Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 10
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mémoires d'une toute petite queue
Chapitre 10
Ma cousine Véronique s'était mariée en décembre. Avec un monsieur De quelque chose. Dans un château où s'étaient retrouvés plus de cinq cents invités dont je n'avais pas pu éviter de faire partie. Et elle avait commencé une nouvelle vie, faite de lunchs à petits fours, de soirées bridge et de croisières lointaines endimanchées. Aussi ne m'était-il pas venu une seule seconde à l'idée qu'elle pourrait envisager de venir passer l'été à Fontbrune. Et pourtant…
‒ On y sera début juillet. Pierre-Antoine a envie de vraies vacances. Et je lui ai tellement parlé de là-bas.
‒ On y sera début juillet. Pierre-Antoine a envie de vraies vacances. Et je lui ai tellement parlé de là-bas.
Éva a soupiré.
‒ Eh ben ça va être gai d'avoir ça par les pieds !
– Surtout qu'il y aura Thibaud. Son frère à Pierre-Antoine. Et celui-là, je peux t'assurer qu'il est pas piqué des vers.
– T'es vraiment obligé de les laisser venir ?
– Chez grand-mère, elle est chez elle autant que moi.
‒ Eh ben ça va être gai d'avoir ça par les pieds !
– Surtout qu'il y aura Thibaud. Son frère à Pierre-Antoine. Et celui-là, je peux t'assurer qu'il est pas piqué des vers.
– T'es vraiment obligé de les laisser venir ?
– Chez grand-mère, elle est chez elle autant que moi.
Mathilde n'avait pas du tout envie de les connaître.
– De quoi tu veux parler avec des gens comme ça ? On n'a rien en commun. Et puis de toute façon, pratiquement, tu veux faire comment ? Ils vont prendre les deux autres chambres là-haut. Nous, avec Jessica, on va être reléguées en bas. Il y a pas de portes. C'est un vrai moulin. Alors question intimité…
– Je vous laisserai ma chambre.
– C'est ça ! Pour qu'on soit coincées entre eux. Comment tu veux qu'on puisse se laisser aller ? Deux filles ensemble en plus des gens comme ça ils vont sûrement apprécier. Non, on en a parlé, Jessica et moi. On ira chez elle. Chez ses parents. On se débrouillera. Ça nous empêchera pas de passer. Chaque fois qu'on pourra.
– De quoi tu veux parler avec des gens comme ça ? On n'a rien en commun. Et puis de toute façon, pratiquement, tu veux faire comment ? Ils vont prendre les deux autres chambres là-haut. Nous, avec Jessica, on va être reléguées en bas. Il y a pas de portes. C'est un vrai moulin. Alors question intimité…
– Je vous laisserai ma chambre.
– C'est ça ! Pour qu'on soit coincées entre eux. Comment tu veux qu'on puisse se laisser aller ? Deux filles ensemble en plus des gens comme ça ils vont sûrement apprécier. Non, on en a parlé, Jessica et moi. On ira chez elle. Chez ses parents. On se débrouillera. Ça nous empêchera pas de passer. Chaque fois qu'on pourra.
Éva trouvait qu'on pouvait pas vraiment lui donner tort.
‒ C'est la meilleure solution. La seule raisonnable. Pour tout le monde. Et même… Pour Loïc et Irina t'as décidé quoi ?
– Je sais pas encore. Je me demande.
– Oui, eh ben te demande plus. Trouve un prétexte quelconque. N'importe quoi. Reporte à plus tard. Ça va tout gâcher sinon. Non, tu crois pas ?
– Si ! Et toi ? Tu vas faire quoi dans l'histoire ? Tu vas me lâcher aussi ?
– Alors là pas question, mon cher ! Ah non ! Non ! Je sens qu'on va bien s'amuser.
‒ C'est la meilleure solution. La seule raisonnable. Pour tout le monde. Et même… Pour Loïc et Irina t'as décidé quoi ?
– Je sais pas encore. Je me demande.
– Oui, eh ben te demande plus. Trouve un prétexte quelconque. N'importe quoi. Reporte à plus tard. Ça va tout gâcher sinon. Non, tu crois pas ?
– Si ! Et toi ? Tu vas faire quoi dans l'histoire ? Tu vas me lâcher aussi ?
– Alors là pas question, mon cher ! Ah non ! Non ! Je sens qu'on va bien s'amuser.
