Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
À deux, sans limite — Chapitre 12
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
À deux, sans limite
Chapitre 12
CHAPITRE 12 – Ce qu’on ne dit pas (chapitre Rox)
Je croyais qu’on avait trouvé notre équilibre.
Après cette soirée chez Maëlys, je voyais Rox plus belle, plus libre, plus épanouie que jamais. J’avais en tête ce sourire qu’elle avait eu juste après avoir joui, allongée entre nous deux, nue, couverte de sueur et de foutre, riant doucement dans les bras de Maë. Ce moment flottait en moi comme un rêve éveillé.
Après cette soirée chez Maëlys, je voyais Rox plus belle, plus libre, plus épanouie que jamais. J’avais en tête ce sourire qu’elle avait eu juste après avoir joui, allongée entre nous deux, nue, couverte de sueur et de foutre, riant doucement dans les bras de Maë. Ce moment flottait en moi comme un rêve éveillé.
Elle était radieuse dans les jours qui ont suivi. Tendre. Coquine. Amoureuse.
Et je me disais que tout allait bien.
Que peut-être on avait franchi un cap, trouvé cette forme d’ouverture rare et précieuse qui nous appartenait à nous seuls. On n’en parlait pas tant que ça, mais on n’avait pas besoin. Je croyais sentir. Je croyais comprendre.
Et je me disais que tout allait bien.
Que peut-être on avait franchi un cap, trouvé cette forme d’ouverture rare et précieuse qui nous appartenait à nous seuls. On n’en parlait pas tant que ça, mais on n’avait pas besoin. Je croyais sentir. Je croyais comprendre.
J’aurais dû voir les signes.
Le léger recul dans ses regards.
Ses silences plus longs.
Son besoin d’espace.
Le léger recul dans ses regards.
Ses silences plus longs.
Son besoin d’espace.
Je ne les ai pas vus.
Et c’est Roxanne qui va te raconter la suite.
Et c’est Roxanne qui va te raconter la suite.
Je ne sais pas exactement ce qui a déclenché l’implosion. Peut-être ce regard de Ju, plein d’amour, mais aussi d’incompréhension. Peut-être son sourire, trop doux pour l’orage que j’avais en moi. Peut-être juste le trop-plein. Mais d’un coup, tout est sorti.
J’ai hurlé. Larmes aux yeux. Gorge serrée.
— Putain, Ju ! Tu vois rien !
Il a sursauté. Vraiment. Comme s’il ne comprenait même pas d’où ça venait.
— Tu comprends pas ce que ça fait ! Tu crois que je vais bien, que je suis heureuse... Eh oui, j’ai aimé, j’ai joui, mais bordel... Je me perds ! Je me reconnais plus parfois !
Il a tenté de parler, doucement :
— Rox...
— NON ! Laisse-moi parler.
— NON ! Laisse-moi parler.
Je tremblais. De colère. De peine. De peur. D’amour, aussi.
— Tu ne me vois que comme ta salope. Comme ta pute. Mais je suis plus que ça ! Putain, Ju ! J’suis pas juste la fille qui fait des plans à trois pour te faire kiffer ! Je suis ta meuf, merde ! Ton amoureuse ! Je veux qu’on baise comme avant, parfois. Juste toi et moi. Juste de l’amour. Sans toujours chercher à repousser les limites, à inventer du neuf, du plus loin, du plus fort.
Il s’est figé. Silencieux.
— Tu m’aimes ? j’ai craché, presque agressive. « Alors, montre-le. Arrête de m’entraîner dans un truc que je gère pas à la vitesse où ça va. »
Je n’ai pas attendu sa réponse. J’ai tourné les talons, la gorge nouée, le cœur en feu.
Avant de claquer la porte de la chambre, j’ai lâché, entre deux sanglots :
— T’es trop con... Tu vas tout gâcher alors que je suis prête à tout te donner...
Et je suis sortie.
Pas pour faire un effet de style. Pas pour le faire culpabiliser. Juste parce que j’en pouvais plus. J’avais besoin d’air. De silence. De vide.
Je me suis enfermée dans la salle de bain. Je suis restée là, sur le carrelage froid, à pleurer toutes les larmes que je retenais depuis des jours. Des semaines. Mon corps tremblait. Mon ventre me faisait mal. J’avais l’impression d’étouffer.
Et pendant tout ce temps, il ne m’a pas suivie.
Pas tout de suite.
Il a respecté. Ce silence. Ce besoin. Ce trop-plein.
Je l’ai entendu s’asseoir dans le salon. Je crois qu’il pleurait aussi.
Et ça... ça m’a bouleversée.
Ce n’est qu’au bout d’un long moment que j’ai entendu un petit coup contre la porte.
— Rox... Je suis désolé. Vraiment.
Sa voix était basse. Cassée.
— T’as raison sur tout. J’ai voulu croire que si tu jouissais, alors c’était que t’allais bien. Mais j’ai pas vu ce que tu portais derrière tes yeux. Et je m’en veux.
Silence.
— Je veux pas te perdre. Je veux t’aimer comme tu en as besoin. Comme tu le mérites.
J’ai ouvert la porte, lentement. Mes yeux étaient rouges. Les siens aussi.
Il m’a regardée. Et j’ai vu. Il avait compris.
Alors j’ai fondu dans ses bras.
— Dis-moi que tu m’aimes... j’ai murmuré contre son torse.
Il m’a serrée plus fort.
— Je t’aime. Tellement. Je suis désolé, Rox. Merci de m’avoir crié dessus. Je crois que j’avais besoin de t’entendre. Pour vraiment voir.
Et dans ce silence-là, celui d’après la tempête, je me suis sentie enfin comprise.
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