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Couverture de Antimatière contre prosexe, par ErosSexe
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Antimatière contre prosexe — Chapitre 15 · Le Mariage

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ErosSexe
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Antimatière contre prosexe

Chapitre 15 · Le Mariage

Épisode 15 – Le mariage
 
Résumé des épisodes précédents : Julie, jeune étudiante qui vit seule avec sa maman Ludivine dans un petit village, connaît son premier chagrin d'amour. Rapportant un trousseau de clés à Fabienne, une femme extravertie qui tient un magasin de sport dans le même village, Julie se confie à elle. La patronne du magasin lui propose alors un petit job d'étudiante, en lien avec le vélo que pratique régulièrement Julie. Lors d'une séance d'essayages de tenues cyclistes, Julie ne peut pas résister au charme et aux caresses de Fabienne, elle devient son amante. La jeune étudiante découvre son corps et le plaisir dans les bras et le lit de sa maîtresse, une révélation. La collaboration au magasin est un succès, leur relation atteint des sommets de sensualité, jusqu'à ce que la maman de Julie mette sa fille en garde contre cette relation, lui avouant qu'elle aussi a eu une aventure avec Fabienne il y a quinze ans. La jeune fille doit quitter la France pour Genève afin d'y poursuivre ses études, « abandonnant » sa maman et sa maîtresse. Lors d'une visite à Fabienne avant son départ, Julie, contre toute attente, se retrouve à lui faire l'amour en compagnie de son mari. Julie a quitté sa maman et Fabienne, elle s'est installée près de Genève et découvre le plus grand centre du monde pour la recherche en physique fondamentale ainsi que sa collègue Svetlana avec qui elle a un geste déplacé. Contre toute attente, la jeune bulgare a aimé susciter le désir chez Julie, et lors d'un weekend les deux jeunes femmes font l'amour. Fortement éprises l'une de l'autre, les deux collègues décident de prendre un appartement en commun. Après les révélations de Svetlana sur sa jeunesse perturbée, un élément perturbateur surgit : Stéphane, avec lequel Svetlana va connaître sa première relation sexuelle masculine sous les yeux de Julie, le soir de Noël.
 
Il était tard, nous étions fatigués, j'ai proposé que tout le monde aille se coucher. Stéphane voulait repartir, mais Svetlana a fait la moue.
-       Nous avons bu de l'alcool, c'est pas une bonne idée que tu reprends ta voiture, je veux pas que tu as un accident. Tu es d'accord Julie ? 
-       Tout à fait ma chérie, Stéphane peut dormir ici sans aucun problème.
Notre nouvel appartement comportait une chambre d'amis avec un grand lit, mais il fallait décider qui allait y dormir. Logiquement cela aurait dû être notre invité, mais je voyais les choses autrement. J'ai chuchoté des choses à l'oreille de ma Svetlana, ses yeux se sont arrondis de stupeur mais elle a fini par sourire et m'embrasser.
-       Si tu n'y vois pas d'inconvénient Stéphane, tu vas dormir avec moi. Svetlana ressent quelques douleurs intimes et préfère passer la nuit seule pour reposer son corps… !
-       Euh…oui…oui…mais je t'ai fait mal Svetlana ? Tu m'en veux ?
-       Pas du tout, mais comme elle a dit Julie c'est mieux je repose un peu, j'ai pas l'habitude que un cock (une queue) il rentre dans moi tu comprends, c'est nouveau…
Une fois tout le monde douché nous sommes allés nous coucher, Svetlana m'adressant un clin d'œil peu discret qui n'a pas dû échapper à Stéphane. Peu à l'aise avec mon corps nu, j'avais revêtu une nuisette - plutôt sexy quand même car offerte par mon amante amateure de lingerie coquine - et me suis intentionnellement baladée dans la chambre sous de futiles prétextes pour que Stéphane me voie et s'excite. J'avais envie de lui, envie d'un sexe d'homme en moi, envie de jouir sous les coups de boutoir d'un mâle et de sentir pulser son sperme.
Il m'a souhaité bonne nuit, un peu timidement, c'est moi qui me suis alors rapprochée de lui pour l'embrasser et, à mon tour, lui souhaiter une bonne nuit. Mais le sommeil m'a boudée, mes chairs s'échauffaient à cause de mes pensées érotiques, mon cœur battait follement.
A force de me sentir sans cesse m'agiter dans le lit, Stéphane s'est manifesté.
-       Tu n'arrives pas à dormir ? C'est la présence d'un homme à côté de toi qui te perturbe ? Tu veux que je parte ?
