Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les Chroniques de l'Ether — Chapitre 24 · L'Effondrement de la Fondation
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Les Chroniques de l'Ether
Chapitre 24 · L'Effondrement de la Fondation
Chapitre 24 - L'Effondrement de la Fondation
L'ordre résonna dans la tête de chacun. Cependant, des sentiments divers les animaient. Et ceux de Charya étaient pleinement explicites. N'écoutant que son cœur, sa faim et sa haine antique, elle s'avança seule face aux quatre Fondateurs. Était-ce de l'inconsidération que d'ignorer sa peur ? Nul ne savait. En revanche, Aerkyr, Mantarkh, Typhlodème et Thermoptès ne sous-estimèrent guère sa cruauté ; et la voir avancer vers eux sans peur les fit douter de leurs propres capacités à remporter cet affrontement.
— Je vais me repaître de votre chair, soyez-en certains !
Puis elle se rua toutes griffes sorties, son manteau de puanteur sur le dos voltigeant dans son sillage, ses andouillers suintant d'un ignoble poison couronnant sa tête. Interdits, ses quatre adversaires chantonnèrent de concert pour se prémunir de son assaut. Les golems de l'Ingénieure encerclèrent Charya. Mais, lancée telle qu'elle était, elle fracassa la première ligne et fit jaillir du sol des pointes de glace noire de gros calibre, qui suivirent la rangée des créations de Typhlodème. Alors, rien ne les séparait plus.
Thermoptès attaqua la première, propulsant une onde flamboyante vers Charya. La chaleur l'affecta plus qu'elle ne l'aurait cru mais, sans rien laisser paraître, dans une ruade habile, elle attrapa l'humaine modifiée et lui arracha ses prothèses. Cette dernière hurla sous la douleur, alors qu'un flot sanguinolent se répandit sur le sol depuis son moignon.
Puis, tout s'enchaîna vite, trop vite. Rageur, Aerkyr se jeta sur l'immonde Wendigo, toutes ailes et serres déployées. Rusée, elle n'attendait que cela et, le bras prothétique dans la main, elle le frappa en plein vol avec une force impressionnante. Gênée par l'otage, Thermoptès ne put lancer une attaque synchronisée et Charya profita de cette latence pour déchirer brutalement les vêtements de l'Ingénieure. Elle la saisit ensuite par les seins avec une force animale, enfonçant ses griffes osseuses dans la chair molle, la souleva et l'empala sur une grande pointe de glace.
La scène choqua tant que tous s'immobilisèrent d'effroi. Typhlodème n'était plus, son souffle de vie s'éteignant dans un ultime jaillissement de sang.
Mantarkh hurla mais Charya lui projeta le même souffle noir qu'à Kryphakalos et elle s'effondra, inanimée.
Thermoptès attaqua la première, propulsant une onde flamboyante vers Charya. La chaleur l'affecta plus qu'elle ne l'aurait cru mais, sans rien laisser paraître, dans une ruade habile, elle attrapa l'humaine modifiée et lui arracha ses prothèses. Cette dernière hurla sous la douleur, alors qu'un flot sanguinolent se répandit sur le sol depuis son moignon.
Puis, tout s'enchaîna vite, trop vite. Rageur, Aerkyr se jeta sur l'immonde Wendigo, toutes ailes et serres déployées. Rusée, elle n'attendait que cela et, le bras prothétique dans la main, elle le frappa en plein vol avec une force impressionnante. Gênée par l'otage, Thermoptès ne put lancer une attaque synchronisée et Charya profita de cette latence pour déchirer brutalement les vêtements de l'Ingénieure. Elle la saisit ensuite par les seins avec une force animale, enfonçant ses griffes osseuses dans la chair molle, la souleva et l'empala sur une grande pointe de glace.
La scène choqua tant que tous s'immobilisèrent d'effroi. Typhlodème n'était plus, son souffle de vie s'éteignant dans un ultime jaillissement de sang.
Mantarkh hurla mais Charya lui projeta le même souffle noir qu'à Kryphakalos et elle s'effondra, inanimée.
***
De son côté, Dynamagos, puissant et rougeoyant, noir et mortel, marchait sur Kryphakalos, soumis à sa forme partiellement humaine. Le poison qu'on lui avait insufflé avait enfermé son alter-ego dans une cage spirituelle, et ce fut un homme drapé d'ailes atrophiées et d'écailles qui se dressa, seul face à lui. Au loin, on entendait la lutte entre les Fondateurs et Charya.
Ici, ils se jaugèrent du regard, patientant que l'autre lançât l'assaut. Le jeune homme retenait sa colère instinctivement. Le duel était devenu mental : lequel céderait le premier ? Dynamagos avait tout le temps du monde, il le savait. Il disposait des ressources et des technologies qui lui permettraient de remettre un peu d'ordre, au cas où.
Kryphakalos n'avait qu'une seule chance. Il se vida l'esprit, cherchant au plus profond de son être la présence de son soi intérieur. Le temps semblait se figer, l'air s'immobiliser et le silence entre les deux titans tomba, ignorant les luttes au loin, les tirs d'artillerie qui pilonnaient la vallée et les brasiers qui brûlaient partout.
D'un coup, dans une synchronisation parfaite, libérant leur rage, leur haine, leurs peurs et leurs doutes, ils s'élancèrent l'un vers l'autre. Le poing droit du jeune dragon percuta celui du Tyran, devenant l'épicentre d'une onde sismique, la plus puissante jamais générée sur Terre. Les deux adversaires furent projetés en arrière, les armées furent soufflées, et les remparts et bâtiments de la cité volèrent en éclats. Ils redressèrent et, dans un hurlement bestial, Kryphakalos se jeta d'un bond puissant sur l'ennemi déjà debout.
Les coups pleuvaient sur le Tyran, mais, insensible, il donnait le change. Rapidement, les ecchymoses couvrirent le visage de deux duellistes. C'était un combat à mort. Chaque impact avait pour vocation de fracasser un os, éclater un organe et ébranler l'esprit. Cependant, Dynamagos était plus fort. Dans une esquive agile, suivie d'une puissante ruade, il mit à bas son adversaire et lui brisa la poitrine d'un violent coup de poing.
La victime éructa un flot de sang, toujours maintenu au sol :
Ici, ils se jaugèrent du regard, patientant que l'autre lançât l'assaut. Le jeune homme retenait sa colère instinctivement. Le duel était devenu mental : lequel céderait le premier ? Dynamagos avait tout le temps du monde, il le savait. Il disposait des ressources et des technologies qui lui permettraient de remettre un peu d'ordre, au cas où.
