Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 16
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mémoires d'une toute petite queue
Chapitre 16
Irina m'a rejoint à la caisse.
– Tu fais quelque chose de spécial à midi ?
– Non, rien. Pourquoi ?
– On déjeune ensemble alors ? Faut que je te parle. Faut absolument que je te parle.
– Tu fais quelque chose de spécial à midi ?
– Non, rien. Pourquoi ?
– On déjeune ensemble alors ? Faut que je te parle. Faut absolument que je te parle.
On s'est assis face à face. Elle a cherché ses mots.
– Écoute ! Je suis vraiment pas dans une situation facile, là ! Ça fait huit jours que je m'interroge. Je lui en parle ? Je lui en parle pas ? S'il le sait déjà c'est pas la peine de remuer le couteau dans la plaie. Mais, d'un autre côté, s'il le sait pas – et c'est toujours les premiers concernés les derniers au courant – il faut bien que quelqu'un finisse par le lui dire. On a toujours eu d'excellentes relations tous les deux et je suis sans doute la mieux placée pour.
– Vas-y ! Accouche ! Je t'écoute.
– Bon, ben voilà ! Je sais pas comment te tourner ça. Disons qu'on fait des gorges chaudes d'une particularité physique que tu aurais. On ne parle plus que de ça. Il y a même des photos qui circulent de main en main. Qu'on s'arrache. Que tout le monde a vues. Inutile de te dire que les commentaires vont bon train. Et que tu es la risée de toute la boîte. Voilà, j'ai vidé mon sac. Et maintenant, si ça t'ennuie pas, je préférerais qu'on parle d'autre chose.
– Écoute ! Je suis vraiment pas dans une situation facile, là ! Ça fait huit jours que je m'interroge. Je lui en parle ? Je lui en parle pas ? S'il le sait déjà c'est pas la peine de remuer le couteau dans la plaie. Mais, d'un autre côté, s'il le sait pas – et c'est toujours les premiers concernés les derniers au courant – il faut bien que quelqu'un finisse par le lui dire. On a toujours eu d'excellentes relations tous les deux et je suis sans doute la mieux placée pour.
– Vas-y ! Accouche ! Je t'écoute.
– Bon, ben voilà ! Je sais pas comment te tourner ça. Disons qu'on fait des gorges chaudes d'une particularité physique que tu aurais. On ne parle plus que de ça. Il y a même des photos qui circulent de main en main. Qu'on s'arrache. Que tout le monde a vues. Inutile de te dire que les commentaires vont bon train. Et que tu es la risée de toute la boîte. Voilà, j'ai vidé mon sac. Et maintenant, si ça t'ennuie pas, je préférerais qu'on parle d'autre chose.
Morganea haussé les épaules.
– Et alors ! Il est où le problème ? Évidemment que ça se sait ! Évidemment ! Je te l'avais dit n'importe comment que j'en parlais. Tu voulais qu'on trouve des solutions comment sinon ? Ça allait pas tomber du ciel. De toute façon je vois vraiment pas pourquoi il aurait fallu faire tout un tas de mystères avec ça. Il y a vraiment pas de quoi !
– Sauf que ça a servi à rien tous vos trucs.
– Ça, on n'en est pas cause.
– Et que maintenant, au boulot, tout le monde se fout de ma gueule derrière mon dos.
– Qui c'est qui se fout de ta gueule ? Qui ?
– Je sais pas qui. On m'a dit que…
– Ah, « on » t'a dit. Si tu commences à écouter les on-dit, eh ben t'as pas fini ! Et c'est Irina ce « on ». Évidemment ! Ça peut être qu'elle. Et elle manque pas d'air. Parce que tu l'entends pas ! Elle est la première à mettre la conversation là-dessus. Elle loupe pas une occasion. Et on peut pas dire qu'elle soit tendre avec toi. Mais faut comprendre aussi ! Tu voudrais qu'on parle de toi comment ? Comme si t'en avais vingt-deux centimètres ?
– Et alors ! Il est où le problème ? Évidemment que ça se sait ! Évidemment ! Je te l'avais dit n'importe comment que j'en parlais. Tu voulais qu'on trouve des solutions comment sinon ? Ça allait pas tomber du ciel. De toute façon je vois vraiment pas pourquoi il aurait fallu faire tout un tas de mystères avec ça. Il y a vraiment pas de quoi !
– Sauf que ça a servi à rien tous vos trucs.
– Ça, on n'en est pas cause.
– Et que maintenant, au boulot, tout le monde se fout de ma gueule derrière mon dos.
