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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Les Chroniques de l'Ether — Chapitre 18 · L'Affront de la Haine

20 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Les Chroniques de l'Ether

Chapitre 18 · L'Affront de la Haine

Chapitre 18 - L'Affront de la Haine
La Nuit gibbeuse s'était levée sur la capitale. Sa lumière blafarde éclairait le Grand Atelier, plongé dans la pénombre des lampes éteintes par manque de combustible. Les golems au repos veillaient sur leurs outils et leur matériel. D'autres gardaient les portes depuis le cambriolage qui avait beaucoup stressé leur maîtresse. Ils le savaient bien qu'ils ne l'avaient pas vécu. D'autres avant eux avaient été brisés par une puissance phénoménale. Et en eux résidait désormais la peur que leur maîtresse leur avait insufflée quand elle les avait fabriqués. Ainsi, ils craignaient l'absence de la Nuit, tant de choses pouvant se cacher dans l'obscurité.
Cependant, une autre présence résidait en ces murs, accompagnant leur maîtresse. Celle-ci était beaucoup plus chaleureuse, et c'était peu dire, étant donné la moiteur qui demeurait dans son sillage. Rassurés, les petits golems de pierre se maintenaient à leurs postes, et rien n'aurait pu y changer. Les ordres avaient été clairs. Et ce n'était pas les cris derrière la porte qui devaient changer quoi que ce soit. Elle avait assuré qu'elle ne serait pas en danger. Aucun ne ressentait de peur, mais, au contraire, une certaine excitation latente. Donc, il n'y avait pas lieu d'intervenir.
De l'autre côté de la double porte, Typhlodème avait créé un grand espace au milieu de la vaste pièce. De lourds tapis, des coussins et des couvertures étaient disposés au sol pour offrir une ambiance confortable propice au travail qui allait se dérouler. Avec Thermoptès, qui s'était libérée de sa prison, elles avaient rempli d'eau des centaines de jarres, de fioles, de béchers, d'éprouvettes, de tubes à essais, de vases et de bouteilles et les avaient positionnés autour du nid formé au centre.
La fée rousse, plus désirable que jamais, annonça, narquoise :
— Tu es prête, Blondie ? Tout est comme tu veux pour la grande production ?
— Oui, c'est bon. Désolé d'avoir insisté pour le lieu, mais quelque chose ne tourne pas rond à la Tour et, connaissant tes pouvoirs, je me devais de les confiner dans ses pièces. Ainsi, tu pourras te lâcher sans risque.
— Tu es agaçante avec tes précautions inutiles ! Je suis plus forte que toutes les plaques de métal que tu as mises ! Je te rappelle que je forge le métal depuis plus de trente ans.
— On verra bien, répondit simplement l'ingénieure avec un sourire.
Les deux femmes étaient déjà nues. Chacune connaissait le corps de l'autre, mais cela restait toujours un spectacle tout à fait appréciable. Un sourire en coin, Typhlodème s'avança à quatre pattes vers la fée qui était affalée dans les coussins, une jambe sous son giron. Les seins pendants et se balançant à chaque pas gracieux, elle l'atteignit et passa à l'offensive. Rien de bien méchant, évidemment. La langue sortie, elle la fit courir du nombril de la rousse jusqu'au sternum. La peau lui chauffait la langue et, de son côté, la fée sentait la langue comme un glaçon, ce qui la faisait frissonner de plaisir.
Dominant la fée, elle lécha ensuite chaque mamelon dans une valse érotique menée par sa langue experte. La satisfaction la gagna lorsque les tétons gonflèrent entre ses dents et que les premiers gémissements se firent entendre. Thermoptès caressa la chevelure soyeuse de l'humaine qui lui procurait un plaisir doux, sincère et si aérien qu'elle se laissa à son traitement. L'ingénieure se repositionna pour saisir les deux gros seins de la rousse et, les pressant et comprimant, elle agaça les deux tétons en même temps, salivant de désir. La fée bomba le torse pour l'encourager. Cette dernière ne restait pas inactive : ses mains saisirent ses mamelles pendues de Typhlodème et titillèrent les tétons de petites pichenettes.