Kryphakalos n'avait qu'une seule chance. Il se vida l'esprit, cherchant au plus profond de son être la présence de son soi intérieur. Le temps semblait se figer, l'air s'immobiliser et le silence entre les deux titans tomba, ignorant les luttes au loin, les tirs d'artillerie qui pilonnaient la vallée et les brasiers qui brûlaient partout.
D'un coup, dans une synchronisation parfaite, libérant leur rage, leur haine, leurs peurs et leurs doutes, ils s'élancèrent l'un vers l'autre. Le poing droit du jeune dragon percuta celui du Tyran, devenant l'épicentre d'une onde sismique, la plus puissante jamais générée sur Terre. Les deux adversaires furent projetés en arrière, les armées furent soufflées, et les remparts et bâtiments de la cité volèrent en éclats. Ils redressèrent et, dans un hurlement bestial, Kryphakalos se jeta d'un bond puissant sur l'ennemi déjà debout.
Les coups pleuvaient sur le Tyran, mais, insensible, il donnait le change. Rapidement, les ecchymoses couvrirent le visage de deux duellistes. C'était un combat à mort. Chaque impact avait pour vocation de fracasser un os, éclater un organe et ébranler l'esprit. Cependant, Dynamagos était plus fort. Dans une esquive agile, suivie d'une puissante ruade, il mit à bas son adversaire et lui brisa la poitrine d'un violent coup de poing.
La victime éructa un flot de sang, toujours maintenu au sol :
— Ce fut un vaillant combat, je te le reconnais. Mais tu ne pouvais me vaincre sans ta créature ! lui chuchota-t-il.
Puis, il brandit sa main en l'air. Celle-ci se changea en fumée noire, prenant une forme longue et effilée :
— Maintenant, tu vas mourir, comme tous tes amis.
***
Après l'onde sismique, Aerkyr et Thermoptès se relevèrent et, d'un bref signe de tête, firent front en même temps. Ils harcelèrent depuis les airs Charya qui enrageait sous les meurtrissures qu'elle subissait. Les deux Fondateurs, mus par le ressentiment, avaient pris un avantage singulier, assaillant de toute part le Wendigo écoeurant qui avait assassiné l'Ingénieure. La lutte était violente, Charya crachait du sang noir et épais, tandis que les deux autres conservaient leur suprématie en restant en l'air.
Occasionnellement, un rayon glacé noir en frappait un mais cela n'avait pas l'effet suffisant pour ralentir l'avalanche qui s'abattait sur elle. Le Wendigo avait beau faire appel à tout son antique savoir éthéré, la vaillance et l'abnégation dont firent preuve ses assaillants fragilisaient peu à peu ses défenses. Soudain, dans un élan incongru, elle invoqua une barrière de glace qui frappa Aerkyr et brisa ses ailes. Chutant au sol, avant que son alliée ne put esquisser la moindre parade pour lui, elle se rua sur lui et lui arracha le cœur encore palpitant. Triomphante, elle le brandit à l'adresse de l'Ange de Feu avant de le dévorer, chaud et dégorgeant de sang sur son menton et sa poitrine.
Hurlant de rage et de désespoir, elle plongea, toutes flammes et lame sorties, sur Charya. Cette dernière s'apprêta à accueillir son adversaire d'un immense pic de glace qu'elle faisait pousser dans son dos. Le goût de son sang lui emplissait d'avance la bouche et elle s'en pourléchait les babines.
Subitement, une ferme prise lui bloqua les bras et lui enserra les jambes, éclatant son arme de glace dans son dos :
Occasionnellement, un rayon glacé noir en frappait un mais cela n'avait pas l'effet suffisant pour ralentir l'avalanche qui s'abattait sur elle. Le Wendigo avait beau faire appel à tout son antique savoir éthéré, la vaillance et l'abnégation dont firent preuve ses assaillants fragilisaient peu à peu ses défenses. Soudain, dans un élan incongru, elle invoqua une barrière de glace qui frappa Aerkyr et brisa ses ailes. Chutant au sol, avant que son alliée ne put esquisser la moindre parade pour lui, elle se rua sur lui et lui arracha le cœur encore palpitant. Triomphante, elle le brandit à l'adresse de l'Ange de Feu avant de le dévorer, chaud et dégorgeant de sang sur son menton et sa poitrine.
Hurlant de rage et de désespoir, elle plongea, toutes flammes et lame sorties, sur Charya. Cette dernière s'apprêta à accueillir son adversaire d'un immense pic de glace qu'elle faisait pousser dans son dos. Le goût de son sang lui emplissait d'avance la bouche et elle s'en pourléchait les babines.
Subitement, une ferme prise lui bloqua les bras et lui enserra les jambes, éclatant son arme de glace dans son dos :
— Alors soeurette, m'aurais-tu oubliée ?
Charya se débattait, hurlant et trépignant, tandis que Scylla, ayant repris une forme serpentine, la maintenait en position.
— Espèce de garce ! Vas-tu vraiment buter ta soeur ?? Le sang de ton sang ??
— Moi ? Non ! Mais, elle, oui !
— Moi ? Non ! Mais, elle, oui !
Scylla lâcha sa sœur, juste avant que Thermoptès ne l'atteignît. Sa lame flamboyante perça sa grosse poitrine, brûlant sa peau, ses os, et son cœur de glace. Les lumières rubis s'éteignirent au fond de leurs orbites. Lorsque la fée essoufflée arracha l'épée de son buste, Charya s'effondra à genou. La brûlure qui émanait de sa plaie se répandit sur son corps. En poussière noire, il fut soufflé par un vent frais, sonnant enfin le glas de cette hideuse créature.
***
Au moment où sa lame noire tomba, Kryphakalos réussit une esquive et, avant que Dynamagos ne put réagir, sa garde abaissée, il se rua d'un bond agile, malgré ses côtes fracturées, le poing et l'aile droits brandis. Le double coup qu'il porta fut chargé d'éclairs et fit chanceler son terrible adversaire. Et, de nouveau, ils se firent face, la haine et la douleur déformant leurs visages crispés.
Les bras et les ailes du jeune dragon étaient parcourus par de petits éclairs bleutés. Il sentait l'énergie croître en lui.
Les bras et les ailes du jeune dragon étaient parcourus par de petits éclairs bleutés. Il sentait l'énergie croître en lui.
Me revoilà.