-       Non ! Au contraire…je suis…je suis…
Je n'ai pas pu finir ma phrase parce que la bouche de Stéphane s'est emparée de la mienne, ses mains chaudes empaumant mes seins en érection violente, allumant le feu entre mes cuisses déjà brillantes de ma liqueur. J'ai senti son membre durci contre moi.
-       J'ai envie de lécher ta chatte Julie, d'enfoncer ma langue dans ta moule charnue, de te boire, de te faire jouir puis de te faire l'amour…tu m'excites follement, j'adore ton corps si sensuel, tes formes épanouies, tu es magnifique Julie, magnifique…!
Il a retroussé ma nuisette pour emboucher mes seins, déclenchant dans mon corps offert de formidables ondes, et ses lèvres, sa langue, ses mains m'ont mise au supplice en descendant lentement vers mon intimité baveuse et odorante.
Quand sa langue a écarté mes nymphes j'ai frôlé la jouissance, mais j'ai réussi à me retenir un peu, ce qui s'est avéré impossible lorsque sa langue s'est mise à fouetter mon clitoris dressé comme une sentinelle, que deux de ses doigts ont investi mon vagin en même temps qu'un troisième complice s'enfonçait dans mon anus, m'arrachant un rugissement montant de ma poitrine, tout mon corps secoué par un orgasme puissant.
Stéphane m'a à peine laissé le temps de récupérer de ce plaisir intense que j'ai senti son corps ramper sur le mien, sa bouche s'arrêtant sur mes seins encore en érection avant que sa langue et la mienne ne se lancent dans une folle sarabande.
-       Prends-moi maintenant ! Viens !
-       Tu veux que je mette un préservatif ?
-       Non ! Je veux sentir ton sperme gicler ! Viens !
Sa rigidité et mes muqueuses encore tapissées de miel ont facilité la pénétration de son sexe dans le mien, j'avais oublié cette formidable sensation d'être remplie, fouillée, embrochée. Mon excitation est remontée en flèche, et c'est moi qui jetais mon bassin contre le sien pour que son membre me ravage la chatte, perdant toute forme de pudeur.
-       Oh oui Stéphane, oui, défonce-moi ! Baise-moi ! Tu as déjà baisé une grosse comme moi ? Il t'excite bien mon gros cul ? 
Stéphane s'est emballé, il a relevé mes cuisses de cycliste au maximum et les a serrées entre ses bras, sa queue écrasée par mes chairs ainsi comprimées, c'était divin. Je sentais chaque millimètre de sa tige limer les parois de mon vagin, son bassin claquait contre mes cuisses à chaque coup de rein, j'ai glissé une main sur mon pubis pour me masturber.
L'orgasme nous a saisis en même temps, dans un cri commun nos fluides se sont mélangés en moi avant de s'écouler généreusement, je sentais la chaleur de ce flux du plaisir ruisseler sur mon périnée et mon petit orifice, une sensation absolument exquise. J'étais sereine, épanouie, comblée.
Nous avons dormi un peu, mais Stéphane m'a fait l'amour encore une fois dans la nuit, me prenant en levrette, j'ai eu peur qu'il souhaite me sodomiser mais il n'en a rien fait, me faisant de nouveau jouir follement.
C'est Svetlana qui nous a réveillés, déjà tout habillée et tenant à la main le pain et les croissants qu'elle était allée chercher, assez loin car il y avait peu de boulangeries ouvertes ce vingt-cinq décembre. L'air espiègle, elle a brutalement tiré les draps, nous dénudant entièrement.
-       Vous avez fait beaucoup du bruit ! Je comprends maintenant que je vois le lit, oh là là…quand je fais l'amour avec Julie il y a pas des taches comme ça grandes!Je crois c'était mieux que je dors toute seule !
Elle n'avait pas l'air jalouse, j'ai pris le parti de rire de sa remarque et Stéphane aussi, bien qu'un peu gêné. Nous avons partagé un plantureux petit déjeuner, comme des amis partis en vacances ensemble, c'était inattendu, magnifique. La suite m'inquiétait toutefois, une pareille complicité des corps et des esprits, à trois, ne pouvant pas s'arrêter avec comme conclusion un croissant et un café. Comment envisager les semaines à venir ? A ma grande stupéfaction, c'est Svetlana qui s'est manifestée.
-       Vous je sais pas, mais moi j'ai envie que c'est Noël encore des autres fois et que on fait comme hier. Je croyais pas que je peux aimer, mais maintenant je pense que quand il y a le plaisir de tout le monde il faut pas refuser. Il faut juste partager pour pas que il y a la jealousy (jalousie). Vous pensez aussi comme ça ?
