Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Isabelle, son fils Tom… et Valérie — Chapitre 27 · Le reflet, le silence et la dérive
Auteur
Isabelle, son fils Tom… et Valérie
Chapitre 27 · Le reflet, le silence et la dérive
Il est largement dépassé minuit quand je pousse enfin la lourde porte de l'immeuble. La pluie de cette fin d'automne fouette les rues de Metz, ruisselant le long de mon col et alourdissant mon sac à dos. Je monte les marches de l'escalier en pierre un à un, retenant mon souffle à chaque palier. Mes semelles de baskets, trempées et souples, crissent à peine contre le ciment, mais le silence de la cage d'escalier est si lourd que le moindre frottement me paraît suspect.
Dans ma tête, ça tourne en boucle. Cela fait des heures que je guette mon téléphone, que je me pose des questions. Toujours aucune nouvelle de Valérie. Pas un message, pas un appel pour expliquer son absence prolongée, alors qu'elle devait passer plus tôt. L'angoisse sourde qui me tenaille depuis le début de la soirée n'a fait qu'enfler au fil des heures passées dehors. Est-ce qu'elle a eu un problème sur la route ? Est-ce qu'elle est restée coincée quelque part sous ce déluge ? Ou pire, est-ce qu'elle a simplement décidé de zapper, de m'ignorer ?
Je secoue la tête pour chasser ces idées noires alors que j'atteins notre palier. Je glisse la clé dans la serrure, retenant le loquet pour qu'il ne claque pas, et je me glisse dans le couloir de l'appartement en faisant bien attention de refermer sans un bruit.
Ma mère a le sommeil léger, presque maladif. Combien de fois me l'a-t-elle reproché ? Dès que je rentre un peu tard, le moindre craquement de parquet, le grincement d'une porte ou le déclic de l'interrupteur la sort de son lit. S'ensuivent immanquablement ses soupirs agacés, ses reproches murmurés dans le noir sur mon manque de discrétion et mon insouciance. Alors, ce soir, je joue les équilibristes. Je retire mes chaussures dans le noir complet, tâtonnant le meuble de l'entrée du bout des doigts, m'efforçant de ne pas faire la moindre fausse note.
L'air dans l'appartement est étrange. Il n'a pas l'odeur neutre et fraîche d'une nuit de pluie habituelle. Plus j'avance sur la pointe des pieds vers le salon, plus mes narines sont saisies par un parfum capiteux, lourd, un mélange d'ambre, de musc chaud et de moiteur qui n'a absolument rien à faire là à cette heure-ci.
Mes sourcils se froncent dans l'obscurité. Je retiens ma respiration, tendant l'oreille. C'est là que j'entends ce frottement étouffé, ce soupir rauque qui s'élève de l'autre côté de la cloison. Pensant d'abord à un rôdeur, ou à un problème, je m'avance vers l'ouverture du salon.
Je reste planté là, à la lisière de la pièce, le dos collé au chambranle de la porte. Mes chaussures sont encore dans ma main gauche, mes doigts crispés sur le cuir souple au point de marquer la matière. Mes yeux, habitués à la pénombre, dévorent chaque détail de la scène avec une netteté insoutenable.
Au milieu du salon, près de la grande baie vitrée qui sépare notre appartement de la pluie, le temps semble suspendu. Le monde extérieur n'existe plus, réduit à un grondement sourd et lointain : le ressac continu des pneus sur la rocade détrempée, le tambourinement furieux des gouttes d'eau contre les carreaux, et le souffle rauque de la ville qui s'engouffre dans les conduits d'aération.
Mais à l'intérieur, le silence est habité par des bruits autrement plus troublants. Le frottement moite de la peau contre le verre, le halètement court de Valérie, et cette respiration saccadée, animale, qui monte d'Isabelle.
Valérie est agenouillée, le front pressé contre la vitre froide. Sa jupe est remontée haut sur ses reins, découvrant l'indécence de ses jarretières tendues et la dentelle déchirée de ses bas. Ses fesses lourdes, rebondies et luisantes de sueur se soulèvent au rythme de ses spasmes.
Et juste derrière elle, à genoux dans la même posture obscène, se tient Isabelle.
Elle est elle aussi magnifiquement cambrée, offrant à ma vue son propre corps dans toute sa splendeur : son gros cul absolument sublime et généreux, aux courbes pleines et rebondies, tendu par l'effort. Sa jupe est relevée sur ses reins, ne cachant rien. Sous cet angle direct, je vois absolument tout : sa chatte poilue, sombre et trempée, gorgée de sueur et de leurs fluides mêlés, grande ouverte et ruisselante sous les éclats rouges et orange des phares de la route traversant les stores. Ses mains à elle sont enfoncées sans ménagement dans la chair de Valérie pour l'écarter et la maintenir.
