Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 23
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mémoires d'une toute petite queue
Chapitre 23
Au retour des Vacances « elle » attendait devant la porte du magasin.
– Ça t'a manqué tant que ça ?
Elle n'a pas répondu. Elle n'a pas baissé les yeux non plus.
– Oui, hein ! T'en as rêvé pendant un mois. T'as pas arrêté de te le faire en en rêvant. Non ? Je me trompe ?
– Non !
Elle m'a emboîté le pas.
– Et t'es déjà trempée, je suis sûr.
Je l'ai attirée derrière la caisse. J'ai passé la main sous la robe. Je suis entré dans la culotte. Elle n'a pas opposé la moindre résistance.
– Oh la la, oui, dis donc ! Et pas qu'un peu ! Allez, va vite dans la cabine ! Je te rejoins.
– Ça t'a manqué tant que ça ?
Elle n'a pas répondu. Elle n'a pas baissé les yeux non plus.
– Oui, hein ! T'en as rêvé pendant un mois. T'as pas arrêté de te le faire en en rêvant. Non ? Je me trompe ?
– Non !
Elle m'a emboîté le pas.
– Et t'es déjà trempée, je suis sûr.
Je l'ai attirée derrière la caisse. J'ai passé la main sous la robe. Je suis entré dans la culotte. Elle n'a pas opposé la moindre résistance.
– Oh la la, oui, dis donc ! Et pas qu'un peu ! Allez, va vite dans la cabine ! Je te rejoins.
Elle y était nue, ses vêtements soigneusement repliés sur le tabouret. J'ai posé mes mains sur ses épaules. Elle a frémi.
– Et maintenant qu'est-ce qu'elle va faire, la petite branleuse ?
– Oh oui, oui, parlez-moi comme ça ! J'aime. Vous pouvez pas savoir ce que j'aime.
– Montre-moi ! Montre-moi comment tu sais bien t'amuser avec ta petite chatte.
Sur laquelle elle est descendue. Elle s'est frénétiquement activée sur son bouton.
– Tripote-toi ! Tripote-toi bien comme la sale petite vicieuse que tu es !
Elle s'est laissée tomber sur le tabouret, s'est ouverte en grand, écartée avec ses doigts.
– Quelle cochonne ! Non, mais quelle cochonne tu fais !
Ses yeux sont devenus fous.
– Oui ! Une salope ! Je suis une vraie salope. Dites-le-moi !
Je le lui ai répété tout le temps qu'elle a hoqueté son plaisir à grands sanglots éperdus.
– Et maintenant qu'est-ce qu'elle va faire, la petite branleuse ?
– Oh oui, oui, parlez-moi comme ça ! J'aime. Vous pouvez pas savoir ce que j'aime.
– Montre-moi ! Montre-moi comment tu sais bien t'amuser avec ta petite chatte.
Sur laquelle elle est descendue. Elle s'est frénétiquement activée sur son bouton.
– Tripote-toi ! Tripote-toi bien comme la sale petite vicieuse que tu es !
Elle s'est laissée tomber sur le tabouret, s'est ouverte en grand, écartée avec ses doigts.
– Quelle cochonne ! Non, mais quelle cochonne tu fais !
Ses yeux sont devenus fous.
– Oui ! Une salope ! Je suis une vraie salope. Dites-le-moi !
Je le lui ai répété tout le temps qu'elle a hoqueté son plaisir à grands sanglots éperdus.
Elle s'est blottie contre moi, a enfoui la tête dans mon cou.
– Comment ça fait honte de faire ça devant quelqu'un !
– Et c'est si bon d'avoir honte, non ?
– Si ! C'est bien mieux que tout. Je suis folle. Tout ce que vous me faites pas dire. Tout ce que vous me faites pas faire.
– Et ça ne fait que commencer… Comment tu t'appelles ? Je connais même pas ton prénom.
– Estelle.
– Eh bien, on va la faire mourir de honte, la petite Estelle. Elle sera pas déçue du voyage.
– Vous allez me faire faire quoi ?
– Comment ça fait honte de faire ça devant quelqu'un !
