Réel
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Après à deux sans limite — Chapitre 8 · Tensions et provocations
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Après à deux sans limite
Chapitre 8 · Tensions et provocations
Chapitre 8 – Tensions et Provocations
Je quitte la maison sans un mot, sans un regard pour Ju et Maë. Je prends le temps d’embrasser notre fils, pressant mes lèvres contre sa joue douce, sentant son souffle chaud et rassurant contre ma peau. Ce petit geste tendre est la seule chose qui m’ancre encore dans la réalité, mais derrière lui, un feu brûle en moi, alimenté par la dispute qui vient de nous traverser. Au fond, je sais que certaines de leurs paroles étaient justes : mes absences, mon travail qui dévore tout, ma fatigue qui me rend distante… tout cela pèse sur notre trio. Mais en surface, je suis encore dans une colère froide, un mélange de frustration, de ressentiment et d’orgueil blessé qui refuse de s’éteindre.
Le flot de reproches résonne encore dans ma tête, chaque mot martelant ma poitrine comme un coup de marteau. Ju et Maë se sont lâchés, sans détour, et je me sens encerclée par leur frustration, comme si j’étais le point d’orgue de tous leurs griefs. Leurs voix tournent en boucle : « Tu nous ignores », « Tu disparais », « On est saturés ». Ça pique. Ça fait mal. Et pourtant, je n’ai rien à répondre qui ne fasse que défensive. Je me tais, je subis leur colère sans pouvoir trouver d’issue.
Quand je monte dans ma voiture, mes mains crispées sur le volant, je sens mon corps tout entier vibrer d’une tension accumulée depuis des mois. La dispute tourne en boucle dans mon esprit. Je démarre, le pied lourd, oubliant presque la prudence. La route se transforme en ligne droite où ma colère se traduit par ma conduite : trop vite, trop nerveusement. Et puis, le flash. Putain. Une amende sur le pare-brise. Quelle journée de merde.
Arrivée au bureau, je suis naturellement en avance, comme depuis des mois. Les matins de sexe et de désir intense avec Ju et Maë se sont estompés dans la routine, laissant place à l’efficacité et la ponctualité. Et pourtant, en moi, la frustration est là. En manque. En colère. Et avec cette tension sexuelle non assouvie qui s’est accumulée au fil des semaines, chaque pensée devient un carburant pour mon corps et mon esprit. Je m’assois derrière mon bureau, plonge dans le travail, essayant de faire taire les remous intérieurs. Les collaborateurs viennent et repartent, mais je ne les remarque même pas, absorbée par mes dossiers, par les chiffres, par l’ordre que je peux imposer sur ce chaos professionnel.
Un petit coup sec sur la porte me sort de ma concentration.
— Putain, mais tu te crois où ?? Tu peux attendre que je te dise d’entrer ?? C’est mon bureau ici, pas un hall de gare !!
Je relève la tête, irritée. Mathieu est là, déjà entré. Il sourit, comme s’il lisait mes pensées.
— Eh bien… tu es de bonne humeur encore aujourd’hui.
Je serre les dents :
— Je suis de l’humeur que je veux, je me passerai de tes remarques.
— Je suis de l’humeur que je veux, je me passerai de tes remarques.
Son regard ne change pas, et il réplique calmement :
— Très bien. N’oublie pas : dans 10 minutes, on est en réunion.
— Très bien. N’oublie pas : dans 10 minutes, on est en réunion.
Et il part en claquant la porte, laissant derrière lui un mélange d’agacement et d’intrigue. Je me sens un peu bête, consciente que mes problèmes domestiques n’ont pas à interférer au boulot. Je prends une grande respiration. Je dois me reprendre.
Dans la réunion, je profite d’un moment pour m’approcher de lui pendant la pause café :
— Je suis désolée… quelques soucis perso. Je n’aurais pas dû réagir comme ça ce matin.
— Je suis désolée… quelques soucis perso. Je n’aurais pas dû réagir comme ça ce matin.
Mathieu me jette un regard froid et dit simplement :
— Merci.
— Merci.
Putain. Même là, ce ton me dérange. Je m’excuse, et il se contente d’un mot, comme s’il venait de planter une marque sur mon ego. Et étrangement, cela réveille quelque chose en moi. Une part de moi qui aime être contrainte, dominée, mais subtilement, presque imperceptiblement.
La réunion se déroule avec ses piques subtiles, son autorité naturelle qui m’irrite autant qu’elle me fascine. À la fin, c’est l’heure de déjeuner. Je me dirige vers mon bureau, pensant y aller seule, quand Mathieu me rattrape :
— Prends tes affaires, on va manger.
— Prends tes affaires, on va manger.
Je le regarde, surprise. Cette dualité chez lui, entre autorité et distance, m’a toujours troublée. Je récupère mon manteau et le suis sans un mot.
Au restaurant, nous nous installons à une table. Il reste silencieux au début, comme s’il attendait que je fasse le premier pas.
— Écoute… je suis navrée, c’est un peu compliqué pour moi en ce moment… beaucoup de travail, et à la maison…
Je m’interromps, consciente que mes mots restent incomplets.