Alors il inspira et libéra sa puissance. Sous les yeux stupéfaits du Tyran, il reprit sa forme draconique et immense, couvrant son ennemi d'une ombre impénétrable. Au milieu des ténèbres, Dynamagos était tel un oriflamme rougeoyant vacillant dans le vent impétueux d'un ouragan. Et pour la première fois depuis fort longtemps, il eut peur, pour son plan, pour sa vie.
Cependant, son désir de vivre n'avait d'égal que sa malice. Aussi, vivace, il esquiva la foudre qui lui tombait dessus, et se dirigea vers son impressionnante et mystérieuse machine, qu'il démarra d'un incantation non formulée. Puis, il se tourna, prêt à affronter le monstre.
Des jets de lumières rouges et noires pulsèrent, illuminant le champ de bataille, se mêlant à la foudre qui cristallisait le sol à chaque impact. Les deux combattants se livraient à un duel à mort, mais aucun ne semblait prendre l'avantage sur l'autre. Les deux armées les entouraient, tout en restant à une centaine de toises. Plus personne ne se battait sauf eux deux.
Scylla et Thermoptès s'approchaient, se soutenant mutuellement, se remettant de leur lutte face à la terrible sœur de la Gorgone. Elles ne firent pas réellement connaissance, toutes deux avaient trouvé en l'autre l'alliée pour remporter leur premier affrontement.
Scylla abandonna ensuite la fée et se dirigea vers l'étrange machine, de laquelle Dynamagos s'était éloigné pour se mesurer à Kryphakalos. Elle connaissait le dispositif originel, mais un élément particulier avait été ajouté, modifiant complètement son usage, apparemment. Alors, chantonnant, elle fit appel à ses dons et chercha ses réponses dans le passé.
Thermoptès assistait au duel, craignant de le voir basculer à l'avantage de leur ennemi. Jamais elle n'aurait cru voir un dragon, encore moins être témoin de la lutte d'un homme face à une telle créature.
Soudain, Dynamagos souffla une espèce de voile noir qui s'imprégna sur la tête de Kryphakalos. Celui-ci s'enragea et tempêta furieusement autour de lui. Il cracha le tonnerre et la foudre avec une violence inimaginable. Il fracassa les puissants dirigeables de Zincheng et massacra des milliers de soldats dans les deux camps. C'était un spectacle affreux. Et le voilà qu'il s'envolait ! Il crachait toujours à l'aveugle, espérant frapper le responsable de son état.
La fée s'avança alors dans le no man's land et constata avec effroi que le Tyran n'avait pas fait que l'aveugler, mais il semblait, au contraire, le contrôler. Alors, elle constata la direction qu'il lui fit prendre.
Cependant, son désir de vivre n'avait d'égal que sa malice. Aussi, vivace, il esquiva la foudre qui lui tombait dessus, et se dirigea vers son impressionnante et mystérieuse machine, qu'il démarra d'un incantation non formulée. Puis, il se tourna, prêt à affronter le monstre.
Des jets de lumières rouges et noires pulsèrent, illuminant le champ de bataille, se mêlant à la foudre qui cristallisait le sol à chaque impact. Les deux combattants se livraient à un duel à mort, mais aucun ne semblait prendre l'avantage sur l'autre. Les deux armées les entouraient, tout en restant à une centaine de toises. Plus personne ne se battait sauf eux deux.
Scylla et Thermoptès s'approchaient, se soutenant mutuellement, se remettant de leur lutte face à la terrible sœur de la Gorgone. Elles ne firent pas réellement connaissance, toutes deux avaient trouvé en l'autre l'alliée pour remporter leur premier affrontement.
Scylla abandonna ensuite la fée et se dirigea vers l'étrange machine, de laquelle Dynamagos s'était éloigné pour se mesurer à Kryphakalos. Elle connaissait le dispositif originel, mais un élément particulier avait été ajouté, modifiant complètement son usage, apparemment. Alors, chantonnant, elle fit appel à ses dons et chercha ses réponses dans le passé.
Thermoptès assistait au duel, craignant de le voir basculer à l'avantage de leur ennemi. Jamais elle n'aurait cru voir un dragon, encore moins être témoin de la lutte d'un homme face à une telle créature.
Soudain, Dynamagos souffla une espèce de voile noir qui s'imprégna sur la tête de Kryphakalos. Celui-ci s'enragea et tempêta furieusement autour de lui. Il cracha le tonnerre et la foudre avec une violence inimaginable. Il fracassa les puissants dirigeables de Zincheng et massacra des milliers de soldats dans les deux camps. C'était un spectacle affreux. Et le voilà qu'il s'envolait ! Il crachait toujours à l'aveugle, espérant frapper le responsable de son état.
La fée s'avança alors dans le no man's land et constata avec effroi que le Tyran n'avait pas fait que l'aveugler, mais il semblait, au contraire, le contrôler. Alors, elle constata la direction qu'il lui fit prendre.
— NOOONNNNN !!!!! hurla-t-elle à pleins poumons.
Trop tard.
Dynamagos eut un sourire satisfait lorsque Kryphakalos libéra la foudre sur la Capitale et fit exploser toute la ville dans une rage furieuse et incontrôlable. Cette vision était atroce. Les incendies se déclaraient partout, les derniers bâtiments encore debout s'effondrèrent sous la puissance de l'attaque et les hurlements qu'on entendit résonneraient à jamais dans les esprits des survivants.
Alors, Thermoptès, rassemblant tout son courage, fonça, volant avec détermination, vers le terrible ennemi. Elle était une boule de feu, propulsée à pleine vitesse. Ses mains s'allongèrent en lames incandescentes, prêtes à le pourfendre. Dynamagos dut détourner son attention et évita l'assaut flamboyant de la fée enragée. Il se drapa de l'obscurité et déploya toute son énergie pour la détruire. Le duel était acharné mais sans espoir. Il maîtrisait de nombreux arts éthérés, et il n'eut aucun mal à soutenir chaque assaut courageux de Thermoptès.
Alors, Thermoptès, rassemblant tout son courage, fonça, volant avec détermination, vers le terrible ennemi. Elle était une boule de feu, propulsée à pleine vitesse. Ses mains s'allongèrent en lames incandescentes, prêtes à le pourfendre. Dynamagos dut détourner son attention et évita l'assaut flamboyant de la fée enragée. Il se drapa de l'obscurité et déploya toute son énergie pour la détruire. Le duel était acharné mais sans espoir. Il maîtrisait de nombreux arts éthérés, et il n'eut aucun mal à soutenir chaque assaut courageux de Thermoptès.