Le premier soir Véronique est venue me retrouver dans la buanderie pendant mes ablutions.
‒ Dis, si tu pouvais rester discret pour avant… Il y a des choses… Je préfère qu'il soit pas au courant, Pierre-Antoine.
– Lesquelles ?
– Tu le sais très bien.
– Il croit qu'il t'a eue vierge ?
Elle a eu une petite grimace agacée.
– Quand même pas, non. Je peux compter sur toi ?
– Ça coule de source.
– Merci. Tu peux en toucher deux mots à Eva ?
‒ Dis, si tu pouvais rester discret pour avant… Il y a des choses… Je préfère qu'il soit pas au courant, Pierre-Antoine.
– Lesquelles ?
– Tu le sais très bien.
– Il croit qu'il t'a eue vierge ?
Elle a eu une petite grimace agacée.
– Quand même pas, non. Je peux compter sur toi ?
– Ça coule de source.
– Merci. Tu peux en toucher deux mots à Eva ?
Il était aux anges, Pierre-Antoine. Tout le ravissait. Il passait des heures dans le jardin à découvrir des évidences.
‒ On sait pas regarder. On prend pas le temps. Il y a plus de philosophie et de sagesse dans une fourmilière que dans tous les bouquins du monde.
Il soupirait.
– Une vie de fous on mène. On devrait avoir le cran de tout envoyer promener, tiens ! Ici on prendrait le temps de vivre au moins.
Véronique haussait les épaules.
– Je te connais. Tu tiendrais pas huit jours.
‒ On sait pas regarder. On prend pas le temps. Il y a plus de philosophie et de sagesse dans une fourmilière que dans tous les bouquins du monde.
Il soupirait.
– Une vie de fous on mène. On devrait avoir le cran de tout envoyer promener, tiens ! Ici on prendrait le temps de vivre au moins.
Véronique haussait les épaules.
– Je te connais. Tu tiendrais pas huit jours.
Thibaud, lui, c'était Eva qui le ravissait. Il la dévorait des yeux, traînait tant qu'il pouvait dans son sillage, se précipitait pour l'aider à décharger la voiture dès qu'elle rentrait des courses. Il était manifestement sous le charme.
‒ Il manque pas d'air quand même ! En principe, pour tout le monde, je suis supposée être avec toi.
– Il est amoureux qu'est-ce que tu veux ! En secret. Tu paries qu'il est persuadé que ça se voit pas ?
– Oui, ben il peut toujours rêver. C'est vraiment pas le genre de type avec qui t'as envie qu'il se passe quoi que ce soit. Je suis sûre qu'il est puceau en plus. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure.
‒ Il manque pas d'air quand même ! En principe, pour tout le monde, je suis supposée être avec toi.
– Il est amoureux qu'est-ce que tu veux ! En secret. Tu paries qu'il est persuadé que ça se voit pas ?
– Oui, ben il peut toujours rêver. C'est vraiment pas le genre de type avec qui t'as envie qu'il se passe quoi que ce soit. Je suis sûre qu'il est puceau en plus. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure.
Cet après-midi-là, Pierre-Antoine et Thibaud étaient partis faire des photos.
‒ On sait pas où. Au hasard. On verra bien.
Eva avait filé chez Jessica.
– Voir un peu ce qui se passe là-bas. On n'a pas de nouvelles.
Véronique était au fond du jardin. Je l'y ai rejointe. Elle avait pleuré.
– Ça va ?
– Ben oui, ça va, oui. Pourquoi ça irait pas ?
– Je sais pas. T'es toute triste depuis que t'es arrivée. T'as pas l'air heureuse.
– Ben alors là, t'as tout faux. J'ai jamais été aussi heureuse. Jamais.
– Franchement, on dirait pas.
‒ On sait pas où. Au hasard. On verra bien.
Eva avait filé chez Jessica.
– Voir un peu ce qui se passe là-bas. On n'a pas de nouvelles.
Véronique était au fond du jardin. Je l'y ai rejointe. Elle avait pleuré.
– Ça va ?
– Ben oui, ça va, oui. Pourquoi ça irait pas ?
– Je sais pas. T'es toute triste depuis que t'es arrivée. T'as pas l'air heureuse.
– Ben alors là, t'as tout faux. J'ai jamais été aussi heureuse. Jamais.
– Franchement, on dirait pas.
Éva s'est redressée sur un coude.
