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✦ Pulsar05 Les Chroniques de l'Ether XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Les Chroniques de l'Ether — Chapitre 4 · Chapitre 4 - L'Ingénieure

19 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Les Chroniques de l'Ether

Chapitre 4 · Chapitre 4 - L'Ingénieure

Chapitre 4 - L'Ingénieure
Le Grand Atelier de Typhlodème résonnait continuellement dans le centre de cette ville immense, Myréthnopole
myr = mille, ethno = peuple, polis = ville ; littéralement 'La Ville aux Mille Peuples'
. C'était la plus grande capitale de l'Euprotochore
littéralement 'le Beau Vieu Continent'
. Des milliers d'usines, d'habitations, d'entrepôts, des quartiers plutôt confortables aux plus modestes s'agglutinaient dans un nuage de vapeur, de poussières, de suie et d'odeurs en tous genres. Tous les peuples d'une manière ou d'une autre interagissaient par le biais d'échanges : culture, recherches, récoltes et chasses, inventions, productions. Les humains étaient pour beaucoup rassemblés dans de telles cités, préférant la proximité des uns et des autres, pouvant plus facilement travailler ensemble.
Depuis quelques années maintenant, le ciel de cette mégapole s'est rempli peu à peu de puissants dirigeables, antiques fleurons de la communion perdue entre les peuples, fonctionnant à la vapeur chauffée par l'Erotium
ressource énergétique, substance issue de la réaction entre l'eau pure et l'orgasme d'une fée
. On avait aussi développé les voiles solaires pour les transports maritimes et fluviaux, et les gens se déplaçaient dans la ville à l'aide de véhicules autonomes, individuels ou non, suivant un parcours donné. Et toutes ces technologies et inventions rayonnaient sur tout le continent. Depuis la Grande Dépression, cela faisait seulement quelques dizaines d'années que la confiance entre les races reprenait doucement l'avantage sur la méfiance qui les avait séparés il y avait plus de trois cents ans. Et l'égide de ce regain de foi travaillait avec un acharnement pieux.
Sa connexion avec l'éther était puissante, surtout pour une humaine. Peu avait la chance de pouvoir le manipuler, et une proportion encore plus faible savait le maîtriser, ou en tout cas, pouvait bénéficier d'un tuteur, généralement d'une autre race, pour l'y initier. Mais pour Typhlodème, il n'en fut rien de tout cela. Ayant perdu ses parents dans une explosion d'Erotium instable d'un ingénieur peu scrupuleux, elle avait été recueillie par la cité, dans le cadre d'un programme de protection des orphelins, véritable vivier pour entretenir l'élan de diversification ethnique, ainsi que l'éradication de la délinquance : le travail et les objectifs servaient la cité et donc les peuples.
Ainsi, dès son plus âge, voyant son intérêt pour les sciences mécaniques et éthériques, un vieil ingénieur, aidé d'une Hylédiptère brillante, Tectheria, la prit sous son aile et lui enseigna tout ce qu'il savait. Et toutes les questions qui donnaient lieu à d'autres plus complexes la poussèrent à se documenter dans les anciennes archives qui existaient encore à la Grande Bibliothèque, une tour immense rassemblant l'essentiel des connaissances du monde. Elle avait été conçue il y a près de mille ans par des sages de tous les peuples, qui furent à l'origine de la Grande Confiance et de la Confrérie de Gaïa, perdue dorénavant.
Au bout de quelques années, elle finit la conception du premier dirigeable à vapeur et Erotium, qui s'envola depuis le début de la Grande Dépression. Tous les autres avaient été détruits ou volés par le Tyran au moment de sa prise de pouvoir. Ainsi donc, la jeune Typhlodème faisait la fierté de son enseignant, dépassant de loin ses espérances. L'Hylédiptère fut plus mesurée : bien qu'heureuse de voir cette collaboration aboutir si tôt, les souvenirs qu'entretenaient les fées entre elles de la chasse qu'elles avaient subie retentissaient encore en elle.
