Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 1
Auteur
Coup de cœur
Notre équipe a apprécié ce chapitre. Cliquez pour découvrir pourquoi.
L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.
Ce qui séduit d'emblée, c'est la voix : légère, précise, avec juste ce qu'il faut d'autodérision pour qu'on ne sache plus si on doit rire ou compatir. La scène du camping, où le narrateur « se gorge » des vacancières comme on grignote en cachette, a quelque chose de délicieusement juste. Et les dialogues d'Éva — cash, sans filtre — donnent au récit une fraîcheur rare. On est embarqué sans effort.
Mémoires d'une toute petite queue
Chapitre 1
‒ Que je suis contente ! Tu restes tout l'été, hein ?
‒ Mais oui, grand-mère, mais oui ! Comme tous les ans.
Elle a passé un rapide coup de torchon sur la grande table de la cuisine.
‒ T'as eu ton bac, m'a dit ton père. Tu as toujours si bien travaillé. Je suis tellement fière de toi, mon grand. Je le dis à tout le monde. Tout le monde. Mais je parle, je parle… Tu veux manger quelque chose ? Non ? Va te reposer alors ! Tu dois être fatigué avec cette chaleur. Et tous ces kilomètres.
‒ Je vais plutôt aller d'un saut dire bonjour à Éva.
‒ Va ! Va ! Elle est charmante, cette petite. Et puis qui sait ? Peut-être qu'un jour…
Je n'ai pas relevé, mais oh, alors ça !
‒ Salut !
À son ton, à son air, j'ai tout de suite senti qu'il y avait quelque chose qui clochait.
‒ Faut que je te dise…
On s'est assis côte à côte sur le banc en pierre devant chez elle.
‒ Ça pourra pas être comme l'année dernière tous les deux. J'aurai pas autant de temps à te consacrer.
‒ T'as rencontré quelqu'un. C'est ça, hein ?
Elle s'est mise à gratter une touffe d'herbe du bout du pied.
‒ Oui. Ludovic. On est amoureux. Enfin, je crois.
Elle a posé sa main sur mon bras.
‒ On pourra quand même se voir un peu, mais moins. Beaucoup moins.
Et haussé les épaules.
‒ Tu rencontreras peut-être une copine. C'est ce qui pourrait t'arriver de mieux. Même si… tu l'es toujours ?
J'ai balbutié, en rougissant un peu.
‒ Toujours, oui.
Je lui avais confié, au cours des vacances de l'année précédente, un soir que j'étais en veine de confidences, que j'étais encore puceau.
‒ Fonce ! Prends le taureau par les cornes. T'es pas vilain garçon. T'as du charme. Alors, forcément, ça va finir par le faire.
Ce n'était pas si simple. Elle ne savait pas tout.
‒ Et puis, qu'on nous voie sans arrêt ensemble, comme l'an dernier, ce serait plutôt un handicap qu'autre chose pour toi. On nous croirait en couple. Ça te fermerait des portes.
‒ Qu'est-ce qu'elle voulait ?
‒ Elle ne m'a pas dit. Oh, mais elle reviendra.
Je ne lui en ai pas laissé le temps. Je suis allé aux nouvelles.
Elle finissait de manger. Elle m'a entraîné dehors. On a fait quelques pas, côte à côte, dans le petit chemin qui, derrière chez elle, mène à la forêt.
‒ Bon, que je te raconte ! Il y a une fille, Lydie elle s'appelle, dont je me suis fait une copine. Je lui ai parlé de toi. Et que t'étais encore puceau à dix-neuf ans. « C'est vrai ? Oh, mais ça me tenterait bien de m'occuper de son cas, moi ! Un mec, la toute première, il se la rappelle toute sa vie. » Et donc, on se retrouve demain tous les trois au bord de l'étang du Louvier. Il y a jamais personne là-bas. Le temps de faire connaissance et je m'éclipse. Je vous laisse tous les deux. À toi de jouer. Alors ? Qu'est-ce qu'on lui dit à la petite Éva ?
‒ Merci. T'es un amour.