– Qui c'est qui se fout de ta gueule ? Qui ?
– Je sais pas qui. On m'a dit que…
– Ah, « on » t'a dit. Si tu commences à écouter les on-dit, eh ben t'as pas fini ! Et c'est Irina ce « on ». Évidemment ! Ça peut être qu'elle. Et elle manque pas d'air. Parce que tu l'entends pas ! Elle est la première à mettre la conversation là-dessus. Elle loupe pas une occasion. Et on peut pas dire qu'elle soit tendre avec toi. Mais faut comprendre aussi ! Tu voudrais qu'on parle de toi comment ? Comme si t'en avais vingt-deux centimètres ?
Eva a surenchéri.
– Vous êtes trop les mecs avec votre queue ! Et vous êtes tous pareils. Tous ! Il y a que ça qui compte. À croire que sans le petit bout de peau que vous avez entre les jambes vous n'êtes plus rien. Que vous êtes tout entiers contenus là-dedans. Vous l'êtes d'ailleurs. Tu crois pas que tu aurais d'autres atouts à faire valoir ? Que tu pourrais exister autrement ? Ailleurs ? Non, tu t'es réduit, de toi-même, aux dimensions – minuscules – de ta « virilité ». Tant pis pour toi. C'est ton choix après tout.
– Vous êtes trop les mecs avec votre queue ! Et vous êtes tous pareils. Tous ! Il y a que ça qui compte. À croire que sans le petit bout de peau que vous avez entre les jambes vous n'êtes plus rien. Que vous êtes tout entiers contenus là-dedans. Vous l'êtes d'ailleurs. Tu crois pas que tu aurais d'autres atouts à faire valoir ? Que tu pourrais exister autrement ? Ailleurs ? Non, tu t'es réduit, de toi-même, aux dimensions – minuscules – de ta « virilité ». Tant pis pour toi. C'est ton choix après tout.
* * *
De son propre aveu, Véronique était incorrigible
– Je suis encore tombée amoureuse. Et pas qu'un peu ! C'est pas de ma faute, je peux pas m'empêcher. D'un type d'ici. Il est beau, mais beau, tu verrais ça ! Mais alors je te dis pas les complications pour arriver à le voir. Avec la vieille qui me surveille comme le lait sur le feu. Mais j'y arrive ! J'y arrive ! Je peux être très futée quand je veux. T'en doutes pas, j'espère ?
– Je suis encore tombée amoureuse. Et pas qu'un peu ! C'est pas de ma faute, je peux pas m'empêcher. D'un type d'ici. Il est beau, mais beau, tu verrais ça ! Mais alors je te dis pas les complications pour arriver à le voir. Avec la vieille qui me surveille comme le lait sur le feu. Mais j'y arrive ! J'y arrive ! Je peux être très futée quand je veux. T'en doutes pas, j'espère ?
* * *
Morgane avait mené sa petite enquête.
– J'ai interrogé à droite et à gauche au boulot. Et je suis désolée de te décevoir, mais on n'accorde pas autant d'importance à ta petite personne que tu te l'imagines. Ou que tu le souhaiterais. On en a strictement rien à foutre de toi et de ta queue. À part Irina qui fait une fixation là-dessus et deux ou trois filles qui savent à peine comment une bite est faite, les autres, ça les préoccupe pas plus que ça. Une allusion de temps en temps. Une plaisanterie entre copines quand on te voit passer. Et c'est tout. Tu vois qu'il y a vraiment pas de quoi fouetter un chat.
– J'ai interrogé à droite et à gauche au boulot. Et je suis désolée de te décevoir, mais on n'accorde pas autant d'importance à ta petite personne que tu te l'imagines. Ou que tu le souhaiterais. On en a strictement rien à foutre de toi et de ta queue. À part Irina qui fait une fixation là-dessus et deux ou trois filles qui savent à peine comment une bite est faite, les autres, ça les préoccupe pas plus que ça. Une allusion de temps en temps. Une plaisanterie entre copines quand on te voit passer. Et c'est tout. Tu vois qu'il y a vraiment pas de quoi fouetter un chat.
Éva était sceptique.
– Oui, ben ça, moi, j'en suis pas si sûre. Je sais comment ça se passe entre filles au boulot. J'en vois faire. J'en entends tous les jours. Et je peux te dire qu'un truc comme ça c'est obligé que ça fasse causer. Et rigoler.
– Pourquoi elle m'a dit ça alors ?
– Je suppose qu'elle doit avoir ses raisons. Demande-lui ! Ou réfléchis ! Ça t'occupera.