La blonde stoppa ses léchouilles pour embrasser à pleine bouche la fée qui le lui rendit avec délice. Leurs langues dansèrent, virevoltèrent dans une valse scabreuse et salivante. Dans le même temps, la rousse effectuait de légers mouvements du buste pour que leurs tétons se frottassent. C'était agréable, c'était joliment érotique, c'était simplement sensuel. Mais il fallait passer aux choses sérieuses.
Typhlodème le comprit lorsque son amante la repoussa en écartant les jambes. Des deux mains, elle ouvrit son fruit mûr et brillant et lui ordonna :
— A table, maintenant.
Un léger sourire, elle sentit que la main avait changé d'allégeance et elle plongea, toujours à quatre pattes, les fesses tendues vers la porte close. Elle déposa d'abord l'excès de salive qui noyait sa bouche et lapa du plat de la langue l'intimité suintante. A la lumière de la Nuit, la fée pouvait voir de gros filets de liquide épais, mélange de salive et de mouille. Cela l'excita davantage et les premiers chatoiements de ses ailes créèrent une lueur mordorée. La blonde s'activa ensuite avec un entrain plus intense. Elle léchait, lapait, goûtait et buvait autant qu'elle pouvait. Tantôt elle mordillait ses nymphes internes, tantôt elle agaçait le bourgeon de plaisir, tantôt elle plongeait dans son vagin pour y faire tournoyer sa langue.
La fée gémissait avec plus de force, son corps se tendait et se tortillait sous la vivacité de ce traitement dévastateur. Typhlodème était satisfaite de son travail mais elle fit joindre ses doigts métalliques à la fête brûlante qui se déroulait sous sa langue. Bien lubrifiés, elle en enfonça deux dans son sexe ouvert, deux dans son petit trou frippé et le pouce plaqué contre le bourgeon. La rousse ouvrit deux yeux ronds avant de savourer très audiblement les aller-retours fermes de l'humaine.
Le traitement était d'une telle intensité qu'elle hurlait de plaisir sans discontinuité. Ses ailes brillaient désormais de mille feux, et, alors qu'elle n'avait pas encore exalté, les récipients les plus proches se teintaient de bleu.
Cependant, la blonde en voulait, elle aussi. Elle cessa donc son labeur, peignant sur le visage de son amante une déconfiture des plus stupéfaites :
— Mais… j'étais sur le point de…
— Moi aussi, j'y ai le droit !
— Tu abuses, on est censées se focaliser sur la production d'Erotium.
— Dixit celle qui va jouir comme jamais, quoi qu'il arrive !
Thermoptès eut un air faussement coupable, trahi par son sourire conquérant. Il s'effaça quelque peu, néanmoins, lorsque l'ingénieure se leva et fouilla les abords du nid. Elle la vit se saisir d'un objet, mais, lui tournant le dos, elle ne put que remarquer les boucles de cuir qu'elle se ceinture à la taille. Et lorsqu'elle lui fit face, Thermoptès marqua un temps d'arrêt :
— Qu'est-ce que c'est ?
— Un G.O.D.E. ceinture, nouvelle invention ! Ca, ça va s'enfoncer dans ta chatte trempée, expliqua-t-elle en caressant la tige oblong et épaisse faite d'un métal souple, et une autre partie, un peu moins grande, est enfoncée dans la mienne. Comme ça, on sera deux à prendre du plaisir !
— C'est… GENIAL !
— Alors viens le lubrifier !
Typhlodème se mit à genoux, tandis que la rousse, à quatre pattes, s'avança et engloutit voracement. Après quelques aller-retours riches en salive, l'objet brillait et se mouvait dans le sexe de l'ingénieure qui gémissait doucement. Les caresses de sa partenaire aux fesses y étaient également pour quelque chose. L'instant avait largement dépassé l'érotisme initial et les deux amantes s'abandonnaient dans une danse libidineuse, ponctuant de bruits de déglutition obscènes et de gémissements étouffés.
La rousse se redressa ensuite, satisfaite de son labeur, avant de présenter sa croupe ferme au sexe factice. Ses ailes déployées offraient une prise à la blonde qui s'en saisit énergiquement et s'enfonça d'un coup de bassin lent mais constant. La fée feula sous l'effet de l'intromission qui lui dilatait les chairs. Les mains de Typhlodème brûlaient à cause de sa prise, mais le sentiment de domination qu'elle ressentait à ce moment en valait largement la peine. Elle s'activa nerveusement dans l'intimité de Thermoptès, assez troublée par les sensations qu'elle se provoquait.