Conceptrice de génie, elle participa à l'élaboration de nombreux automates, véhicules, machines en tout genre. La dernière en date était le Disrupteur d'Energie, un dispositif complexe convertissant l'Erotium en toute forme d'énergie (mécanique, thermique, électrique, etc). S'ensuivit alors une grande période d'évolution dans le quotidien des habitants de la capitale : chacun voulait le Disrupteur pour l'équiper sur leurs machines. Les premières équipées furent les services publics : les transports. Les dirigeables sont l'aboutissement de cette évolution significative. Après les avoir vus renaître, les gens les virent devenir plus performants, et la combinaison entre la technologie à circulation de vapeur et la conversion d'Erotium les sublimait sur le plan technique et même artistique, auraient dit certains.
Maintenant que ses vingt ans étaient atteints, le vieux professeur n'avait plus grand-chose à lui apprendre, hormis la sagesse de concevoir ce qui serait juste et servirait le bien commun. Et ce fut selon ces dogmes que, chaque lever de Jour qu'un cycle faisait, elle travaillait sans relâche. Tectheria restait également présente à ses côtés, étant indispensable pour la production d'Erotium et l'apprentissage long et difficile de la maîtrise de l'Éther.
En plus de son génie, Typhlodème était devenue une très belle jeune humaine. Sa chevelure blonde souvent coiffée en queue-de-cheval encadrait un visage doux, bienveillant, au regard amande très expressif. L'Hylédiptère sentait son cœur bondir chaque cycle qu'elles travaillaient ensemble et l'évolution de son corps de femme la faisait frémir de plus en plus ces dernières courses de Nuit. En effet, celui-ci se sculptait tranquillement à cause de son travail ; sa taille fine, ses cuisses fuselées et musclées et son buste au sein rond et joliment fourni formaient une harmonie visuelle dans les courbes que la fée désespérait de mettre à nu. Finalement, à force de persuasion, de contacts plus ou moins volontaires, elles finirent par se donner l'une à l'autre dans l'atelier, où régnait un réel capharnaüm. Le vieux professeur, malheureux témoin, ne put qu'observer à la dérobée, le sexe à peine durci, l'éveillement des derniers sens de sa protégée, qui, désormais, ne l'était plus.
Quel vacarme sonore avait retenti ce cycle-là ! Selon lui, tout le quartier avait entendu les ébats torrides des deux amantes. Et selon toute vraisemblance, à entendre les ragots, il avait très certainement raison. Cela fit beaucoup jaser, mais comme tout le monde avait besoin de Typhlodème, cela passa et chacun trouva sa place.
Justement, Tectheria était en manque affectif depuis pas loin d'un demi-cycle. Elle savait que Typhlodème se serait pliée à son caprice, mais elle travaillait depuis plusieurs cycles sur un projet, dont elle ne lui avait fait aucune mention. Elle en était un peu jalouse, mais son affection pour elle qui avait grandi balayait cette petite rancœur. Elle finirait par tout lui raconter et même la faire participer. La jeune humaine ne pouvait lutter contre l'attractivité dont faisait preuve la fée, elle était très douée pour ça. Alors elle l'observait, sous le clair de la Nuit au croissant fin, lumière entremêlée avec les lampes bleu pâle, juchée et accroupie sur une des hautes poutrelles en acier structurant l'atelier, sa chevelure brun olive nouée en chignon. Sa longue redingote noire en cuir, ouverte dans le dos pour laisser libres ses ailes, pendait gentiment derrière elle.
