Réel
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Après à deux sans limite — Chapitre 15 · La reconstruction
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Après à deux sans limite
Chapitre 15 · La reconstruction
Chapitre 14 – La Reconstruction
Les semaines suivantes sont un tourbillon d’émotions contradictoires. Les séances de thérapie nous aident un peu – on y parle de confiance brisée, de frustrations accumulées, de la façon dont mon infidélité a creusé un fossé entre nous. Mais c’est lent, chiant par moments, avec des exercices ridicules comme « exprimer ses sentiments sans accuser ». Ju y va à contrecœur, Maë avec espoir, et moi avec culpabilité. On n’en sort pas transformés, mais au moins, on parle. Un peu.
Ju est le plus rancunier. Il ne me touche plus. Pas un câlin, pas un baiser. Il dort dans la chambre d’amis, prétexte que « j’ai besoin d’espace pour digérer ». Ses regards sont froids, ses mots coupants. Un soir, alors que je range la cuisine, il passe derrière moi sans un geste.
— Tu as préparé le dîner ? demande-t-il, la voix neutre.
— Oui. J’ai fait ton plat préféré.
Il hausse les épaules.
— Merci. Mais ça efface pas ce que tu as fait. Tu crois que cuisiner va me faire oublier que tu baisais un autre pendant des semaines ? Que tu nous as menti ?
— Merci. Mais ça efface pas ce que tu as fait. Tu crois que cuisiner va me faire oublier que tu baisais un autre pendant des semaines ? Que tu nous as menti ?
Je baisse les yeux, les larmes montent.
— Non… je sais que ça efface rien. Mais j’essaie, Ju. J’essaie de montrer que je regrette.
— Non… je sais que ça efface rien. Mais j’essaie, Ju. J’essaie de montrer que je regrette.
Il ricane, amer.
— Regretter ? C’est facile maintenant. Mais quand tu jouissais pour lui, tu regrettais pas, hein ? Tu pensais pas à nous. Tu pensais qu’à ton plaisir. À ta petite vengeance parce qu’on baisait sans toi. Tu nous as humiliés, Rox. Tu m’as humilié.
— Regretter ? C’est facile maintenant. Mais quand tu jouissais pour lui, tu regrettais pas, hein ? Tu pensais pas à nous. Tu pensais qu’à ton plaisir. À ta petite vengeance parce qu’on baisait sans toi. Tu nous as humiliés, Rox. Tu m’as humilié.
Ses mots me transpercent. Je pleure, comme souvent ces jours-ci. Il part sans un mot de plus, me laissant seule avec ma culpabilité.
Maë est différente. Elle est blessée, profondément, mais elle ouvre une porte. Elle voit mes efforts, et elle répond. Au début, c’est subtil : un regard moins froid, une main sur mon épaule quand je pleure. Puis, des moments tendres. Un soir, alors que Ju est sorti courir pour évacuer sa rage, Maë s’assoit à côté de moi sur le canapé.
— Viens là.
Je me blottis contre elle, la tête sur son épaule. Elle caresse mes cheveux doucement, sans un mot. C’est chaud, rassurant. Pas de sexe, juste de la tendresse. Je pleure encore, et elle me serre plus fort.
— Ça va prendre du temps, murmure-t-elle. Mais je t’aime toujours. Je veux qu’on reconstruise.
Un autre jour, après une séance de thérapie particulièrement dure où Ju a vidé son sac sur ma trahison, Maë me prend la main dans la voiture.
— Ne l’écoute pas trop. Il est blessé, mais il t’aime. On va y arriver.
— Ne l’écoute pas trop. Il est blessé, mais il t’aime. On va y arriver.
Elle pose un baiser léger sur ma joue, et je sens un frisson familier. Pas d’excitation brute, juste de l’amour doux, réconfortant.