— Ta bravoure m'honore ! Vous aurez été des adversaires coriaces. Cependant, cela ne suffira pas !
La fée soufflait mais ne répondit pas à la provocation. Elle tempérait autant que possible le combat, mais ses assauts étaient violents. De plus, elle n'avait plus l'énergie nécessaire pour déployer sa pleine puissance. Tout ce qu'elle souhaitait était de gagner suffisamment de temps pour….
BAAAAAMMMMM !!
Kryphakalos, libéré de son entrave, reparut plus retors que jamais et asséna un redoutable coup de patte, écrasant le Tyran dessous. Thermoptès, quelque peu choquée par la violence déployée, resta pantoise, encore à genoux suite à une parade qu'elle avait dû réaliser. Cependant, le dragon semblait douter.
Etait-il mort ?
Soudain, il sentit une pression sous la paume de sa patte. Et elle poussait de plus en plus fort. Il vit Thermoptès s'avancer au moment où elle se souleva malgré lui. Il força pour maintenir la pression. Cependant, il avait déjà pris trop d'avance. Avant qu'il ne put la protéger, un puissant flash de lumière rouge illumina le dessous de sa patte et frappa durement la fée.
Celle-ci ne comprit pas vraiment ce qu'il lui arrivait. Néanmoins, elle savait que quelque chose n'allait pas, lorsqu'elle vit Kryphakalos se ruer sous sa forme humaine vers elle en hurlant et pleurant. Il la rattrapa avant qu'elle ne s'effondrât au sol. Il lui chuchota des paroles réconfortantes, alors qu'elle voyait le Tyran arriver dans son dos. Ses larmes coulèrent sur ses joues et perlèrent sur sa poitrine, en dessous de laquelle un trou béant avait percé son corps mourant.
Celle-ci ne comprit pas vraiment ce qu'il lui arrivait. Néanmoins, elle savait que quelque chose n'allait pas, lorsqu'elle vit Kryphakalos se ruer sous sa forme humaine vers elle en hurlant et pleurant. Il la rattrapa avant qu'elle ne s'effondrât au sol. Il lui chuchota des paroles réconfortantes, alors qu'elle voyait le Tyran arriver dans son dos. Ses larmes coulèrent sur ses joues et perlèrent sur sa poitrine, en dessous de laquelle un trou béant avait percé son corps mourant.
— Cela va être ta fin, maintenant ! Merci pour ce duel impressionnant ! déclara Dynamagos.
Le jeune homme ne répondit pas, alors que la lumière s'éteignait dans les yeux de la fée. On lui avait tout retiré, il avait tout perdu. Toujours tenant Thermoptès dans ses bras, à genoux, il fit face à la mort et la regarda droit dans les yeux :
— Vas-y ! Je n'ai pas peur de mourir ! Maintenant que tu m'as tout pris, je n'ai plus aucune raison de me battre. Tu règneras sur des cendres et tu m'auras libéré de mes tourments. Alors vas-y ! Prends-moi !!
Et il ferma les yeux, attendant la sentence, aspirant à retrouver d'une façon ou d'une autre dans l'éther son amour. Une voix se fit entendre, dans le creux de son oreille :
— Garde espoir, jeune homme !
Il ouvrit alors les yeux et vit Scylla se jeter sur Dynamagos, aussi surpris que lui. Elle l'enserra de ses puissants anneaux pour l'immobiliser et, lui faisant face, lui dit d'un ton venimeux :
— Tu sais ce que c'est ? C'est un convecteur temporel ! Tu n'as jamais compris comment cela fonctionnait puisque tu l'as dérobé à l'Ingénieure que ma sœur a empalée. Je vais t'effacer de la réalité !!
Son regard pétrifia son corps, lui laissant seulement le chef de chair et de sang pour son ultime coup. Puis, elle s'adressa à Kryphakalos encore choqué :
— Tu n'oublieras rien de ce que tu as vécu, mais puisses-tu trouver la force de continuer à vivre ! Car la vie mérite vraiment que l'on se batte pour elle !
— Même si cela nous la coûte ?
— Précisément !
— Même si cela nous la coûte ?
— Précisément !
Enfin, elle enfonça le convecteur temporel dans le crâne de Dynamagos :
— Meurs, sale pourceau !
Un nuage tourbillonnant fait d'éclair violets apparut derrière eux. Une véritable tempête miniature fit rage et avala Scylla et Dynamagos. Un ultime tonnerre retentit et le vortex se dissipa aussi vite qu'il était apparu. Kryphakalos s'effondra, inanimé.
Epilogue
“Qu'est-ce que… ? Où suis-je ?”
Je ne comprenais pas ce qui m'entourait. J'avais ce sentiment désagréable de m'éveiller après un somme interminable. Je sens mon corps si léger, si futile, comme s'il avait si peu d'importance
Je ne comprenais pas ce qui m'entourait. J'avais ce sentiment désagréable de m'éveiller après un somme interminable. Je sens mon corps si léger, si futile, comme s'il avait si peu d'importance
C'est le cas.
Je croyais cligner des yeux, mais aucune lumière ne semblait s'imprimer sur mes rétines. Je croyais battre des bras, mais aucun contact ne semblait caresser ma peau. Revêtais-je des habits que je n'en saurais rien. Aucune explication ni information ne me parvenait, hormis ce que je croyais savoir. Quelle sensation étrange. Pourtant, je me sentais bien, comme si plus aucun fardeau du monde ne pesait sur moi. Et cela avait un côté si réconfortant que je ne cherchais guère en moi la force de changer quoi que ce pût être. J'étais bien.
Rien ne dure jamais.
“Quelle est cette voix !?” pensai-je, à défaut de pouvoir parler audiblement.
D'ailleurs, il semblerait que mon ouïe ne fonctionnait pas plus. Pourquoi ?
Cependant, dire que je ne ressentais aucune information serait faux. En fait, il y avait quelque chose sous-jacent, ce quelque chose qui me faisait penser, réfléchir, qui m'insufflait une existence. Lorsque je choisis de m'y arrêter, par intérêt, je pus enfin percevoir la réalité qui m'entourait tel un ouragan de lumière doux et chaud.
Des filaments colorés et irradiants se prolongeaient à l'infini dans des directions diverses et hasardeuses. Je pensai à me mouvoir dans cet espace incongru vers le fond invisible, et me voilà en train de parcourir les méandres intangibles striés de ces fils immatériels. Lorsque je voulus m'approcher d'un de ces objets, je sentis une volonté forte de le toucher sans jamais y parvenir. Je ne pouvais qu'observer.