C'était si bon. Les deux femmes hurlaient désormais sous les assauts profonds et toujours plus rapides. Les ailes finirent par s'enflammer et s'irradier d'arcs étincelants. La blonde était épatée par le spectacle dont elle était témoin et les lâcha. Profitant alors de ses mains libres, elle ramena le buste de son amante contre elle pour lui saisir les seins et les malaxer. Elle oublia la proximité du brasier, se concentrant sur leur plaisir croissant et inhérent.
Finalement, dans une ultime ruade, la poitrine face à la Nuit lumineuse, la rousse jouit à gorge déployée, projetant une vague flamboyante dans toute la pièce, éclairant tous les recoins sombres. Les fioles bouillonnèrent toutes mais restèrent stables, d'un beau bleu électrique. Typhlodème, elle, reçut de plein fouet la jouissance de la forgeuse et le mélange de plaisir et de douleur la fit également exalter dans une succession de tremblements erratiques. La peau de sa poitrine et de son abdomen chauffait sévèrement. Mais cela n'avait aucune forme d'importance.
Puis, tout s'arrêta. Le silence et l'obscurité s'installèrent de nouveau entre les deux amantes, essoufflées et endolories, la tâche dignement accomplie.
***
Tapi dans l'ombre, drapé de l'obscurité environnante, deux yeux de ténèbres n'avaient rien raté de toutes ses machinations perverses. Les deux salopes n'avaient pas manqué l'occasion de préférer les plaisirs saphiques à la résolution du réel problème. Il se frottait les mains de la perfidie de ses actions. Il continuerait donc de profiter de la noirceur de la ville pour se répandre insidieusement et en toute impunité. Il avait cru, après l'évasion de la putain rousse, qu'il allait être débusqué par leur pseudo-fondation, pâle imitation de la grandeur de Gaïa ; mais son Polemos, allumé par la fée, avait fait des miracles et continuaient à en faire, d'ailleurs. C'était tellement amusant de les voir se chinoiser pour des broutilles !
En revanche, la traînée blonde lui échappait encore. Il avait réussi à la surprendre dans son état le plus faible pour lui soutirer son ingénieuse invention. Il se demandait encore pourquoi il n'y avait pas pensé, lui, plus ancien que tous ceux-là, qui avait conquis tant de puissance. Il s'était souvent enorgueilli de sa suprématie intellectuelle et manuelle, mais voilà cette emmerdeuse était venue saper son moral et bouleverser ses plans. Il avait su rectifier le tir, et une idée germait lentement dans son esprit malsain. Une idée brillante, oh ça oui ! Une idée diabolique…
Il les laissa à leurs ébats sans saveur et erra vers la Tour, en quête de sensations plus intenses. Il ressentit les effets de sa terrible machine, mais depuis longtemps il savait les contrôler. Il huma l'air, et ses poumons se remplirent de conflits, disputes, retors et colères rancunières. Il s'enfonça dans les fondations de la Tour, où personne n'allait jamais. Il avait d'abord été surpris de constater que, finalement, personne n'avait pris la peine de fouiller les souterrains qui donnaient sur les catacombes de la ville.
Face à la monstrueuse porte, il entendait encore les hurlements des créatures qu'il avait torturées, des années auparavant. Aujourd'hui, le silence était rompu par les chaînes qui tintaient légèrement et les grognements de ses chiens dressés. Son premier tour de force avait été d'infiltrer toute la ville avec ses bêtes. Il l'avait déjà fait par le passé. Lorsqu'il avait renversé Gaïa, il avait son armée derrière lui, composée de tous ceux qu'il avait pu rallier à sa cause et qu'il avait malmenés aussi. Souvent, il s'interrogeait dans l'obscurité sur le bien fondé de son renversement. La seule réponse qui finissait toujours par revenir tenait en un mot : liberté.
