Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les Chroniques de l'Ether — Chapitre 19 · Zincheng
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Les Chroniques de l'Ether
Chapitre 19 · Zincheng
Chapitre 19 - Zincheng
La grande ville, bien qu'elle ne fût pas aussi vaste que Myréthnopole, était plus densément peuplée et y grouillaient des centaines de milliers d'individus. Les deux jeunes amants la découvraient avec des yeux grand ouverts, épatés par le choc des cultures auquel ils assistaient. En effet, d'une rue à l'autre, on pouvait passer d'un décor presque bucolique, garni de bambous masquant les petites maisonnées blanches aux toits typiques, à un environnement plus urbain, presque pollué par les vapeurs des usines et des grands bâtiments qui s'élevaient si hauts.
Kryphakalos n'avait jamais observé pareilles constructions. Pourtant, on n'en bâtissait plus : elles étaient les vestiges bien conservés et réhabilités d'une époque révolue depuis plus de 1500 ans. Le ciel nuageux révélait les traînées des puissants zeppelins qui le traversaient. Ils étaient immenses et produisaient une épaisse fumée noire.
— Ceux que Typhlodème a inventés sont plus petits, certes, mais ils laissent le ciel propre, déclara Tectheria, au bras de son compagnon.
Ils longeaient les remparts d'une ancienne cité, vieille de plusieurs millénaires, à l'intérieur même de la ville. Ils se présentèrent comme de coutume aux gardes afin de se rendre au Palais Impérial qui trônait au cœur de l'antique citadelle. C'était un monument chargé d'histoire qui faisait écho à la culture des habitants de la région. Très attachés à leurs us, ils avaient investi les lieux dans le but d'y placer symboliquement le pouvoir administratif. Cela faisait bien loin qu'aucun empereur n'avait été élu, toute la gestion du méta-continent étant centralisée à Myréthnopole.
Lorsqu'ils avaient intégré, il y avait quelques jours, le palais, ils étaient à des lieues de connaître la chance d'entrer dans de tels monuments. L'accueil chaleureux avait vite laissé place à un profond respect, qui avait perturbé les deux voyageurs rompus par le trajet. L'homme qui leur avait présenté les lieux avait un accent fort, les années étant passées nombreuses sur son visage marqué. En revanche, il semblait toujours autant vif et perspicace qu'au temps de sa jeunesse, et son regard acéré lisait dans le cœur de la fée et du Dragon. Et aucun des deux n'aurait su dire s'il était un humain ou d'une autre espèce, tout ce qu'ils en retiraient était la grande considération polie qu'il avait à leurs égards.
Sans avoir eu d'a priori, Kryphakalos se sentit ainsi tout de suite à l'aise. Le visage xanthoderme de leur interlocuteur, Sin Miyagi, était affable et empli de bienveillance, surtout pour une personne qu'il avait jugée fragile et tourmentée. L'autochtone était loin de s'imaginer à quel point il avait raison. Kryphakalos parvenait grâce à sa préceptrice et amie de coeur, à se reconstruire, mais cela devait passer par une démolition ciblée de ses préconceptions erronées.
Aujourd'hui, ayant bien acquis les usages de la région, ils se présentaient dans une révérence :
— Miyagi Xiansheng
Monsieur Miyagi
, s'annoncèrent-ils cérémonieusement.— Allons donc, nous travaillons ensemble ! rigola-t-il, non sans apprécier l'effort. J'ai pu converser avec le maire de notre ville : j'ai réussi à le convaincre de prendre vos quartiers ici, au sein de la Cité Interdite, et d'ouvrir votre délégation pour mener votre projet.
— Un immense merci à vous d'avoir accéléré les démarches pour nous ! gratifia la fée avec reconnaissance.
— Nous allons tous les trois pouvoir commencer à rencontrer les premières personnes. D'ailleurs comment comptez-vous les détecter ?
Les deux occidentaux se regardèrent :
— Hum, dans un premier temps, on va surtout faire venir ceux que vous avez identifiés…
- …et les autres ?
— Nous pensons que le bouche à oreille fera son office.