Ces moments avec Maë deviennent mon ancre. On passe des soirées à parler, tard dans la nuit, quand Ju est couché. Elle me raconte sa douleur : « J’avais l’impression d’être invisible pour toi. Tu rentrais, tu nous évitais, et moi je me demandais ce que j’avais fait de mal. » Je pleure, je m’excuse, je lui dis que c’était ma faute, pas la sienne. Elle me serre contre elle, nos corps collés sans désir sexuel, juste pour la proximité.
Un soir, alors que Ju est au sport, Maë me rejoint dans la salle de bain pendant que je me démaquille. Elle s’approche par derrière, pose ses mains sur mes hanches, embrasse mon cou doucement.
— Tu me manques, murmure-t-elle.
— Tu me manques, murmure-t-elle.
Je me retourne, nos lèvres se frôlent. Pas de passion dévorante, juste un baiser tendre, long, plein d’amour. On s’enlace, on reste comme ça, front contre front.
— Toi aussi, tu me manques. On va s’en sortir.
Elle sourit faiblement.
— Oui. Mais il faut que Ju revienne vers nous. Il est rancunier, mais il craque. Donne-lui du temps.
— Oui. Mais il faut que Ju revienne vers nous. Il est rancunier, mais il craque. Donne-lui du temps.
Les efforts avec Maë me donnent de l’espoir. On cuisine ensemble, on s’occupe du bébé à deux, on se câline sur le canapé devant un film. Pas de sexe – pas encore. Mais de la tendresse qui guérit, petit à petit.
Ju reste distant. Il parle peu, évite les contacts. Un matin, alors que je lui tends un café, il le prend sans me regarder.
— Merci.
— Merci.
— Ju… on peut parler ?
Il hausse les épaules.
— Parler de quoi ? De comment tu nous as trahis ? De comment tu as préféré un autre à nous ? Je sais pas si j’ai envie d’entendre ça encore.
— Parler de quoi ? De comment tu nous as trahis ? De comment tu as préféré un autre à nous ? Je sais pas si j’ai envie d’entendre ça encore.
Je pleure, comme toujours.
— Je suis désolée… je fais tout pour réparer.
— Je suis désolée… je fais tout pour réparer.
Il soupire.
— Réparer ? Tu crois que c’est réparable ? Tu as brisé la confiance. À chaque fois que je te regarde, je me demande si tu mens encore. Si tu vas encore chez lui.
— Réparer ? Tu crois que c’est réparable ? Tu as brisé la confiance. À chaque fois que je te regarde, je me demande si tu mens encore. Si tu vas encore chez lui.
— Non ! Je l’ai bloqué. Il est parti. C’est fini.
Il se lève, la voix dure.
— Fini pour toi. Pas pour moi. Pas encore.
— Fini pour toi. Pas pour moi. Pas encore.
Il part travailler, me laissant en larmes. Maë arrive, me serre contre elle.
— Il va craquer. Je le connais. Il t’aime trop pour te perdre.
— Il va craquer. Je le connais. Il t’aime trop pour te perdre.
Les jours passent, la rancœur de Ju persiste, mais Maë et moi reconstruisons. On partage des moments intimes : un bain ensemble, nues mais sans sexe, juste à se laver mutuellement, à se masser les épaules. Un soir, elle me prend la main sous la table pendant le dîner, et Ju le voit. Son regard s’adoucit une seconde.
Puis, un soir, après une séance de thérapie où Ju a enfin lâché « J’ai peur de te perdre, mais j’ai aussi peur de te pardonner », il rentre avec nous. Dans la voiture, il pose une main sur ma cuisse. Pas de mots. Juste ce geste.
À la maison, Maë allume des bougies, met de la musique douce. On s’assoit tous les trois sur le canapé. Ju me regarde enfin.
— Je veux essayer. Pour nous.
— Je veux essayer. Pour nous.
Maë sourit, prend ma main et la pose sur celle de Ju.
— Moi aussi.
— Moi aussi.
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Commentaires ()
Souvent, plus l'amour est fort, plus le ressentiment est fort. Texte de transition, mais très intéressant.
A voir, comment, il vont reprendre leur trio, sous quelles conditions, .... la place de Roxanne....
Mais seul l'auteur