Devant se faire à la mode de la Capitale, elle s'ouvrait sur un corset, constitué d'un assemblage de lanières de cuir brun finement ouvragé et de satin vert chasseur, qui maintenait sa lourde poitrine, difficilement dissimulable. Ses jambes étaient chaussées de cuissardes souples en cuir brun épais et fourré. Tout ça pour rester dans les clous de cette société...
Tectheria s'indignait souvent des standards vestimentaires qui étaient imposés, indépendamment des races. Une Hylédiptère vivait toujours légèrement vêtue et ces atours étaient le maximum des efforts qu'elle pouvait fournir. Elle s'esclaffait souvent lorsqu'elle voyait les vieilles humaines se pavaner dans des robes immondes, à tulles et arceaux, avec des corsets tellement serrés qu'elles se pâmaient aux premières chaleurs. Bon, elle respectait les codes, mais aussi à sa convenance : le satin de sa jupe évasée et de son corset était très transparent. Cela la fit sourire, alors qu'elle scrutait le ballet mécanique des automates de la jolie blonde en contrebas qui lui apportaient diverses pièces de métal. L'ingénieure, tout de cuir brun et noir vêtue, était assise sur un tabouret haut, penchée sur son plan de travail, une lampe à Erotium éclairant son fin labeur.
Un disrupteur était démonté à côté d'elle, prenant des côtes ; découpant des pièces à l'échelle, elle semblait vouloir le miniaturiser. Donnant un ordre clair, un automate forgea une petite pièce de cuivre à la forme oblongue et au profil très bombé. Elle s'étonna autant de la prouesse de la machine que du résultat de son labeur. En effet, elle avait enseigné les rudiments de la forge à Typhlodème, mais jamais aux bonshommes mécaniques : elle a dû le leur enseigner à son tour. Son talent transpirait partout et elle en fut particulièrement fière.
— Tu vas m'observer longtemps avant de venir me dire bonjour ? interrogea la blonde, sans lever un œil.
Le ton était bienveillant, amusé même, bien que finalement elle n'attendait aucune réponse particulière.
— Comment as-tu su !? répondit la fée, perplexe, en s'élançant dans le vide et atterrissant en douceur sur le siège de l'autre côté du plan de travail.
— Facile : je te connais par cœur, il y a un miroir à côté de la lampe et j'ai senti tes ondes dans l'Éther !
La brune ailée fit la moue devant cette réponse on ne peut plus complète et s'avachit sur son séant, les talons croisés sur le bord de la table de travail. Elle noua ses bras sous ses seins, les faisant presque ressortir de leur prison de tissus et cuirs.
— Tu savais que chaque personne sensible à l'Éther émet une onde, une trace détectable qui lui est propre ?? renchérit l'ingénieure, sans s'occuper de son interlocutrice. Je m'en suis rendu compte il y a quelques cycles de Nuit en me baladant dans les rues de la cité. Il faudrait que j'arrive à créer un détecteur, ce serait trop bien !! Pouvoir identifier les gens sensibles et les aider ! Comme on a fait pour moi.
— Oui ou les contrôler... ce que tu es naïve parfois !
— Tu vois le mal partout ! s'exclama la blonde. D'ailleurs, j'aimerais savoir d'où vient l'onde assez diffuse qui baigne toute la ville. Elle est très légère, mais elle revêt un caractère très pernicieux, j'ai l'impression.
Le ton soucieux interpella l'Hylédiptère. Elle n'avait jamais prêté attention à ce flux, mais maintenant qu'elle en parlait, elle sembla comprendre ce qu'elle voulait dire. Cependant, elle n'était pas certaine de sentir cette onde potentiellement néfaste autant que sa brillante élève. En revanche, la Nuit brillait plus fort.
— On la trouvera, Tyty, la rassura-t-elle alors avec bienveillance. Tu as remarqué ? La Nuit est plus intense que toute à l'heure.
— Ne m'appelle pas ainsi, répliqua l'ingénieure, faussement boudeuse. Oui c'est bien ce qu'il me semblait. C'est étrange. Prends l'instrument à ta droite, c'est un télescope dynamique, qui peut mesurer les variations de lumière et trouver l'origine de cette modification de luminosité. Positionne-le devant l'une des grandes fenêtres et mets-le en marche.