Pris au dépourvu, ni Stéphane ni moi n'avions eu le temps ou le besoin d'y réfléchir, le présent et le plaisir ayant fait loi sans aucune projection au-delà du lendemain matin.
-       Eh bien…disons que…C'est un peu délicat pour moi de m'exprimer…Imaginez, je suis venu chez vous pour souper avec deux collègues et je me retrouve dans leur lit…Ce n'était pas du tout ce que j'avais prévu…un vingt-quatre décembre ! En plus vous êtes un couple, amoureuses, alors moi…Je ne peux pas avoir de place entre vous…Perturber votre amour me mettrait très mal à l'aise…Vous avez votre vie…
-       Oh là là… toi tu es bien un Français ! Les choses simples c'est pas bien, tu préfères que c'est compliqué et que tout le monde il comprend plus et comme ça  personne il fait rien. Mais moi je veux pas avoir des headache (migraines), je veux juste encore faire l'amour avec toi et aussi avec Julie, et quand on a plus envie on fait plus. C'est quoi le problème ? 
Décidément, elle évoluait de manière curieuse, mon amour de bulgare, ses tabous tombaient les uns après les autres, elle se décoinçait plutôt rapidement, me laissant stupéfaite et démunie.
-       Svetlana, tu réalises ce que tu dis ? On ne peut pas traiter Stéphane comme un sextoy, que l'on range dans le tiroir quand on n'en a plus envie ! Et un ménage à trois c'est bien plus difficile que ce que tu crois, ma chérie…Nous n'avons pas besoin de décider quoi que ce soit maintenant, profitons encore de ces quelques heures de complicité et laissons faire le temps.
-       Ouais…peut-être…Mais on peut déjà demander à Stéphane qu'il vient chez nous next weekend pour le New Year si personne il l'a invité. Tu peux pas me dire que tu veux pas quand je vois les sheets covered in  stains (draps couverts de taches) dans le lit !
La discussion qui a suivi tenait à la fois de l'addiction au sexe et de la remise en cause de la notion d'amour, un mélange inextricable de pseudo-philosophie et de fantasmes réalisés, dont la seule conclusion a été l'organisation du week-end suivant, à défaut de véritable vision d'avenir.
Bien que très sceptique sur l'inclusion, même temporaire, de Stéphane dans notre couple, je n'ai pas boudé mon plaisir lors de ces deux jours de sexe sans retenue. Notre amant s'est montré d'une infinie délicatesse, a fait preuve d'un respect total de notre relation (il a refusé de dormir avec l'une ou l'autre), même s'il nous a fait l'amour de manière intense à m'en rendre jalouse, les orgasmes de Svetlana prise en levrette pendant que je léchai son bourgeon générant des manifestations sonores peu discrètes.
Le lundi nous avons retrouvé nos laboratoires, nos expériences, nos collègues et toutes les exigences du quotidien pour cette année qui commençait. Svetlana avait repris son rôle de cheffe, passionnée de physique et omniprésente, le projet en cours nécessitait de nombreuses collaborations avec d'autres services ce qui fait que je ne la voyais pas beaucoup durant la journée. Personne, je crois, ne se doutait de notre relation intime, nous demeurions très discrètes.
La semaine s'est déroulée rapidement, je n'avais rien dit quant au weekend à venir et Svetlana non plus, Stéphane se montrait lui aussi très discret et attendait que nous nous manifestions. Le vendredi soir je suis rentrée seule, ma chérie étant en colloque m'avait avertie qu'elle arriverait plus tard. Je bouquinais tranquillement quand elle est rentrée, souriante, l'air détendue.
-       On reste toutes les deux ce weekend-end, mon amour ? Plus de folies ? Tu as pris des résolutions pour cette nouvelle année ?
-       Tu es fâchée ? Je suis plus assez pour toi ? Il faut un homme dans ton lit tous les week-end ?
-       Tais-toi, jalouse ! En plus, je crois que tu en as profité autant que moi, non ? 
-       Oui, ça je suis d'accord, mais même si j'adore que Stéphane il me baise…
-       …stop ma chérie, stop, Stéphane il ne nous baise pas, il nous fait l'amour, c'est tout à fait différent…
-       Ah oui, les Français et les mots…Ok, alors j'adore quand Stéphane il fait l'amour, mon corps il sent plein des choses, mais c'est que quand je fais avec toi que my mind (mon esprit) il est le plus stirred-up (excité, stimulé) !