Sous la chaleur intense du front de Valérie et de ses respirations saccadées, la buée qui opacifiait la vitre juste devant ses yeux commence à s'estomper par plaques. La surface embuée s'éclaircit progressivement, agissant comme un miroir de plus en plus net.
À travers ce cadre de verre devenu transparent, le reflet de mon visage apparaît, se superposant directement à la scène.
C'est là que le regard de Valérie glisse sur le côté.
Ses yeux mi-clos, noyés de plaisir et de panique, se décochent de la surface glacée pour croiser le mien dans le reflet de la grande vitre. Le temps se fige net. La clarté du reflet est telle qu'elle a l'impression que je la fixe droit dans les yeux, à quelques centimètres d'elle.
Un frisson violent parcourt l'échine de Valérie. Sa bouche s'entrouvre un peu plus, mais aucun son n'en sort. Elle me voit. Dans la pénombre du salon, nos regards se percutent, cloués l'un à l'autre à travers la surface réfléchissante. Elle sait que je suis là, planté dans l'embrasure de la porte, absorbant le spectacle intime et défendu de leur étreinte.
Poussée par le vertige et par l'emprise implacable d'Isabelle, Valérie amorce un infime mouvement du bassin. Un léger cambrage supplémentaire, provoqué par la main ferme de ma mère, qui offre son corps encore un peu plus ouvertement sous mes yeux, dans une provocation silencieuse et insoutenable.
Cette réaction de soumission aveugle me traverse comme une décharge électrique. La vision de ce regard croisé, combinée au spectacle obscène de ma mère nue et cambrée, provoque chez moi une réaction physique si violente qu'elle m'arrache un souffle court. Une chaleur fulgurante me brûle le bas-ventre, mon pantalon se fait tout à coup trop étroit, et un tremblement irrépressible parcourt mes jambes.
Dans le reflet de la vitre, le regard de Valérie ne quitte pas le mien. Prise de court par ce face-à-face inavouable, sa gorge se noue et un premier gémissement rauque, bas et déchirant, s'échappe de ses lèvres pour venir mourir contre la glace.
Ce son d'abandon, brut et animal, frappe Isabelle de plein fouet.
Loin d'effrayer ma mère, ce cri agresse sa sensualité comme une étincelle sur de la poudre. Un frisson violent parcourt son dos cambré. Sa respiration se rompt, se transformant en un sifflement rauque et vorace. Sans cesser de maintenir les fesses écartées de Valérie de ses mains fermes, Isabelle descend brusquement le haut du corps.
Mes yeux, fixés sur la scène, manquent de lâcher prise.
Je vois Isabelle plaquer son visage contre l'entrejambe grand ouvert de Valérie. Sa langue chaude et large vient laper, avec une avidité insoutenable, le pli de ses fesses avant de s'enfoncer directement, sans aucune hésitation, pour lui lécher goulûment le cul.
Sous ce choc charnel d'une crudité absolue, Valérie pousse un cri étouffé, un hurlement de plaisir pur qu'elle retient en mordant sa propre lèvre jusqu'au sang. Son corps tout entier réagit par un arc de cercle surhumain : elle se cambre au maximum, se creusant les reins à s'en briser la colonne vertébrale, offerte corps et âme, le ventre collé au vide et le cul offert à la fois à la langue vorace d'Isabelle et à mes yeux ébahis.
Et c'est là qu'Isabelle parle, sa voix basse se brisant dans un souffle rauque et carnassier :
— C'est ça… montre ton cul, ma salope… Avoue que tu aimes montrer ton cul et ta chatte. Tu aimes ça, quand je te bouffe l'arrière-train pendant que tu coules ?
Chacun de ses mots crus, chargés d'une électricité sauvage, percute mes tympans comme une décharge électrique au creux du bas-ventre. Mes doigts serrent le cuir de mes chaussures au point d'en enfoncer mes ongles dans la matière. Le spectacle de ma mère, les genoux dans l'eau et les fluides, en train de dévorer l'intimité de cette femme sous mes yeux, m'enivre au point de me faire perdre la tête. Je suis là, figé dans l'encadrement, avalant chaque syllabe, chaque soubresaut de leur étreinte, incapable de reculer d'un seul millimètre.
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