– Et c'est si bon d'avoir honte, non ?
– Si ! C'est bien mieux que tout. Je suis folle. Tout ce que vous me faites pas dire. Tout ce que vous me faites pas faire.
– Et ça ne fait que commencer… Comment tu t'appelles ? Je connais même pas ton prénom.
– Estelle.
– Eh bien, on va la faire mourir de honte, la petite Estelle. Elle sera pas déçue du voyage.
– Vous allez me faire faire quoi ?
‒ Tu verras bien.
‒ Comment j'ai peur ! Mais comment j'ai hâte !
‒ Comment j'ai peur ! Mais comment j'ai hâte !
La porte du magasin s'est brusquement ouverte.
– C'est moi, Jasmine ! Tu es où ?
– Ici. Dans la cabine.
Estelle s'est précipitée sur ses vêtements.
– Non, non, non ! Tu restes comme ça.
J'ai écarté le rideau. Jasmine s'est approchée.
– T'as raté quelque chose, tu sais ! Cette petite délurée vient de m'offrir un de ces spectacles ! Mais ce n'est que partie remise. Il y aura d'autres occasions.
– C'est moi, Jasmine ! Tu es où ?
– Ici. Dans la cabine.
Estelle s'est précipitée sur ses vêtements.
– Non, non, non ! Tu restes comme ça.
J'ai écarté le rideau. Jasmine s'est approchée.
– T'as raté quelque chose, tu sais ! Cette petite délurée vient de m'offrir un de ces spectacles ! Mais ce n'est que partie remise. Il y aura d'autres occasions.
* * *
On a frappé. C'était Mathilde. Avec un énorme sac de voyage.
– Ben qu'est-ce tu fais là, toi ? Entre !
Elle s'est laissée tomber sur le canapé.
– Ça va ? Elle est pas là Jasmine ?
– Non. Elle est chez elle, Jasmine.
– Chez elle ! Mais je croyais que vous viviez ensemble, moi.
– On se voit souvent. Très souvent, même ! Mais chacun chez soi.
– Oui. Bon, dis-moi ! Ça te serait possible de m'héberger quelques jours ? Parce que… ça va pas trop bien avec Jessica en ce moment. J'ai besoin de prendre un peu de recul. De savoir où j'en suis.
– Ben qu'est-ce tu fais là, toi ? Entre !
Elle s'est laissée tomber sur le canapé.
– Ça va ? Elle est pas là Jasmine ?
– Non. Elle est chez elle, Jasmine.
– Chez elle ! Mais je croyais que vous viviez ensemble, moi.
– On se voit souvent. Très souvent, même ! Mais chacun chez soi.
– Oui. Bon, dis-moi ! Ça te serait possible de m'héberger quelques jours ? Parce que… ça va pas trop bien avec Jessica en ce moment. J'ai besoin de prendre un peu de recul. De savoir où j'en suis.
Pour Éva, c'était que ça allait pas du tout, Jessica et elle.
– Elles se sont engueulées grave. Depuis le temps que ça couvait aussi ! Et ça m'étonnerait que ça reparte. Vu tout ce qu'elles se sont dit. Enfin on ne sait jamais. Avec elles ! En tout cas, toi, pas la peine de te faire d'illusions. C'est pas parce qu'elle déboule chez toi et que vous avez vécu un petit bout de temps en simili-couple qu'elle va te retomber dans les bras. J'ai suffisamment parlé de toi avec elle pour savoir que tu n'as pas l'ombre d'une chance.
– Elles se sont engueulées grave. Depuis le temps que ça couvait aussi ! Et ça m'étonnerait que ça reparte. Vu tout ce qu'elles se sont dit. Enfin on ne sait jamais. Avec elles ! En tout cas, toi, pas la peine de te faire d'illusions. C'est pas parce qu'elle déboule chez toi et que vous avez vécu un petit bout de temps en simili-couple qu'elle va te retomber dans les bras. J'ai suffisamment parlé de toi avec elle pour savoir que tu n'as pas l'ombre d'une chance.
