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Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Entre les lignes — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Entre les lignes
Chapitre 4
Chapitre 4
La fin des examens sonne comme une délivrance brutale, laissant derrière elle un sillage d'épuisement et d'adrénaline retombée. La pression qui nous maintenait debout s'est évaporée, nous laissant vides et étrangement vulnérables. Pour fêter ça, la promotion se réunit dans un bar bruyant, mais Nans et moi, nous restons à la dérive, comme deux satellites refusant de quitter leur orbite commune. On finit par s'isoler dans un coin sombre, loin du tumulte des verres qui s'entrechoquent et des cris de joie.
Nans est dans une humeur particulière, un mélange de fatigue extrême et d'une tendresse débordante qui ne s'embarrasse plus de la présence des autres. Il est assis juste à côté de moi, sa jambe pressée contre la mienne sur toute la longueur, et son bras entoure mes épaules avec une possessivité naturelle. Il ne parle presque pas, mais ses doigts ne cessent de bouger, caressant distraitement le haut de mon bras ou jouant avec le col de mon pull.
— C'est fini, Dorian, murmure-t-il près de mon oreille. On a survécu.
— On a survécu, je répète, incapable de détacher mes yeux des siens.
— On a survécu, je répète, incapable de détacher mes yeux des siens.
Il y a une intensité nouvelle dans son regard, quelque chose de lourd et d'ambigu qui me coupe le souffle. Il approche son visage du mien, et pendant une seconde, je crois que le monde va basculer. Mais il s'arrête à un millimètre, se contentant d'inspirer profondément, comme s'il cherchait à s'imprégner de mon odeur. Sa main remonte vers ma joue, ses doigts effleurant ma peau avec une délicatesse qui me fait frissonner de la tête aux pieds.
On finit par quitter le bar, incapables de supporter plus longtemps le bruit et la lumière. Le froid de la nuit nous saisit, mais Nans ne s'écarte pas. Il me tient par la taille, nous guidant vers ma chambre étudiante. On marche dans un silence chargé, un de ces silences qui pèsent plus lourd que n'importe quelle confession. Je sens que nous sommes au bord du gouffre, à un mot ou à un geste de tout briser, de tout changer.
Une fois la porte de ma chambre refermée, l'atmosphère change du tout au tout. La pénombre nous enveloppe, et le silence devient assourdissant. Nans ne retire pas son manteau. Il reste debout devant moi, me fixant avec une expression que je n'arrive pas à déchiffrer. Il fait un pas vers moi, réduisant l'espace jusqu'à ce que nos poitrines se frôlent. Il lève les mains et les pose sur mes épaules, ses pouces massant doucement mes clavicules.
— Tu te rends compte de ce qu'on fait, Dorian ?
— Je ne sais pas, Nans. Je ne sais plus rien.
— Je ne sais pas, Nans. Je ne sais plus rien.
Il rit tout bas, un rire sans joie, et il appuie son front contre le mien. Ses mains glissent vers mon dos, m'attirant contre lui dans une étreinte désespérée. Je sens son cœur battre contre le mien, un rythme effréné qui fait écho au mien. Il me serre si fort que j'ai l'impression que nos deux corps ne font plus qu'un. Il enfouit son visage dans mon cou, et je sens son souffle chaud contre ma peau, provoquant une vague de chaleur qui me submerge.
On se laisse tomber sur le lit, toujours enlacés. On ne se déshabille pas, on se contente de rester là, l'un contre l'autre, dans la pénombre. Nans commence à m'embrasser la tempe, la joue, la mâchoire, des baisers légers, presque imperceptibles, mais d'une tendresse infinie. Ses mains parcourent mon corps, explorant les courbes de mon dos, la ligne de mes hanches, avec une curiosité qui me trouble au-delà de toute mesure.
Chaque geste est une question, chaque frôlement est une promesse qu'on n'ose pas encore formuler. Je me sens dériver, emporté par ce courant de sensations que je ne maîtrise plus. Je ferme les yeux, me laissant porter par sa chaleur, par sa force. Je sens ses doigts s'attarder sur mon poignet, son pouce caressant ma paume de manière rythmée, presque hypnotique.