‒ Faudrait d'abord qu'elle se l'avoue à elle-même qu'elle a fait une connerie. Et une belle. Il transpire l'ennui de partout, ce mec. Comment tu veux être heureuse avec ça ? Et t'as vu sa tronche ? Va baiser avec ça, toi ! D'ailleurs ils baisent pas. On n'entend jamais rien. Ou alors elle prend jamais son pied. Ce qui revient au même. Et ça fait six mois qu'ils sont mariés ! Qu'est-ce ça sera dans trois ans ! En tout cas, de ce côté-là, je peux te dire qu'il y en a deux qui s'éclatent ! Et pas qu'un peu ! Elles sont sur un petit nuage. Et si tu veux les voir t'as intérêt à te déplacer. Elles viendront pas. C'est pas qu'elles veulent pas. C'est qu'elles y pensent pas. Elles sont dans leur bulle.
‒ Faudrait d'abord qu'elle se l'avoue à elle-même qu'elle a fait une connerie. Et une belle. Il transpire l'ennui de partout, ce mec. Comment tu veux être heureuse avec ça ? Et t'as vu sa tronche ? Va baiser avec ça, toi ! D'ailleurs ils baisent pas. On n'entend jamais rien. Ou alors elle prend jamais son pied. Ce qui revient au même. Et ça fait six mois qu'ils sont mariés ! Qu'est-ce ça sera dans trois ans ! En tout cas, de ce côté-là, je peux te dire qu'il y en a deux qui s'éclatent ! Et pas qu'un peu ! Elles sont sur un petit nuage. Et si tu veux les voir t'as intérêt à te déplacer. Elles viendront pas. C'est pas qu'elles veulent pas. C'est qu'elles y pensent pas. Elles sont dans leur bulle.
J'y suis donc allé.
‒ Ah, Gabriel ! Ce que je suis contente de te voir ! Tu sais pas ? Il est en train de se passer plein de trucs pour moi. Et d'abord j'ai trouvé du boulot.
– Ici ?
– Ici, oui. Pas loin. En ville. Dans une jardinerie. Comme là-bas, mais en plus petit. Du coup, je vais déménager. Tu m'aideras ? Et je vais m'installer avec Jessica. On cherche un appartement. Oh, mais on trouvera. Il y en a plein. On prend notre temps. Faut vraiment que ça nous plaise. Qu'est-ce t'en penses ? C'est bien, hein ?
– C'est bien, oui. C'est très bien.
Et je suis rentré, la boule au ventre.
‒ Ah, Gabriel ! Ce que je suis contente de te voir ! Tu sais pas ? Il est en train de se passer plein de trucs pour moi. Et d'abord j'ai trouvé du boulot.
– Ici ?
– Ici, oui. Pas loin. En ville. Dans une jardinerie. Comme là-bas, mais en plus petit. Du coup, je vais déménager. Tu m'aideras ? Et je vais m'installer avec Jessica. On cherche un appartement. Oh, mais on trouvera. Il y en a plein. On prend notre temps. Faut vraiment que ça nous plaise. Qu'est-ce t'en penses ? C'est bien, hein ?
– C'est bien, oui. C'est très bien.
Et je suis rentré, la boule au ventre.
Ce qu'elle m'avait pas dit, Éva…
On était en train d'éplucher les pommes de terre, tous les deux, sur la grande table de la cuisine.
‒ C'est qu'ils l'ont fait cette nuit à côté, Véronique et Pierre-Antoine, pendant que tu dormais.
– Ah oui ?
– Oui. Je suis allée jeter un œil sur la corniche, du coup. Oh, mais t'as rien perdu. Il la grimpe en direct, il souffle comme un phoque, il se vide et il s'endort. Et elle, pendant ce temps-là, elle regarde le plafond. Quand tu penses qu'avec Lionel tu l'entendais brailler pendant des heures. Que toute la maison en tremblait. On peut pas dire qu'elle ait vraiment gagné au change. Mais bon, elle a choisi. Elle voulait le luxe, le pognon, être une Madame. Fallait bien prendre le bonhomme qu'allait avec.
On était en train d'éplucher les pommes de terre, tous les deux, sur la grande table de la cuisine.
‒ C'est qu'ils l'ont fait cette nuit à côté, Véronique et Pierre-Antoine, pendant que tu dormais.
– Ah oui ?