Au bout d'une durée indéterminée, s'il était possible de mesurer un temps ici, à me déplacer, je finis me reconnaître un schéma identique, comme si, finalement, j'avais fini par tourner en rond. Comme si j'étais à la surface d'une sphère. Ce fut à cet instant que je finis par renoncer à croire que ce que je savais était vrai.
J'étais témoin d'une réalité qui disposait de toutes les réponses, et pourtant, on m'interdisait de lever le voile sur les vérités du Monde. Quelle frustration !
D'ailleurs, il semblerait que mon ouïe ne fonctionnait pas plus. Pourquoi ?
Cependant, dire que je ne ressentais aucune information serait faux. En fait, il y avait quelque chose sous-jacent, ce quelque chose qui me faisait penser, réfléchir, qui m'insufflait une existence. Lorsque je choisis de m'y arrêter, par intérêt, je pus enfin percevoir la réalité qui m'entourait tel un ouragan de lumière doux et chaud.
Des filaments colorés et irradiants se prolongeaient à l'infini dans des directions diverses et hasardeuses. Je pensai à me mouvoir dans cet espace incongru vers le fond invisible, et me voilà en train de parcourir les méandres intangibles striés de ces fils immatériels. Lorsque je voulus m'approcher d'un de ces objets, je sentis une volonté forte de le toucher sans jamais y parvenir. Je ne pouvais qu'observer.
Au bout d'une durée indéterminée, s'il était possible de mesurer un temps ici, à me déplacer, je finis me reconnaître un schéma identique, comme si, finalement, j'avais fini par tourner en rond. Comme si j'étais à la surface d'une sphère. Ce fut à cet instant que je finis par renoncer à croire que ce que je savais était vrai.
J'étais témoin d'une réalité qui disposait de toutes les réponses, et pourtant, on m'interdisait de lever le voile sur les vérités du Monde. Quelle frustration !
Personne n'a jamais le pouvoir de détenir l'ensemble des vérités du Monde. Jouis de la chance de savoir qu'elles existent ! Car nombreux sont ceux qui resteront à jamais dans l'ignorance de tout savoir.
Soudain, des fluctuations apparurent. Les longs filaments se tordirent au loin et formèrent un point unique et brillant. Les spirales infernales qui m'entouraient m'aspirèrent peu à peu vers ce centre hypothétique. Je ne voulais pas y aller.
Laisse-toi faire. Parfois, une personne peut réussir à défaire ce qui a été accompli.
A mesure que je m'approchais, je percevais tout l'espace se déformer autour, certains filaments s'en échapper, d'autres se faire entièrement avaler. Des ondes de lumière se diffusèrent de cet épicentre et des images apparurent.
Des images étranges. Des images violentes. Des images terrifiantes. La peur me gagnait, empoisonnant mon esprit. Alors je luttai contre cette chute inexorable et j'agrippai à un filament.
Q-quoi ? Je croyais que je ne pouvais pas les toucher ! Pourtant, il semblait ficelé à mon esprit avec une force sans précédent. De fait, de toute ma volonté, je m'y accrochais. Ce filament était ma balise, mon ancre. Je ne chutais plus désormais et je me rassérénais.
Des images étranges. Des images violentes. Des images terrifiantes. La peur me gagnait, empoisonnant mon esprit. Alors je luttai contre cette chute inexorable et j'agrippai à un filament.
Q-quoi ? Je croyais que je ne pouvais pas les toucher ! Pourtant, il semblait ficelé à mon esprit avec une force sans précédent. De fait, de toute ma volonté, je m'y accrochais. Ce filament était ma balise, mon ancre. Je ne chutais plus désormais et je me rassérénais.
Adieu ! Et guide-le car les grandes luttes n'en finissent jamais.
Brutalement, avant que je ne pusse esquisser le moindre geste, le point de lumière fonça droit sur moi, les filaments se rétractèrent autour, comme si une force refermait un livre immense. Au moment où l'épicentre s'approchait dangereusement de moi, il prit la forme d'une déchirure verticale dans un voile noir et me happa.
La chute était rude, alors que j'atterrissais à quatre pattes dans la boue. Je repris lentement ma respiration. Je jetai un coup d'œil dans mon dos et observai le portail disparaître dans un petit claquement sonore. Je supposai que jamais personne ne me croirait.
Je me relevai et détaillai du regard le paysage qui m'entourait. La végétation était plutôt luxuriante, mais les arbres étaient encore jeunes. Où étais-je ? Le lieu m'était familier, mais je ne parvenais pas à le situer dans ma mémoire.
Je me mis alors à marcher vers le haut de la colline. Ce fut assez chaotique. Plusieurs fois, le sol se dérobait sous mes pas, les trous masqués par des hautes herbes. Mais, je poursuivais ma route, avec détermination. Je finis par trébucher sur une pierre saillante et me trouvai une fois encore à genoux. Je m'attardais alors sur la raison de ma chute et, prenant un peu de recul, remarquai qu'une structure géométrique déformait la colline.
“Des remparts !” m'exclamai-je pour moi-même.
Ce devait être une ville immense. D'ailleurs, je reconnus des motifs, qui avaient dû former des rues et des bâtiments en tout genre. Mais rien n'était plus, désormais. Tout paraissait déformé. La ville avait été détruite jusqu'à la base. Mon cœur se gonfla d'un sentiment de remords que je ne comprenais guère. Pourquoi étais-je aussi triste ? Je n'étais en rien responsable de cette désolation, si ?
Les larmes inondèrent mes yeux, avant de perler sur mes joues et atteindre la commissure de mes lèvres. Je sentis le léger goût salé envahir ma bouche. Puis je me détournai. Je sentais au fond de moi que l'on m'attendait ailleurs. Loin d'ici. Très loin. Comment ? Je ne pouvais l'expliquer, mais je savais que c'était la bonne direction.
Je jetai un regard vers le Jour et le gardai face à moi, jusqu'à ce que, dans son déclin, il passât sur ma gauche. Je marchai avec entrain vers les terres méridionales.
Chaque aurore était un doux cadeau et me poussait à poursuivre ma route, sans faiblir et sans hâte. J'éprouvai ce sentiment essentiel d'apprécier ma solitude, d'accueillir chaque instant avec sérénité et joie, tout en ressentant cette impatience de découvrir ce qui m'attirait tant dans cette direction.