— Chez vous, oui, ça a pu fonctionner. Ici, sachez une chose : nous sommes timides, réservés et peu enclins aux confidences. Il vous faudra trouver une solution rapidement : je n'ai pu identifier qu'une dizaine de personnes.
— Cela me donnera déjà suffisamment de matière à travailler, déclara Tectheria, confiante.
Ils se dirigèrent tous les trois vers une grande salle, aménagée en étude, à l'écart des bâtiments officiels. Les volontaires, faute de termes plus appropriés, pour cette expérience nouvelle pour la région se tenaient, dehors, en rang, calmes et emplis d'un grand sérieux qui transpirait de leur regard. Kryphakalos fut stupéfait de leur discipline, de leur tenue irréprochable et stricte. Et le fait que ce fût de jeunes gens qui fissent preuve d'une telle rigueur décontenança les deux étrangers. Chez eux, il aurait fallu enseigner la maîtrise de soi avant d'espérer travailler le plus intéressant : la maîtrise de l'éther.
Les douze jeunes les accueillirent avec une révérence polie et non forcée. Chacun était équipé d'un sac en bandoulière, contenant leurs outils de travail habituels. Tectheria l'apprit par la suite, mais il était de notoriété dans leur société que chaque enfant devait apprendre un art martial, créatif ou éducatif afin d'entretenir leur culture et leurs savoir-faire. Un individu occupé était moins disposé à la violence et aux écarts de conduite. Ce tel état d'esprit prit au dépourvu la fée déchue qui dut s'adapter à son auditoire.
Ce premier cycle fut au final assez laborieux pour chacun. Tectheria faisait preuve d'une grande bienveillance, mais les novices comme l'enseignante étaient peu au fait des pratiques antagonistes liées à leurs cultures respectives. Aussi, lorsque la Nuit se faisait haute et brillante, elle avait retrouvé ses pénates non sans frustration, depuis un bon moment déjà, mais elle réfléchissait à une manière différente d'aborder la suite.
Malheureusement, elle ne parvint pas à s'éclaircir l'esprit, trop las et embrumé. Elle rhabilla alors selon le style local, adapté à sa nature évidemment, à savoir un simple kimono de satin aoba
Malheureusement, elle ne parvint pas à s'éclaircir l'esprit, trop las et embrumé. Elle rhabilla alors selon le style local, adapté à sa nature évidemment, à savoir un simple kimono de satin aoba
bleu feuille en japonais
noué à la taille. Le vêtement s'arrêtait au-dessus des genoux et les deux pans couvraient ses mamelons, tout en dévoilant, sans offense pour la sacralité du lieu auquel elle attachait une profonde considération, le rond intérieur de la poitrine. Et elle prit la direction des bains naturels, les onsen. Le bassin qu'elle trouva était caché par le feuillage dense et désert. De la vapeur s'élevait doucement, visible par le clair blanc de la Nuit, contrastant délicieusement avec la fraîcheur de l'air ambiant. D'ailleurs, alors qu'elle venait de laisser choir au sol son seul vêtement, sa peau se grêla joliment de petits points, ses tétons se contractèrent, fiers et frileux, s'érigeant pourtant. A la lumière blafarde du ciel étoilée, la splendeur de Tectheria se refléta dans l'eau immobile. Ses cheveux lâches et blonds étaient légèrement soufflés par quelque brise pure. Elle s'avança enfin dans le bassin, s'enfonçant avec grâce et assurance. De nouveau, le contraste était saisissant : la température vivifiante de l'air et la chaleur relaxante de l'eau. Elle s'immergea complètement, caressant sensuellement son corps tout entier, n'oubliant aucune parcelle, libérant son esprit aux affres flottantes de cette stase moite et transcendante. Elle oublia son ancienne solitude, ses douleurs, les peines, ses péchés, ses blessures aussi. Elle était tout simplement ailleurs, perdue dans les méandres détendues de la relaxation.