Ravie d'aider, Tectheria se leva de son siège dans un bruissement d'étoffes et de cuirs et passa derrière son amie avec le dispositif en question. Son parfum léger émanait une odeur de métal, d'huile et une dernière plus... animale. Elle l'installa à l'endroit indiqué et appuya sur la capsule d'Érotium pour le démarrer. Elle observa l'objet s'orienter dans des petits bruits de cliquetis.
Ensuite, elle s'approcha de Typhlodème pour s'enivrer de ses fragrances qui l'avaient stimulée et posa ses mains sur les épaules encore couvertes par sa redingote de cuir brun sombre, et sertie de pièces de métal poli. Elle entama alors un massage en chuchotant pour elle-même. Elle sentit la jolie blonde se détendre, poursuivant toujours son labeur, sous les mains réconfortantes de la fée. Cette dernière accentua sa manipulation, toujours chuchotante, ses mains irradiant d'une pâleur émeraude. Ses pouces s'appliquèrent sur les nœuds musculaires au niveau de la jonction cervico-trapézoïdale avant de, accompagnés des autres, glisser sous le col. Les mains travaillèrent les muscles fermes alors que les cliquetis s'accéléraient. La jeune humaine, détendue par cette petite séance improvisée, se relâcha un peu et étendit son dos contre le corps gracieux de la fée. Sa tête blonde trouva une place parfaite entre les deux gros seins que la brune ailée s'empressa de libérer.
Un soupir de soulagement s'exprima chez Tectheria et elle ne perdit pas de temps : ses mains glissèrent vers la poitrine offerte de son amie et passèrent sous son corsage de cuir brun ouvragé de rubis. Ses doigts habiles saisirent les tétons qui se dressèrent rapidement avant d'ouvrir sèchement le vêtement en faisant sauter les boutons. L'ingénieure blonde poussa un petit cri de surprise, vite étouffé par le baiser que lui offrit la fée en se penchant. Les gestes devinrent tumultueux alors que les deux amants se firent face en s'arrachant les atours qui les gênaient. Après le corset, Typhlodème perdit son pantalon du même matériau et elle fit tomber la redingote de la fée. Chuchotant et incantant, les deux femmes se roulèrent l'une sur l'autre soutenues par un amalgame de bois, métal et automates qui leur offrait un appui de substitution.
Le cliquetis grondait alors que leurs sens primaux les firent basculer. Chacune voulut faire valoir son talent à pousser l'autre à la jouissance. Aussi, la fée assise sur le visage de la blonde, elle put savourer le fruit appétissant et mouillé qui lui était offert. Les deux, à force de doigts et de coups de langue savamment mesurés, se firent gémir, râler de plaisir dans un concert rauque qui ferait scander les voisins outrés. L'ingénieure se saisit alors de l'objet oblong et bombé qu'elle venait de finir et l'enfonça dans le vagin détrempé de sa partenaire. Celle-ci rugit de surprise d'abord, puis, alors qu'il se mit à vibrer au moyen d'un petit mécanisme interne, roucoula d'un plaisir inattendu. Deux doigts fichés dans son autre orifice, la fée rendit grâce et jouit dans un véritable torrent de plaisir, baigné d'une aura verte qui émanait de ses ailes. La petite cartouche d'eau présente dans l'appareil encore enfoncé dans ses chairs prit une teinte bleue électrique.
— Le voilà rechargé d'Erotium ! s'exclama la belle ingénieure.
— Que m'as-tu fait ? répondit l'autre, haletante.
— Du plaisir ?
