Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 28
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mémoires d'une toute petite queue
Chapitre 28
Tout – tout de suite – a enchanté Estelle. La maison.
– C'est fou ce qu'il y a comme pièces. Vous vous y perdiez jamais ?
Le jardin.
– J'en aurais eu un comme ça, moi, quand j'étais petite, j'y aurais passé mes journées.
Les prés. Les bois. Les chemins creux.
– Quand on habite ici, ça doit être comme si on était toujours en vacances.
Véronique.
– Elle me plaît trop, votre cousine. On discute exactement comme si on avait le même âge toutes les deux.
Et Éva.
– Même si elle me fait un peu peur, cette dame. Elle a une de ces façons de regarder. On a toujours l'impression qu'on a fait quelque chose de mal.
– C'est fou ce qu'il y a comme pièces. Vous vous y perdiez jamais ?
Le jardin.
– J'en aurais eu un comme ça, moi, quand j'étais petite, j'y aurais passé mes journées.
Les prés. Les bois. Les chemins creux.
– Quand on habite ici, ça doit être comme si on était toujours en vacances.
Véronique.
– Elle me plaît trop, votre cousine. On discute exactement comme si on avait le même âge toutes les deux.
Et Éva.
– Même si elle me fait un peu peur, cette dame. Elle a une de ces façons de regarder. On a toujours l'impression qu'on a fait quelque chose de mal.
– Tu n'as pas honte ?
Estelle s'est troublée, a rougi, levé sur Éva un regard interrogateur.
– Tes pieds. Non, mais t'as vu tes pieds ? Faut aller t'acheter des chaussures, ça s'impose. Je t'emmène. Mais d'abord on va aller te préparer. Viens avec moi !
Estelle s'est troublée, a rougi, levé sur Éva un regard interrogateur.
– Tes pieds. Non, mais t'as vu tes pieds ? Faut aller t'acheter des chaussures, ça s'impose. Je t'emmène. Mais d'abord on va aller te préparer. Viens avec moi !
Véronique les a suivies du regard jusqu'à ce qu'elles disparaissent à l'angle de la terrasse.
– Et si tu restais ?
– Si je restais ?
– Ici. Définitivement. Comme moi. Avec moi. Maintenant que la maison est à nous. Tu aurais une autre qualité de vie, non, avoue !
– Tu sais très bien que c'est impossible.
– Pourquoi ça, impossible ?
– J'ai mon boulot là-haut.
– Éva en parlera à son père. Il t'embauchera. Ça fait pas l'ombre d'un doute. Elle lui fait faire tout ce qu'elle veut à son père.
– Je peux pas laisser tomber Jasmine comme ça.
– Il y a une nouvelle donne maintenant que Mathilde et Jasmine filent le parfait amour et tu le sais très bien. Tu déranges. Tu dérangeras de plus en plus. On te mettra pas dehors, non. On s'arrangera pour que tu partes de toi-même. Alors autant prendre les devants, non, tu crois pas ?
– Oui, mais…
– Oui, mais il y a Estelle, c'est ça, hein ? Seulement un jour ou l'autre elle découvrira le pot-aux-roses, Estelle, et ce jour-là…
– Et si tu restais ?
– Si je restais ?
– Ici. Définitivement. Comme moi. Avec moi. Maintenant que la maison est à nous. Tu aurais une autre qualité de vie, non, avoue !
– Tu sais très bien que c'est impossible.
– Pourquoi ça, impossible ?
– J'ai mon boulot là-haut.
– Éva en parlera à son père. Il t'embauchera. Ça fait pas l'ombre d'un doute. Elle lui fait faire tout ce qu'elle veut à son père.
– Je peux pas laisser tomber Jasmine comme ça.
– Il y a une nouvelle donne maintenant que Mathilde et Jasmine filent le parfait amour et tu le sais très bien. Tu déranges. Tu dérangeras de plus en plus. On te mettra pas dehors, non. On s'arrangera pour que tu partes de toi-même. Alors autant prendre les devants, non, tu crois pas ?
– Oui, mais…
– Oui, mais il y a Estelle, c'est ça, hein ? Seulement un jour ou l'autre elle découvrira le pot-aux-roses, Estelle, et ce jour-là…
– Vous êtes où ?
– Ici. Dans ma chambre.
– Je peux entrer ?
– Bien sûr !