– Oui. Je suis allée jeter un œil sur la corniche, du coup. Oh, mais t'as rien perdu. Il la grimpe en direct, il souffle comme un phoque, il se vide et il s'endort. Et elle, pendant ce temps-là, elle regarde le plafond. Quand tu penses qu'avec Lionel tu l'entendais brailler pendant des heures. Que toute la maison en tremblait. On peut pas dire qu'elle ait vraiment gagné au change. Mais bon, elle a choisi. Elle voulait le luxe, le pognon, être une Madame. Fallait bien prendre le bonhomme qu'allait avec.
Véronique et Éva faisaient leur toilette dans la buanderie, Pierre-Antoine était parti photographier le coucher de soleil sur le lac. Thibaud est venu me rejoindre sur la terrasse, s'est laissé tomber sur la chaise longue à mes côtés.
– Vous formez quand même un drôle de couple, Éva et toi.
– Comment ça, un drôle de couple ?
– Je sais pas. Comme si vous étiez pas vraiment ensemble. Comme si vous y croyiez pas vous-mêmes.
Il s'est étiré.
– Elle est vraiment très importante pour toi ?
– Pourquoi tu me demandes ça ?
– Oh, pour rien. Comme ça.
– Je la connais depuis toujours, Éva. Alors forcément qu'elle est importante.
– Vous formez quand même un drôle de couple, Éva et toi.
– Comment ça, un drôle de couple ?
– Je sais pas. Comme si vous étiez pas vraiment ensemble. Comme si vous y croyiez pas vous-mêmes.
Il s'est étiré.
– Elle est vraiment très importante pour toi ?
– Pourquoi tu me demandes ça ?
– Oh, pour rien. Comme ça.
– Je la connais depuis toujours, Éva. Alors forcément qu'elle est importante.
Éva s'est glissée dans le lit à mes côtés.
‒ S'il était pas aussi coincé il y a longtemps qu'il aurait tenté sa chance. Mais finalement je vais peut-être bien m'occuper de son cas. Ça nous distraira un peu.
– Comment ça ?
– Faut que je te fasse un dessin ?
– Tu vas…
– Je vais, oui. Dépuceler un type de son âge, l'idée me déplaît pas. Ça doit avoir un certain charme. Je te dirai.
– Il l'est peut-être plus, puceau.
– Alors là, ça m'étonnerait. Et de toute façon, s'il l'est plus, ça doit être tout comme.
‒ S'il était pas aussi coincé il y a longtemps qu'il aurait tenté sa chance. Mais finalement je vais peut-être bien m'occuper de son cas. Ça nous distraira un peu.
– Comment ça ?
– Faut que je te fasse un dessin ?
– Tu vas…
– Je vais, oui. Dépuceler un type de son âge, l'idée me déplaît pas. Ça doit avoir un certain charme. Je te dirai.
– Il l'est peut-être plus, puceau.
– Alors là, ça m'étonnerait. Et de toute façon, s'il l'est plus, ça doit être tout comme.
Pierre-Antoine voulait profiter à fond des journées de beau temps. Il a englouti son dessert, s'est levé.
‒ Bon, ben j'y retourne. Avec la lumière qu'il y a, je vais faire des clichés superbes.
Eva, elle, elle avait décidé d'aller se baigner.
– Quelqu'un veut venir ?
Thibaud s'est aussitôt proposé.
– Eh ben allez ! Amène-toi !
Quant à Véronique il y avait longtemps qu'elle avait pas fait un petit tour en ville.
– Tu veux que je te ramène quelque chose ?
– Non. Non. Merci. Je vais aller bouquiner un peu.
‒ Bon, ben j'y retourne. Avec la lumière qu'il y a, je vais faire des clichés superbes.
Eva, elle, elle avait décidé d'aller se baigner.
– Quelqu'un veut venir ?
Thibaud s'est aussitôt proposé.
– Eh ben allez ! Amène-toi !
Quant à Véronique il y avait longtemps qu'elle avait pas fait un petit tour en ville.
– Tu veux que je te ramène quelque chose ?
– Non. Non. Merci. Je vais aller bouquiner un peu.
Sur le coup de cinq heures je me suis finalement ravisé. Et si je descendais voir Mathilde ? C'est Jessica qui m'a accueilli sur le pas de la porte.
‒ Ah, c'est toi ! Elle est pas là. Elle a attaqué son nouveau boulot. Ce matin. T'étais pas au courant ?
– Non… Tu me payes un café ?
– Si tu veux.
Mais le cœur n'y était manifestement pas.
