Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 14
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mémoires d'une toute petite queue
Chapitre 14
Véronique a déposé ses sacs de voyage dans l'entrée.
À peine le temps de dire bonjour et…
– Il va venir Patrice. Je l'ai eu au téléphone. Il arrive. C'est vrai, ça t'ennuie pas ? Il y a qu'ici que je peux le voir. Et seulement l'après-midi. Parce que… Parce qu'il a été très honnête avec moi. Il a quelqu'un maintenant. Et c'est son droit. Je lui demande rien. Juste de venir me retrouver chaque fois qu'il le pourra.
Elle a tendu l'oreille. On a sonné.
– C'est lui ! C'est lui !
À peine le temps de dire bonjour et…
– Il va venir Patrice. Je l'ai eu au téléphone. Il arrive. C'est vrai, ça t'ennuie pas ? Il y a qu'ici que je peux le voir. Et seulement l'après-midi. Parce que… Parce qu'il a été très honnête avec moi. Il a quelqu'un maintenant. Et c'est son droit. Je lui demande rien. Juste de venir me retrouver chaque fois qu'il le pourra.
Elle a tendu l'oreille. On a sonné.
– C'est lui ! C'est lui !
* * *
Morgane était impressionnée.
– Eh ben dis donc, tu caches bien ton jeu, toi ! Dans quel état tu l'as mise la fille ! Tout l'immeuble en tremblait. C'était qui, si c'est pas indiscret ?
– Ma cousine.
– Ta cousine ! Carrément !
– Oui. Non. Enfin, oui. Avec quelqu'un.
– Ah bon, je préfère. Mais elle est là alors ? Elle est revenue ? Elle est où ?
– Partie le raccompagner.
– Eh ben dis donc, tu caches bien ton jeu, toi ! Dans quel état tu l'as mise la fille ! Tout l'immeuble en tremblait. C'était qui, si c'est pas indiscret ?
– Ma cousine.
– Ta cousine ! Carrément !
– Oui. Non. Enfin, oui. Avec quelqu'un.
– Ah bon, je préfère. Mais elle est là alors ? Elle est revenue ? Elle est où ?
– Partie le raccompagner.
* * *
Elle est rentrée en larmes.
– C'est pas vrai que j'accepte, Gabriel ! C'est pas vrai. J'accepte, oui ! Parce que je peux pas faire autrement si je veux l'avoir un peu à moi. Mais j'en crève. Je m'étais fait une telle fête de nous deux. Lui et moi. Rien que lui et moi. Quinze jours à nous. Et je n'ai que des miettes. Et c'est si bon pourtant !
– C'est pas vrai que j'accepte, Gabriel ! C'est pas vrai. J'accepte, oui ! Parce que je peux pas faire autrement si je veux l'avoir un peu à moi. Mais j'en crève. Je m'étais fait une telle fête de nous deux. Lui et moi. Rien que lui et moi. Quinze jours à nous. Et je n'ai que des miettes. Et c'est si bon pourtant !
* * *
Morgane a fait remarquer.
– Il cuisine bien, hein ?
Véronique a approuvé.
– Oui, j'avoue que je le connaissais pas sous ce jour-là.
– C'est moi qui lui ai appris. Et c'est tout bénéfice. Je me fais inviter tous les jours. Ou presque. Je dis ce qui me ferait plaisir et il prépare. J'ai plus qu'à me mettre les pieds sous la table. Le dessert, par contre, c'est moi qui l'ai fait. Parce que, là-dessus, il est pas encore trop opérationnel. Tu vas voir. Tu vas m'en dire des nouvelles. C'est une recette que…
Véronique s'est levée d'un bond.
– Patrice ! Excusez-moi ! C'est Patrice.
Ils se sont enfermés dans la chambre.
– Il cuisine bien, hein ?
Véronique a approuvé.
– Oui, j'avoue que je le connaissais pas sous ce jour-là.