De fait, elle n'avait pas remarqué qu'on l'avait suivie, qu'on l'avait observée se mettre à nue et se glisser dans l'eau. Elle lui tournait le dos, donc il fut le seul à voir l'ombre au tableau de cette scène d'une étrange mélancolie. Son esprit se tortura d'un choix qui s'imposa à lui, légitime ou non. Devait-il la rejoindre et sceller leur union, comme il en mourrait d'envie ? Ou devait-il la laisser à sa torpeur apparente et poursuivre sa route ? Le cœur ou la raison ne pourrait-il pas s'accorder ? Accepterait-il de ne pouvoir simplement que caresser son souvenir dans la torpeur de l'obscurité ?
De l'aimer dans une vie onirique faite de fantasmes d'une existence révolue ? Le pourriez-vous ? Le pourrait-il ?
Non, bien sûr que non.
Et ce fut le cœur résolu qu'il se glissa dans l'eau, nu lui aussi. Et lorsqu'elle refit surface pour reprendre sa respiration, la surprise se mêla à un sourire timide mais ô combien solennel. Kryphakalos se pencha alors sur elle et l'embrassa, entourant son corps de ses bras, mesurant l'importance de cet instant, de son choix. La liesse se peignait sur leurs corps béats et la fièvre s'emparait d'eux, telle une maladie de l'esprit, incurable, chassant tout malheur autour. La fée se hissa puis se laissa emporter par l'extase du moment, pleine et heureuse de cette communion. Lui l'accompagnait, la soutenait comme, ainsi qu'il le lui promettait, il le ferait jusqu'à leur fin. Chacun s'emplit les narines de l'odeur de l'autre, gravant dans leur mémoire les saveurs délicieuses de cet évènement unique pour eux deux. Se dévorant amoureusement l'un l'autre, ils finirent par exulter, terrassés par le plaisir, envahis par l'allégresse de leurs vœux.
***
Les cycles suivants, Kryphakalos suivait les enseignements avec les autres novices afin de rattraper ses lacunes accumulées ces dernières semaines. Il comprit alors l'urgence de leur situation. La plupart, malgré leur contrôle de soi, était envahi par l'éther, sans parvenir concrètement à l'utiliser, ni le contenir. Le pire était pour les trois fées qui souffraient des orgasmes inopinés qui les faisaient rougir de honte, sans pour autant réussir à orienter les ondes ainsi générées vers un réel usage. On ne parlerait même pas des changeurs de peau, d'ordinaire si habiles tanneurs, trappeurs, fourreurs, qui se laissaient envahir par le surplus d'émotions et d'informations qui noyait leur cerveau.
Aussi, Tectheria eut tant fort à faire, entre sa nouvelle idylle, l'enseignement et la diplomatie avec le gouvernement local, qui était également l'une de ses missions, que les semaines virent la Nuit devenir deux fois pleines. Les novices progressaient lentement dans les subtilités de l'art mais acquéraient une telle sagesse à côté que la préceptrice en fut fort fière.
Une nouvelle Nuit se levait sur leur petit jardin secret, reflétant sa pâleur sur l'eau à peine ridée. Les deux amants étaient allongés, au bord du bassin, dans l'eau bleue électrique de l'onsen qui leur servait de couverture, se prélassant, encore enivrés d'amour. Un trouble obscurcit cependant l'esprit du jeune homme. Il se tourna alors vers sa compagne, observant son profil délicat et apaisé. Il se rendit compte qu'elle ne lui avait jamais paru aussi sereine. Il regretta presque de rompre ce silence si sacré. Cependant, la raison tambourinait le cœur :
— Ma Petite Fleur ?
— Mmmh, répondit-elle, les yeux fermés.
— Il faut que je te parle.
L'eau fit de légers clapotis lorsqu'elle pivota vers lui, le regard plongeant dans le sien :
— Dis-moi ce qui te tracasse. Rien ne pourra entamer l'état nuageux qui me berce, déclara-t-elle, la voix allègre.
— J-je ne sais pas par quoi commencer… Je crains de te blesser, en te disant ce que j…
— Quoi ? Tu regrettes déjà notre union ??
— Non, bien sûr que non ! Je t'aime et suis immensément heureux avec toi ! Je n'aurais jamais cru avoir la chance de vivre une telle complicité, de ressentir pareils sentiments. Je voulais te parler d'autre chose.