La fée, vexée de voir son élève la dépasser sur un point aussi important pour son peuple qu'était l'érotisme, se retourna et plaqua sa vulve contre la sienne. Elle saisit la jambe gauche de l'humaine et entama une série de va-et-vient rapides, puissants et rageurs. L'atelier résonna de nouveau sous les gémissements de plaisirs qui emplissaient l'air. La lumière gagna en intensité alors que la blonde positionna sa nouvelle invention contre leur bouton intime et l'alluma. C'en fut de trop pour les deux amantes qui hurlèrent leur orgasme avant de s'écrouler l'une sur l'autre.
— Je t'aime, ma petite humaine.
— Et moi donc !
Le cliquetis rugit férocement. Les deux partenaires se redressèrent, nues et surprises, d'un coup avant de comprendre pourquoi : le ciel noir était baigné d'un halo de lumière aveuglante, de multiples aurores le lacéraient. L'ingénieure pianota frénétiquement sur son télescope avant de s'inquiéter :
— Ces relevés sont incompréhensibles...
— COUCHE-TOI !!!
Avec un réflexe hors du commun, la fée se para d'une aura émeraude et les couvrit toutes deux avec l'amalgame métallique baigné d'Éther qui leur avait servi d'appui. La vague d'énergie frappa l'atelier et le reste de la ville avec une force hors du commun. Les fenêtres volèrent en éclat. Leur abri se désagrégea sous l'effet de la chaleur et de la poussée. Une douleur fulgurante transperça l'ingénieure alors que son amante ailée disparaissait sous les décombres. Des hurlements retentirent partout dans toute la ville. L'onde passée, déjà des chanceux sortaient des habitations pour porter secours à leurs proches, voisins ou inconnus.
Typhlodème pleurait de douleur alors qu'elle fouillait ce qu'il restait de son lieu de travail pour retrouver son amie. Son œil droit était couvert de sang, son bras droit ne lui faisait plus mal et elle examinait les gravats. Elle ressassait en même temps les relevés qu'elle avait mémorisés. Une collision. Lointaine certes, mais une putain de collision, rageait-elle en son for intérieur. Comment était-ce possible ? Les anciens auraient-ils eu faux sur leurs prédictions ? Les pierres bougèrent à quelques mètres d'elle sur sa droite. Sa tête lui tournait alors qu'elle pivotait sur ses talons. Elle accourut vers le bruit, trébuchant et titubant, se rattrapant tant bien que mal aux traverses de métal lui barrant le chemin. Elle écarta les pierres de la main gauche, ne sentant plus la droite, une lueur verte brillant faiblement irradiait doucement.
Enfin, le visage de la fée lui parut blessé et couvert d'ecchymoses. Son corps était aussi dans un triste état : son sein droit lacéré par une tige métallique, son abdomen perforé par une autre, une aile brisée. L'ingénieure tomba en pleurs à ses côtés.
— Tectheria ! S'il te plaît !! Ne meurs pas...
— J-je crois qu-que ton état est p-pire que le mien... gémit la fée, avec un faible sourire.
— Peu importe ! Lève-toi ! lui ordonna-t-elle, en tentant de la sortir des décombres.
La brune ailée râla de douleur en sentant son abdomen glisser et crisser sur la tige métallique. Un petit flot de sang vint couler le long de sa cuisse et dans sa cuissarde déchirée. Les deux amantes chuchotèrent ensemble et la source se tarit. Les plaies de la fée séchèrent, bien qu'elles restassent assez béantes.
— Il nous aurait bien fallu une dryade pour mieux nous soigner, dit-elle, plus alerte. Mon aile est sacrément abîmée, par contre. Allez, à toi !
Et elles reprirent leurs incantations. Défigurée, les plaies au visage cessèrent de suinter, l'orbite droite désormais vide sécha. Le moignon à la base de son bras droit cessa de saigner et les derniers lambeaux de chair mourante tombèrent au sol dans un bruit spongieux. La pauvre blonde s'assit sur une pierre et s'effondra. Elle entendit son amie farfouiller autour d'elle avant de s'exclamer, conquérante :
— Il n'est pas cassé !!
Elle brandissait la dernière invention de l'ingénieure.
— J-je ne crois pas que ce soit le moment, là...
— Obsédée ! Je veux l'Érotium dedans ! la réprimanda-t-elle avec chaleur.