A mesure que les cycles devenaient des semaines, je finis par ne plus reconnaître les paysages. Je me sustentais occasionnellement, n'ayant pas ce besoin particulier. Et, je savais qu'il serait assouvi par la suite. Mon instinct me l'avait soufflé, et, au demeurant, je croyais fermement en lui.
J'arrivais enfin sur des hameaux. Voir des gens était une nouveauté singulière. Ils avaient le regard fuyant à mon égard, bien que je ne susse pas pourquoi. Cela n'empêchait guère certains grossiers personnages m'aborder avec une étrangeté dans l'attitude. Cela me faisait froid dans le dos. Et ce fut pourquoi je quittai le premier village dans la précipitation.
Par la suite, la discrétion était de mise, et je pus observer et écouter les ragots et autres boniments qui voyageaient de places en places. Une rumeur circulait. Une présence aurait pris, voilà quelques années, possession des ruines d'un vieux village, loin vers le midi.
Et, alors que les discours des Hylédiptères et autres changeurs de peau souffraient d'une certaine animosité à son égard, je sentais, pour ma part, que c'était l'objet de mon pèlerinage. J'interrogeais, de ce fait, tous les badauds que je croisais qui ne me semblaient pas rustres. Jusqu'à ce que je tombasses sur ces deux fées, juchées sur une plateforme aménagée dans un bel aulne. L'une avait vu de nombreuses années passer. Ses cheveux étaient blancs mais soyeux et encadraient un regard voilé par l'âge, les rides commençaient à marquer son visage qui avait dû être magnifique auparavant, son corps conservait des formes encore voluptueuses. Mais ses vêtements négligés montraient une fatigue manifeste. L'autre était nettement plus jeune et je sentis un fourmillement nouveau dans le creux de mes reins. Sa chevelure rousse tombait en cascade sur ses épaules nues, son visage révélait une malice, emprunte d'une ingénuité caractéristique de la jeunesse. Ses yeux trahissaient une assurance faussée par son inexpérience de la vie. Et sa tenue dévoilait tellement ses courbes graciles que je me demandais si elle était vraiment habillée.
La chute était rude, alors que j'atterrissais à quatre pattes dans la boue. Je repris lentement ma respiration. Je jetai un coup d'œil dans mon dos et observai le portail disparaître dans un petit claquement sonore. Je supposai que jamais personne ne me croirait.
Je me relevai et détaillai du regard le paysage qui m'entourait. La végétation était plutôt luxuriante, mais les arbres étaient encore jeunes. Où étais-je ? Le lieu m'était familier, mais je ne parvenais pas à le situer dans ma mémoire.
Je me mis alors à marcher vers le haut de la colline. Ce fut assez chaotique. Plusieurs fois, le sol se dérobait sous mes pas, les trous masqués par des hautes herbes. Mais, je poursuivais ma route, avec détermination. Je finis par trébucher sur une pierre saillante et me trouvai une fois encore à genoux. Je m'attardais alors sur la raison de ma chute et, prenant un peu de recul, remarquai qu'une structure géométrique déformait la colline.
“Des remparts !” m'exclamai-je pour moi-même.
Ce devait être une ville immense. D'ailleurs, je reconnus des motifs, qui avaient dû former des rues et des bâtiments en tout genre. Mais rien n'était plus, désormais. Tout paraissait déformé. La ville avait été détruite jusqu'à la base. Mon cœur se gonfla d'un sentiment de remords que je ne comprenais guère. Pourquoi étais-je aussi triste ? Je n'étais en rien responsable de cette désolation, si ?
Les larmes inondèrent mes yeux, avant de perler sur mes joues et atteindre la commissure de mes lèvres. Je sentis le léger goût salé envahir ma bouche. Puis je me détournai. Je sentais au fond de moi que l'on m'attendait ailleurs. Loin d'ici. Très loin. Comment ? Je ne pouvais l'expliquer, mais je savais que c'était la bonne direction.
Je jetai un regard vers le Jour et le gardai face à moi, jusqu'à ce que, dans son déclin, il passât sur ma gauche. Je marchai avec entrain vers les terres méridionales.
Chaque aurore était un doux cadeau et me poussait à poursuivre ma route, sans faiblir et sans hâte. J'éprouvai ce sentiment essentiel d'apprécier ma solitude, d'accueillir chaque instant avec sérénité et joie, tout en ressentant cette impatience de découvrir ce qui m'attirait tant dans cette direction.
A mesure que les cycles devenaient des semaines, je finis par ne plus reconnaître les paysages. Je me sustentais occasionnellement, n'ayant pas ce besoin particulier. Et, je savais qu'il serait assouvi par la suite. Mon instinct me l'avait soufflé, et, au demeurant, je croyais fermement en lui.
J'arrivais enfin sur des hameaux. Voir des gens était une nouveauté singulière. Ils avaient le regard fuyant à mon égard, bien que je ne susse pas pourquoi. Cela n'empêchait guère certains grossiers personnages m'aborder avec une étrangeté dans l'attitude. Cela me faisait froid dans le dos. Et ce fut pourquoi je quittai le premier village dans la précipitation.
Par la suite, la discrétion était de mise, et je pus observer et écouter les ragots et autres boniments qui voyageaient de places en places. Une rumeur circulait. Une présence aurait pris, voilà quelques années, possession des ruines d'un vieux village, loin vers le midi.
Et, alors que les discours des Hylédiptères et autres changeurs de peau souffraient d'une certaine animosité à son égard, je sentais, pour ma part, que c'était l'objet de mon pèlerinage. J'interrogeais, de ce fait, tous les badauds que je croisais qui ne me semblaient pas rustres. Jusqu'à ce que je tombasses sur ces deux fées, juchées sur une plateforme aménagée dans un bel aulne. L'une avait vu de nombreuses années passer. Ses cheveux étaient blancs mais soyeux et encadraient un regard voilé par l'âge, les rides commençaient à marquer son visage qui avait dû être magnifique auparavant, son corps conservait des formes encore voluptueuses. Mais ses vêtements négligés montraient une fatigue manifeste. L'autre était nettement plus jeune et je sentis un fourmillement nouveau dans le creux de mes reins. Sa chevelure rousse tombait en cascade sur ses épaules nues, son visage révélait une malice, emprunte d'une ingénuité caractéristique de la jeunesse. Ses yeux trahissaient une assurance faussée par son inexpérience de la vie. Et sa tenue dévoilait tellement ses courbes graciles que je me demandais si elle était vraiment habillée.