– C'est moi qui lui ai appris. Et c'est tout bénéfice. Je me fais inviter tous les jours. Ou presque. Je dis ce qui me ferait plaisir et il prépare. J'ai plus qu'à me mettre les pieds sous la table. Le dessert, par contre, c'est moi qui l'ai fait. Parce que, là-dessus, il est pas encore trop opérationnel. Tu vas voir. Tu vas m'en dire des nouvelles. C'est une recette que…
Véronique s'est levée d'un bond.
– Patrice ! Excusez-moi ! C'est Patrice.
Ils se sont enfermés dans la chambre.
* * *
Elle s'est laissé glisser tout au fond de la baignoire.
– Je suis dans un piège, Gabriel ! Un véritable piège. Parce que lui dire ce que j'éprouve vraiment pour lui, c'est impossible. C'est le meilleur moyen de le perdre, je le sais. Alors je me tais. Je fais semblant d'en avoir rien à foutre. Je le lui dis même. Pour le rassurer. Pour qu'il s'imagine pas que je vais le coller. Pour pas qu'il s'éloigne. Et, du coup, c'est comme ça qu'il me voit. Forcément. Comme une femme que son mari satisfait pas, qu'est en manque et qu'a besoin de sa ration ? Mais c'est pas ça ! C'est pas ça du tout !
– Je suis dans un piège, Gabriel ! Un véritable piège. Parce que lui dire ce que j'éprouve vraiment pour lui, c'est impossible. C'est le meilleur moyen de le perdre, je le sais. Alors je me tais. Je fais semblant d'en avoir rien à foutre. Je le lui dis même. Pour le rassurer. Pour qu'il s'imagine pas que je vais le coller. Pour pas qu'il s'éloigne. Et, du coup, c'est comme ça qu'il me voit. Forcément. Comme une femme que son mari satisfait pas, qu'est en manque et qu'a besoin de sa ration ? Mais c'est pas ça ! C'est pas ça du tout !
Éva s'en est étranglée.
– Tu parles que c'est pas ça ! Je la connais, Véronique, depuis le temps ! C'est la seule chose qui l'intéresse. S'envoyer en l'air. Seulement elle a jamais voulu l'admettre. Il a toujours fallu qu'elle habille ça avec des grands sentiments. Tous les mecs qui ont défilé dans son lit – et Dieu sait s'il y en a eu – ils ont toujours été le grand amour de sa vie. À chaque fois. Alors !
– Tu parles que c'est pas ça ! Je la connais, Véronique, depuis le temps ! C'est la seule chose qui l'intéresse. S'envoyer en l'air. Seulement elle a jamais voulu l'admettre. Il a toujours fallu qu'elle habille ça avec des grands sentiments. Tous les mecs qui ont défilé dans son lit – et Dieu sait s'il y en a eu – ils ont toujours été le grand amour de sa vie. À chaque fois. Alors !
Morgane a voulu savoir.
– Elle va rester longtemps, ta cousine ?
– Une quinzaine. En principe. Pourquoi ?
– Parce que c'est lourd. On n'est plus à notre main. Et puis, franchement, l'entendre meugler son après-midi tous les après-midi comme ça !
– Elle va rester longtemps, ta cousine ?
– Une quinzaine. En principe. Pourquoi ?
– Parce que c'est lourd. On n'est plus à notre main. Et puis, franchement, l'entendre meugler son après-midi tous les après-midi comme ça !
Véronique a joué les offusquées.
– Tu sais pas ce qu'il est allé imaginer ? Non, mais tu sais pas ? D'amener un copain avec lui. Et qu'on fasse ça à trois. Tu te rends compte ? Il est vraiment pas bien, il y a des moments ! C'est complètement hors de question. Quitte à le perdre. Tant pis. Non, mais pour qui il me prend ?