Il avait vraiment espéré que son action fracasserait l'idéal social de la hiérarchie pyramidale. Mais l'humain était trop faible et trop d'humanité résidait encore dans le cœur des créatures éthérées. Ô combien il avait été déçu lorsqu'il avait été réveillé par les soubresauts des Fondateurs qui s'amusaient au-dessus. Leurs idéaux étaient nobles, il le reconnaissait, mais tellement hypocrites également.
Il ouvrit la porte en chêne noir et se glissa dans la galerie. Cette dernière empestait le poil humide, les champignons rances et la terre souillée. Elle courait sous la ville sur des lieues, un véritable labyrinthe qui l'aura bien inspirée quand il avait dû enfermer la pute serpent, et elle était percée de milliers de cellules. Ces dernières contenaient tous ses fidèles, tous ses esclaves, tous ses repentis. Lorsqu'il avait besoin de se décharger, il remplissait quelques-unes de ses chiennes de son stupre. Lorsqu'il avait besoin d'un éclaireur ou d'un infiltré, il envoyait le bon changeur de peau faire la tâche assignée.
A leur réveil, les habitants de la Tour allaient avoir une sacrée surprise. Il souriait déjà de sa victoire, comme si elle était déjà acquise, comme si la ville était déjà sienne. Dans les ténèbres de la galerie, il inspira et des chandelles s'allumèrent devant les portes qui s'ouvraient, les autres restant hermétiquement closes. Il s'en servirait plus tard. Des hommes et des femmes de tous genres sortirent et s'alignèrent en colonne, attendant les ordres. Une fée au charme douteux était également dans le rang.
— Toi, la désigna-t-il, d'une voix sèche et sans émotion, viens ici.
Pendant qu'il sortait son membre fièrement raidi par l'excitation de son vice, la fée nue aux seins pendants s'avança et s'agenouilla pour le prendre immédiatement en bouche.
— Vous autres, infiltrez les différents commerces de la ville, ordonna-t-il à un groupe. Et vous, saccagez toute la Tour, soyez impitoyables, commanda-t-il aux individus les plus charpentés.
— Bien Maître, scandèrent-ils tous en chœur.
Alors que le premier groupe fit demi-tour et s'enfonça dans la galerie pour récupérer la sortie à l'extérieur de la ville, la fée enfonçait la queue tendue dans le fond de sa gorge. Les larmes creusaient des sillons dans la crasse qui couvrait son visage. Les bruits de déglutition obscènes faisaient bander la plupart des hommes encore présents. Le groupe attendait silencieusement que le premier fût complètement parti. Et puis, c'était le rituel.
Ensuite, ils entourèrent leur chef à quelques pas de lui, attendant le clou du spectacle. Les hommes se branlaient allègrement et les femmes ponçaient de petits bâtons épais et oblongs. La fée s'activait avec plus de ferveur, mais cela n'était guère à son goût. Alors, impassible, il la gifla sévèrement, sous les rires graveleux des spectateurs, et saisit son visage et ses cheveux pour imposer un rythme intense à la gorge de l'esclave, éduquée à la tâche. Enfin, sans aucune attention à son égard, il se déchargea dans sa gorge. Il la lâcha et la jeta au milieu de son élite, crachotant.
— Merci pour l'offrande, Maître ! le remercia-t-elle, toujours à quatre pattes, à reprendre sa respiration.
— Elle est à vous, puis au sac ! déclara-t-il à son auditoire, en se rhabillant.
— Longue vie à toi, ô Dynamagos le Tyran !
Et il s'en fut, sans un regard sur la curée,
***
Aerkyr fut réveillé brutalement, nu, par une énorme bête poilue qui venait de faire irruption dans ses appartements, dans un vacarme assourdissant de destruction et de grognements terrible. L'immense grizzly dévastait consciencieusement chaque parcelle de son logis, griffant, déchirant, brisant et fracassant tout sur son passage. Le sol tremblait sous son pas lourd et pataud. Le plafond trop bas se lézardait à cause des coups de tête dedans et de pattes dans les murs.
Particulièrement excédé de voir ce saccage tintamarresque, il l'invectiva en hurlant de sortir. La bête monstrueuse s'immobilisa, un air étrangement humain de surprise se lisait dans son regard, alors qu'elle tourna sa grosse tête ronde vers l'objet de son interruption.