* * *
– Zut ! Quelqu'un.
Juste au moment où Estelle allait prendre son envol. Je l'ai abandonnée. J'ai regagné la caisse. Deux femmes, d'une cinquantaine d'années, qui ont erré au hasard, indécises, entre les portants. De la cabine se sont presque aussitôt échappés des gémissements étouffés. Elles ont hoché la tête, échangé un long regard réprobateur.
– Eh ben il y en a une qu'a pas l'air de s'ennuyer là-dedans.
D'une voix forte.
– Oui. On aura tout vu. On aura vraiment tout vu.
Et elles sont sorties en claquant la porte.
Juste au moment où Estelle allait prendre son envol. Je l'ai abandonnée. J'ai regagné la caisse. Deux femmes, d'une cinquantaine d'années, qui ont erré au hasard, indécises, entre les portants. De la cabine se sont presque aussitôt échappés des gémissements étouffés. Elles ont hoché la tête, échangé un long regard réprobateur.
– Eh ben il y en a une qu'a pas l'air de s'ennuyer là-dedans.
D'une voix forte.
– Oui. On aura tout vu. On aura vraiment tout vu.
Et elles sont sorties en claquant la porte.
Elle a passé la tête par l'embrasure du rideau.
– Elles sont parties ?
– Elles sont parties, oui.
– Je croyais pas qu'elles pouvaient entendre. Je pensais que je faisais pas de bruit.
– Oui, mais emportée par ton élan…
– C'est trop excitant aussi de se le faire quand on sent qu'il y a des gens autour, qu'on les entend marcher, parler.
Elle s'est rhabillée, a quitté la cabine.
– Heureusement qu'elles se sont pas éternisées parce que je serais restée coincée là-dedans, moi ! Jamais j'aurais osé sortir…
Elle avait à peine fini sa phrase que la porte s'est rouverte, qu'elles ont réapparu. Elles l'ont toisée, figée à côté de la caisse. De la tête aux pieds.
– Elle a bien le genre à ça…
– Et effrontée en plus. Tu crois qu'elle baisserait les yeux ?
– Moi, j'aurais une gamine qui se comporte comme ça, je t'assure qu'elle te prendrait de ces paires de gifles.
Et elles sont reparties.
– Elles voulaient rien acheter. Qu'est-ce qu'elles sont revenues faire ?
– Voir ta frimousse de petite branleuse, sûrement. Toi qui aimes avoir honte, t'es servie. Elle s'est appuyée au comptoir, a relevé une mèche.
– Vous savez quoi ? Eh ben ça m'a redonné drôlement envie !
– Elles sont parties ?
– Elles sont parties, oui.
– Je croyais pas qu'elles pouvaient entendre. Je pensais que je faisais pas de bruit.
– Oui, mais emportée par ton élan…
– C'est trop excitant aussi de se le faire quand on sent qu'il y a des gens autour, qu'on les entend marcher, parler.
Elle s'est rhabillée, a quitté la cabine.
– Heureusement qu'elles se sont pas éternisées parce que je serais restée coincée là-dedans, moi ! Jamais j'aurais osé sortir…
Elle avait à peine fini sa phrase que la porte s'est rouverte, qu'elles ont réapparu. Elles l'ont toisée, figée à côté de la caisse. De la tête aux pieds.
– Elle a bien le genre à ça…
– Et effrontée en plus. Tu crois qu'elle baisserait les yeux ?
– Moi, j'aurais une gamine qui se comporte comme ça, je t'assure qu'elle te prendrait de ces paires de gifles.
Et elles sont reparties.
– Elles voulaient rien acheter. Qu'est-ce qu'elles sont revenues faire ?
– Voir ta frimousse de petite branleuse, sûrement. Toi qui aimes avoir honte, t'es servie. Elle s'est appuyée au comptoir, a relevé une mèche.
– Vous savez quoi ? Eh ben ça m'a redonné drôlement envie !
* * *
Mathilde me parlait pas beaucoup, je trouvais.
– Hein ! Mais je fais que ça ! Depuis que je suis arrivée j'arrête pas.