Je ne m'attendais pas à cet aveu, et j'en ai ressenti une sorte de fierté, doublée d'une folle envie de lui faire l'amour là, tout de suite. Sans lui laisser le temps de protester ou de se changer, je l'ai renversée sur la table, lui ai relevé sa jupe et quasiment arraché sa culotte pour me ruer sur sa vulve, y planter ma langue, mes doigts, lécher ses orifices et les fouiller profondément, sans relâche, stimulée par ses halètements sauvages et les mouvements de son bassin. Ma bouche enveloppant son sexe a recueilli l'entier de son orgasme, lapant la moindre goutte de son doux sirop d'amour avant de nettoyer les replis de sa crevasse encore gorgée du plaisir qui finissait de s'écouler.
-       Wouaouh Julie ! J'adore quand je rentre du travail et que tu fais comme ça ! Aide-moi pour descendre de la table, mes jambes ils tremblent ! Tu es une wizard (génie) de l'amour toi… ! Embrasse-moi !
J'ai préparé le repas, Svetlana est venue se coller à mon dos, ses mains sur mes hanches, pour me complimenter des odeurs qui montaient des casseroles. Sa langue titillait le lobe de mon oreille.
-       J'ai faim de ta cuisine mais aussi j'ai faim de toi ! 
-       Mmm Svetlana, arrête…Alors d'abord on mange, et après…on…
-       On mange vite alors !
Le repas expédié ma compagne m'a entraînée dans notre chambre où elle m'a témoigné de son amour et de son désir pour moi de manière très expressive, ne se retenant pas, abolissant tous les maigres tabous qui subsistaient et usant fort habilement de ses jouets sexuels récemment commandés en secret. Nos ébats m'ont laissée anéantie, flottant dans une sorte de nuage au-dessus du monde, mon corps soudain léger alors que la réalité était toute autre… !
Je n'étais toutefois pas au bout de mes surprises…
Comme je m'étais assoupie après mes orgasmes multiples, ce sont les douces lèvres de Svetlana sur les miennes qui m'ont réveillée. Ouvrant les yeux, encore un peu hagarde, je n'ai pas tout de suite réalisé ce qui se passait. Svetlana était désormais debout près du lit, vêtue d'une superbe robe que je ne lui avais jamais vue, sexy mais tout à fait décente, son visage soigneusement maquillé, ses oreilles ornées de pendentifs brillants. J'ai eu peur, peur qu'elle m'annonce son départ pour aller vivre sa vie avec un ou une autre.
Mais…mais…Svetlana, tu…tu fais quoi ? Tu sors ? Quelle heure est-il ? Qu'est-ce qui se passe ?
J'étais assise dans le lit, nue, mes gros seins portant encore les marques des assauts de ma chérie, les cheveux en bataille, contrastant avec l'élégance recherchée et surprenante de ma gracieuse compagne, surtout à pareille heure. Quand je l'ai vue déboucher du champagne (elle y avait pris goût depuis nos soirées avec Stéphane) et en remplir deux coupes, son comportement m'a complètement déboussolée, je nageais en plein mystère.
-       Svetlana, mais qu'est-ce que tu fais ? Réponds-moi ma chérie, je ne comprends plus rien…Pourquoi tout ceci ? Il est presque minuit et…et…
Elle m'a tendu une coupe de champagne, m'a demandé de trinquer avec elle et, avant même que je ne puisse poser la moindre question, sans rien dire, a posé entre mes seins un petit paquet cadeau. Mes yeux incrédules ont cherché les siens, mais Svetlana avait un peu baissé la tête, il me semble qu'une larme roulait sur sa joue, et c'est d'une toute petite voix qu'elle m'a dit :
-       Il faut que tu ouvres pour que tu comprends Julie, parce que les mots ils viennent pas à ma bouche.
Tremblante, fébrile, j'ai déchiré le papier, dénoué le ruban et ouvert l'écrin. Muette face à la brillance de la bague, à ce qu'elle suggérait, j'ai relevé la tête. Svetlana pleurait à chaudes larmes, moi aussi, nous nous sommes jetées dans les bras l'une de l'autre sans un mot, nous serrant à nous en étouffer. Quand mes larmes se sont taries, j'ai osé prendre le visage de ma beauté dans mes mains, accrochant son regard brillant.
-       Voilà Julie, voilà…Je suis heureuse avec toi comme jamais j'ai été de toute ma vie, alors je veux…que…que tu deviens ma femme.
