Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Isabelle, son fils Tom… et Valérie — Chapitre 26 · Tom, le secret dans l'ombre
Auteur
Isabelle, son fils Tom… et Valérie
Chapitre 26 · Tom, le secret dans l'ombre
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Il est largement dépassé minuit quand je pousse enfin la lourde porte de l'immeuble. La pluie de cette fin d'automne fouette les rues de Metz, ruisselant le long de mon col et alourdissant mon sac à dos. Je monte les marches de l'escalier en pierre un à un, retenant mon souffle à chaque palier. Mes semelles de baskets, trempées et souples, crissent à peine contre le ciment, mais le silence de la cage d'escalier est si lourd que le moindre frottement me paraît suspect.
Dans ma tête, ça tourne en boucle. Cela fait des heures que je guette mon téléphone, que je me pose des questions. Toujours aucune nouvelle de Valérie. Pas un message, pas un appel pour expliquer son absence prolongée, alors qu'elle devait passer plus tôt. L'angoisse sourde qui me tenaille depuis le début de la soirée n'a fait qu'enfler au fil des heures passées dehors. Est-ce qu'elle a eu un problème sur la route ? Est-ce qu'elle est restée coincée quelque part sous ce déluge ? Ou pire, est-ce qu'elle a simplement décidé de zapper, de m'ignorer ?
Je secoue la tête pour chasser ces idées noires alors que j'atteins notre palier. Je glisse la clé dans la serrure, retenant le loquet pour qu'il ne claque pas, et je me glisse dans le couloir de l'appartement en faisant bien attention de refermer sans un bruit.
Ma mère a le sommeil léger, presque maladif. Combien de fois me l'a-t-elle reproché ? Dès que je rentre un peu tard, le moindre craquement de parquet, le grincement d'une porte ou le déclic de l'interrupteur la sort de son lit. S'ensuivent immanquablement ses soupirs agacés, ses reproches murmurés dans le noir sur mon manque de discrétion et mon insouciance. Alors, ce soir, je joue les équilibristes. Je retire mes chaussures dans le noir complet, tâtonnant le meuble de l'entrée du bout des doigts, m'efforçant de ne pas faire la moindre fausse note.
L'air dans l'appartement est étrange. Il n'a pas l'odeur neutre et fraîche d'une nuit de pluie habituelle. Plus j'avance sur la pointe des pieds vers le salon, plus mes narines sont saisies par un parfum capiteux, lourd, un mélange d'ambre, de musc chaud et de moiteur qui n'a absolument rien à faire là à cette heure-ci.
Mes sourcils se froncent dans l'obscurité. Je retiens ma respiration, tendant l'oreille. C'est là que j'entends ce frottement étouffé, ce soupir rauque qui s'élève de l'autre côté de la cloison. Pensant d'abord à un rôdeur, ou à un problème, je m'avance vers l'ouverture du salon.
Je reste planté là, à la lisière de la pièce, le dos collé au chambranle de la porte. Mes chaussures sont encore dans ma main gauche, mes doigts crispés sur le cuir souple au point de marquer la matière. Mes yeux, habitués à la pénombre, dévorent chaque détail de la scène avec une netteté insoutenable.
Au milieu du salon, près de la grande baie vitrée qui sépare notre appartement de la pluie, le temps semble suspendu. Le monde extérieur n'existe plus, réduit à un grondement sourd et lointain : le ressac continu des pneus sur la rocade détrempée, le tambourinement furieux des gouttes d'eau contre les carreaux, et le souffle rauque de la ville qui s'engouffre dans les conduits d'aération.
Mais à l'intérieur, le silence est habité par des bruits autrement plus troublants. Le frottement moite de la peau contre le verre, le halètement court de Valérie, et cette respiration saccadée, animale, qui monte d'Isabelle.
Valérie est agenouillée, le front pressé contre la vitre froide qui s'embue à chacun de ses soupirs. Sa jupe est remontée haut sur ses reins, découvrant l'indécence de ses jarretières tendues et la dentelle déchirée de ses bas. Ses fesses lourdes, rebondies et luisantes de sueur se soulèvent au rythme de ses spasmes.
Et juste derrière elle, à genoux dans la même posture obscène, se tient Isabelle.
Elle est elle aussi magnifiquement cambrée, offrant à ma vue son propre corps dans toute sa splendeur : son gros cul absolument sublime et généreux, aux courbes pleines et rebondies, tendu par l'effort. Sa jupe est relevée sur ses reins, ne cachant rien. Sous cet angle direct, je vois absolument tout : sa chatte poilue, sombre et trempée, gorgée de sueur et de leurs fluides mêlés, grande ouverte et ruisselante sous les éclats rouges et orange des phares de la route traversant les stores. Ses mains à elle — des mains d'ordinaire si calmes, si mesurées — sont enfoncées sans ménagement dans la chair de Valérie pour l'écarter et la maintenir.
Je devrais détourner le regard. Je devrais faire un pas en arrière, me retirer dans le silence de ma chambre et faire comme si je n'avais rien vu. Mais le choc m'a cloué les semelles au sol. Mon cœur cogne si fort contre mes côtes que j'ai peur qu'elles l'entendent.
Je vois les épaules d'Isabelle tressauter. Je l'entends murmurer des mots doux, rauques, enveloppants, un mélange d'autorité absolue et d'un abandon brûlant qui tranche avec tout ce que je connais d'elle. Elle penche son visage contre la nuque moite de Valérie, son corps tout entier collé au sien, savourant chaque sursaut de la femme agenouillée devant elle.
L'odeur lourde d'ambre, de musc et d'une intimité portée à ébullition flotte jusqu'à moi, me donnant une bouffée de chaleur subite au bas du ventre. Mes propres mains se mettent à trembler. Captif de cette vision interdite, j'observe, immobile et fasciné, l'emprise totale qu'Isabelle exerce sur ce corps brisé et offert, totalement inconsciente de ma présence, tandis que j'absorbe chaque détail de sa nudité offerte, sans oser émettre le moindre son.
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