– Non, mais de toi… On croirait jamais qu'on a vécu ensemble.
– Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? On se supporte plus avec Jessica, c'est tout. Il y a rien à ajouter. On n'arrête pas de s'engueuler. Et pour des conneries en plus. Il y a pas grand-chose à faire Si ! Partir chacune de son côté.
– Elle a quelqu'un d'autre ?
– Elle en a plein d'autres. Toutes celles qui lui tombent sous la main. Elle a jamais pu résister. Elle se tape de ces nanas des fois ! J'aurais honte, moi, à sa place.
– Non, mais je veux dire… Quelqu'un… Que ce soit sérieux.
– Non. Oh, non ! Enfin, si ! Cette Martha. Sa prof de danse de dans le temps. Elle a jamais aimé qu'elle. Elle aimera jamais qu'elle. Ah, elle en aura fait des dégâts, cette bonne femme. Elle en aura bousillé du monde. En tout cas moi, ça m'aura servi de leçon. Cette fois, c'est bon. Je m'investis plus. Avec personne. Quand on voit ce que ça donne. Non, je vais faire comme tout le monde. M'envoyer en l'air avec tout ce qui passe. Hommes. Femmes. Qui j'aurai envie. Quand j'aurai envie.
– Hein ! Mais je fais que ça ! Depuis que je suis arrivée j'arrête pas.
– Non, mais de toi… On croirait jamais qu'on a vécu ensemble.
– Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? On se supporte plus avec Jessica, c'est tout. Il y a rien à ajouter. On n'arrête pas de s'engueuler. Et pour des conneries en plus. Il y a pas grand-chose à faire Si ! Partir chacune de son côté.
– Elle a quelqu'un d'autre ?
– Elle en a plein d'autres. Toutes celles qui lui tombent sous la main. Elle a jamais pu résister. Elle se tape de ces nanas des fois ! J'aurais honte, moi, à sa place.
– Non, mais je veux dire… Quelqu'un… Que ce soit sérieux.
– Non. Oh, non ! Enfin, si ! Cette Martha. Sa prof de danse de dans le temps. Elle a jamais aimé qu'elle. Elle aimera jamais qu'elle. Ah, elle en aura fait des dégâts, cette bonne femme. Elle en aura bousillé du monde. En tout cas moi, ça m'aura servi de leçon. Cette fois, c'est bon. Je m'investis plus. Avec personne. Quand on voit ce que ça donne. Non, je vais faire comme tout le monde. M'envoyer en l'air avec tout ce qui passe. Hommes. Femmes. Qui j'aurai envie. Quand j'aurai envie.
Ça a beaucoup amusé Éva.
– Tu parles ! Elle est amoureuse comme une folle, oui ! Ou du moins elle croit l'être.
– Ah oui ? De qui ?
– Et il demande de qui. Non, mais t'as quoi devant les yeux ? Tu t'es aperçu de rien ? T'as rien vu ? Elle acceptait tout de Jessica. Tout. Et d'un seul coup il y a plus rien qui va. Elle a tous les défauts du monde, Jessica. Et depuis quand ? Depuis cet été. Depuis qu'elle a vu Jasmine. Et comme par hasard quinze jours plus tard c'est chez toi qu'elle débarque. Pourquoi à ton avis ?
– Mais elle m'a rien dit. Elle m'en a pas parlé.
– Évidemment ! Non, mais il y a des moments où t'es nettement plus con que la moyenne.
– Tu parles ! Elle est amoureuse comme une folle, oui ! Ou du moins elle croit l'être.
– Ah oui ? De qui ?
– Et il demande de qui. Non, mais t'as quoi devant les yeux ? Tu t'es aperçu de rien ? T'as rien vu ? Elle acceptait tout de Jessica. Tout. Et d'un seul coup il y a plus rien qui va. Elle a tous les défauts du monde, Jessica. Et depuis quand ? Depuis cet été. Depuis qu'elle a vu Jasmine. Et comme par hasard quinze jours plus tard c'est chez toi qu'elle débarque. Pourquoi à ton avis ?