Je n'avais jamais ressenti pareille intensité des sentiments, une vague de chaleur m'a envahie et mon cœur s'est mis à battre follement. Aucun mot n'a pu sortir de ma bouche, je suis restée béate, quasi hypnotisée par ma merveilleuse Svetlana, je me sentais capable de lui prendre la main pour que l'on s'envole, pour que l'on quitte le commun des terriens et que l'on vive un amour céleste, loin de toute considération matérielle, rien que nous deux…
Une fois mes esprits revenus sur terre, mon cœur un peu calmé, j'ai réalisé pleinement le bonheur qui s'étalait devant nous, ma crainte de voir Svetlana se détourner de moi au profit d'un homme s'est dissipée d'un coup. 
-       C'est le plus beau jour de ma vie, Svetlana, maintenant je sais ce qu'est l'amour, le vrai, grâce à toi. Oui ma beauté, oh oui, je suis d'accord de devenir ta femme !
Le weekend nous a permis de discuter longuement pour organiser notre mariage et en informer nos proches, ma maman d'abord puis Fabienne, à qui je n'avais encore pas tout dit de ma relation avec la plus jolie des physiciennes et qui allait certainement être surprise. C'est en fait par elle que j'ai commencé, lui adressant un long mail avec des photos choisies par mon amour de l'Est, lui racontant tout en détails, y compris l'amour avec Stéphane. J'étais certaine que sa réponse serait rapide et, en effet, le lendemain Fabienne m'a elle aussi écrit un long message.
Bonjour, grande coquine !
Dis-donc, tu as bien évolué en matière de gabarit de tes amantes ! Elle est superbe Svetlana, craquante je le reconnais, mais tu es d'accord qu'au magasin on ne pourrait rien faire avec, elle percerait les cuissards et aucun ne serait assez étroit pour y loger ses adorables petites fesses, et je n'arriverais sûrement pas à lui vendre un soutif ! Ça doit te changer de mes grosses fesses et de mes nichons de serveuse bavaroise, tu n'as pas peur de la casser en deux ? En tout cas je te félicite pour ta vie de femme, et je suis très flattée que tu me considères comme ton initiatrice. Tu as mille fois raison de ne négliger aucune forme de plaisir, nous en avons déjà parlé (et même plus… !) toutes les deux, bravo ma chérie pour cette grande ouverture de ton esprit, de ta chatte et de ton cul ! (Tu vois, je n'ai toujours pas peur des mots quand il s'agit de plaisir !)
Je viendrai bien sûr à votre mariage, probablement accompagnée de Ludivine dont je sais qu'elle t'a raconté notre « rapprochement ». Elle est merveilleuse ta mère, d'une générosité de corps et d'âme sans égales, je crois qu'elle a enfin décidé de vivre pour elle, d'apprécier tout ce qui lui apporte du plaisir et du bonheur et me demande de les partager, tu imagines bien qu'il m'est impossible de refuser ! C'est Éric qui déprime, il m'en veut beaucoup, me reproche mon total manque de dignité, au point qu'il parle de me quitter. C'est difficile à vivre, il est profondément malheureux, j'essaie de de me montrer la plus attentionnée possible à son égard, mais il sent bien que Ludivine passe avant lui et ne veut d'ailleurs pas la voir.  
Fabienne me racontait encore mille autres choses, concluant qu'elle attendait que je lui communique la date du mariage, me promettant de ne pas en parler à ma maman tant que je n'avais pas averti celle-ci de ma situation. La mère et la fille chacune en couple avec une femme, les commentaires ne manqueraient pas !
Ni Svetlana ni moi n'avions une grande famille, nous étions de surcroit filles uniques, les informer a donc été fait assez rapidement. De son côté, ses parents n'ont guère manifesté d'enthousiasme face à ce mariage de même sexe, sa mère a pleuré sur les petits enfants qu'elle n'aurait jamais quant à son père, il a dit que c'était la faute de l'agresseur (dont je n'ai jamais vraiment su ce que lui avait fait le père de ma future femme) si sa fille n'aimait pas les hommes. Leur présence s'avérait incertaine aux dires de Svetlana, mais sans que cela ne semble la perturber. Ludivine ne pouvait évidemment pas, elle, se permettre le moindre commentaire. Ma maman a réagi très positivement, ne me parlant que de mon bonheur et déclarant les photos de Svetlana magnifiques (plus décentes que celle envoyées à Fabienne à qui j'avais demandé de les garder pour elle), lui trouvant « un charme fou et une grâce féminine exquise. »
Le lundi, nous avons débarqué toutes les deux dans le labo de Stéphane, qui a eu l'air un peu surpris de notre visite. Par chance, il était seul.