La rage faisait fureur en lui, une tempête de colère qu'il lâcha sur la bête. Sa métamorphose fut impressionnante de vélocité et de brutalité. L'aile géant trônait au milieu de la pièce, face au grizzly. Sans crier gare, les deux monstres se jetèrent l'un sur l'autre.
Le vacarme était assourdissant de cris, de grognements, de coups. Les plumes et les poils voletaient autour d'eux. Très vite, les appartements ne furent plus qu'un champ de ruine trop petit pour deux bêtes trop grosses. Les cloisons furent prestement abattues, le plafond s'effondra à plusieurs endroits, tandis que les deux adversaires luttèrent avec hargne, l'un agacé qu'on investît son espace, l'autre surpris dans son saccage.
L'ours était puissant et chaque coup porté projetait l'oiseau engoncé dans la pièce. Mais l'aigle aussi avait sa force et son agilité, esquivant certaines bourrades, ce qui lui ouvrait la défense de l'ours pour frapper tantôt du bec qui ressortait sanguinolent, tantôt des serres labourant le ventre de l'arctanthrope. Le combat était acharné et les deux ennemis souillaient le sol de leur sang.
Alors que le plafond était grandement ouvert, Aerkyr montra sa grandeur en s'élevant légèrement et, d'un vigoureux battement d'elle, il souffla une véritable tempête contre l'ours. Les vents finirent de détruire la grande suite du Seigneur et projetèrent la bête poilue sur le balcon, hébétée. Puis, tel un rapace furieux, il fondit sur l'animal sonné, l'égorgea d'un violent coup de bec et l'envoya se fracasser au sol, dans une pluie de sang, de poils et de débris. Le choc sourd émit quelques craquements sinistres, mais l'ours géant ne bougeait plus.
Ce fut alors qu'il se rendit compte du tumulte qui demeurait dans la tour. Des cris, des explosions et des éboulements retentissaient dans tout l'édifice d'albâtre. Une impressionnante décharge fit voler en éclat tous les murs de l'étage avec…
— Mantarkh ? s'exclama Aerkyr, ayant repris sa forme humaine.
La dryade semblait chamboulée et restait immobile au milieu des débris de glace, de givre et de la neige qui saupoudrait le sol et les corps de cinq ours gigantesques.
— Il faut s'assurer que tout le monde va bien, murmura-t-elle, encore ailleurs.
Non sans une certaine aigreur, les deux Fondateurs essoufflés par l'effort inspectèrent la tour et constatèrent les dommages provoquées par cette invasion soudaine. Ils ne trouvèrent aucun garde. En revanche, bien que les dégâts étaient conséquents, il n'y avait eu que peu de blessés, les novices étant ou en ville ou s'étant cachés des bêtes. Les deux Fondateurs comprirent qu'ils ne leur avaient enseigné comment se défendre, mais seulement à servir.
— Aurions-nous fait une erreur, ma chère ?
— Certainement, mais tu as toujours refusé d'entendre raison, d'écouter mes conseils, l'accusa-t-elle, sèchement.
— Tu veux vraiment aller sur ce terrain ??
— C'est toi le chef, non ? Tu nous l'as assez rabâché comme ça. Alors assume !
La dryade tourna les talons, furieuse, et s'approcha de jeunes novices pour leur procurer les premiers soins. Hébété, mais fulminant, Aerkyr entreprit une fouille minutieuse de la Tour. Comment étaient-ils rentrés ? Les grandes portes principales étaient encore closes…
Pendant ses recherches, il continuait de se tourmenter à propos de ses collègues, ne comprenant pas leur colère, ni la sienne d'ailleurs. Chaque pensée à leur égard était un cancer lui brouillant la vue et la clarté de son esprit. Il avait ses responsabilités, pourquoi ne pouvaient-ils pas l'entendre ? Et cette colère qui ne le quittait jamais lui empoisonnait sa bonne humeur habituelle. Les trente-deux étages ne cachaient aucune effraction, malgré les nombreux dégâts.