– Tu sais pas ce qu'il est allé imaginer ? Non, mais tu sais pas ? D'amener un copain avec lui. Et qu'on fasse ça à trois. Tu te rends compte ? Il est vraiment pas bien, il y a des moments ! C'est complètement hors de question. Quitte à le perdre. Tant pis. Non, mais pour qui il me prend ?
Morgane a froncé les sourcils.
– T'étais dans la salle de bains avec ta cousine tout à l'heure. Je vous ai entendus.
– Ben, oui ! Oui.
– Vous vous lavez ensemble ?
– Depuis toujours. Depuis qu'on est tout petits. Pourquoi tu demandes ça ?
– Non, pour rien. Pour rien.
– T'étais dans la salle de bains avec ta cousine tout à l'heure. Je vous ai entendus.
– Ben, oui ! Oui.
– Vous vous lavez ensemble ?
– Depuis toujours. Depuis qu'on est tout petits. Pourquoi tu demandes ça ?
– Non, pour rien. Pour rien.
C'est moi qui leur ai ouvert. Patrice. Patrice et un grand brun à carrure d'athlète.
– Salut ! Elle est là Véronique ?
– Elle est dans sa chambre, oui, mais…
– C'est Patrice ? Viens, Patrice ! Viens !
Le type l'a suivi.
– Salut ! Elle est là Véronique ?
– Elle est dans sa chambre, oui, mais…
– C'est Patrice ? Viens, Patrice ! Viens !
Le type l'a suivi.
* * *
Elle les a raccompagnés. Est venue me rejoindre.
– Je suis écœurée. Je m'écœure. À un point, mais à un point que tu ne peux même pas imaginer. Non, mais comment j'ai pu ? Comment j'ai pu ?
– Ça avait pourtant pas l'air de vraiment te déplaire !
– C'est ça le pire ! C'est que j'ai pris un pied comme c'est pas possible. J'ai honte. Je me sens humiliée, salie. Et je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. J'ai tout accepté. Tout. Même des choses dont je m'étais juré que je ne les ferais jamais. Avec personne. Parce qu'il a voulu. Parce que je suis incapable de lui refuser quoi que ce soit. Non, mais comment est-ce que j'ai pu tomber aussi bas ?
– Je suis écœurée. Je m'écœure. À un point, mais à un point que tu ne peux même pas imaginer. Non, mais comment j'ai pu ? Comment j'ai pu ?
– Ça avait pourtant pas l'air de vraiment te déplaire !
– C'est ça le pire ! C'est que j'ai pris un pied comme c'est pas possible. J'ai honte. Je me sens humiliée, salie. Et je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. J'ai tout accepté. Tout. Même des choses dont je m'étais juré que je ne les ferais jamais. Avec personne. Parce qu'il a voulu. Parce que je suis incapable de lui refuser quoi que ce soit. Non, mais comment est-ce que j'ai pu tomber aussi bas ?
Morgane était outrée.
– Deux à la fois. Et demain ce sera peut-être trois. Tant qu'à faire ; Un de plus un de moins. Mais faut que tu m'expliques quelque chose, là. Je comprends pas tout. Elle est bien mariée, ta cousine ?
– Elle est mariée, oui !
– Et elle vient se faire tringler en douce chez toi. Parce que j'imagine qu'il est pas au courant, le mari ?
– Évidemment qu'il est pas au courant.
– Et t'acceptes ça !
– C'est leur problème. Ça me regarde pas.
– Sauf que le jour où le pot-aux-roses sera découvert et que ça te retombera sur le coin de la figure – ce qui arrivera forcément – on verra si ça te regarde pas. T'es trop, toi, dans ton genre. Tu fais vraiment n'importe quoi.
– Deux à la fois. Et demain ce sera peut-être trois. Tant qu'à faire ; Un de plus un de moins. Mais faut que tu m'expliques quelque chose, là. Je comprends pas tout. Elle est bien mariée, ta cousine ?