-       Oh…Bonjour Mesdames, j'ai…j'ai oublié un rendez-vous ? Nous avions prévu de travailler en commun aujourd'hui ? 
-       Rassure-toi Stéphane, tu n'as rien oublié du tout, et nous non plus ! Comme tu es notre collègue disons…le plus proche (il a souri de manière adorable), nous voulions t'informer en primeur de notre projet.
-       Oh là…Un projet ? Vous allez quitter Genève et construire un réacteur nucléaire en Bulgarie ? Vous avez trouvé un meilleur job ailleurs ? Vous m'abandonnez ?
Sans même nous concerter, Svetlana et moi nous sommes rapprochées de lui au point de l'enlacer et, chacune d'un côté, lui avons murmuré à l'oreille notre intention de nous marier et lui avons demandé s'il était d'accord d'être le témoin de Svetlana. Il a eu un moment de stupéfaction, bouche ouverte, regard inquiet.
Wouaouh… ! Alors là, vous m'épatez mes princesses, je…je…C'est magnifique…mais…Oh la la…enfin je veux dire…Oui oui ton témoin Svetlana, oui bien sûr, mais…mais…tu n'as pas un frère, un ami de longue date ? Moi je suis juste…enfin…Vis à vis de ta famille…Tu vas leur dire quoi ?
-       J'ai pas de la famille Stéphane, et ceux qu'il y a ils sont pas contents que je marie une femme alors si je dois expliquer, je dirai juste que tu es un vrai gentleman, un très bon physicien, et que en plus tu sais faire des choses incroyables avec ta bite.
Stéphane, à nouveau muet de sidération (ça faisait beaucoup pour lui en si peu de temps), a ouvert de grands yeux, incrédule face au manque total de filtre chez mon amour de Bulgare.
-       Oh Svetlana ! Tu dis les choses…plutôt directement, toi…Je…je suis un peu gêné…
-       Ah oui ? Mais je suis une scientifique et toi aussi, et avec la science il faut être précis. Mais je me souviens que Julie elle m'a appris des mots plus jolis pour parler de qu'est-ce qu'il y a entre tes jambes…Attends que je me rappelle…Well, let's say…Ah oui, alors je recommence : Stéphane, tu pourras toujours venir à notre maison quand tu veux parce que tu sais donner beaucoup du plaisir avec ton membre viril. Is that right ? Is it better ? (C'est correct ? C'est mieux?)
Stéphane et moi avons éclaté de rire, définitivement conquis (pour lui c'était tout récent) par le charme irrésistible de mon adorable compagne. Les collègues de Stéphane arrivaient, alors nous sommes reparties travailler nous aussi.
Ma chérie et moi avons donc longuement prospecté dans la région pour dénicher l'endroit qui nous convenait pour y célébrer notre mariage, endroit que nous avons trouvé sur la rive française du Léman, dans un charmant petit village. L'établissement retenu étant dirigé par un couple d'homosexuels déjà mariés, nous avons bénéficié de leurs précieux conseils pour l'organisation. La date a été fixée au début de l'été, ce qui nous laissait du temps pour informer nos collègues et établir la liste des invités, de laquelle j'avais d'emblée exclu mon père dont je n'avais plus aucune nouvelle depuis quelques années.
Sur trente-cinq faire-part envoyés, nous pensions bien que quelques personnes ne pourraient pas être présentes, comprenant que d'assister à un mariage de lesbiennes ne devait pas enchanter tout le monde en vertu de croyances et d'a priori divers. Parmi les premières réponses reçues bien avant le délai fixé, celle de Stéphane nous a beaucoup émues, chaleureuse, très subtile et riche en compliments choisis pour nous deux et assortie d'une invitation.
Afin de célébrer de la manière la plus sincère possible ce merveilleux événement à venir, je vous invite à souper (nous sommes en Suisse !) chez moi samedi soir prochain si vous en avez le temps et l'envie, et que vous n'êtes pas trop exigeantes sur la qualité de la cuisine !
Nous n'avions aucune raison de refuser cette invitation, et c'est avec enthousiasme que nous y avons répondu. Sachant que nous n'avions pas de voiture, Stéphane a proposé de venir nous chercher à la gare mais nous avons préféré prendre le tram jusqu'à la gare des Eaux-Vives, quartier où il est domicilié. Il faisait encore froid en ce début février, aussi Svetlana et moi étions enveloppées dans de longs manteaux, dissimulant nos choix vestimentaires destinés à ravir notre hôte.