– Mais elle m'a rien dit. Elle m'en a pas parlé.
– Évidemment ! Non, mais il y a des moments où t'es nettement plus con que la moyenne.
* * *
– Elles sont pas revenues les deux femmes de l'autre jour ?
– Non ! Je les ai pas revues.
– Elles reviendront, vous croyez ?
– Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ? Tu aimerais qu'elles reviennent ?
– Oh non, non !
– Menteuse ! Mais il y en a d'autres, des femmes. Plein d'autres. Devant qui on peut lui faire faire plein de choses honteuses à la petite Estelle.
Dont les yeux se sont embués.
– Non ! Je les ai pas revues.
– Elles reviendront, vous croyez ?
– Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ? Tu aimerais qu'elles reviennent ?
– Oh non, non !
– Menteuse ! Mais il y en a d'autres, des femmes. Plein d'autres. Devant qui on peut lui faire faire plein de choses honteuses à la petite Estelle.
Dont les yeux se sont embués.
* * *
On finissait de dîner quand Mathilde s'est décidée à poser la question qui lui brûlait les lèvres.
– On la verra Jasmine ?
– Oui, sûrement !
– Quand ?
– Je sais pas. Elle a de la famille chez elle en ce moment.
– Ils restent longtemps ?
– En principe, ils repartent demain.
Son visage s'est éclairé.
– C'est pour elle que t'es venue, hein ?
– Ah, mais non, non, pas du tout ! Enfin, si ! Quand même un peu. Pour vous deux. Pour vous voir ensemble. Comme là-bas. Mais toute seule cette fois. Sans avoir l'autre là à m'épier sans arrêt.
– Et à t'empêcher de faire, à force d'insister pour que tu le fasses, ce que tu crèves d'envie de faire.
– T'en penserais quoi, toi ? Tu serais jaloux ? C'est sérieux avec elle ? Je veux pas te la prendre, tu sais ! C'est juste que j'arrête pas d'y penser et que tant qu'on l'aura pas fait. Mais après, hop, je disparais. Je vous laisse.
– On la verra Jasmine ?
– Oui, sûrement !
– Quand ?
– Je sais pas. Elle a de la famille chez elle en ce moment.
– Ils restent longtemps ?
– En principe, ils repartent demain.
Son visage s'est éclairé.
– C'est pour elle que t'es venue, hein ?
– Ah, mais non, non, pas du tout ! Enfin, si ! Quand même un peu. Pour vous deux. Pour vous voir ensemble. Comme là-bas. Mais toute seule cette fois. Sans avoir l'autre là à m'épier sans arrêt.
– Et à t'empêcher de faire, à force d'insister pour que tu le fasses, ce que tu crèves d'envie de faire.
– T'en penserais quoi, toi ? Tu serais jaloux ? C'est sérieux avec elle ? Je veux pas te la prendre, tu sais ! C'est juste que j'arrête pas d'y penser et que tant qu'on l'aura pas fait. Mais après, hop, je disparais. Je vous laisse.
– T'as qu'à y croire ! Après, elle tisse patiemment sa toile et elle l'entortille, la Jasmine. Et avec ta bénédiction en plus. Faut le faire quand même ! Elle est douée.
* * *
Estelle essayait. Essayait à tour de bras. Une véritable boulimie. Le tabouret était jonché de culottes, de strings, de shortys, de soutien-gorges. Elle en rapportait. En ramenait. Recommençait. Des clientes entraient. Je les servais. Ou les renseignais. Elles repartaient. Ou s'attardaient entre les portants. Une jolie brune d'une trentaine d'années avait levé deux ou trois fois les yeux sur le rideau ondulant au gré des essayages d'Estelle, l'avait longuement suivie du regard au cours de l'un de ses multiples allers et retours.
– Celle-là !
– Oh non ! Non ! On attend encore.
– On attend quoi ? Il faut bien finir par se décider.
– Comment elle va réagir, vous croyez ?
– Ça, c'est la surprise. Mais tu fais bien comme on a dit, hein !
– Oui. Et vous, vous me raconterez. Avec tous les détails. Promis ?