– Elle est mariée, oui !
– Et elle vient se faire tringler en douce chez toi. Parce que j'imagine qu'il est pas au courant, le mari ?
– Évidemment qu'il est pas au courant.
– Et t'acceptes ça !
– C'est leur problème. Ça me regarde pas.
– Sauf que le jour où le pot-aux-roses sera découvert et que ça te retombera sur le coin de la figure – ce qui arrivera forcément – on verra si ça te regarde pas. T'es trop, toi, dans ton genre. Tu fais vraiment n'importe quoi.
* * *
– Bonjour !
Son visage me disait vaguement quelque chose, mais quoi ?
– Elle est là, Véronique ?
J'ai soudain réalisé. C'était elle. La mère de Pierre-Antoine. De son mari.
Elle n'a pas attendu la réponse. Elle m'a filé sous le nez et a foncé droit vers la chambre. Je l'ai suivie.
– Eh là, attendez ! Mais attendez ! Vous allez où ?
Véronique s'est enfouie sous les couvertures. Elle les a arrachées.
– Prends ça pour commencer, espèce de petite traînée !
Deux gifles.
– Et vous deux, foutez-moi le camp !
Ils n'ont pas demandé leur reste. Ils ont rassemblé leurs vêtements en toute hâte et ils ont disparu dans le couloir. La porte d'entrée a claqué.
Son visage me disait vaguement quelque chose, mais quoi ?
– Elle est là, Véronique ?
J'ai soudain réalisé. C'était elle. La mère de Pierre-Antoine. De son mari.
Elle n'a pas attendu la réponse. Elle m'a filé sous le nez et a foncé droit vers la chambre. Je l'ai suivie.
– Eh là, attendez ! Mais attendez ! Vous allez où ?
Véronique s'est enfouie sous les couvertures. Elle les a arrachées.
– Prends ça pour commencer, espèce de petite traînée !
Deux gifles.
– Et vous deux, foutez-moi le camp !
Ils n'ont pas demandé leur reste. Ils ont rassemblé leurs vêtements en toute hâte et ils ont disparu dans le couloir. La porte d'entrée a claqué.
– Habille-toi ! Et vite.
Véronique a obéi. Elle est sortie du lit. Elle a remis sa robe, ses chaussures.
– T'as pas de culotte ?
Une culotte ? Ah oui, oui ! Si ! Elle avait, oui. Elle l'a cherchée du regard tout autour d'elle, s'est penchée sous le lit, a fouillé dedans, est finalement restée plantée à côté, indécise. La bonne femme la lui a montrée du doigt, suspendue dans le lustre où elle avait dû atterrir au cours de leurs ébats. C'est moi qui suis monté la décrocher.
– Merci…
Elle lui a laissé le temps de l'enfiler, l'a agrippée fermement par le bras.
– Bon. Eh bien maintenant en route.
Véronique a obéi. Elle est sortie du lit. Elle a remis sa robe, ses chaussures.
– T'as pas de culotte ?
Une culotte ? Ah oui, oui ! Si ! Elle avait, oui. Elle l'a cherchée du regard tout autour d'elle, s'est penchée sous le lit, a fouillé dedans, est finalement restée plantée à côté, indécise. La bonne femme la lui a montrée du doigt, suspendue dans le lustre où elle avait dû atterrir au cours de leurs ébats. C'est moi qui suis monté la décrocher.
– Merci…
Elle lui a laissé le temps de l'enfiler, l'a agrippée fermement par le bras.
– Bon. Eh bien maintenant en route.
– C'était qui cette femme ?
– Sa belle-mère.
– Ah oui ! Elle sait ce qu'elle veut en tout cas et ta cousine, à mon avis, elle va passer un sacré quart d'heure. Mais je la plains pas. Reconnais qu'elle l'a pas volé.
– Sa belle-mère.