– Oui, ben ça, moi, j'en suis pas si sûre. Je sais comment ça se passe entre filles au boulot. J'en vois faire. J'en entends tous les jours. Et je peux te dire qu'un truc comme ça c'est obligé que ça fasse causer. Et rigoler.
– Pourquoi elle m'a dit ça alors ?
– Je suppose qu'elle doit avoir ses raisons. Demande-lui ! Ou réfléchis ! Ça t'occupera.
C'est moi qui le lui ai proposé à Morgane. Elle venait de m'annoncer que les peintures étaient finies, qu'elle rentrait « chez elle ».
– Façon de parler. Parce que tu continueras à venir manger ici.
– Évidemment ! Maintenant que je t'ai appris à cuisiner.
– À venir t'y laver.
– Avec la salle de bains que t'as !
– Finalement tu rentreras à côté que pour dormir.
– Ben oui !
– C'est un peu idiot de payer deux loyers alors qu'il y a une chambre d'amis ici, non ?
– En fait, si je te comprends bien, tu voudrais que je m'installe là.
– Ce serait pas plus logique ?
– Je vais réfléchir. Je te dirai.
– Façon de parler. Parce que tu continueras à venir manger ici.
– Évidemment ! Maintenant que je t'ai appris à cuisiner.
– À venir t'y laver.
– Avec la salle de bains que t'as !
– Finalement tu rentreras à côté que pour dormir.
– Ben oui !
– C'est un peu idiot de payer deux loyers alors qu'il y a une chambre d'amis ici, non ?
– En fait, si je te comprends bien, tu voudrais que je m'installe là.
– Ce serait pas plus logique ?
– Je vais réfléchir. Je te dirai.
Éva s'est faite complice.
– T'es un petit malin, toi, hein ! Parce que c'est le seul moyen que t'aies de pas passer ta vie tout seul : te trouver une bonne âme charitable qui accepte de cohabiter. Sinon !
– Et elle va être d'accord, tu crois ?
– Évidemment qu'elle va être d'accord. Ça fait pas l'ombre d'un doute. Seulement… Seulement le jour où elle rencontrera quelqu'un, et que ce sera sérieux, tu te retrouveras gros Jean comme devant.
– T'es un petit malin, toi, hein ! Parce que c'est le seul moyen que t'aies de pas passer ta vie tout seul : te trouver une bonne âme charitable qui accepte de cohabiter. Sinon !
– Et elle va être d'accord, tu crois ?
– Évidemment qu'elle va être d'accord. Ça fait pas l'ombre d'un doute. Seulement… Seulement le jour où elle rencontrera quelqu'un, et que ce sera sérieux, tu te retrouveras gros Jean comme devant.
Morgane avait réfléchi.
– Je viens ! Mais soyons clairs : pas question que je change quoi que ce soit à ma façon de vivre. Je fais ce que je veux. J'écoute ce que je veux comme musique. Aussi fort que j'ai envie. Je reçois qui je veux ; Aussi tard que ça me chante. Si on n'est pas d'accord sur quelque chose – le programme de télé par exemple – c'est moi qui décide. Pour le ménage, les courses, la lessive, le repassage – et évidemment la bouffe – c'est toi qui t'en occupes. De A à Z. Je n'ai pas l'intention de faire la bonne. Et s'il y a le moindre truc qui va pas – n'importe quoi que ce soit – je me casse. Sans espoir de retour. Voilà ! C'est à prendre ou à laisser.
– Je viens ! Mais soyons clairs : pas question que je change quoi que ce soit à ma façon de vivre. Je fais ce que je veux. J'écoute ce que je veux comme musique. Aussi fort que j'ai envie. Je reçois qui je veux ; Aussi tard que ça me chante. Si on n'est pas d'accord sur quelque chose – le programme de télé par exemple – c'est moi qui décide. Pour le ménage, les courses, la lessive, le repassage – et évidemment la bouffe – c'est toi qui t'en occupes. De A à Z. Je n'ai pas l'intention de faire la bonne. Et s'il y a le moindre truc qui va pas – n'importe quoi que ce soit – je me casse. Sans espoir de retour. Voilà ! C'est à prendre ou à laisser.
Éva était admirative.
– Bien, la miss, bien ! Elle sait mener sa barque. Elle ira loin. Inutile que je te demande si tu as accepté. Je te connais depuis le temps.
– Bien, la miss, bien ! Elle sait mener sa barque. Elle ira loin. Inutile que je te demande si tu as accepté. Je te connais depuis le temps.
* * *
Véronique était bouleversée.