Elle avait les yeux tout brillants d'excitation.
– Elle m'a emmenée acheter des chaussures, la dame.
– Ça, j'avais compris.
– Et pour y aller elle a voulu que je m'habille comme ça.
Une petite robe rouge haut des cuisses.
– Et que je mette rien en dessous. Évidemment, la vendeuse, elle a vu. Et alors la dame, elle a fait semblant de découvrir aussi que j'avais pas de culotte. Elle a fait tout un scandale. Elle m'a traitée de tout. De tous les noms. Devant tout le monde qui entendait et qui nous regardait. Et il était grand le magasin en plus.
– C'était bien, hein ? Ça t'a plu ?
– Oh, oui !
– Viens !
Elle s'est laissée attirer sur le lit. J'ai enfoui ma tête entre ses cuisses.
– Ici. Dans ma chambre.
– Je peux entrer ?
– Bien sûr !
Elle avait les yeux tout brillants d'excitation.
– Elle m'a emmenée acheter des chaussures, la dame.
– Ça, j'avais compris.
– Et pour y aller elle a voulu que je m'habille comme ça.
Une petite robe rouge haut des cuisses.
– Et que je mette rien en dessous. Évidemment, la vendeuse, elle a vu. Et alors la dame, elle a fait semblant de découvrir aussi que j'avais pas de culotte. Elle a fait tout un scandale. Elle m'a traitée de tout. De tous les noms. Devant tout le monde qui entendait et qui nous regardait. Et il était grand le magasin en plus.
– C'était bien, hein ? Ça t'a plu ?
– Oh, oui !
– Viens !
Elle s'est laissée attirer sur le lit. J'ai enfoui ma tête entre ses cuisses.
– Hou la la ! Je reviens de loin, moi ! Comment c'est bon de s'abandonner comme ça. De se laisser complètement faire.
Elle s'est redressée sur un coude.
– À votre tour. Vous voulez ?
Je l'ai embrassée, doucement repoussée.
– Non, tu es gentille, mais une autre fois.
Elle s'est redressée sur un coude.
– À votre tour. Vous voulez ?
Je l'ai embrassée, doucement repoussée.
– Non, tu es gentille, mais une autre fois.
Éva m'a arrêté dans mon élan.
– Tu vas où ?
On finissait de déjeuner sur la terrasse.
– Au petit coin.
– Tu peux bien faire là. On est entre femmes. Eh bien ! Qu'est-ce que t'attends ? Prends pas cet air empoté.
Je me suis accroupi à contre-cœur. J'ai relevé la robe. Le moins haut possible. En dessous je me suis sorti sur le côté de la culotte. Elle s'est levée. Elle s'est approchée. Elle m'a posé le pied sur la poitrine et elle a poussé. De toutes ses forces. J'ai basculé en arrière. Estelle a écarquillé les yeux, poussé un petit cri de fond de gorge. Elle a renversé sa chaise et elle s'est enfuie. J'ai voulu la suivre.
– Reste ici ! Je m'en occupe.
– Tu vas où ?
On finissait de déjeuner sur la terrasse.
– Au petit coin.
– Tu peux bien faire là. On est entre femmes. Eh bien ! Qu'est-ce que t'attends ? Prends pas cet air empoté.
Je me suis accroupi à contre-cœur. J'ai relevé la robe. Le moins haut possible. En dessous je me suis sorti sur le côté de la culotte. Elle s'est levée. Elle s'est approchée. Elle m'a posé le pied sur la poitrine et elle a poussé. De toutes ses forces. J'ai basculé en arrière. Estelle a écarquillé les yeux, poussé un petit cri de fond de gorge. Elle a renversé sa chaise et elle s'est enfuie. J'ai voulu la suivre.
– Reste ici ! Je m'en occupe.
Elles l'ont raccompagnée à la gare.
– Pas toi, non ! Pas toi. Elle veut plus te voir. Même pas te dire au revoir. Après ce que tu lui as fait. La mener comme ça en bateau pendant des mois. Elle ne te le pardonnera jamais.
– Pas toi, non ! Pas toi. Elle veut plus te voir. Même pas te dire au revoir. Après ce que tu lui as fait. La mener comme ça en bateau pendant des mois. Elle ne te le pardonnera jamais.