— Tu me rassures ! Mais qu'est-ce donc ce qui te préoccupe tant ?
— Scylla, lâcha-t-il brusquement.
— Comment ça, Scylla ? Qu'a-t-elle à voir avec ça ? Pourquoi me parles-tu de cette légende ?
— C'est Mantarkh qui m'en a parlé avant qu'on quitte Myréthnopole.
— Je ne comprends pas trop là…
— Elle aurait des réponses à propos de mon passé, ma nature, et, selon elle, cette légende, comme tu dis, pourrait nous aider à élucider la menace qui semblait planer sur la ville au moment où nous sommes partis.
— Tu m'as complètement perdue… Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé plus tôt ? Je croyais que la confiance avait de la valeur pour toi… Qu'est-ce que tu as besoin de savoir de plus à ton propos ?
Kryphakalos détourna le regard, penaud, et contempla le Chasseur qui courrait dans le ciel, séparé depuis bien longtemps de son chien.
— Tu sais, ce sont l'amour et la confiance absolus que je te porte qui m'ont donné le courage de tout t'avouer.
— Je te trouve bien cavalier de te confesser ainsi. Pourquoi maintenant ? Et tu ne m'as pas répondu sur tes raisons personnelles de la retrouver.
— Tu as entendu le guide, c'est une oracle elle aussi, elle pourrait m'expliquer ce que je suis vraiment et tout ce dont je suis capable…
— Ce qui m'importe, égoïstement je le reconnais, est ta capacité à m'aimer. Tu ne serais qu'un homme que je serais tout autant amoureuse, psalmodia-t-elle avec aigreur.
— Quelle chance ai-je… murmura-t-il.
— Ensuite ?
— Pourquoi maintenant ? On est ici depuis plusieurs semaines, on n'a pas de nouvelle de la grande Capitale donc la menace ne semble pas écartée, des questions restent toujours sans réponse pour moi. Et, évidemment, cela me pesait de te tenir hors de ce secret.
Tectheria brandit sa main et, avec douceur, elle tourna vers elle le visage de son ange des ténèbres :
— Je te remercie pour cette franchise, sincèrement. Je suis juste vexée que tu n'aies pas eu suffisamment confiance en moi plus tôt pour m'en parler.
— Je m'excuse pour mon manquement. Cependant, au début du voyage, nous n'étions pas aussi proches. De plus, je n'avais pas jugé opportun d'en parler si tôt. Puis, il y a eu Charya, puis le guide, et…
— Je comprends, le coupa la fée, maintenant embrasse-moi, je ne veux plus penser aux légendes.
Ragaillardi un tant soit peu, il se pencha vers sa douce, et ils s'engagèrent dans une danse linguale qui troubla l'eau, sous le regard muet de la Nuit blafarde. Leurs mains se mêlèrent, cajolant les seins pour l'un, les fesses pour l'autre, dans des éclaboussures bleues. Ils frottèrent leur bassin l'un contre l'autre, s'excitant avec délice. Tectheria rompit leur baiser pour reprendre son souffle, haletant tant pour la respiration qui lui faisait défaut que pour le plaisir qu'elle sentait monter au creux de ses reins. La Nuit illuminait son visage angélique, et son époux s'éprit une nouvelle fois d'elle, comme à chaque fois qu'il posait les yeux sur elle.
Son cœur valsait rageusement dans ses côtes. Le désir le poussa à la déraison et glissa le long du ventre de sa bien-aimée. Levant son bassin à hauteur de la surface de l'eau, à genou, il dégusta le fruit offert, chaud et humide. Sa langue jouait, sa langue lapait. Elle gémissait sous ses assauts, qui la faisait également frémir et frissonner. Les épaules appuyées sur la berge partiellement émergée, elle se saisit de ses mamelons, les tortillant sous une légère douleur délectable à souhait et dressant ses tétons à la lumière de la Nuit. Son amant oeuvrait avec ferveur et précision, lui arrachant de petits cris étouffés à chaque passage sur son petit bouton caché. Ses doigts inquisiteurs s'invitaient même à la danse, jouant tantôt avec son vagin poisseux, tantôt avec son petit trou.
— Prends-moi ! Je veux te sentir en moi !