En réalité, je n'en menais pas large. Ça allait être l'épreuve de vérité. Je n'ai pas dormi de la nuit. Je me tournais et me retournais dans mon lit. J'étais en nage. J'appréhendais. Non, mais comment j'appréhendais !
Lydie était une petite brune toute souriante qui s'est, d'emblée, efforcée de me mettre à l'aise. On a parlé musique. Jeux vidéo. On s'est baignés. On s'est étendus au soleil. On a encore parlé. Et puis, soudain, Éva s'est levée. D'un bond.
– Quatre heures ! Déjà ! Hou la la ! Je vous laisse, moi ! Il va m'attendre, Ludo.
On l'a regardée, Lydie et moi, s'éloigner à travers les genêts.
Elle s'est rapprochée de moi. Épaule contre épaule.
‒ Je te plais pas ?
‒ Oh, si ! Si ! Beaucoup.
‒ Eh ben alors !
Elle m'a pris la main. Et je me suis penché sur elle. Je lui ai picoté le front, le nez, les joues, de tout un tas de petits baisers. J'ai cherché ses lèvres. J'y ai englouti ma langue. J'ai empoigné ses seins sous le maillot de bains. Je les ai pétris, malaxés.
Elle m'a repoussé.
‒ Doucement ! Fais doucement !
Je me suis faufilé dans sa culotte. J'étais en feu. Je l'ai escaladée. Avec mes doigts, j'ai cherché l'entrée. Je l'ai trouvée. J'y suis allé. Dedans. Elle a écarquillé les yeux, m'a repoussé.
‒ Fais voir ! Non, mais fais voir !
Elle s'est penchée dessus.
‒ Ah, ben d'accord ! D'accord !
Me l'a examinée, sous toutes les coutures, avec curiosité.
‒ À ce point-là, je pensais quand même pas que ça pouvait exister.
Elle s'est levée.
‒ En tout cas, avec un truc pareil, c'est pas demain la veille que t'arrêteras d'être puceau.
Tout était dit.
‒ Tu m'as fait passer pour une belle conne !
‒ Mais non, mais…
‒ Mais quoi ? T'aurais pu me le dire, non ? Depuis le temps qu'on se connaît, que t'arrêtais pas de me répéter, sur tous les tons, qu'on était amis. T'avais honte, c'est ça ? Oui, ben, c'est idiot. T'es comme ça, t'es comme ça. Il y a pas de quoi en faire tout un fromage.
Elle s'est radoucie d'un coup.
‒ Oh, mais fais pas cette tête-là ! Je t'en veux pas. Enfin si, un peu quand même, mais ça me passera.
Et elle a demandé.
‒ Elle est si petite que ça ?
‒ Ben…
‒ Tu me fais voir ?
Et comme j'hésitais…
‒ Oh, tu peux bien ! Qu'est-ce ça peut foutre ?
J'ai soupiré. Et je me suis déculotté.
‒ Ah, oui, dis donc, oui !
Elle a hoché la tête.
‒ Oui, c'est un clito, quoi ! Un gros clito, mais un clito quand même !
Et comme j'entreprenais de me reculotter.
‒ Attends ! Attends ! C'est trop marrant. J'ai pas fini de regarder.
Trois filles, sur le chemin du retour.
‒ Petit ! Petit ! Petit !
Trois filles qui m'ont fait un brin de conduite en pouffant de rire.
Éva n'en savait rien.
‒ En tout cas, c'est pas moi qui leur ai dit. Et qu'est-ce que ça peut foutre ? Parce que si tu dois faire toute une histoire chaque fois qu'on se fichera de toi là-dessus, ben, t'as pas fini !
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Commentaires ()
vivement la suite
Ah, sûr que ce Gabriel -là n'a pas été gâté par la nature. Ce qui va l'amener à vivre toutes sortes de situations parfois inattendues.
D'un côté, c'est savoureux de drôlerie, d'un autre il y a bien quelques hommes qui doivent souffrir de la situation.
En parler ne peut que dédramatiser la chose ...