Mathieu coupe net :
— Ce n’est pas mon problème. J’accepte pas qu’on me parle comme tu l’as fait. Que tu sois ma supérieure ou non, je mérite le respect. Sinon, ça ne va pas le faire.
— Ce n’est pas mon problème. J’accepte pas qu’on me parle comme tu l’as fait. Que tu sois ma supérieure ou non, je mérite le respect. Sinon, ça ne va pas le faire.
Son ton, son regard, sa posture, tout me frappe. Il a changé. Comme si ma réplique impulsive au matin l’avait touché dans son ego. Et, contre toute attente, cette fermeté, ce contrôle, cette autorité me bouleverse. Une envie s’éveille en moi, une part endormie depuis des mois : celle de me laisser faire, de céder, de me placer sous ses ordres, mais en dehors du cadre professionnel. Mathieu semble l’avoir perçu.
La discussion devient animée mais cordiale. Je sens mon esprit osciller entre frustration, colère et une tension nouvelle, une anticipation subtile que je ne maîtrise pas complètement.
De retour au bureau, je consulte mon téléphone. Pas de messages de Maë, pas de Ju. Ce silence ravive ma colère. Je ne ferai pas le premier pas. Ils devront venir à moi.
L’après-midi passe lentement. Mathieu s’occupe de ses dossiers, moi des miens. Les quelques interactions sont ponctuées de regards furtifs, de gestes mesurés, mais je sens sa présence peser sur moi, son autorité, sa force silencieuse.
Au moment du départ, il croise mon chemin dans le couloir :
— J’espère que tu as bien compris ce que je t’ai dit ce matin et que ça ne se reproduira plus.
— J’espère que tu as bien compris ce que je t’ai dit ce matin et que ça ne se reproduira plus.
Je hoche la tête sans un mot et me dirige vers l’ascenseur. La descente me paraît interminable. Je sens son regard brûlant sur moi, carnassier, avide. Gênée, excitée, je ne le regarde que du coin de l’œil.
Les portes s’ouvrent enfin. Il me laisse passer et suit mon pas. Arrivée à ma voiture, je me retourne pour un signe, et il s’approche, me fait la bise, un souffle chaud près de l’oreille :
— Je suis sûr qu’on pourrait être de très bons amis, en plus…
Il tourne les talons. Je reste là, troublée, consciente que quelque chose a changé en moi.
Je décide de passer chez mes parents avant de rentrer. Le calme, leur douceur, me fait du bien. Ma mère s’inquiète, me questionne sur le travail et la maison. Je réponds peu, consciente que je ne peux pas dévoiler la réalité de mes frustrations. Elle me tend juste un sourire et dit :
— Si jamais tu as des soucis, tu sais très bien que je serai toujours disponible pour toi, ma chérie.
— Si jamais tu as des soucis, tu sais très bien que je serai toujours disponible pour toi, ma chérie.
Quand je rentre enfin, l’atmosphère est encore plus lourde. Ju et Maë sont dans la cuisine. Ils me voient entrer, et le silence est tendu, presque palpable.
Ju explose en premier :
— Tu rentres, et tu ne dis rien ! Pas un mot sur ce matin, pas un mot sur la dispute… comme si tout était normal !
— Tu rentres, et tu ne dis rien ! Pas un mot sur ce matin, pas un mot sur la dispute… comme si tout était normal !
Maë, les mains crispées sur les hanches, renchérit :
— Tu crois qu’on ne remarque pas ton silence ? Que ton absence de réaction efface ce qui vient de se passer ?
— Tu crois qu’on ne remarque pas ton silence ? Que ton absence de réaction efface ce qui vient de se passer ?
Je reste figée, le regard fuyant, incapable de leur offrir la moindre concession. Je sens leur colère se renforcer, leur frustration bouillir.
— C’est pas compliqué ! continue Ju, le ton plus dur. Un simple « désolée », un mot pour apaiser… mais toi, rien ! On dirait que t’as décidé de nous ignorer volontairement !
Maë reprend, sa voix tremblante de frustration :
— On passe la journée à se demander ce que tu penses, Rox… à quoi tu penses… et toi ? Tu fais comme si on était invisibles !
— On passe la journée à se demander ce que tu penses, Rox… à quoi tu penses… et toi ? Tu fais comme si on était invisibles !
Je serre les dents, sentant mes joues chauffer, mais je ne cède pas. Je respire lentement, me plongeant dans un silence provocateur. Leur colère monte encore, leurs voix se chevauchent, les reproches fusent en rafales.
— On est fatigués, Rox ! On est à bout, et toi, tu te contentes de rester dans ton monde, à bouillir de ton côté ! hurle Ju, frappant la table pour ponctuer ses mots.
— Tu ne penses qu’à toi ! Même pas un mot pour nous, même pas un geste pour calmer la tension… rien ! ajoute Maë, les yeux humides de frustration.
— Tu ne penses qu’à toi ! Même pas un mot pour nous, même pas un geste pour calmer la tension… rien ! ajoute Maë, les yeux humides de frustration.