— Que pouvez-vous me dire sur la forêt d'Hydrazyl et la chose qui habite ces lieux ?
— Pourquoi vous renseignez-vous sur cette créature ? C'est un solitaire, mal aimable, aimé de personne. Je suis certain qu'il n'a personne à aimer ! disait la vieille fée, avec aigreur.
— En même temps, il a le regard furtif et vicieux, qui n'a d'égal que son impolitesse et ses secrets qu'il cache jalousement, ajouta sa compagne de ragots.
— Lui avez-vous parlé ? répondis-je.
— Par l'Ether, non ! Cela ne me viendrait jamais à l'esprit de m'approcher à moins de cent lieues de son domaine ! réagit la jeune fée, offusquée.
— Alors comment pouvez-vous savoir qu'il cache des secrets, ainsi que tout ce que vous m'avez décrit à son sujet ?
— On a affaire à une sceptique, Phyllia ! lança la vieille à son amie. Pour tout vous dire, nous savons ce que nous avons vu lorsque l'Ombre a occulté le Jour, il y a de cela trente années. Elle était immense et terrible, l'effroi nous avait tous gagnés. Nous avons cherché longtemps le lieu de son repaire, pour en finir une bonne fois pour toute avec le Mal. Nous ne voulions plus de tyran, mais simplement vivre en paix. C'est une dryade qui nous a aidé dans nos investigations…
— Ah mais oui ! Mais elle avait trouvé quelque chose, n'est-ce pas ? coupa Phyllia.
— Effectivement, puisqu'elle a rebroussé chemin, et convaincu tout le monde de laisser tomber les recherches. Elle n'a ensuite fait que parler par énigme, nous assurant qu'il restera un ermite se cachant, un prisonnier en exil de son propre passé, un sans-ami qui est son propre ennemi. Elle avait même ajouté que seul l'amour perdu ou la mort pourrait le libérer de ses tourments, tout en se demandant s'il trouverait le bonheur à la conclusion de sa vie.
— Quelle histoire ! fis-je avec tristesse. Personne n'a voulu faire un pas vers lui ??
— Pourquoi faire ? lança Phyllia avec vigueur, faisant tressauter sa poitrine ronde, dont seuls les tétons étaient cachés par une tunique de cuir noir. Nous avons fort à faire dans notre village !
— Oui, comme colporter des ragots, répliquai-je avant de commencer à m'éloigner. En tout cas, merci pour ces informations.
— Pourquoi vous renseignez-vous sur cette créature ? C'est un solitaire, mal aimable, aimé de personne. Je suis certain qu'il n'a personne à aimer ! disait la vieille fée, avec aigreur.
— En même temps, il a le regard furtif et vicieux, qui n'a d'égal que son impolitesse et ses secrets qu'il cache jalousement, ajouta sa compagne de ragots.
— Lui avez-vous parlé ? répondis-je.
— Par l'Ether, non ! Cela ne me viendrait jamais à l'esprit de m'approcher à moins de cent lieues de son domaine ! réagit la jeune fée, offusquée.
— Alors comment pouvez-vous savoir qu'il cache des secrets, ainsi que tout ce que vous m'avez décrit à son sujet ?
— On a affaire à une sceptique, Phyllia ! lança la vieille à son amie. Pour tout vous dire, nous savons ce que nous avons vu lorsque l'Ombre a occulté le Jour, il y a de cela trente années. Elle était immense et terrible, l'effroi nous avait tous gagnés. Nous avons cherché longtemps le lieu de son repaire, pour en finir une bonne fois pour toute avec le Mal. Nous ne voulions plus de tyran, mais simplement vivre en paix. C'est une dryade qui nous a aidé dans nos investigations…
— Ah mais oui ! Mais elle avait trouvé quelque chose, n'est-ce pas ? coupa Phyllia.
— Effectivement, puisqu'elle a rebroussé chemin, et convaincu tout le monde de laisser tomber les recherches. Elle n'a ensuite fait que parler par énigme, nous assurant qu'il restera un ermite se cachant, un prisonnier en exil de son propre passé, un sans-ami qui est son propre ennemi. Elle avait même ajouté que seul l'amour perdu ou la mort pourrait le libérer de ses tourments, tout en se demandant s'il trouverait le bonheur à la conclusion de sa vie.
— Quelle histoire ! fis-je avec tristesse. Personne n'a voulu faire un pas vers lui ??
— Pourquoi faire ? lança Phyllia avec vigueur, faisant tressauter sa poitrine ronde, dont seuls les tétons étaient cachés par une tunique de cuir noir. Nous avons fort à faire dans notre village !
— Oui, comme colporter des ragots, répliquai-je avant de commencer à m'éloigner. En tout cas, merci pour ces informations.
Et je repris ma route, toujours en marchant. La jeunette me héla avant de me rattraper d'un bruissement d'ailes :
— Je ne sais pas ce que tu cherches et j'espère que tu le trouveras, mais pourquoi ne voles-tu pas ?
Sans un mot ni un regard, j'ignorai sa question et abandonnai la fée au milieu du sentier.
Après quelques semaines à crapahuter entre monts et vaux, jalonnés par la forêt et les prairies, sous les instructions des deux fées, je finis par dénicher les abords de vieilles ruines envahies par la végétation. Les vestiges de bâtiments partiellement démolis se dressaient péniblement dans ce dédale vert et luxuriant. C'était un spectacle autant magnifique à voir que désolant. Je constatais, non sans une fâcheuse amertume, la décadence de notre société partout où je me passais. Cela m'attristait, car il ne me semblait pas avoir ces souvenirs-ci, mais plutôt ceux d'une civilisation en devenir.
Cependant, mon voyage ne s'achevait pas ici, dans ces ruines, je le sentais dans mon ventre. Mon instinct me guida plus loin, vers ce chemin qui s'enfonçait dans la forêt. Il paraissait avoir été pratiqué occasionnellement car l'herbe poussait assez peu. Aussi, mon cœur fit un bond dans ma poitrine et je m'engageai.
Mon pas se fit plus mesuré, moins décidé à mesure que j'avançai. Je ne savais guère ce que j'allais trouver. De plus, la forêt qui m'encerclait était très dense, craquait et grondait à mon encontre. Le Jour, bien que haut dans le ciel, ne perçait que faiblement les faîtages des grands arbres. Ma présence semblait menacer la paix de ce havre froid et noir, alors que je diffusais une lueur légère, tel un symbole d'espoir dans un lieu qui avait tout perdu. Pourtant, mes tripes m'indiquaient clairement de poursuivre jusqu'au bout. Je ne souffrais pas de la peur, non. L'appréhension de ce que j'allais découvrir et, l'expectative de la surprise qui serait bonne ou mauvaise se livraient un duel singulier dans ma tête.
