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✦ Exorium Mémoires d'une toute petite queue XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 13

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Exorium
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Mémoires d'une toute petite queue

Chapitre 13

Morgane avait fini par venir tous les jours. Tous les soirs elle m'empruntait ma salle de bains qu'elle ne me restituait que deux à trois heures plus tard. Qu'elle habitait longtemps encore après l'avoir quittée. De sa présence, de ses parfums, de la serviette toute humide d'elle qu'elle suspendait au-dessus de la mienne.
– Et si tu me prêtais une clé ? Tu serais pas obligé d'attendre que j'aie fini pour aller te coucher comme ça.
Je lui en ai tendu une.
‒ Merci. T'inquiète pas ! J'y ferai attention.
Éva a soupiré.
– Tu baisses, mon cher ! Tu baisses vraiment ! Parce que voilà une fille qui séjourne tous les jours dans ta baignoire et t'as pas encore trouvé le moyen, depuis le temps, de jeter un œil dessus ?
Elle en avait de bonnes, elle ! Elle croyait que c'était facile ? Elle s'enfermait à double tour Morgane, là-dedans. Et c'était un verrou, pas une serrure. Quant à la fenêtre on était au quatrième étage. Alors à moins de louer un hélicoptère…
– Oui. Oui. Mais je t'ai connu beaucoup plus imaginatif.
* * *
La déception de Loïc faisait peine à voir.
– Alors elle campe toujours sur ses positions ?
– Plus que jamais.
– C'est incompréhensible. Tu mets le paquet au moins ? Il faut qu'elle sente que t'as envie d'elle. Qu'il y a plus que ça qui compte pour toi. Un type qui la désire comme un fou elle peut pas résister, Irina. Elle a jamais pu.
– Je peux bien m'y prendre comme je veux. Il y a rien à faire. Il y a pas prise.
– Insiste ! Insiste ! Tu l'auras à l'usure. On finit toujours par l'avoir à l'usure.
Éva s'est agacée.
– Et tu comptes faire quoi au juste ? Laisser ça en suspens pendant des semaines ? Oui, c'est ce que tu vas faire. Parce que même seulement imaginer tu peux pas. Faut être un homme pour ça. Et tu l'es pas. Physiquement. Bon, ça, plein de monde le sait. Mais dans ta tête non plus. Encore moins dans ta tête.
* * *
Véronique m'a adressé un message exalté.
– Je suis encore toute pleine de lui. Dans ses bras. Femelle comblée jusqu'au plus profond d'elle-même. Rien d'autre n'existe. Rien d'autre n'a d'importance. Je suis revenue. Je suis là, mais je ne suis pas là. Ils virevoltent autour de moi toujours aussi petits, aussi mesquins, aussi pitoyables. Je ne les vois pas. Je ne les entends pas. Ils m'indiffèrent. Ils n'existent pas. Je suis ailleurs. Avec lui. Avec Patrice.
* * *
Morgane s'est arrêtée sur le pas de la porte.
– Eh ben dis donc ! Ça a pas duré longtemps ! C'est à nouveau le bazar. C'est plus fort que toi, hein ! Tu peux pas t'empêcher…
Elle a éclaté de rire.
– Oh, mais fais pas cette tête-là ! On dirait un petit garçon pris en faute. Je vais pas te punir. Moi, ce que j'en dis, c'est pour toi. J'm'en fiche complètement.
Éva a demandé.
– Et qu'est-ce que t'as fait ?
– Comment ça qu'est-ce que j'ai fait ?
– Ben, oui ! Qu'est-ce que t'as fait ? Elle avait à peine passé la porte que tu t'es précipité pour tout remettre en ordre, je parie ! Comme un bon petit garçon bien obéissant justement. Rien qui dépasse. Pas le moindre petit grain de poussière qui traîne. C'est pas vrai peut-être ? Avoue !
– Ben oui ! Mais elle avait pas tort. Tu te laisses vite déborder, si tu fais pas gaffe.
– Elle me plaît bien, cette fille. Oui, décidément elle me plaît bien. Elle a pas mis longtemps à te percer à jour. Et elle prend le pas sur toi. En beauté.
* * *
Véronique me submergeait de lettres interminables où il n'était question que de Patrice.
– Tu es le seul à qui je peux parler de lui. Il y a que toi qu'es au courant.
Elle me décrivait en long en large et en travers les trois jours – et les trois nuits – qu'ils avaient passés ensemble. J'avais droit à tout. Ce qu'il avait dit. Ce qu'elle avait répondu. Ce qu'elle avait dit. Ce qu'il avait répondu. Ce qu'ils avaient mangé. Et surtout – surtout – ce qui s'était passé au lit. Comment ils s'étaient envoyés en l'air. Elle ne me faisait grâce d'aucun détail.
