Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Isabelle, son fils Tom… et Valérie — Chapitre 28 · L'inversion des rôles, le regard et la dérive
Auteur
Isabelle, son fils Tom… et Valérie
Chapitre 28 · L'inversion des rôles, le regard et la dérive
~
Pendant quelques secondes, le salon demeure suspendu au rythme de notre souffle. Puis, sentant l'étreinte se détendre légèrement, Valérie redresse lentement le buste. Ses genoux tremblent sur le parquet, ses cuisses sont luisantes de sueur et de larmes, et ses traits, rougis par l'effort et l'émotion, portent les stigmates de cette transe.
Au lieu de reculer ou de chercher à rajuster ses vêtements, elle reprend appui sur ses mains. Son regard croise de nouveau le mien, furtif, lourd d'une complicité nouvelle et vertigineuse, avant de me souffler d'une voix rauque, presque inaudible :
— À mon tour… Reste là… ne bouge pas.
Je ne bronche pas. Toujours agenouillée sur le tapis, le buste penché en avant, les mains à plat contre le sol pour soutenir mon propre poids, je ne change pas d'un seul pouce ma position. Je me laisse faire, abandonnant mon corps entre les mains de celle que je dominais quelques instants plus tôt, acceptant cette bascule d'énergie sans un mot.
Saisissant cette opportunité, Valérie se glisse juste derrière moi.
Ses mains se posent fermement sur mes hanches. Avec une assurance soudaine, elle pousse et cambre davantage mon corps, creusant mon dos pour offrir mon fessier rebondi et généreux directement face à la baie vitrée… et face à l'entrée du couloir.
Le temps, dans le silence ouaté du salon, semble s'étirer à l'infini. Chaque seconde s'alourdit, chargée de cette moiteur électrique qui colle à nos peaux.
Mais je ne me contente pas de me laisser faire. Portée par cette onde de désir pur, c'est moi-même qui amplifie l'obscénité de l'instant.
Lentement, dans un geste d'une assurance insolente, je bascule mon poids en avant, prends appui sur mes avant-bras, et porte mes propres mains en arrière. Mes ongles manucurés viennent se nicher directement dans le creux de mes fesses. D'un mouvement souple et délibéré, sous les yeux ardents de Valérie, j'écarte moi-même mes chairs opulentes et généreuses.
Je m'ouvre toute entière.
Derrière moi, la voix de Valérie s'élève, basse, vibrante d'une intensité délicieusement perverse :
— C'est ça, Isabelle… Montre-toi. Ouvre-toi bien grand pour nous… Regarde comme ton corps réclame tout, magnifique…
Un frisson violent parcourt mon échine. Je me cambre encore un peu plus, accentuant la rondeur lourde de mon fessier et offrant mon sexe dégoulinant dans un abandon total. Je ne cherche pas à dissimuler mon plaisir ; je le revendique, je le jette en pâture au silence de la nuit.
Et c'est au milieu de cette transe, alors que la buée sur la grande vitre s'estompe sous la chaleur de la pièce, que mon regard glisse par hasard vers la surface réfléchissante.
Dans le reflet net de la vitre, juste au-dessus des lueurs de la rue, j'aperçois soudain la silhouette de Tom figée dans l'encadrement du couloir.
À cet instant précis, le monde s'arrête de tourner.
Le temps se fige net, suspendu dans une effroyable et délicieuse fulgurance. Une vague de honte glacée, d'une violence inouïe, me submerge de l'intérieur, manquant de me couper le souffle. Mon cœur cogne contre mes côtes à s'en rompre, un martèlement sourd qui résonne jusque dans mes tempes. Pendant de longues secondes — des secondes interminables, visqueuses, où la pluie elle-même semble suspendue derrière la vitre —, je suis totalement tétanisée. Mes mains s'agrippent un peu plus fort aux fibres du tapis, mes muscles refusent de m'obéir.
Que faire ?
La question résonne en boucle, stérile et angoissée, dans les replis de mon esprit. Crier au scandale ? Redresser mon corps, rabattre mes vêtements en hurlant pour qu'il s'en aille, pour effacer cette vision avant qu'il ne soit trop tard ? Ou bien me recroqueviller sur moi-même, ramasser mes vêtements, fuir cette pièce en courant pour me cacher dans la pénombre, terrifiée à l'idée d'avoir été surprise ? Chaque alternative se bouscule, se contredit, se fracasse contre un mur de terreur pure. Je reste là, figée dans une immobilité de marbre, prisonnière de ma propre position.
Puis, dans un lent mouvement de bascule, mes yeux — comme aimantés — croisent à nouveau le tain de la vitre.
Je le vois qui ne bouge pas. Sa silhouette se détache dans la pénombre, immobile, les yeux rivés sur notre étreinte avec une stupéfaction silencieuse. Il est là, simple témoin imprévu de notre intimité, figé sur le seuil par le choc de ce qu'il découvre.
Je sens alors, contre mon dos, le souffle de Valérie se modifier. Elle aussi a perçu sa présence dans le reflet. Ses prunelles sombres croisent les miennes à travers la vitre, un échange muet et lourd de sens, où toute panique cède brusquement la place à un vertige partagé.
Lentement, un étrange calme m'envahit. Au lieu de la fuite, c'est l'audace la plus folle qui s'empare de nous. Valérie resserre sa prise sur mes hanches, m'encourageant d'un regard brûlant à maintenir notre position, à assumer notre vérité jusqu'au bout sous les yeux de mon fils.
Le désir, loin de retomber, se gorge d'une intensité nouvelle, nourri par le secret et la transgression de cet instant suspendu.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()