En guise de réponse, il présenta sa verge fermement dressée à la fente dilatée de son amante. Celle-ci, excitée, s'activa du bassin contre le manche qui glissa entre ses lèvres ouvertes. Elle semblait comme possédée par l'envie et la dépravation. L'amour puissant entre eux renforçait cet élan débauché. De la main, Kryphakalos poussa et s'enfonça profondément en elle, dans un râle libérateur. La frénésie les prit fièvreusement et les deux époux jouèrent du bassin, assénant coups de reins et ruades agiles. L'idée le prit de titiller son petit bourgeon du pouce. Elle cria plus fort, surprise par l'initiative heureuse :
— Ne t'arrête pas !! Vas-y ! Accélère !!
Il s'exécuta sans tarder. Sa verge coulissait plus vivement, cognant au plus profond ; sa main s'agitait tel un tremblement. Cette double stimulation finit par avoir raison de la fée, qui hurla au clair de Nuit son exaltation à gorge déployée, dans une tension brutale de tout son corps. Les parois internes se contractèrent autour de son amant, qui le drainèrent dans une série de salves brûlantes.
— C'était exquis, lui déclara-t-il, amoureux.
— Oui, je pardonne ta maladresse autant que tu me feras jouir ainsi, répliqua-t-elle, amusée et pleinement heureuse.
***
Aerkyr la fit entrer dans sa chambre, ravi de retrouver son amante hylédiptère. Cette fée nimbée de flammes souriait lascivement en tortillant son petit postérieur sous son nez. La porte refermée, Thermoptès se hissa sur le lit et dansa lascivement. Après les évènements récents, tous avaient besoin de décompresser. En effet, de nombreuses échauffourées menées par des créatures difformes, mutées, malades avaient animé les quatre coins de la ville, depuis l'attaque surprise des ours dans la Tour. Les Fondateurs n'avaient toujours pas trouvé qui en était à l'origine et les assauts répétés mettaient à mal leur autorité et les effrayaient, bien entendu. Quelle horreur étaient ces monstres ! D'où venaient-ils ? Pourquoi les attaquaient-ils ? Les assauts étaient-ils corrélés ? Beaucoup de questions demeuraient sans réponse. Aussi, la colère grondait et la crainte se glissait dans l'esprit des habitants humains. Alors, quand une semaine s'était écoulée sans mésaventure particulière, on en profitait : certains avaient beaucoup bu, d'autres s'octroyaient les plaisirs de la nature.
En l'occurrence, vu l'état d'ébriété d'Aerkyr et de la fée, ils allaient profiter de tout ce que la vie avait à offrir. Le Seigneur des Airs nu profitait de la vue, le regard un peu trouble, et le sexe à moitié ferme. Se caressant pour lui donner un peu de vigueur, la belle rousse se pinçait les tétons, la bouche mi-ouverte sensuelle, avant de plonger vers sa fente dont elle écarta les lèvres. L'homme finit par obtenir la pleine érection, tandis que la fée flamboyait d'un désir brûlant en triturant son clitoris.
— Allonge-toi sur le dos, la tête dans le vide, ordonna l'ornitanthrope, hagard.
— Je te vois venir, canaille ! Tu la veux dans ma gorge, hein ?
Sans attendre de retour, elle se mit en position sur le dos, sa tête basculant dans le vide. Elle ouvrit grand la bouche, la langue pendue ; ses jambes écartées offraient un accès confortable pour fourrager son sexe détrempé des deux mains. Comprenant l'appel, Aerkyr s'avança en s'enfonça dans l'orifice proposé. Il entama des va-et-vient lents mais profonds, déformant la gorge de la rousse, les glandes tapant contre son nez. Il accentua ses coups de bassin, lorsqu'il se pencha pour accéder au sexe de sa partenaire et remplacer ses doigts par les siens. Elle était complètement à sa merci et il adorait cela. Et, étant donné les gémissements étouffés et la moiteur manifeste, le plaisir était partagé.