– Ça a pas l'air d'aller… Qu'est-ce qu'il y a ?
– Rien.
– T'as peur que je t'en veuille pour Mathilde ? C'est ça ?
– Oh, non. Non.
– C'est quoi alors ?
– Écoute ! Je peux pas t'expliquer, mais vaudrait mieux que tu t'en ailles…
– Qu'est-ce que je t'ai fait ?
– Mais rien ! Tu m'as rien fait. Seulement… il y a un couple là, derrière, dans la chambre. Et je crois que ça les gênerait beaucoup de tomber sur toi en sortant.
– Ah, ben fallait le dire ! J'y vais. Mais c'est pas Mathilde au moins ?
– Bien sûr que non que c'est pas Mathilde.
La porte s'est ouverte. C'était Véronique. Qui a fait un bond en arrière. Véronique avec Lionel. Le Lionel des vacances d'avant.
‒ Ah, c'est toi ! Elle est pas là. Elle a attaqué son nouveau boulot. Ce matin. T'étais pas au courant ?
– Non… Tu me payes un café ?
– Si tu veux.
Mais le cœur n'y était manifestement pas.
– Ça a pas l'air d'aller… Qu'est-ce qu'il y a ?
– Rien.
– T'as peur que je t'en veuille pour Mathilde ? C'est ça ?
– Oh, non. Non.
– C'est quoi alors ?
– Écoute ! Je peux pas t'expliquer, mais vaudrait mieux que tu t'en ailles…
– Qu'est-ce que je t'ai fait ?
– Mais rien ! Tu m'as rien fait. Seulement… il y a un couple là, derrière, dans la chambre. Et je crois que ça les gênerait beaucoup de tomber sur toi en sortant.
– Ah, ben fallait le dire ! J'y vais. Mais c'est pas Mathilde au moins ?
– Bien sûr que non que c'est pas Mathilde.
La porte s'est ouverte. C'était Véronique. Qui a fait un bond en arrière. Véronique avec Lionel. Le Lionel des vacances d'avant.
Éva était au courant.
‒ Évidemment ! C'est même moi qui leur ai arrangé le coup. Quand le mec il assure pas, faut bien trouver une solution.
– Et toi, avec Thibaud, ça s'est passé comment ?
– Comme j'avais prévu.
– Vous avez couché ?
– Non. Mieux que ça.
– Mieux que ça ?
– Mieux que ça, oui ! Tu peux pas savoir le pied que tu prends quand un type tu sens que t'es en train de t'emparer complètement de lui. Que, si tu manœuvres bien, t'en feras ce que tu veux. Tout ce que tu veux. Comme tu veux. Au moment où tu l'auras décidé. Comme tu l'auras décidé.
‒ Évidemment ! C'est même moi qui leur ai arrangé le coup. Quand le mec il assure pas, faut bien trouver une solution.
– Et toi, avec Thibaud, ça s'est passé comment ?
– Comme j'avais prévu.
– Vous avez couché ?
– Non. Mieux que ça.
– Mieux que ça ?
– Mieux que ça, oui ! Tu peux pas savoir le pied que tu prends quand un type tu sens que t'es en train de t'emparer complètement de lui. Que, si tu manœuvres bien, t'en feras ce que tu veux. Tout ce que tu veux. Comme tu veux. Au moment où tu l'auras décidé. Comme tu l'auras décidé.
Véronique m'a rejoint dans la buanderie, s'est assise sur le rebord du bac d'à côté.
– Il y a qu'ici qu'on peut parler sans courir le risque d'être dérangés.
– Il va rien dire, Pierre-Antoine ?
– Il est pas là, Pierre-Antoine. Il fait des photos. Il y a plus que ça qui compte. Et puis qu'est-ce que tu veux qu'il dise ? Il sait bien qu'avec toi il peut pas se passer quoi que ce soit.
Elle m'a regardé me laver, quelques instants, sans rien dire
– Tu me juges mal, hein ?
– Je n'ai pas à te juger. C'est ta vie. Tu la mènes comme tu l'entends.
– C'est ma vie, oui ! Si j'avais su ! Je savais. Le pire, c'est que je savais ! Je suis pas faite pour ce monde-là. Je l'ai cru. J'ai fait semblant. Et maintenant…
– Divorce !
– C'est pas si simple.
Elle a fondu en larmes. J'ai passé un bras autour de ses épaules.