Lorsque j'atteignis la clairière, la lumière m'aveugla quelques brefs instants avant que ne se révélât à moi une masure sombre nichée entre deux chênes antiques. La vue m'émerveilla et je me sentis gonfler d'amour pour ce lieu si paisible.
Quelque chose bougea, en dehors de mon champ de vision. Mon échine s'hérissa. Mais ce n'était pas de la peur, mais plutôt…
De l'excitation. Qu'est-ce que…
Alors je le vis sortir de son logis et se figer. Et tout prit sens. Et tous mes souvenirs revinrent. J'étais assaillie par une tempête d'images, par un orage de sentiments partagés, par un torrent de désir inassouvi. Comme si, finalement, tout cela avait été mis en veille.
Je reprenais vie et c'était grâce à lui. Lui avec sa carrure élancée mais saillante. Lui avec son regard sombre et torturé, encadré par une cascade hirsute et corbeau. Lui avec ses écailles sur les bras et le dos. Lui avec ses ailes membraneuses et noires. Les larmes mouillaient mon visage.
Il me regarda. L'incompréhension le gagnait, je le voyais à sa mine estomaquée. On s'approchait l'un de l'autre, sans précipitation puisque le temps était comme gelé, comme si nous avions peur de voir s'effacer ce rêve, le voir nous glisser entre les doigts. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine. Mes jambes flageolaient à chaque pas qui me menait vers l'amour de ma vie. Je voyais également son hésitation. Comment cela était-il possible ?
Voilà tous les sentiments qui me traversaient. Et je crus défaillir lorsque j'entendis enfin le son de sa voix :
Après quelques semaines à crapahuter entre monts et vaux, jalonnés par la forêt et les prairies, sous les instructions des deux fées, je finis par dénicher les abords de vieilles ruines envahies par la végétation. Les vestiges de bâtiments partiellement démolis se dressaient péniblement dans ce dédale vert et luxuriant. C'était un spectacle autant magnifique à voir que désolant. Je constatais, non sans une fâcheuse amertume, la décadence de notre société partout où je me passais. Cela m'attristait, car il ne me semblait pas avoir ces souvenirs-ci, mais plutôt ceux d'une civilisation en devenir.
Cependant, mon voyage ne s'achevait pas ici, dans ces ruines, je le sentais dans mon ventre. Mon instinct me guida plus loin, vers ce chemin qui s'enfonçait dans la forêt. Il paraissait avoir été pratiqué occasionnellement car l'herbe poussait assez peu. Aussi, mon cœur fit un bond dans ma poitrine et je m'engageai.
Mon pas se fit plus mesuré, moins décidé à mesure que j'avançai. Je ne savais guère ce que j'allais trouver. De plus, la forêt qui m'encerclait était très dense, craquait et grondait à mon encontre. Le Jour, bien que haut dans le ciel, ne perçait que faiblement les faîtages des grands arbres. Ma présence semblait menacer la paix de ce havre froid et noir, alors que je diffusais une lueur légère, tel un symbole d'espoir dans un lieu qui avait tout perdu. Pourtant, mes tripes m'indiquaient clairement de poursuivre jusqu'au bout. Je ne souffrais pas de la peur, non. L'appréhension de ce que j'allais découvrir et, l'expectative de la surprise qui serait bonne ou mauvaise se livraient un duel singulier dans ma tête.
Lorsque j'atteignis la clairière, la lumière m'aveugla quelques brefs instants avant que ne se révélât à moi une masure sombre nichée entre deux chênes antiques. La vue m'émerveilla et je me sentis gonfler d'amour pour ce lieu si paisible.
Quelque chose bougea, en dehors de mon champ de vision. Mon échine s'hérissa. Mais ce n'était pas de la peur, mais plutôt…
De l'excitation. Qu'est-ce que…
Alors je le vis sortir de son logis et se figer. Et tout prit sens. Et tous mes souvenirs revinrent. J'étais assaillie par une tempête d'images, par un orage de sentiments partagés, par un torrent de désir inassouvi. Comme si, finalement, tout cela avait été mis en veille.
Je reprenais vie et c'était grâce à lui. Lui avec sa carrure élancée mais saillante. Lui avec son regard sombre et torturé, encadré par une cascade hirsute et corbeau. Lui avec ses écailles sur les bras et le dos. Lui avec ses ailes membraneuses et noires. Les larmes mouillaient mon visage.
Il me regarda. L'incompréhension le gagnait, je le voyais à sa mine estomaquée. On s'approchait l'un de l'autre, sans précipitation puisque le temps était comme gelé, comme si nous avions peur de voir s'effacer ce rêve, le voir nous glisser entre les doigts. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine. Mes jambes flageolaient à chaque pas qui me menait vers l'amour de ma vie. Je voyais également son hésitation. Comment cela était-il possible ?
Voilà tous les sentiments qui me traversaient. Et je crus défaillir lorsque j'entendis enfin le son de sa voix :
— Tectheria ?
FIN
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Commentaires ()
Finir n’a pas été simple pour moi. Je voulais que ce soit avec panache et surprise. A priori c’est chose faite !
Des idées, j’en ai quelques-unes mais du temps, un peu moins ^^
En tout cas, pour la dernière fois, un immense merci à tous pour votre soutien !
Les dimensions parallèles ou les sauts temporels sont de bons moyens de boucler la boucle (et j'en sais quelque chose ;)).
Alors, je tiens à te féliciter d'avoir su finir ton histoire comme tu as su la mener... d'une main de maître !
Bravo et merci de nous avoir embarqué avec toi dans cette aventure. Ce fut un plaisir de te lire sur ces 24 chapitres.
La fin d'une saga est toujours un peu triste (j'en sais également quelque chose ;)). Mais cela permet aussi de se lancer dans de nouveaux projets... Et je ne doute pas que tu aies des idées plein la tête :).
Bonne continuation, Pulsar :).
Alors bravo pour ce travail, pour sa cohérence et encore une fois, merci.
Je ne peux que te féliciter pour l'ensemble de ces 24 chapitres qui m'ont captivé de bout en bout grâce à un imaginaire riche et exigeant. Bravo !
Je suis heureux de constater ton plaisir à cette lecture finale :)