– Ah oui ! Elle sait ce qu'elle veut en tout cas et ta cousine, à mon avis, elle va passer un sacré quart d'heure. Mais je la plains pas. Reconnais qu'elle l'a pas volé.
Éva m'a écouté sans m'interrompre.
– Eh ben il va y avoir de l'animation là-bas ! Parce que moi, de mon côté, je viens de virer Thibaud. Je le supportais plus. Mais viens là ! La route est libre maintenant. Des deux côtés. Je te raconterai.
– Eh ben il va y avoir de l'animation là-bas ! Parce que moi, de mon côté, je viens de virer Thibaud. Je le supportais plus. Mais viens là ! La route est libre maintenant. Des deux côtés. Je te raconterai.
Morgane s'est faite implorante.
– Et moi alors ? T'y penses à moi ? Je peux pas te suivre, je reprends demain. Et tu vas me laisser là toute seule à m'emmerder le soir comme un rat mort ? Juste au moment où ta cousine vient de dégager et où on pourrait enfin être tranquilles. Quand je pense à toutes les heures que j'ai passées à t'apprendre à faire la bouffe, à te ranger ton bordel et toi… T'es vraiment qu'un salaud, tiens !
– Et moi alors ? T'y penses à moi ? Je peux pas te suivre, je reprends demain. Et tu vas me laisser là toute seule à m'emmerder le soir comme un rat mort ? Juste au moment où ta cousine vient de dégager et où on pourrait enfin être tranquilles. Quand je pense à toutes les heures que j'ai passées à t'apprendre à faire la bouffe, à te ranger ton bordel et toi… T'es vraiment qu'un salaud, tiens !
Véronique m'a appelée. Avec un téléphone qui n'était pas le sien. Elle était furieuse.
– De quoi elle s'est mêlée, cette petite conne ? En quoi ça la concerne ma vie ? De quel droit elle s'est permis d'appeler ma belle-mère ? Je lui ai fait quoi, moi ? Je te dis pas dans quelle situation je suis maintenant ! « Elle » m'a promis de ne rien dire à Pierre-Antoine. Sous réserve que mon comportement soit désormais irréprochable. Irréprochable ! Ce sont ses mots. Et elle me traite comme une gamine irresponsable. Je n'ai plus une seconde de répit. Je dois tout justifier. Elle épluche mon courrier. Elle écoute mes conversations téléphoniques. Elle filtre mes sorties. D'autres choses aussi trop insupportables pour que je puisse te les dire. C'est irrespirable. J'étouffe. Foutre le camp ? Je pense qu'à ça. Trois fois par semaine je prépare minutieusement mon départ. C'est décidé. C'est pour demain. Rien ni personne ne me fera changer d'avis. Trois fois par semaine je diffère. Je recule. À quoi bon ? Pour quoi faire ? Pour aller où ? Je ne partirai pas. Je le sais. J'en suis incapable. À moins que Pierre-Antoine ne me foute dehors. À ça aussi j'y pense. À tout lui dire. À m'arranger pour qu'il apprenne. Advienne que pourra. De toute façon, elle est foutue ma vie. Alors un peu plus un peu moins.
– De quoi elle s'est mêlée, cette petite conne ? En quoi ça la concerne ma vie ? De quel droit elle s'est permis d'appeler ma belle-mère ? Je lui ai fait quoi, moi ? Je te dis pas dans quelle situation je suis maintenant ! « Elle » m'a promis de ne rien dire à Pierre-Antoine. Sous réserve que mon comportement soit désormais irréprochable. Irréprochable ! Ce sont ses mots. Et elle me traite comme une gamine irresponsable. Je n'ai plus une seconde de répit. Je dois tout justifier. Elle épluche mon courrier. Elle écoute mes conversations téléphoniques. Elle filtre mes sorties. D'autres choses aussi trop insupportables pour que je puisse te les dire. C'est irrespirable. J'étouffe. Foutre le camp ? Je pense qu'à ça. Trois fois par semaine je prépare minutieusement mon départ. C'est décidé. C'est pour demain. Rien ni personne ne me fera changer d'avis. Trois fois par semaine je diffère. Je recule. À quoi bon ? Pour quoi faire ? Pour aller où ? Je ne partirai pas. Je le sais. J'en suis incapable. À moins que Pierre-Antoine ne me foute dehors. À ça aussi j'y pense. À tout lui dire. À m'arranger pour qu'il apprenne. Advienne que pourra. De toute façon, elle est foutue ma vie. Alors un peu plus un peu moins.