– C'est dur ! Si tu savais comme c'est dur ! Et personne à qui me confier. Jamais.
– Si tu veux, je suis là. Je t'écouterai. Tant que tu voudras…
– Tu es gentil !
Elle m'a déposé un rapide baiser sur le front et elle s'est enfuie.
– Il y a qu'ici qu'on peut parler sans courir le risque d'être dérangés.
– Il va rien dire, Pierre-Antoine ?
– Il est pas là, Pierre-Antoine. Il fait des photos. Il y a plus que ça qui compte. Et puis qu'est-ce que tu veux qu'il dise ? Il sait bien qu'avec toi il peut pas se passer quoi que ce soit.
Elle m'a regardé me laver, quelques instants, sans rien dire
– Tu me juges mal, hein ?
– Je n'ai pas à te juger. C'est ta vie. Tu la mènes comme tu l'entends.
– C'est ma vie, oui ! Si j'avais su ! Je savais. Le pire, c'est que je savais ! Je suis pas faite pour ce monde-là. Je l'ai cru. J'ai fait semblant. Et maintenant…
– Divorce !
– C'est pas si simple.
Elle a fondu en larmes. J'ai passé un bras autour de ses épaules.
– C'est dur ! Si tu savais comme c'est dur ! Et personne à qui me confier. Jamais.
– Si tu veux, je suis là. Je t'écouterai. Tant que tu voudras…
– Tu es gentil !
Elle m'a déposé un rapide baiser sur le front et elle s'est enfuie.
‒ À propos…
On venait de se coucher, Éva et moi.
– À propos, ça y est avec Thibaud.
– Ah ! Et alors ?
– Et alors, bof ! Il s'y prend exactement comme son frère. Copie conforme.
– Il était puceau ?
– Vu le temps qu'il a mis à trouver l'entrée, il y a aucun doute là-dessus.
On venait de se coucher, Éva et moi.
– À propos, ça y est avec Thibaud.
– Ah ! Et alors ?
– Et alors, bof ! Il s'y prend exactement comme son frère. Copie conforme.
– Il était puceau ?
– Vu le temps qu'il a mis à trouver l'entrée, il y a aucun doute là-dessus.
Dans un grand crissement de freins une camionnette s'est arrêtée dans la cour. Les portières ont claqué.
‒ C'est nous !
Mathilde et Jessica.
– Tu viens, Gabriel ? On monte me déménager. Tu viens avec nous ? De toute façon va bien falloir que t'enlèves tes affaires.
‒ C'est nous !
Mathilde et Jessica.
– Tu viens, Gabriel ? On monte me déménager. Tu viens avec nous ? De toute façon va bien falloir que t'enlèves tes affaires.
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Commentaires ()
Mais agréable à suivre.
J'y avais pensé aussi. Pour qu'une histoire soit intéressante, il faut que le protagoniste subisse une transformation, qu'elle soit bonne ou mauvaise, et que Gabriel se venge en retournant l'attention qu'il porte aux autres pour les manipuler à son tour aurait été justement intéressant.
Je ne sais pas combien de chapitres tu as prévu pour cette histoire mais perso, si Gabriel n'évolue pas et que ce statu quo persiste jusqu'à la fin, je crains d'abandonner la lecture. Et je comprend tout à fait que tu ne veuilles pas te replonger dedans pour tout changer.
Le but n’était évidemment pas de donner la nausée au lecteur. Je regrette qu’il en soit ainsi et je comprends très bien que certains soient tentés d’abandonner en cours de route.
‒ C’est toi qui choisis, Benoît. Ce sont tes sous.
C’est le plus beau. Rouge. Tout rouge. Avec un peu de doré sur le dessus. Sur les côtés aussi. Il approche la main, il touche, il soulève. Il va le serrer dans ses bras.
‒ Regarde, Benoît, regarde celui-là là-bas ! Le grand. Le jaune. Tu as vu comme il est joli ?
Non, c’est le rouge. Tout rouge. Avec du doré.
‒ Mais enfin, tu ne l’as même pas regardé, Benoît ! On ne choisit pas comme ça sans regarder. C’est ridicule. Tiens, et celui-là ?
Elle soulève le bleu, le fait tourner, l’incline dans la lumière.
‒ Regarde ! Regarde comme il est beau ! Bien plus beau que ce vilain rouge. On le prend ? Hein, d’accord ?
Il tient le rouge serré très fort contre lui.