– Il fallait bien que ça arrive un jour ou l'autre de toute façon. Et au moins maintenant l'abcès est crevé. Une bonne fois pour toutes. C'est mieux pour toi. Parce que c'est insupportable de devoir appréhender comme ça constamment que tout soit découvert. De tricher en permanence. Avec toi-même et avec les autres. Il serait quand même grand temps que tu t'acceptes enfin tel que tu es, non, tu ne crois pas ? Sur tous les plans. Que vous vous acceptiez enfin tous les deux tels que vous êtes. Toi aussi, Véronique. On va sérieusement s'en occuper. Bon, mais vous débarrassez la table et vous allez vous coucher. On a une foule de choses à faire demain.
* * *
– Tu as bien compris ?
– Oui.
– Et celui-là. Pas un autre. Vas-y !
Et Eva s'est éclipsée. Il regardait la plage, appuyé à la balustrade. Je me suis accoudé à ses côtés.
– Qu'est-ce qu'il y a comme jolies femmes, hein ! Pas facile de faire son choix.
Il a soupiré.
– Le problème, c'est de faire le bon de choix. Parce que si c'est pour sortir le grand jeu et qu'elle se défile au moment de passer à la casserole.
– Vous l'avez vue celle en maillot noir sous le parasol bleu ?
– Où ça ?
– À droite, là. Juste en dessous.
Il a braqué ses jumelles sur Véronique, est resté un long moment à la contempler.
– Belle femme. Très belle femme.
– C'est la mienne.
– Mes compliments. Vous devez pas vous ennuyer.
– Elle, si !
Il m'a regardé d'un air interrogateur. J'ai haussé les épaules.
– Quand on n'a pas été gâté par la nature.
– Ah !
– Mais alors là, vraiment pas. Je suis dans l'incapacité totale de lui donner du plaisir. Et elle en souffre, la pauvre ! D'autant qu'elle a de gros besoins. De très gros besoins.
Son œil s'est brusquement allumé.
– On est entre hommes. Si je peux rendre service…
– Vous pouvez, oui.
– Oui.
– Et celui-là. Pas un autre. Vas-y !
Et Eva s'est éclipsée. Il regardait la plage, appuyé à la balustrade. Je me suis accoudé à ses côtés.
– Qu'est-ce qu'il y a comme jolies femmes, hein ! Pas facile de faire son choix.
Il a soupiré.
– Le problème, c'est de faire le bon de choix. Parce que si c'est pour sortir le grand jeu et qu'elle se défile au moment de passer à la casserole.
– Vous l'avez vue celle en maillot noir sous le parasol bleu ?
– Où ça ?
– À droite, là. Juste en dessous.
Il a braqué ses jumelles sur Véronique, est resté un long moment à la contempler.
– Belle femme. Très belle femme.
– C'est la mienne.
– Mes compliments. Vous devez pas vous ennuyer.
– Elle, si !
Il m'a regardé d'un air interrogateur. J'ai haussé les épaules.
– Quand on n'a pas été gâté par la nature.
– Ah !
– Mais alors là, vraiment pas. Je suis dans l'incapacité totale de lui donner du plaisir. Et elle en souffre, la pauvre ! D'autant qu'elle a de gros besoins. De très gros besoins.
Son œil s'est brusquement allumé.
– On est entre hommes. Si je peux rendre service…
– Vous pouvez, oui.
* * *
Il est reparti sans bruit à l'aube et Véronique a aussitôt frappé, à petits coups légers, contre la cloison.
– Tu viens ?
Dans le lit encore tout plein d'eux elle s'est calée contre mes fesses.
– Réchauffe-moi ! Je suis glacée. J'ai toujours froid après.
Elle s'y est encastrée.
– Hou… Comment ça fait du bien ! On a dû t'empêcher de dormir, non ? Mais ça faisait si longtemps aussi. J'avais presque oublié comment c'était un homme. Alors pour une fois que j'en avais un sous la main. Et un qui s'y prenait pas mal du tout en plus. Je l'ai épuisé, le pauvre. Il pouvait carrément plus à la fin. Faut dire que quatre fois dans la même nuit…
– Cinq !
– Comment tu le sais ? T'étais sur la corniche ?
– Non, mais on entend tout d'à côté.
– Ça te tentait pas la corniche ?
– Eva a pas voulu. Mais elle y était sûrement, elle. Bon, mais j'y vais.
– Où ça ?