Je sens leur détresse, et au fond de moi, je comprends. Mais en surface, rien ne bouge. Je ne baisse pas les yeux, je ne cherche pas à m’excuser, je laisse passer la tempête. Le silence devient mon arme et ma provocation.
— Je n’ai rien à dire, réponds-je enfin d’une voix basse mais ferme. Je ne vais pas m’excuser pour avoir pensé à moi.
Le choc de mes mots fait vaciller leurs phrases, mais ils reprennent aussitôt, plus mordants encore.
— Pas de mot, pas de remords… c’est comme si tu nous crachais dessus ! hurle Ju.
— On a besoin de toi, Roxanne ! Pas juste de ta présence physique, mais de toi, entière… et toi, tu nous ignores ! ajoute Maë, la voix étranglée.
— Pas de mot, pas de remords… c’est comme si tu nous crachais dessus ! hurle Ju.
— On a besoin de toi, Roxanne ! Pas juste de ta présence physique, mais de toi, entière… et toi, tu nous ignores ! ajoute Maë, la voix étranglée.
Je reste immobile, le silence pesant. Chaque mot qu’ils prononcent, chaque reproche, attise ma colère et mon ressentiment. Je sens mon corps se tendre, mes muscles se contracter, la frustration me dévorer. Et quelque part, cette tension intense, ce mélange de colère et de manque, commence à réveiller une pulsion latente que je croyais endormie depuis longtemps.
Ils finissent par se calmer un peu, haletants, mais le poids de leur colère flotte toujours dans la pièce. Je ne bouge pas. Je me dirige vers le canapé, m’y étends sans un mot. Ils restent debout, l’un en face de l’autre, comme si le silence était une accusation en soi.
Je reste allongée sur le canapé, les yeux fixés sur le plafond. La dispute est terminée, ou du moins, elle a explosé et chacun est reparti dans son coin, la respiration encore haletante. Mais moi, je ne dors pas. Je sens encore l’adrénaline battre dans mes veines, la colère bouillir dans mon ventre. Chaque mot, chaque reproche qu’ils m’ont lancé résonne en moi comme un écho qui refuse de s’éteindre.
Et puis, comme un bruit de fond, une autre pensée surgit, insistante, inattendue… les mots de Mathieu : « Je suis sûr qu’on pourrait être de très bons amis, en plus… »
Ils tournent et tournent dans ma tête. Qu’est-ce qu’il voulait dire ? Était-ce vraiment juste une phrase anodine, ou y avait-il quelque chose derrière ? Je ferme les yeux et me revois le voir, ce matin, ce regard ferme et dominateur, cette manière de me remettre en place, ce mélange d’autorité et de calme froid.
Je sens un frisson courir le long de ma colonne vertébrale. Oui, il me plaît, et plus que je ne veux l’admettre. Ce petit mot, presque innocent, vient de réveiller quelque chose que je croyais sous contrôle. Une envie plus affirmée que celle de simples collègues, quelque chose de plus profond, plus interdit. Mon corps le réclame à sa façon, mes pensées s’emmêlent entre colère, frustration, et ce désir que je commence à peine à comprendre.
Je soupire. Je n’ai pas prévu que cette phrase m’atteigne à ce point. Je me sens vulnérable, mais étrangement excitée par cette vulnérabilité. La tension de la maison, les reproches, tout ce chaos… et maintenant ce trouble pour Mathieu. Comme si cette colère que je ne peux pas déverser ailleurs cherchait un exutoire, et qu’il était la seule personne qui pouvait le faire, même sans le vouloir.
Je me redresse sur le canapé, enroulée dans mon plaid, et laisse mes doigts courir le long de mon cou. Je suis en colère contre Ju et Maë, contre moi-même aussi, mais ce mélange étrange d’émotions se confond avec l’envie. L’image de Mathieu, ferme et autoritaire, ses gestes précis, sa manière de me fixer, s’infiltre dans mes pensées. Je n’arrive pas à le chasser. Au contraire, elle se fait plus vive, plus insistante.
Je ferme les yeux, sentant le mélange explosif de ressentiment et de désir s’installer. Mon esprit refuse de se calmer. Une certitude me traverse : il ne s’agit plus seulement de curiosité ou d’attraction professionnelle. C’est autre chose. Plus fort. Plus dangereux. Et je sens, au plus profond de moi, que cette phrase, ce simple « de très bons amis », pourrait être le point de bascule… le début de quelque chose que je ne contrôle pas complètement.
Je reste là, immobile, le cœur battant, entre frustration et envie, incapable de me détacher de cette pensée. Et dans ce silence, je sais que la suite ne sera plus jamais la même.
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Commentaires ()
Que cherche vraiment Roxanne ? elle semble nostalgique d'un certain passé que la vie , qui continue, qui se transforme, laisse derrière elle. elle ne semble plus épanouie dans son trouple, ou du moins semble moins excité... elle semble un peu égoiste dans cette recherche, car la communication est coupée avec Ju et Maé ? avec Mathieu, elle semble rechercher une certaine soumission qui pourrait la libérer d'une certaine pression .
au risque de......se perdre et perdre ce qu'elle a !
mais seul l'auteur......