Non, Benoît, non ! Maman n’est pas d’accord. Pas d’accord pour que tu choisisses n’importe quoi comme ça sans réfléchir. Ça va finir au fond d’un placard. Comme d’habitude. Maman ne veut pas que tu gaspilles ton argent. Alors ou bien tu en choisis un beau ou bien tu n’auras rien du tout. Donne !
Il donne. Elle le remet au milieu des autres.
‒ Alors ? Lequel tu veux ? On va pas rester là tout l’après-midi.
Rien. Il ne veut rien. C’est pas la peine. Rien du tout.
‒ Ne fais pas la mauvaise tête, Benoît ! Tu sais très bien que maman a horreur de ça. Horreur. Alors ? Lequel ? Mais réponds au moins ! C’est agaçant à la fin ! Tu ne sais pas… Tu ne sais pas… Ce n’est quand même pas moi qui vais choisir à ta place !
Il lève la main. Il pointe le doigt. Le jaune. Non. Le bleu. Non, le jaune. Oui.
‒ Le jaune ? Tu es sûr, Benoît ? Tu as bien réfléchi ? Tu vas pas me dire en rentrant que c’était le bleu que tu voulais ?
Non, le jaune. Le jaune, oui. Oui.
‒ Eh ben, dis donc ! Ça n’a pas été sans mal ! Mon pauvre Benoît ! Il t’en faut un temps pour te décider.
Pour répondre à la question de Pygmalion, si je devais traiter aujourd’hui ce sujet, je restreindrais très certainement le nombre de personnages féminins et, surtout, je ferais prendre à Gabriel du poil de la bête, voire je l’amènerais à se venger de certaines des protagonistes. Mais ça reste du domaine du fictif. Je n’ai pas du tout l’intention de remettre le nez dans ce récit pour le retoucher. De quelque façon que ce soit.
Je partage complètement ton analyse !
Si l'auteur pouvait nous en dire plus, dans les grandes lignes, sur ce qu'il aurait changé...ça pourrai être interrressant ;)
Je pense la même chose. Même sa relation à Eva est toxique et à aucun moment Gabriel ne proteste alors que les revers s'accumulent. Ce serait tout-à-fait légitime qu'il en veuille à Mathilde et Jessica et pourtant il reste amorphe, comme si c'était normal, ce qui ne l'est absolument pas.
Maintenant, est-ce que je vais continuer à suivre, je sais pas encore. Parce que dire qu'il va s'épanouir à la fin, c'est un peu léger pour moi. Vu la personnalité de Gabriel qui n'a pas l'air d'évoluer et le fait que tout le monde autour de lui lui rappelle qu'il ne pourra jamais se maintenir en couple avec une femme, s'il finissait par se retrouver soumis à quelqu'un et vivait sa sexualité de manière passive "faute de mieux", je ne trouverais pas ça très satisfaisant comme fin. Mais bon, ce sera peut-être pas le cas non plus, c'est pour ça que j'hésite.
Maintenant, il y a quelque chose qui m'a quand même rendu un peu curieux.
Je me demande ce que tu aurais changé à cette histoire si tu l'avais écrite aujourd'hui.
Ja vu la réponse d'Exorium à Pygmalion, alors je vais continuer à encourager et à suivre, mais le comportement de Mathilde (qui était bien contente de le trouver quand elle était au fond du gouffre) et des autres fille (en particulier Eva) commencent à me gonfler...ce n'est plus de la patience de la part de Gabriel.....
Je suis l hostoire mais j ai du mal avec la narration ^^
Est-ce que le personnage principal va finir par briser le cercle vicieux des relations toxiques qu'il subit où on va juste se contenter d'aligner les clichés pour torturer psychologiquement un gars dont le seul trait de caractère est "qu'il a une petite bite" (ce qui n'en est pas un) ?
Parce que bon, je me suis quand même investi pas mal dans cette histoire et je voudrais savoir si ça vaut le coup de continuer ou pas...
Les vrais "personnages principaux", tout au long de ce récit, sont les autres, et en particulier Eva, qui le ramènent systématiquement à sa particularité.
Lui, ce n'est qu'après un long cheminement qu'il finira par trouver sa voie et son épanouissement. Et la longueur de "l'expérience" peut avoir son importance.
Cela étant, c'est un texte que j'ai écrit il y a plus de trente ans. Je ne le réécrirais sans doute pas de la même façon aujourd'hui.