— Dorian...
Sa voix est un murmure brisé, une supplique qui reste en suspens. Je ne réponds pas, je n'ai pas les mots. Je me contente de me serrer un peu plus contre lui, cherchant à combler le moindre interstice entre nous. On est sur le fil du rasoir, à un point de non-retour, et pourtant, on ne franchit pas la ligne. On reste là, dans cet entre-deux torturant, savourant chaque seconde de cette proximité interdite.
La nuit avance, et l'épuisement finit par prendre le dessus. Nans s'endort le premier, son bras toujours enroulé autour de moi, sa tête reposant sur mon épaule. Je reste éveillé un long moment, écoutant sa respiration régulière, sentant le poids rassurant de son corps contre le mien. Je sais que demain, la réalité nous rattrapera, que nous devrons à nouveau jouer le jeu des "supers amis", mais pour l'instant, dans le secret de cette chambre, il n'y a que nous.
Le réveil après une telle nuit ne ressemble à aucun autre. La lumière qui filtre à travers les stores est grise, hésitante, comme si elle n'osait pas briser le sanctuaire que nous avons bâti. Mais le véritable trouble, celui qui me consume alors que je feins encore de dormir, ne vient pas de la clarté du jour. Il vient du souvenir de la nuit.
Pendant des heures, je suis resté à la lisière du sommeil, le corps plongé dans une torpeur lourde mais l'esprit aux aguets. Nans pensait que je dormais. Sa respiration s'était calmée, devenant profonde et régulière. C'est là que les gestes ont changé. Ce n'était plus la possessivité de la journée ou l'agitation de la fête ; c'était une dévotion silencieuse. Dans l'obscurité, j'ai senti sa main s'aventurer sur mon visage. Ses doigts ont suivi la ligne de mes sourcils, la courbe de mon nez, avant de s'attarder sur mes pommettes avec une douceur qui m'a brisé le cœur. Il ne se contentait pas de me toucher ; il me lisait.
Il a passé une éternité à caresser mes cheveux, les ramenant derrière mes oreilles, ses doigts effleurant ma peau comme s'il s'agissait de porcelaine précieuse. À un moment, j'ai senti son souffle chaud tout près de mon oreille, et un murmure si bas que j'aurais pu l'inventer. Puis, il s'est collé contre mon dos, passant ses deux bras autour de moi, enfouissant son visage entre mes omoplates. C'était une étreinte de naufragé, un aveu physique que le jour allait s'empresser de nier.
Maintenant, alors que je sens ses muscles se détendre et qu'il commence à bouger pour s'extraire du lit, je garde les paupières closes. Je ne suis pas prêt à affronter son regard de "super ami". Je l'entends s'habiller dans le silence de la chambre, le froissement des vêtements sonnant comme une rupture de contrat.
— Dorian ? chuchote-t-il.
Je ne bouge pas. Je l'entends s'approcher, s'asseoir sur le rebord du matelas. Le poids de son corps fait pencher le lit vers lui. Il pose sa main sur mon épaule et la presse doucement.
— Allez, debout. On a cours de sémantique dans quarante minutes.
J'ouvre les yeux. Il est déjà le Nans de tous les jours, celui qui sourit avec une insolence feinte, même si ses yeux sont cernés. Le contraste avec l'ombre de la nuit est violent. J'ai envie de lui demander pourquoi il m'a touché comme si j'étais son monde entier il y a quelques heures, mais les mots restent bloqués dans ma gorge.
Le trajet vers la faculté se fait dans une atmosphère étrange. Nous marchons côte à côte, nos épaules se frôlant parfois, mais la bulle semble s'être épaissie. Les rumeurs de la soirée de la veille circulent déjà. Je vois les regards en biais des autres étudiants, les chuchotements qui s'arrêtent sur notre passage. Nans, lui, semble s'en moquer éperdument. Il m'attrape par le coude pour me diriger vers l'amphi, une main protectrice, presque défiante envers ceux qui nous observent.