– Dans ma chambre. Si jamais elle nous trouve encore ici tous les deux…
– Elle le sait. Elle m'a dit : « Et après, quand tu seras bien pleine de foutre tu feras venir Gabriel… Qu'il sache, au moins une fois dans sa vie, ce que c'est qu'être au lit auprès d'une femme comblée… » À ton avis, pourquoi elle m'a flanqué ce type dans les bras ? C'est juste pour ça ? Elle t'a parlé de quelque chose ?
– Non, rien. Elle a juste voulu que je te le ramène « Celui-là. Et pas un autre. »
– Je comprends pas trop. Pendant des mois et des mois elles ont tout fait, ma belle-mère et elle, pour m'empêcher d'avoir quelque activité sexuelle que ce soit et maintenant…
– Tu divorces. La donne est différente.
– Peut-être. Je sais pas. C'est elle qui décide n'importe comment.
Elle s'est tue. Et on s'est endormis lovés l'un contre l'autre.
– Tu viens ?
Dans le lit encore tout plein d'eux elle s'est calée contre mes fesses.
– Réchauffe-moi ! Je suis glacée. J'ai toujours froid après.
Elle s'y est encastrée.
– Hou… Comment ça fait du bien ! On a dû t'empêcher de dormir, non ? Mais ça faisait si longtemps aussi. J'avais presque oublié comment c'était un homme. Alors pour une fois que j'en avais un sous la main. Et un qui s'y prenait pas mal du tout en plus. Je l'ai épuisé, le pauvre. Il pouvait carrément plus à la fin. Faut dire que quatre fois dans la même nuit…
– Cinq !
– Comment tu le sais ? T'étais sur la corniche ?
– Non, mais on entend tout d'à côté.
– Ça te tentait pas la corniche ?
– Eva a pas voulu. Mais elle y était sûrement, elle. Bon, mais j'y vais.
– Où ça ?
– Dans ma chambre. Si jamais elle nous trouve encore ici tous les deux…
– Elle le sait. Elle m'a dit : « Et après, quand tu seras bien pleine de foutre tu feras venir Gabriel… Qu'il sache, au moins une fois dans sa vie, ce que c'est qu'être au lit auprès d'une femme comblée… » À ton avis, pourquoi elle m'a flanqué ce type dans les bras ? C'est juste pour ça ? Elle t'a parlé de quelque chose ?
– Non, rien. Elle a juste voulu que je te le ramène « Celui-là. Et pas un autre. »
– Je comprends pas trop. Pendant des mois et des mois elles ont tout fait, ma belle-mère et elle, pour m'empêcher d'avoir quelque activité sexuelle que ce soit et maintenant…
– Tu divorces. La donne est différente.
– Peut-être. Je sais pas. C'est elle qui décide n'importe comment.
Elle s'est tue. Et on s'est endormis lovés l'un contre l'autre.
Éva a voulu savoir.
– Tu as eu ton compte ? Non, hein !? Pas vraiment. Tu as tellement de retard à rattraper aussi. Mais Gabriel va retourner te chercher ce qu'il faut. Comment tu le veux ? Grand ? Baraqué ? Oui, évidemment ! Bon, mais reste là ! Attends-nous ! On va te ramener ça.
– Tu as eu ton compte ? Non, hein !? Pas vraiment. Tu as tellement de retard à rattraper aussi. Mais Gabriel va retourner te chercher ce qu'il faut. Comment tu le veux ? Grand ? Baraqué ? Oui, évidemment ! Bon, mais reste là ! Attends-nous ! On va te ramener ça.
Elle a fini par arrêter son choix sur un beau brun à la carrure d'athlète qui courait, seul, autour du petit stade de la rue des Tilleuls.
– Lui ! Et te loupe pas, hein !
J'ai attendu qu'il ait fini ses tours de piste et je me suis approché.
– Belle journée !
Il s'est penché, sans me répondre, sur son sac de sport.
– Je voudrais vous demander quelque chose. Ça vous ennuierait de me rendre un service ?
– Quel service ?
– C'est un peu particulier.
– Dites toujours…
– C'est pour ma femme. Je suis dans l'incapacité totale de la satisfaire et…
– Ah, t'es impuissant.
– Pas vraiment, non, mais…
– Mais ça t'excite qu'on tire ta femme devant toi, c'est ça, hein ? Et tu lui laisses pas le choix. Tu l'obliges à en passer par où tu veux. T'es vraiment une ordure. Les types dans ton genre, tu sais ce qu'ils méritent ? C'est qu'on leur casse la gueule.