– Je joue avec le feu, Gabriel ! Elle a failli nous tomber dessus hier. C'est vraiment pas passé loin. Et ça fait la deuxième fois. Elle se doute de quelque chose, c'est clair. Je suis morte de trouille. Si jamais elle nous surprend, j'ai plus qu'à faire mes valises. Pierre-Antoine me le pardonnera jamais. Et ça va arriver. Ça va forcément arriver. Mais le pire – tu sais pas le pire ? – c'est que, tout compte fait, je me demande si je l'aime vraiment, ce type.
– Je joue avec le feu, Gabriel ! Elle a failli nous tomber dessus hier. C'est vraiment pas passé loin. Et ça fait la deuxième fois. Elle se doute de quelque chose, c'est clair. Je suis morte de trouille. Si jamais elle nous surprend, j'ai plus qu'à faire mes valises. Pierre-Antoine me le pardonnera jamais. Et ça va arriver. Ça va forcément arriver. Mais le pire – tu sais pas le pire ? – c'est que, tout compte fait, je me demande si je l'aime vraiment, ce type.
J'ai supposé.
– Finalement c'est peut-être ça qu'elle cherche en réalité au fond : lui donner un bon prétexte pour qu'il la foute dehors puisque d'elle-même elle y arrive pas. Qu'elle ne rêve que de partir et qu'elle n'en a pas le courage. Ce serait l'occasion ou jamais.
– Finalement c'est peut-être ça qu'elle cherche en réalité au fond : lui donner un bon prétexte pour qu'il la foute dehors puisque d'elle-même elle y arrive pas. Qu'elle ne rêve que de partir et qu'elle n'en a pas le courage. Ce serait l'occasion ou jamais.
Éva était sceptique.
– C'est plus compliqué que ça. Elle essaie de se le faire croire, oui, mais, en réalité, elle a pas du tout envie de partir. Elle tient bien trop à son petit bien-être. Et, de toute façon, Pierre-Antoine ne la mettra jamais dehors. Quoi qu'elle fasse. Il est bien trop faible. Et trop lâche. Incapable d'affronter la réalité. Non, c'est avec sa belle-mère qu'elle cherche l'affrontement. Parce que là il y a du répondant. Seulement elle fait pas le poids, Véronique. Et elle le sait. Elle a déjà été vaincue. En beauté. Elle le sera encore. À chaque fois. C'est de ça dont elle a besoin. D'une personnalité forte qui prenne le pas sur elle. Qui lui impose sa volonté. Qui l'humilie, même, quand c'est nécessaire. Vous êtes tous comme ça dans la famille n'importe comment.
– C'est plus compliqué que ça. Elle essaie de se le faire croire, oui, mais, en réalité, elle a pas du tout envie de partir. Elle tient bien trop à son petit bien-être. Et, de toute façon, Pierre-Antoine ne la mettra jamais dehors. Quoi qu'elle fasse. Il est bien trop faible. Et trop lâche. Incapable d'affronter la réalité. Non, c'est avec sa belle-mère qu'elle cherche l'affrontement. Parce que là il y a du répondant. Seulement elle fait pas le poids, Véronique. Et elle le sait. Elle a déjà été vaincue. En beauté. Elle le sera encore. À chaque fois. C'est de ça dont elle a besoin. D'une personnalité forte qui prenne le pas sur elle. Qui lui impose sa volonté. Qui l'humilie, même, quand c'est nécessaire. Vous êtes tous comme ça dans la famille n'importe comment.
Morgane me cherchait.
– T'es où ?
– Là !
– Qu'est-ce tu fabriques ?
– Rien. Pourquoi ?
– Ben, viens avec moi alors ! C'est pas la peine d'avoir voulu que je m'installe ici si c'est pour me laisser toute seule devant la télé.
Elle regardait une émission sur les dernières tendances de la mode.
– Ben reste pas planté là comme une bûche. Assieds-toi !
– T'es où ?
– Là !
– Qu'est-ce tu fabriques ?
– Rien. Pourquoi ?
– Ben, viens avec moi alors ! C'est pas la peine d'avoir voulu que je m'installe ici si c'est pour me laisser toute seule devant la télé.
Elle regardait une émission sur les dernières tendances de la mode.
– Ben reste pas planté là comme une bûche. Assieds-toi !
* * *
– Je sors ce soir. Je vais en boîte. Et je ramènerai Ismène, une copine qui sait pas où aller après. Tu pourras bien lui laisser ta chambre et dormir dans le séjour. Pour une nuit t'en mourras pas.