Il se rendit ensuite dans les caves de la Tour. Trois étages de sous-sols les composaient. Il reconnut les piétinements des nombreux changeurs de peau. Il les suivit sur des couloirs et des détours. Il descendit multitudes de volées de marches, s'enfonçant dans les méandres de l'édifice antique, le poids de la colère s'allégeant peu à peu. Il finit par tomber sur un éboulement, au bout d'un tunnel sombre. Le plafond était effondré, et les pierres qui obstruaient la voie semblaient scellées par les ans. Il déployait force et puissante éthérique, mais jamais elles ne bougèrent d'un pouce.
Alors qu'il inspectait toujours l'éboulis, un bruit dans son dos capta son attention. L'œil agile et acéré, il s'apprêta à la charge. Cependant, une lueur mordorée et douce apparut dans le couloir d'où il était venu et gagna en intensité. Il reconnut deux pas légers et deux respirations à peine essoufflées. Ce n'était pas un arctanthrope.
— Qui va là ? annonça-t-il fortement, voulant lever le doute.
Nulle réponse fut nécessaire, car les deux personnes prirent enfin le virage, s'engageant vers lui. La lueur singulièrement unique lui permit d'identifier ses poursuivants :
— C'est nous, détends-toi ! déclara Thermoptès, joviale.
Typhlodème l'accompagnait, des bijoux dans les mains. Toutes deux, d'ailleurs, en arboraient sur leur chef.
— Comment m'avez-vous retrouvé ? C'est une pagaille là-haut.
— Oui, on a vu ça, c'était assez effrayant, mais Mantarkh est déjà en train de beugler des ordres à tout va ! Elle nous a dit que tu t'étais rendu, elle ne savait trop où. On a alors supposé que tu avais dû partir chercher d'où les ours étaient venus.
— D'ailleurs, je ne sais pas pour vous, mais je ne ressens plus cette colère et cet esprit conflictuel que j'avais à l'égard de tous, déclara Aerkyr, songeur.
— C'est Typhlodème qui a trouvé…
— En effet, la coupa l'ingénieure, la Tour baigne dans une aura maligne, qui, a priori, génère ces sentiments de conflit que l'on a tous ressentis. C'est pourquoi j'ai fabriqué ces petites choses.
Disant cela, elle montra ce qu'il avait pris pour des bijoux : des petits diadèmes dorés, ornés de mécanismes miniaturisés et complexes.
— Ce sont des déflecteurs, ajouta-t-elle en guise d'explication, ils annihileront les ondes néfastes qui s'approchent du porteur. L'effet est assez local, mais plus nous serons nombreux à en porter, plus ils auront d'impact à plus grande échelle.
L'ornitanthrope se saisit du dispositif que lui tendait l'ingénieure souriante et l'aposa sur sa tête, non sans une certaine gêne. Étonnamment, le déflecteur s'ajusta de manière à être le plus discret possible, ce qui rasséréna Aerkyr quelque peu épaté par les prouesses de la blonde.
— Oui je me suis dis que ce ne serait pas du goût de chacun. Aussi, j'en ai fait un véritable bijou de technologie, interagissant également avec les sentiments du porteur.
— C'est splendide, Typhlodème ! Et je me sens libéré d'un tel poids. Tu es brillante !
— Merci ! dit-elle rougissante.
— Bon ! On remonte avant de moisir ici ? râla la fée.
***
Derrière l'illusion, il observait, avec une rage immense, la réunion informelle qui s'était tenue. La fureur était insoutenable, mais il avait hésité à les affronter. Pourquoi ne les avait-il éliminés tout simplement ? Il était largement plus puissant qu'eux. Il avait l'avantage de la surprise, qui plus est. Mais son plan remarquable nécessitait de la patience. Beaucoup de patience.
Quand il en aurait fini, nul ne douterait plus jamais de lui, ni ne contesterait son pouvoir.
Il se retira dans l'obscurité, après avoir donné matière à l'illusion. Il allait devoir faire appel à une vieille connaissance, la plus grande des garces que la Terre n'eût jamais portée.
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Chapitre 19 · Zincheng
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Utilisateur supprimé
15 novembre 2024 à 18:15
Encore un chapitre très enthousiasmant. Je peux vous assurer moi aussi que j’irais jusqu’au bout de cette passionnante histoire.
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
14 novembre 2024 à 17:27
Ah lala, Pulsar... Tu me régales avec cette première scène ^^'
Tu ne saurais pas, par hasard, où je peux trouver une fée :P ?