Et ce fut dans cette position des plus obscènes que Mantarkh les découvrit, ouvrant la porte à la volée. Elle se précipita dans la pièce, criant à qui mieux mieux des propos confus et des ordres incohérents. Les deux amants passablement éméchés s'immobilisèrent, singulièrement agacés d'avoir été interrompus en si bon chemin vers le plaisir. Aussi, Aerkyr se redressa avec raideur, son membre encore fiché dans la bouche de son amante, qui poursuivait son labeur innocemment. Sa langue continuait de lui prodiguer un traitement ô combien délicat et appréciable, que ce fut avec une réelle désinvolture qu'il demanda, la voix pâteuse :
— Q-que t-t'arrive-t-il en-encore ? Tu ne vois pas que n-nous sommes occupés ?
— Surtout, ne vous arrêtez pas pour moi, hein !!
— Continue… ma douce, encouragea-t-il son amante, qui y mit plus d'entrain.
— Mais vous êtes ivres ?? s'écria la dryade, courroucée.
— O-oui… T-tu d-devrais ess-ssayer !
Elle s'approcha et le gifla :
— Nous sommes attaqués ! La ville est attaquée !!
Il afficha des yeux ronds, qui semblaient réaliser soudain la gravité de la situation, avant de pouffer de rire, niant les paroles de Mantarkh.
— REGARDE DEHORS !
Il tourna la tête, alors, non sans un certain agacement. La découverte au loin, par delà les murs de la cité, grâce à son incroyable vue, de plusieurs armées désordonnées mais avançant à bon train le choqua, telle une pierre dans son ventre. D'ailleurs, il en éjacula dans la gorge de la fée sans s'en rendre compte, dessaoulant.
— Q-qu'est-ce que…
— Enfin ! Alors ?
— Thermoptès, lève-toi.
Celle-ci déglutit et se mit à genou sur le lit, chancelante, pour s'empaler sur le sexe encore dur d'Aerkyr, mais celui-ci se dérobait pour aller sur le balcon :
— Mais, reviens !
— Il suffit, l'incendia Mantarkh avant de lui claquer sèchement la croupe tendue.
La suppliciée couina, puis se recroquevilla dans les coussins. La dryade rejoignit son ami sur le balcon. Le spectacle éclairé faiblement par la Nuit lui échappait en grande partie, mais la vigilance de l'Aigle ne souffrait aucune échappatoire. Cependant, elle y vit un effroi qu'elle n'avait jamais perçu dans son regard décidé. Effectivement, les armées étaient désordonnées. Effectivement, elles avançaient vite. Au lever du Jour, elles ne seraient plus qu'à une lieue ou deux des remparts. Elles arrivaient du Levant, et, vraisemblablement, elles ravageaient tout sur leur passage, laissant une terre stérile et froide, meurtrissant les arbres et les ruisseaux. Les deux Fondateurs n'avaient jamais été témoins de pareil spectacle. Où existait-ils une telle armée ? Et qui étaient-ils ? Il ne reconnaissait aucun blason, aucun écusson, aucune armoirie, aucune armure. Rien. Tous semblaient dépareillés les uns des autres : entre les tenues sales masquant des couleurs diverses, et les armes en tout genre dont il n'en reconnaissait pas la moitié, cela le laissait déconcerté. La fée affalée dans le lit émit un grognement dans son sommeil, alors qu'Aerkyr se retourna vers la dryade :
— Il faut envoyer un message à Tectheria et au jeune novice. Peut-être pourront-ils revenir avec des renforts…
— Regarde, mon ami.
Elle montra d'un signe de tête un grand corbeau noir. Il était sur la balustrade et semblait écouter leur conversation, les observant de ses yeux noirs. Il tendit une patte et les deux autres comprirent.
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Commentaires ()
Mais bon... j'veux pas dire... Mais va peut-être falloir penser à repousser l'envahisseur :P.
Bravo pour ce chapitre, Pulsar. Dans la lignée des précédents :).
Après ça va franchement se calmer 🤣
Mais promis je vous réserve une fin qui, je l’espère, sera en apothéose !
Mais tu me connais : le bonheur ne dure jamais ;)
J’aime bien cette ambiance japonisante très agréable et bien décrite. J’espère qu’elle se poursuivra au moins un peu par la suite..