— Pour quoi faire ??
— Je ne t'ai pas encore tout appris...
Elle prit la fiole du vibrateur et en versa une goutte sur la partie détruite du visage et une autre sur le moignon encore ouvert.
— Avec cela, tu pourras y adapter une prothèse dès que les plaies seront sèches ; elle ne souffrira aucun rejet, et tu pourras retrouver tes aptitudes physiques. Mais d'abord nettoyons et allons aider les autres.
— Merci beaucoup !
Elles se joignirent leurs lèvres en un baiser doux, sensible, chargé d'émotions et de soulagement.
Sans plus tarder, revigorées, après avoir récupéré quelques vêtements encore mettables, elles travaillèrent avec acharnement pour nettoyer les restes de l'atelier démoli. Les talents de construction de l'Hylédiptère mêlés à ceux d'ingénierie de l'humaine ne prirent pas plus d'un demi-cycle pour dégrossi le bâtiment. Il ne resterait plus qu'à réalimenter en énergie les locaux. Alors qu'elles sortaient dans la rue pour aller aider les quelques voisins survivants, la fée prit la parole :
— Alors tu sais ce qu'il s'est passé ?
— J-je suis pas sûre de vraiment avoir tout compris. J'ai lu il y a quelques années de vieux manuscrits datant d'avant le Grand Flash. Il avait fait mention d'un phénomène similaire, mais je crois que leurs prédictions étaient bien en deçà de la réalité. Il s'agit...
Les pleurs d'une petite fille perdue dans une bâtisse, à moitié écroulée et le toit éventré les interrompirent. Son père avait le crâne fracassé et elle... n'allait plus pleurer longtemps. L'ingénieure la prit dans ses bras et la câlina doucement. Elle chuchota pour elle-même, chantonna doucement pour bercer la petite fille condamnée. Alors qu'elle rendit son dernier soupir, c'en fut de trop pour l'humaine qui pleura de plus belle. La fée tenta de la réconforter tant bien que mal. Mais quelque chose l'arrêta net : un petit amas de morceaux de roches, gravats, métal forma une petite rivière liquide qui s'amalgama dans une étrange mixture et se modela pour former un être fait de terre et de métal. Les larmes qui tombèrent sur ce golem lui communiquèrent le mouvement et une certaine volonté propre. Tectheria le sentit et en fut complètement abasourdie. Alors que le silence s'abattit entre elles, la petite fille fut déposée à côté de son père et la fée brûla leurs corps.
Elles poursuivirent leur ronde, la chose crapahutant gentiment derrière elles.
— Tu m'expliques ? demanda la brune.
— Non, je ne sais pas ce que j'ai fait...
— Il faudra qu'on se penche là-dessus. Et tes relevés ? Tu allais m'en dire plus.
— Des étoiles sans lumière. Immenses, se dévorant et déchirant l'espace. Mais c'est bien trop tôt par rapport à leurs prédictions.
— Ca ne nous aide pas de savoir que c'est arrivé plus vite que prévu. C'est arrivé, point. Ça a détruit beaucoup de choses, tué encore des gens. Tu crois que le Tyran est derrière tout ça ?
— Peu de chance. Il n'a jamais eu aucun pouvoir sur les astres aussi lointains.
Les deux amantes restaient songeuses. Elles continuèrent à aider des voisins jusqu'à ce que le Jour soit haut. Elles trouvèrent le logis du vieux professeur : littéralement rasé. Typhlodème sentait l'absence de son esprit brillant. Elles découvrirent son corps sans vie et le brûlèrent. L'incompréhension les éreintait. Les survivants étaient trop peu nombreux. Et ses blessures encore fraîches la faisaient souffrir de nouveau. Tectheria examina son moignon et son œil et remarqua la guérison des plaies. Alors non, les membres perdus ne repousseraient pas, mais elles pourraient commencer plus tôt que prévu la conception des prothèses et réfléchir à cette histoire de golem...
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Utilisateur supprimé
23 septembre 2024 à 17:30