– Lui ! Et te loupe pas, hein !
J'ai attendu qu'il ait fini ses tours de piste et je me suis approché.
– Belle journée !
Il s'est penché, sans me répondre, sur son sac de sport.
– Je voudrais vous demander quelque chose. Ça vous ennuierait de me rendre un service ?
– Quel service ?
– C'est un peu particulier.
– Dites toujours…
– C'est pour ma femme. Je suis dans l'incapacité totale de la satisfaire et…
– Ah, t'es impuissant.
– Pas vraiment, non, mais…
– Mais ça t'excite qu'on tire ta femme devant toi, c'est ça, hein ? Et tu lui laisses pas le choix. Tu l'obliges à en passer par où tu veux. T'es vraiment une ordure. Les types dans ton genre, tu sais ce qu'ils méritent ? C'est qu'on leur casse la gueule.
– Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ? Tu es dans un état ! Il est pas cassé, ton nez, au moins ? Fais voir ! Mais fais voir, on t'dit !
Elle l'a empoigné. J'ai hurlé.
– Oh, sois pas doudouille comme ça. Non, tu vas déguster un moment, mais c'est pas bien méchant. La lèvre, par contre, il te faudrait peut-être des points. Il te l'a éclatée quelque chose de rare. Quoique… Non. Non. Ça cicatrisera bien tout seul. La pommette aussi. Allonge-toi ! On va te soigner.
Elle l'a empoigné. J'ai hurlé.
– Oh, sois pas doudouille comme ça. Non, tu vas déguster un moment, mais c'est pas bien méchant. La lèvre, par contre, il te faudrait peut-être des points. Il te l'a éclatée quelque chose de rare. Quoique… Non. Non. Ça cicatrisera bien tout seul. La pommette aussi. Allonge-toi ! On va te soigner.
– Bon, et maintenant si tu nous expliquais ce qui s'est passé.
Elles m'ont attentivement écouté.
– Oui, tu t'y es pris comme un manche, quoi ! Et c'est Véronique qui en subit les conséquences. Tu le sais pas, depuis le temps, combien c'est important pour elle ? Et, par ta faute, elle va en être privée. Tu l'as fait exprès. Je suis sûre que tu l'as fait exprès.
– Hein ? Ah, mais non, non, pas du tout !
Elle a haussé dédaigneusement les épaules.
– Ben, voyons !
Et elle a sorti d'un tiroir un martinet qu'elle a tendu à Véronique.
– À toi de jouer. Fais-lui payer ça !
Elles m'ont attentivement écouté.
– Oui, tu t'y es pris comme un manche, quoi ! Et c'est Véronique qui en subit les conséquences. Tu le sais pas, depuis le temps, combien c'est important pour elle ? Et, par ta faute, elle va en être privée. Tu l'as fait exprès. Je suis sûre que tu l'as fait exprès.
– Hein ? Ah, mais non, non, pas du tout !
Elle a haussé dédaigneusement les épaules.
– Ben, voyons !
Et elle a sorti d'un tiroir un martinet qu'elle a tendu à Véronique.
– À toi de jouer. Fais-lui payer ça !
Le soir, elle est venue me rejoindre dans mon lit.
– Tu m'en veux ?
– Mais non !
– Bien sûr que si que tu m'en veux ! Comment j'ai tapé fort ! J'ai pas pu m'empêcher. J'en avais trop envie. Jamais j'aurais cru. Déjà l'autre jour quand elles m'avaient obligée à le faire ça avait commencé. Mais alors là cette fois-ci…
Elle m'a posé une main sur une fesse, a suivi les boursouflures du bout du doigt.
– Ça fait mal, hein ? Je sais ce que c'est. J'y suis passée. Mais pourquoi je deviens comme ça, moi, maintenant ? Et avec toi en plus ! Peut-être à cause d'avant quand on arrêtait pas de se moquer de toi ?
Elle a posé la main dessus. L'a négligemment flattée.
– Qu'est-ce que ça a pu nous faire rire !
– Tu m'en veux ?
– Mais non !