Morgane l'a tranquillement reconnu.
– Ben, bien sûr que c'est moi qui l'ai appelée, sa belle-mère. Il fallait bien que quelqu'un le fasse. Parce que si on avait attendu après toi. Bon, mais c'est pas tout ça. Je voulais te dire : j'attaque les peintures à côté. Ça va être le chantier. Ça va puer. Alors le temps que ça va durer je vais te squatter ta chambre d'amis. Elle est libre n'importe comment maintenant que ta cousine est partie.
– Ben, bien sûr que c'est moi qui l'ai appelée, sa belle-mère. Il fallait bien que quelqu'un le fasse. Parce que si on avait attendu après toi. Bon, mais c'est pas tout ça. Je voulais te dire : j'attaque les peintures à côté. Ça va être le chantier. Ça va puer. Alors le temps que ça va durer je vais te squatter ta chambre d'amis. Elle est libre n'importe comment maintenant que ta cousine est partie.
Véronique a fait contre mauvaise fortune bon cœur.
– À quelque chose au moins malheur est bon. Parce qu'avec Patrice cette fois c'est fini. Et bien fini. Je n'aurai plus de nouvelles. Il fallait en sortir. D'une façon ou d'une autre il fallait en sortir. Ça n'avait aucun avenir. Je me détruisais. Il me détruisait. Quand je pense à ce qu'il a été capable de me faire faire. À ce qu'il avait envisagé de me faire faire. Non, il fallait que ça s'arrête. Que quelqu'un m'arrête. Ça a été ta voisine. Ça aurait pu être n'importe qui. Reste que maintenant je sais plus où je vais. Il occupait toute la place, Patrice. Il était mon horizon. Sans lui… Sans lui je ne suis plus rien.
– À quelque chose au moins malheur est bon. Parce qu'avec Patrice cette fois c'est fini. Et bien fini. Je n'aurai plus de nouvelles. Il fallait en sortir. D'une façon ou d'une autre il fallait en sortir. Ça n'avait aucun avenir. Je me détruisais. Il me détruisait. Quand je pense à ce qu'il a été capable de me faire faire. À ce qu'il avait envisagé de me faire faire. Non, il fallait que ça s'arrête. Que quelqu'un m'arrête. Ça a été ta voisine. Ça aurait pu être n'importe qui. Reste que maintenant je sais plus où je vais. Il occupait toute la place, Patrice. Il était mon horizon. Sans lui… Sans lui je ne suis plus rien.
Morgane a surgi dans la salle de bains au moment où je sortais de la douche. Elle a ouvert de grands yeux stupéfaits.
– C'est pas vrai ! Non, mais c'est pas vrai ! Mon pauvre ! Oh la la, mon pauvre ! T'as toujours été comme ça ? Oui, évidemment que t'as toujours été comme ça. Oh, mais faut faire quelque chose ! Faut absolument faire quelque chose.
– C'est pas vrai ! Non, mais c'est pas vrai ! Mon pauvre ! Oh la la, mon pauvre ! T'as toujours été comme ça ? Oui, évidemment que t'as toujours été comme ça. Oh, mais faut faire quelque chose ! Faut absolument faire quelque chose.
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Commentaires ()
Je suis quand même curieux de lire la suite....mais jai tjrs peur de la redondance de la passivité de Gabriel