Ça se voit que c'est réfléchi. C'est encore pire que moi et mon Sevoverse parce que moi je sais où je vais mais c'est assez facile de suivre (si ce n'est le nombre de personnages) alors que toi si on n'est pas bien attentif, on ne sait pas où on va avec tous tes personnages sans vrais rapports. Il n'y a que toi qui connaît tout. ;)

Oui je connais tout mais je laisse plein de miettes de pain pour vous faire réfléchir et vous donner les indices afin de comprendre ce qu’il s’est passé et tout ce qui va s’ensuivre ;)
Mais pour tout démêler je vous souhaite bien du courage xD

Sadique 😜

Évidemment 😜
Soyez respectueux
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Photo de profil de Doctor Nobody
Doctor Nobody
23 septembre 2024 à 17:13

C’est alambiqué mais aussi réfléchie, n’en doute pas ;)
Et mon imagination n’a pas fini de vous surprendre ;)

Ça se voit que c'est réfléchi. C'est encore pire que moi et mon Sevoverse parce que moi je sais où je vais mais c'est assez facile de suivre (si ce n'est le nombre de personnages) alors que toi si on n'est pas bien attentif, on ne sait pas où on va avec tous tes personnages sans vrais rapports. Il n'y a que toi qui connaît tout. ;)

Oui je connais tout mais je laisse plein de miettes de pain pour vous faire réfléchir et vous donner les indices afin de comprendre ce qu’il s’est passé et tout ce qui va s’ensuivre ;)
Mais pour tout démêler je vous souhaite bien du courage xD

Sadique 😜
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
23 septembre 2024 à 15:19
Un chapitre encore plein d'érotisme et d'action. Vraiment, c'est toujours agréable de te lire et de découvrir une histoire aussi alambiquée qu'intéressante. ;)

Merci de diversifier les lectures présentes sur ce site avec ton imagination de malade :)

C’est alambiqué mais aussi réfléchie, n’en doute pas ;)
Et mon imagination n’a pas fini de vous surprendre ;)

Ça se voit que c'est réfléchi. C'est encore pire que moi et mon Sevoverse parce que moi je sais où je vais mais c'est assez facile de suivre (si ce n'est le nombre de personnages) alors que toi si on n'est pas bien attentif, on ne sait pas où on va avec tous tes personnages sans vrais rapports. Il n'y a que toi qui connaît tout. ;)

Oui je connais tout mais je laisse plein de miettes de pain pour vous faire réfléchir et vous donner les indices afin de comprendre ce qu’il s’est passé et tout ce qui va s’ensuivre ;)
Mais pour tout démêler je vous souhaite bien du courage xD
Soyez respectueux
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Photo de profil de Doctor Nobody
Doctor Nobody
23 septembre 2024 à 13:42
Un chapitre encore plein d'érotisme et d'action. Vraiment, c'est toujours agréable de te lire et de découvrir une histoire aussi alambiquée qu'intéressante. ;)

Merci de diversifier les lectures présentes sur ce site avec ton imagination de malade :)

C’est alambiqué mais aussi réfléchie, n’en doute pas ;)
Et mon imagination n’a pas fini de vous surprendre ;)

Ça se voit que c'est réfléchi. C'est encore pire que moi et mon Sevoverse parce que moi je sais où je vais mais c'est assez facile de suivre (si ce n'est le nombre de personnages) alors que toi si on n'est pas bien attentif, on ne sait pas où on va avec tous tes personnages sans vrais rapports. Il n'y a que toi qui connaît tout. ;)
Soyez respectueux
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Doctor Nobody
23 septembre 2024 à 12:22
Un chapitre encore plein d'érotisme et d'action. Vraiment, c'est toujours agréable de te lire et de découvrir une histoire aussi alambiquée qu'intéressante. ;)

Merci de diversifier les lectures présentes sur ce site avec ton imagination de malade :)
Soyez respectueux
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Wedreca
22 septembre 2024 à 17:18
Et tu noteras : ça se transforme pas là xD

Oui, j'ai vu 😋.
Soyez respectueux
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Wedreca
22 septembre 2024 à 12:06
Wouaouh ! J'en veux bien une ingénieure comme celle-là, comme collègue (et plus si affinités ;)).
Et puis, c'est pratique, une fée comme copine, pour recharger les batteries. Du travail comme ça, je veux bien en ramener à la maison, moi :P.

Encore bravo pour ce chapitre, Pulsar. Toujours aussi délicieux ;).
Soyez respectueux
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Monsieur Plume
16 août 2024 à 14:03
Le passage de la fantasy à quelque chose d’un peu plus steampunk me plaît beaucoup. Il y’a dans cette histoire un vrai univers original et travaillé qui donne envie de voir lever tous les mystères qui s’accumulent chapitre après chapitre.
Soyez respectueux
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