– Bien sûr que si que tu m'en veux ! Comment j'ai tapé fort ! J'ai pas pu m'empêcher. J'en avais trop envie. Jamais j'aurais cru. Déjà l'autre jour quand elles m'avaient obligée à le faire ça avait commencé. Mais alors là cette fois-ci…
Elle m'a posé une main sur une fesse, a suivi les boursouflures du bout du doigt.
– Ça fait mal, hein ? Je sais ce que c'est. J'y suis passée. Mais pourquoi je deviens comme ça, moi, maintenant ? Et avec toi en plus ! Peut-être à cause d'avant quand on arrêtait pas de se moquer de toi ?
Elle a posé la main dessus. L'a négligemment flattée.
– Qu'est-ce que ça a pu nous faire rire !
* * *
De son vivant – bien avant ma naissance – personne n'était jamais entré dans le bureau de grand-père. Même pas grand-mère. Après son décès non plus. Elle l'avait laissé, sans y pénétrer, dans l'état où il se trouvait le jour de sa mort et en avait condamné la porte. Pour nous, enfants, c'était une pièce mythique dont nous supposions qu'elle recelait des mystères terrifiants et dont nous ne nous approchions qu'en cas d'absolue nécessité. Quand nous sommes devenus propriétaires de la maison, Véronique et moi, nous ne nous sommes même pas posé la question : il allait de soi que nous ne toucherions pas à cette pièce et que nous n'y entrerions pas.
C'est là qu'Éva m'a convoqué le lendemain matin. Assise derrière un immense bureau en chêne, elle m'a fait signe d'approcher.
– Eh bien, avance ! Ça va pas te manger.
Je l'ai fait. Avec le sentiment de commettre un épouvantable sacrilège. Sans oser lever les yeux sur la pièce interdite. Comme d'une planche de salut je me suis emparé d'une chaise.
‒Non, tu restes debout.
Sans plus me prêter attention elle a continué à feuilleter une liasse de papiers qu'elle a finalement repoussée.
– Eh bien, avance ! Ça va pas te manger.
Je l'ai fait. Avec le sentiment de commettre un épouvantable sacrilège. Sans oser lever les yeux sur la pièce interdite. Comme d'une planche de salut je me suis emparé d'une chaise.
‒Non, tu restes debout.
Sans plus me prêter attention elle a continué à feuilleter une liasse de papiers qu'elle a finalement repoussée.
– Oui. J'ai finalement décidé de m'installer officiellement ici avec vous. Simple formalité puisque ça fait des années que j'y suis pratiquement à demeure. Je garde la chambre verte et je prends ce bureau qui ne sert à rien ni à personne. Si je t'ai demandé d'y venir, c'est pour te tenir au courant de ce que j'ai décidé vous concernant, elle et toi. On entre dans une phase nouvelle. S'il s'est avéré nécessaire, pendant une longue période, de réprimer la sexualité débordante de Véronique, il m'apparaît tout aussi indispensable de lui laisser maintenant libre cours. C'est en la laissant pleinement être ce qu'elle est que je prendrai, dans le contexte actuel, le mieux le pas sur elle. Que je m'en emparerai totalement. À condition, bien évidemment, d'exercer le contrôle le plus strict sur ce qui se passe. C'est moi qui déciderai avec qui elle aura des relations, de quelle nature, quand et comment. Ton rôle à toi va consister à te mettre, dans tous les domaines, au service exclusif de ta cousine, ce qui, si tu avais eu un grain de jugeote, aurait dû être le cas depuis longtemps. Plus question de te lancer dans ces invraisemblables aventures dont tu as le secret et qui t ont toujours mené – et pour cause – dans une impasse. Elles ont eu leur intérêt. Pour te faire prendre conscience d'un certain nombre de choses. Elles n'ont plus de raison d'être. Il n'y a plus pour toi que ta cousine. Et seulement ta cousine. Me suis-je bien fait comprendre ?
– Oui.
– C'est tout. Tu peux disposer. Ah, j'oubliais. J'ai parlé à mon père Tu commences lundi. Jasmine est prévenue que tu ne reviendras pas. File !
– Oui.
– C'est tout. Tu peux disposer. Ah, j'oubliais. J'ai parlé à mon père Tu commences lundi. Jasmine est prévenue que tu ne reviendras pas. File !
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Commentaires ()
J'aurais été plus intéressé par la réécriture dont tu avais parlé plus tôt où Gabriel se venge de ses tortionnaires. Narrativement, ça aurait été plus intéressant et satisfaisant pour le public.