Il habitait un bel immeuble, au troisième étage mais sans ascenseur. Une fois passé le filtre de l'interphone, c'est le bruit de nos talons sur le bois des marches de l'escalier qui nous a annoncées, la porte de l'appartement était grande ouverte et Stéphane nous attendait, souriant, ceint d'un tablier de cuisine.
-       Entrez Mesdames, entrez vite, il fait froid. Vous permettez que je vous débarrasse ?
Gentleman accompli, il nous a aidé à enlever nos manteaux, découvrant ce que nous avions choisi pour honorer son invitation. Ses yeux se sont écarquillés de stupeur. Svetlana portait une minijupe en cuir rouge sur des bas plumetis et une paire de bottes, un chemisier en tulle de soie gris suffisamment transparent pour laisser deviner l'absence de tout sous-vêtement, un petit blazer cintré complétait sa tenue. Pour ma part, je m'étais vêtue d'une robe de cuir noir jusqu'aux genoux, toute la partie juste au-dessus de la poitrine y compris les manches était en dentelle, sauf le col, type collier en cuir noir lui aussi qui mettait en valeur mon décolleté pour le moins plongeant. Svetlana m'avait assurée que si elle avait été un homme : « I would have had a strong hard-on ! » (j'aurais bandé dur !)
Souhaitant nous montrer très féminines, nous portions toutes les deux des boucles d'oreille et du rouge à lèvres, un maquillage léger et un parfum délicat.
Oh…Vous êtes absolument superbes, quelle élégance Mesdames, franchement aucun homme ne saurait rester insensible à votre charme ! Excusez-moi de vous recevoir en tablier de cuisine, je suis confus…vous êtes si belles, si classe…si séduisantes… !
-       Moi je trouve que tu es aussi sexy en cuisinier, tu es d'accord Julie ?
-       Tout à fait ma chérie, tu es adorable comme ça Stéphane, très naturel, c'est parfait ! Tiens, je crois me souvenir (sourire complice en lui tendant la bouteille) que tu apprécies le champagne et ma future épouse aussi. Tu le mets au frais ?
-       A tes ordres, ma gracieuse beauté… ! J'en ai aussi prévu pour vous. Asseyez-vous au salon, je vous rejoins tout de suite.
L'appartement était petit, mais vu le prix du mètre carré à Genève cela se comprend, joliment décoré et accueillant. Sur un meuble, une petite photo montrait Stéphane au bras d'une assez jolie femme. Ma Svetlana, toujours curieuse et sans filtre, a tout de suite attaqué quand notre collègue est venu nous rejoindre avec une bouteille et des verres.
-       C'est qui, la jolie femme que tu lui tiens la main dans la photo ? 
Stéphane a poussé un long soupir un peu triste.
-       Svetlana, quand je t'ai dit que tu étais le soleil de ma journée, c'est parce qu'elle, Séverine, est devenue l'ombre de ma vie. Je ne voulais pas parler de ça, mais autant que vous sachiez ce qui s'est passé. Merci de votre discrétion jusqu'ici, de ne rien m'avoir demandé à Noël ni à Nouvel-an, vous êtes des vraiment des femmes d'exception, et je vous adore profondément, d'autant que vous m'étonnez et me surprenez sans cesse.
-       Si c'est pas des choses tu veux parler tu fais pas, je suis désolé Stéphane, je suis pas psychologue comme Julie moi, je veux toujours tout comprendre…
-       Pas de problème Svetlana, alors voilà. Séverine et moi avons été mariés quatre ans, nous habitions dans le nord de la France, elle est architecte alors nous avions une superbe maison, tout allait bien. Et puis un jour, j'ai suggéré qu'avoir un enfant complèterait notre bonheur. C'est là que tout a basculé. Séverine m'a traité d'irresponsable, hurlant que dans le monde actuel mettre un enfant au monde c'est le contraindre à vivre entre les pandémies, les guerres et je ne sais plus quoi encore…J'en suis resté muet, jamais elle ne s'était autant emportée. J'ai attendu quelques semaines avant de reparler de mon désir de paternité, la tempête s'est déclenchée de nouveau : j'étais un égoïste qui ne pensait qu'à lui, méprisant la carrière de sa femme, inconscient de l'état du monde, ne réalisant pas les contraintes qu'implique un enfant etc. Ce n'était plus la femme que j'avais épousée. Notre couple a commencé à décliner, plus de relations sexuelles, des propos agressifs, des histoires d'argent, nos amis se sont distancés de nous à cause des propos hallucinants de Séverine si bien que nous avons finalement décidé de divorcer. Pas de chance, la maison que nous habitions avait été bâtie sur un terrain appartenant à mes beaux-parents, je dois donc rembourser ma part à Séverine qui veut garder « sa » maison. J'ai découvert une femme avide d'argent, aigrie, quasi complotiste, même ses parents n'ont pas compris ce qui s'est passé, eux qui ont envie de devenir grands-parents. 