Elles sont rentrées à quatre heures du matin. Elles ont parlé et ri dans la cuisine. Ont fini par passer la tête.
– Il dort.
– Le réveille pas !
– Oh, de toute façon, même s'il se réveille, c'est pas grave J'en fais ce que je veux.
Elles se sont approchées. Une lampe de poche s'est allumée. Morgane a soulevé les couvertures.
– Tu vois ?
– Oui. Oui. Oh la la !
Elles sont restées penchées dessus d'interminables instants, sont enfin retournées dans la cuisine où elles ont – longtemps – ri aux éclats.
– Il dort.
– Le réveille pas !
– Oh, de toute façon, même s'il se réveille, c'est pas grave J'en fais ce que je veux.
Elles se sont approchées. Une lampe de poche s'est allumée. Morgane a soulevé les couvertures.
– Tu vois ?
– Oui. Oui. Oh la la !
Elles sont restées penchées dessus d'interminables instants, sont enfin retournées dans la cuisine où elles ont – longtemps – ri aux éclats.
Elles se sont levées à midi.
– On t'a pas réveillé au moins cette nuit ?
– Non. Je vous ai pas entendues.
– Même quand on est venues dans le séjour ? Parce que je voulais lui montrer à Ismène comment t'es fait. Il y avait tellement longtemps qu'elle en entendait parler.
– Même !
– Menteur ! Tu dormais pas, j'en suis sûre. Bon, mais c'est pas tout ça. Tu nous as préparé quoi à manger ? On crève de faim, nous !
– On t'a pas réveillé au moins cette nuit ?
– Non. Je vous ai pas entendues.
– Même quand on est venues dans le séjour ? Parce que je voulais lui montrer à Ismène comment t'es fait. Il y avait tellement longtemps qu'elle en entendait parler.
– Même !
– Menteur ! Tu dormais pas, j'en suis sûre. Bon, mais c'est pas tout ça. Tu nous as préparé quoi à manger ? On crève de faim, nous !
* * *
Ça lui pendait au nez à Véronique. Et c'était arrivé.
– Elle a été odieuse. Pire que chez toi quand elle m'a trouvée avec Patrice. J'ai été obligée d'en passer par tout ce qu'elle a voulu. Elle me traite comme si j'avais dix ans. Et tu sais ce qu'elle m'a fait ? Je te raconterai. Plus tard. Tout de suite je peux pas. C'est encore trop frais. Je te raconterai. Quand je pourrai. En cachette. Comme aujourd'hui. Parce qu'elle m'a formellement interdit de t'écrire. Il paraît que tu exerces une très mauvaise influence sur moi. Hors de question évidemment que j'aille en vacances chez grand-mère. Hors de question de toute façon que, maintenant, j'aille où que ce soit sans elle. Je suis sa prisonnière. C'est comme ça. Pour le moment.
– Elle a été odieuse. Pire que chez toi quand elle m'a trouvée avec Patrice. J'ai été obligée d'en passer par tout ce qu'elle a voulu. Elle me traite comme si j'avais dix ans. Et tu sais ce qu'elle m'a fait ? Je te raconterai. Plus tard. Tout de suite je peux pas. C'est encore trop frais. Je te raconterai. Quand je pourrai. En cachette. Comme aujourd'hui. Parce qu'elle m'a formellement interdit de t'écrire. Il paraît que tu exerces une très mauvaise influence sur moi. Hors de question évidemment que j'aille en vacances chez grand-mère. Hors de question de toute façon que, maintenant, j'aille où que ce soit sans elle. Je suis sa prisonnière. C'est comme ça. Pour le moment.
Morgane s'est énervée.
– Même pas fichu de repasser un chemisier correctement ! Si je fais pas tout moi-même. Comme si j'étais pas assez à la bourre comme ça. Mais regarde comment je m'y prends au moins ! Là, sous le col. Et tu replies. C'est pourtant pas sorcier ! Bon. Et maintenant tu dégages ! Je vais me changer.
– Même pas fichu de repasser un chemisier correctement ! Si je fais pas tout moi-même. Comme si j'étais pas assez à la bourre comme ça. Mais regarde comment je m'y prends au moins ! Là, sous le col. Et tu replies. C'est pourtant pas sorcier ! Bon. Et maintenant tu dégages ! Je vais me changer.
Éva a soupiré.
– Tu viens avec elle en vacances ? Oui, évidemment ! Ça va de soi. La question se pose même pas.
– Tu viens avec elle en vacances ? Oui, évidemment ! Ça va de soi. La question se pose même pas.
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