– Tu comprends, te le raconter, c'est un peu une façon de le revivre encore et encore.
Pour Irina Loïc a finalement préféré qu'on laisse tomber.
– On n'arrivera à rien. Il y a quelque chose qui coince. Je sais pas quoi, mais il y a quelque chose qui coince avec toi. Peut-être parce que vous êtes collègues. Ou que tu t'y prends mal. De toute façon, j'ai quelqu'un d'autre en vue. Que je vais mettre sur le coup. Et là, ça va marcher, c'est obligé.
Éva trouvait qu'il avait raison.
– À cent pour cent. Laisse la place aux autres ! Quelle idée aussi de vouloir aller jouer comme ça dans la cour des grands. Même en faisant semblant. T'as pas la pointure.
* * *
Morgane voulait que je la dépanne.
‒ D'une pomme ou deux.
Des pommes ? Mais j'avais pas ça, moi !
‒ Ben autre chose alors ! Des poires ou des bananes. N'importe quoi, mais des fruits. T'as pas ? J'avais pas, non !
– Tu manges jamais de fruits ! J'aurais dû m'en douter, remarque ! Et de légumes non plus, évidemment ! T'es le candidat idéal pour le cancer du côlon, toi, dis donc ! Mais tu manges quoi alors ? Fais voir !
Elle n'a pas attendu la réponse. D'autorité elle a ouvert le frigo.
 – Ah, ben d'accord !
Et le compartiment congélateur au-dessus.
– Encore mieux ! C'est vraiment du n'importe quoi ! T'achètes toujours tout tout près comme ça ? Évidemment ! Oui, évidemment. Je suis sûre que t'es même pas fichu de te faire cuire un œuf à la coque.
Éva était persuadée que j'étais allé en toute hâte acheter des fruits.
– Non !
– Mais tu vas le faire. Forcément que tu vas le faire. T'as bien trop peur qu'elle te tape encore sur les doigts.
Je ne l'ai pas fait. Je ne l'ai pas fait parce que, le soir même, Morgane a surgi avec un plein sac de provisions. Elle en a extirpé des courgettes, des aubergines, des tomates, des poivrons.
– Tu connais le proverbe chinois ? « Donne un poisson à un homme et il mangera aujourd'hui. Apprends-lui à pêcher et il mangera toute sa vie. » Alors première leçon. La ratatouille. Tu vas voir, c'est enfantin.
* * *
Véronique était effondrée.
– Dès qu'il y a une connerie à faire tu peux être sûr que je la fais. Je le savais pourtant. Je le savais. Et je m'étais bien juré de ne pas tomber dans le panneau. Seulement va t'empêcher, toi, quand tu penses sans arrêt à lui, que tu voudrais tout le temps être dans ses bras. T'as besoin de quelque chose. Au moins de ça. De mots. De sa voix. J'en ai trop eu besoin. De plus en plus. Je me suis pas rendu compte. Et… « T'en as pas marre de me téléphoner comme ça sans arrêt ? » T'aurais entendu le ton sur lequel il m'a dit ça ! J'en ai pas marre, non ! Mais lui, si ! Et pas qu'un peu ! Et maintenant ? Je vais faire quoi ? Je veux pas le perdre, Gabriel ! Je veux pas. Je ne lui téléphonerai plus puisque ça l'ennuie. Mais si je lui téléphone plus, il va croire que j'en ai plus rien à foutre de lui. Je sais plus quoi faire. Je suis perdue. Tu ferais quoi, toi, à ma place ?
* * *
Morgane a trouvé que ma ratatouille n'était pas mauvaise du tout.
– Tu t'es pas trop mal débrouillé. Peut-être pas assez épicé à mon goût, mais ça ! Tu vois que c'était pas bien sorcier. Je t'en apprendrai d'autres, des recettes, tu verras. Plein d'autres. La jardinière de légumes. Et puis à cuisiner le poisson. Tu mangeras plus sain. C'est important de manger sain et puis comme ça le jour où tu t'installeras avec une fille, tu pourras lui faire la cuisine. Jamais t'as vécu avec une fille ?
Si ! Une fois.
– Et ça a foiré. Ça arrive. À moi aussi ça m'est arrivé. Trois fois déjà. Et j'ai que vingt-deux ans. Faut pas te décourager pour autant, hein ! Il y en a d'autres, des nanas. Plein. Mais si tu restes enfermé chez toi, ça pourra pas le faire ? Ça, c'est sûr !
Éva a proposé.
– Et si tu l'amenais en vacances cette Morgane ? Que je fasse enfin sa connaissance.
– Elle risque de trouver ça louche. Se demander ce que je lui veux.
– Tu parles ! Elle vient se prélasser tous les jours dans ta salle de bains. Tu penses bien qu'il y a longtemps qu'elle a compris qu'avec toi elle avait rien à craindre, que t'étais complètement inoffensif.
