résistance farouche. Son sourire s'élargit.
Missa, Nadia et le préfet.
Missa a posé son boîtier reflex sur une table haute, faisant défiler les clichés récents sur l'écran minuscule. Nadia s'approche, se penche par-dessus son épaule, son parfum enveloppant l'espace.
— Celle-là, souffle-t-elle en désignant l'écran.
Missa s'arrête. C'est le cliché de Sophie. À quatre pattes, la jupe retroussée, la culotte rouge écarlate et cette trace sombre, humide, indéniable au creux de la dentelle. Le contraste du flash rend l'image d'une impudeur saisissante.
Nadia contemple la photo avec une gourmandise manifeste.
— Elle est parfaite.
— Oui, murmure Missa.
— Tu vas la garder ?
— Précieusement.
Il fait glisser l'affichage. Une autre image apparaît : Nadia elle-même, superbement cambrée, la robe retroussée, exposant son fessier doré sous les projecteurs. Elle s'arrête net.
— Celle-là aussi.
— Évidemment.
— Tu as eu exactement ce que tu voulais, remarque Nadia, un frisson dans la voix.
— Pas encore tout à fait.
Il fait défiler encore. Nadia relève la tête. À quelques pas d'eux, immobile, le préfet fixe l'écran éteint. Il a tout vu, tout compris des cadres qui s'amoncellent. Il ne détourne pas le regard. Sa mâchoire est serrée au point de craquer, sa gorge se noue et il déglutit péniblement. Pourtant, il ne rougit toujours pas ; il encaisse, planté là comme une sentinelle aveuglée par sa propre chute.
Nadia lui décoche un sourire pervers avant de s'éloigner d'un pas souple. Missa éteint l'appareil. Le préfet reste seul, les poings de nouveau fermés, les phalanges blanches de rage et de désir rentré.
Le retour de Françoise.
Deux battements de mains secs claquent dans l'air saturé de la pièce.
— Bien. La pause est terminée. On reprend.
Les chaises résonnent à nouveau. Les murmures s'éteignent peu à peu, remplacés par un silence de plomb, lourd de promesses ambiguës.
— Changement de programme, annonce Françoise d'une voix qui porte. La seconde série initiale est annulée. À la place, nous allons clore cette soirée par une pose finale. Une performance unique... strictement réservée à un public averti.
Un frisson collectif parcourt l'assemblée. Des têtes se tournent, des regards incertains s'échangent.
— Les invités qui le souhaitent peuvent rester. Les habitués et les curieux les plus timides peuvent quitter la salle dès maintenant. Ceux qui choisissent de rester savent ce qu'ils vont voir... et ce qu'ils endurent.
Personne ne bouge. Pas un seul invité ne quitte sa chaise. L'immobilité est totale.
— Bien, reprend Françoise, un éclat sombre dans le regard. Cette pose finale sera une pose collective. Quatre femmes. Ensemble, sur l'estrade.
Elle balaie la salle du regard, s'attardant sur les visages avant de désigner les modèles de la main.
— Nadia. Sophie. Madame la préfète. Et…
Elle marque une pause délibérée, savourant le silence qui s'épaissit. Son index se tend alors vers moi, au fond de la pièce.
— Valérie. Vous serez la quatrième.
Un choc sourd résonne en moi. Toutes les têtes se tournent d'un bloc vers ma direction. Je sens le sang affluer brutalement, une vague de chaleur incandescente me brûlant les joues et le cou. Je croise le regard de Nadia, qui hoche la tête avec une approbation souveraine. Je pivote vers la femme du préfet : elle esquisse ce petit sourire en coin, plus bourgeois, plus froid, mais infiniment plus troublant encore. Enfin, je regarde le préfet. Il est pétrifié, les doigts plantés dans le bois de sa chaise, ses phalanges exsangues.
Lentement, dans un silence absolu où l'on n'entend plus que le tambour de mes propres tempes, je me lève. Je traverse la salle sous des dizaines d'yeux avides, je monte les marches de l'estrade, et je viens me placer juste à côté de la femme du préfet.
Elle se tourne vers moi, ses yeux brillants d'une ferveur sombre.
— Merci, murmure-t-elle à mon intention.
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Chapitre 19 · La pose finale... pour ce soir
La soirée de pose atteint son apogée. À la demande du préfet, quatre femmes — Nadia, Sophie, la femme du préfet et la narratrice — montent sur l'estrade pour la pose finale : une croix à quatre pattes, jupes relevées, sous les regards d'un public réuni en cercle tout autour. Françoise a prévenu : il y a une règle. Une seule. Et sous ces regards brûlants, tout se joue à un souffle près.
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