Au cœur de mon imagination réside plein de créatures ! Tu devrais y venir plus souvent ;)

Après, pour le reste, ça a l'air d'être un beau bordel ! Quelle idée, aussi, d'autoriser les élevages d'ours en cave ! Ça devrait être interdit ! :D

Encore un chapitre délicieux et époustouflant de rebondissements.
Dommage que tu n'aies pas plus de lecteurs. Mais tu allies longs textes et histoire à chapitres, ce qui n'est malheureusement pas le combo gagnant :/.

En tout cas, on est là avec Plumes, et on ne lâchera pas l'affaire avant le dénouement final. :)

Je sais que le format que j’ai choisi n’aide pas à avoir plus de lecteurs ! Mais c’est comme ça !
Moi je m’éclate et je vous fais plaisir :)
Et c’est tout ce qui m’importe !

Merci de votre soutien indéfectible !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Wedreca
Wedreca
14 novembre 2024 à 12:52
Ah lala, Pulsar... Tu me régales avec cette première scène ^^'
Tu ne saurais pas, par hasard, où je peux trouver une fée :P ?

Après, pour le reste, ça a l'air d'être un beau bordel ! Quelle idée, aussi, d'autoriser les élevages d'ours en cave ! Ça devrait être interdit ! :D

Encore un chapitre délicieux et époustouflant de rebondissements.
Dommage que tu n'aies pas plus de lecteurs. Mais tu allies longs textes et histoire à chapitres, ce qui n'est malheureusement pas le combo gagnant :/.

En tout cas, on est là avec Plumes, et on ne lâchera pas l'affaire avant le dénouement final. :)
Modifié 14 novembre 2024 à 12:52
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
11 novembre 2024 à 23:41
Effectivement, le personnage en question est assez aisément identifiable !
Encore une fois ravi de ton commentaire !

J’espère réussir un final (chapitre 24) à la hauteur de tes attentes !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
11 novembre 2024 à 23:19
Toujours aussi inventif et palpitant (sans parler des scènes de sexe qui sont comme à chaque fois des plus efficaces pour faire monter la tension) ! Et ce final mystérieux (même si j'ai une petite idée de qui pourrait être la garce en question) fait qu'il va être difficile d'attendre le prochain chapitre.
Soyez respectueux
Répondre

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