Une fois le divorce prononcé, j'ai quitté mon emploi dans un centre national de recherche et j'ai postulé ici, à Genève, voulant m'éloigner le plus possible de mon ex-femme, désormais hospitalisée pour troubles mentaux. Un échec sur toute la ligne.
Voilà, le reste est tellement sordide que je ne veux pas vous en parler, vous comprenez donc maintenant pourquoi je n'avais rien de prévu le vingt-quatre et le trente-et-un, je suis seul ici et ne connais personne. A part vous, mes princesses de rêve…mes apparitions célestes, mes gracieuses collègues.. !
-       C'est pas souvent que c'est le mari qui veut un enfant, je croyais que c'est toujours la femme qui décide parce que c'est dans son ventre que il va pousser. Moi je sais aussi que je veux pas des enfants, et puis en plus c'est pas possible à moi.
-       Qu'est-ce que tu en sais ? Pourquoi tu dis ça ma chérie, tu as fait des examens ? Tu ne m'en as jamais parlé.
-       Look at me Julie, si tu regardes mon corps, il est tellement maigre que un bébé il a jamais la place dedans et en plus, tu crois qu'avec mes deux petits boobs je peux donner manger à un enfant ? Après deux jours il doit aller au hospital à cause de la faim. 
-       Avant que je ne puisse répondre, Stéphane a éclaté de rire.
-       Tu es adorable Svetlana, mais tu sais, la taille du corps ou des seins n'empêche pas d'avoir des enfants, tu es une scientifique alors tu ne peux pas formuler des arguments aussi fantaisistes !
-       Mmm…Ok, peut-être…Mais si tu regardes Julie, tu vois bien que elle, elle peut donner le lait à deux enfants en même temps ! Mais avec moi, même que on est scientifiques, c'est pas possible que on a un enfant, je peux pas être le père et elle non plus !
-       Je crois que les couples de même sexe peuvent adopter des enfants, non ? 
Cette conversation me perturbait, je ne sais pas pourquoi. Ce désir d'enfant inassouvi chez notre charmant collègue ne me concernait aucunement, pourtant je me sentais mal à l'aise, et d'entendre Svetlana tenir des théories ineptes m'agaçait.
-       Svetlana, je ne suis pas sûre que Stéphane ait envie de parler de nos seins toute la soirée ni de nos capacités supposées de mère allaitante. Sauf si tu as des projets en la matière, mais si c'est le cas tu peux peut-être m'en parler à la maison ?
Ma remarque a jeté un froid, j'étais rarement aussi abrupte ou glaciale dans mes propos. C'est Stéphane qui a su rétablir la sérénité.
-       Excuse-nous Julie, et tu as raison, on ne va pas passer la soirée à discuter de mes désirs inassouvis ni de votre intimité, ce serait déplacé de ma part. Parlez-moi plutôt de votre mariage, puisque j'accepte votre demande d'être le témoin de Svetlana.
-       Oh super ! J'étais sûre tu allais dire oui, merci Stéphane, merci ! Je peux t'embrasser ?
Sans attendre sa réponse, ma belle compagne s'est précipitée vers notre collègue et a plaqué ses lèvres sur les siennes pour un superbe baiser hollywoodien.
-       Il faut aussi que tu dis merci, Julie, on beaucoup de la chance que Stéphane il est d'accord.
Encore un peu secouée par leurs histoires d'enfant et d'adoption, je suis allée embrasser notre amant, laissant un peu traîner ma langue sur ses lèvres mais sans insister quand j'ai senti sa bouche s'entrouvrir, parce que j'avais envie de lui. Très envie de lui. Cet homme me plaisait beaucoup. L'espace d'un flash, je me suis vue en couple avec lui, promenant notre enfant. Que m'arrivait-il ? Je déraillais ? Oui, il était séduisante, certes, mais j'allais me marier, alors pourquoi cette soudaine poussée de désir ?
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Chapitre 16 · Dérapage
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Frodon
8 décembre 2025 à 05:37
Julie, Julie, que se passe-t-il dans ta tête ? Tu vas te marier, et pourtant tu imagines avoir un enfant d’une autre personne …
J’ai hâte de voir comment évoluera ce trio !
Soyez respectueux
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