– Promis.
Et, en quittant la cabine, j'ai, comme par inadvertance, fait glisser le rideau sur la tringle, ouvrant un jour d'une bonne trentaine de centimètres.
– Celle-là !
– Oh non ! Non ! On attend encore.
– On attend quoi ? Il faut bien finir par se décider.
– Comment elle va réagir, vous croyez ?
– Ça, c'est la surprise. Mais tu fais bien comme on a dit, hein !
– Oui. Et vous, vous me raconterez. Avec tous les détails. Promis ?
– Promis.
Et, en quittant la cabine, j'ai, comme par inadvertance, fait glisser le rideau sur la tringle, ouvrant un jour d'une bonne trentaine de centimètres.
La jeune femme brune s'en est aussitôt approchée, faisant mine de brusquement découvrir les articles exposés juste en face et, choisissant le meilleur angle de vision, elle s'est absorbée, en apparence, dans leur examen attentif. A l'intérieur Estelle, bien calée contre la paroi, du bon côté, prenait tout son temps. Elle retirait, restait nue, se penchait en avant, se redressait, se retournait, renfilait, recommençait. Ça a duré une bonne dizaine de minutes et puis, comme si elle venait seulement de s'apercevoir que le rideau n'était pas tiré jusqu'au bout, elle l'a remis en place. La jeune femme a alors abandonné, manifestement à regret, son poste d'observation, et, décrochant quelque chose au hasard, s'est engouffrée dans la cabine voisine. C'est malheureusement le moment qu'a choisi une représentante pour venir m'étaler sous le nez, tout sourire, sa nouvelle collection.
Elle en était encore toute rose d'excitation.
– Elle se l'est fait. Elle se l'est fait aussi dans la cabine d'à côté. On l'a fait ensemble, chacune de notre côté. Même qu'elle se force à pas faire de bruit je l'entendais. Drôlement bien, même ! Moi non plus j'en ai pas fait. À peine. Je mordais ma culotte pour pas en faire. À cause de la représentante. C'est venu presque en même temps toutes les deux. Mais pourquoi elle est partie si vite après ? J'avais même pas fini de me rhabiller. On aurait pu parler.
– Elle se l'est fait. Elle se l'est fait aussi dans la cabine d'à côté. On l'a fait ensemble, chacune de notre côté. Même qu'elle se force à pas faire de bruit je l'entendais. Drôlement bien, même ! Moi non plus j'en ai pas fait. À peine. Je mordais ma culotte pour pas en faire. À cause de la représentante. C'est venu presque en même temps toutes les deux. Mais pourquoi elle est partie si vite après ? J'avais même pas fini de me rhabiller. On aurait pu parler.
* * *
Mathilde m'a à peine laissé le temps d'arriver.
– Éva a appelé. Faudrait que tu descendes là-bas de toute urgence. Que t'y sois demain à quatre heures. Des papiers à signer chez le notaire avec ta cousine Véronique. T'aurais dû recevoir une convocation, mais il y a eu un dysfonctionnement. C'est ce qu'elle a dit.
– Bon, ben j'ai plus qu'à prévenir Jasmine que je serai pas au magasin demain.
– Je peux le faire. Ça t'avancera. Et lui proposer d'aller l'aider si elle a besoin.
– C'est pas vraiment nécessaire.
– Oui, mais…
– Fais ce que tu veux ! Moi, faut que j'aille préparer mes affaires.
– Éva a appelé. Faudrait que tu descendes là-bas de toute urgence. Que t'y sois demain à quatre heures. Des papiers à signer chez le notaire avec ta cousine Véronique. T'aurais dû recevoir une convocation, mais il y a eu un dysfonctionnement. C'est ce qu'elle a dit.
– Bon, ben j'ai plus qu'à prévenir Jasmine que je serai pas au magasin demain.
– Je peux le faire. Ça t'avancera. Et lui proposer d'aller l'aider si elle a besoin.
– C'est pas vraiment nécessaire.
– Oui, mais…
– Fais ce que tu veux ! Moi, faut que j'aille préparer mes affaires.
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