Loïc était aux anges…
– Ça y est ! Ça y est, Irina. J'en étais sûr. Et ça a pas mis trente ans. Tu vois que t'as pas su y faire avec elle. Et le type, je peux te dire que pour entrer dans le jeu il entre dans le jeu. Et pas qu'un peu.
* * *
Patrice et Véronique s'étaient expliqués.
– C'est lui qu'a appelé. On a tout mis à plat. Je suis heureuse, Gabriel ! Heureuse. On va se revoir. Dès qu'il pourra. Il me dira. Je me ferai discrète. Tout ce qu'il veut. Tout ce qu'il voudra. Pourvu que je le voie. Pourvu qu'il me laisse l'aimer. Pourvu que je sois, de temps en temps, dans ses bras. Je ne demande rien de plus. Je ne demande rien d'autre.
J'étais en train – une fois de plus – d'essayer de mettre de l'ordre quand Morgane m'est tombée dessus.
– Comment tu veux y arriver ? L'appartement a beau être grand, t'as bien trop de trucs. Et c'est pas en entassant tout, comme tu fais, dans la chambre d'amis que ça va résoudre le problème. Non, la seule solution, c'est d'en virer. T'as vraiment besoin de tout ça ? Les petites bagnoles, là, par exemple, ça te tient une place. C'est plus maintenant, à ton âge, que tu vas jouer avec quand même ! Si ?
– C'est des souvenirs… C'est…
– On vit pas au milieu des souvenirs. Ça te retient, les souvenirs. Ça t'empêche d'aller de l'avant. Et tout ce fatras, là ! Ça te sert vraiment à quelque chose ?
– Pas vraiment, non.
– Tu vois bien ! Allez, va chercher des sacs poubelles. Des grands. On va faire du tri. Tu y verras beaucoup plus clair.
* * *
Véronique m'a posé tout à trac la question.
– Tu vas chez grand-mère cet été ?
– En principe. Comme d'habitude.
– Moi, non ! Pas question que je ramène Pierre-Antoine là-bas. Je suis vaccinée. Et puis Patrice ne part pas. Alors si je veux le voir, j'ai pas d'autre solution que de débarquer chez toi. Tu es mon seul alibi possible. Seulement si t'es pas là, il tombe à l'eau.
– Pierre-Antoine viendra pas vérifier si je suis là ou pas.
– Non, mais il saura que t'es chez grand-mère puisque Thibaud descend là-bas.
– Thibaud ? Quoi faire ?
– Ben, retrouver Éva, tiens ! T'es pas au courant ?
Éva qui s'est énervée.
– J'ai pas de comptes à te rendre. Manquerait plus que ça ! Je te parlerai de Thibaud seulement si j'en ai envie. Et au moment que moi, j'aurai choisi.
Morgane s'est étonnée.
– Tu pars plus ?
– Je pars plus, non. J'ai des tas de trucs à faire. Et puis j'ai plus vraiment envie.
– Bon, eh bien on en profitera pour te faire faire encore des progrès en cuisine alors !
Véronique était aux anges.
– Oh, merci, Gabriel ! Merci. Je te revaudrai ça un jour. D'une façon ou d'une autre je te revaudrai ça. Par contre, ça te poserait un problème si je venais avec lui chez toi de temps en temps ? Parce que chez lui c'est plus possible. Je t'expliquerai. Et l'hôtel je supporte pas. Pour ça je supporte pas. Ça me coupe toutes mes envies.
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Photo de profil de Ornix45
Ornix45
23 octobre 2025 à 21:36
J'ai bien compris que l'auteur voulait nous faire sentir de la lourdeur dans l'intrigue (Et c'est réussi), mais là ça devient redondant.
Pourtant il est attachant Gabriel (même si l'histoire n'est pas vraiment centrée sur lui), malgré qu'on a envie de le secouer. Dommage.

Vivement la prise de conscience de Gab et le dénouement de tout ça !
Modifié 23 octobre 2025 à 21:38
Soyez respectueux
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Photo de profil de OlivX
OlivX
23 octobre 2025 à 11:41
Le pauvre se fait manipuler par toutes les femmes de son entourage, sa cousine, sa voisine qui s'immisce de plus en plus dans sa vie, et d'Eva qui veut tout connaître de sa vie mais qui le jette comme une merde quand il lui pose une question sur sa relation avec Thibault
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de zed60
zed60
23 octobre 2025 à 11:06
Et ca continue..... combien de chapitres reste r il?
Car je suis pas sur de continuer si yen a une flopée où Gabriel se fait balader.....
Soyez respectueux
Répondre

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