En cours, le silence devient pesant. Le professeur parle de signifiant et de signifié, mais la seule sémantique qui m'importe est celle des mains de Nans. Il a repris son habitude de poser son bras sur le dossier de ma chaise, ses doigts jouant avec la laine de mon pull. Chaque mouvement me rappelle les caresses nocturnes, créant une dissonance insupportable entre ce que je sais et ce qu'il montre.
À la pause, nous nous installons sur les marches de la cour. Nans allume une cigarette, ses yeux fixés sur le vide.
— Les gens jasent, Dubry. T'as remarqué ?
— Difficile de ne pas remarquer, Nans. On n'est pas vraiment discrets.
— Et ça te dérange ?
— Difficile de ne pas remarquer, Nans. On n'est pas vraiment discrets.
— Et ça te dérange ?
Il se tourne vers moi, laissant échapper une volute de fumée. Son regard est redevenu ce laser vert qui cherche la vérité sous ma surface.
— Je ne sais pas. C'est juste... on ne peut pas continuer à faire comme s'il ne se passait rien.
— Mais il ne se passe rien, Dorian, dit-il avec un sourire qui n'atteint pas ses yeux. On est des amis. Les meilleurs. C'est ce que tu voulais, non ?
— Mais il ne se passe rien, Dorian, dit-il avec un sourire qui n'atteint pas ses yeux. On est des amis. Les meilleurs. C'est ce que tu voulais, non ?
C'est une gifle. Une manière de me renvoyer mes propres mots, ceux que j'ai jetés à Sarah pour nous protéger. Je me rends compte que nous sommes prisonniers de nos propres mensonges. La liberté que nous pensions avoir acquise après les partiels est un leurre ; nous avons simplement construit une prison plus sophistiquée.
L'après-midi s'étire en longueurs infinies. En TD, nous devons travailler en groupe, mais Nans refuse que quiconque s'approche de notre table. Il monopolise mon attention, mes documents, mon espace. Sa proximité est devenue une drogue dont j'ai besoin mais qui m'empoisonne. Je vois Sarah au loin, elle nous observe avec une tristesse mêlée de mépris. Elle a raison : nous sommes deux gamins terrifiés.
Le soir tombe enfin. Je m'attends à ce qu'il rentre chez lui, qu'il me laisse respirer, mais il me suit jusqu'à ma résidence sans même demander. Dans l'ascenseur, il se colle contre moi, son bras pressé contre le mien. L'électricité est de retour, plus forte, plus sombre.
— On révise quoi ce soir ? demande-t-il alors que j'ouvre la porte.
— Rien, Nans. C'est fini les exams. On n'a plus d'excuse.
— Rien, Nans. C'est fini les exams. On n'a plus d'excuse.
Il entre quand même. Il s'assoit sur le bureau, les jambes ballantes, et me regarde longuement. La lumière de la rue projette des ombres mouvantes sur son visage.
— On n'a jamais eu besoin d'excuse pour être ensemble, Dorian. Pourquoi tu commences à en chercher maintenant ?
Je ne réponds pas. Je commence à ranger les livres qui traînent, essayant de me donner une contenance. Il se lève, s'approche et m'attrape les mains pour m'arrêter.
— Arrête. Regarde-moi.
Je lève les yeux vers lui. Son visage est à quelques centimètres. Je sens son odeur, ce mélange de tabac et de froid. Ses mains serrent les miennes avec une force qui me fait presque mal. C'est l'instant de vérité, celui où le silence devrait se briser.
— T'as dormi, cette nuit ? murmure-t-il.
— Oui. Pourquoi ?
— Oui. Pourquoi ?
Il hésite, un éclair d'incertitude passant dans son regard, puis il lâche mes mains et s'écarte.
— Pour rien. Je trouvais juste que tu avais l'air ailleurs.
Il repart dans son rôle, détournant la conversation sur un film qu'il veut voir, sur un projet pour le semestre prochain. Mais je ne l'écoute plus. Je sais ce que j'ai senti cette nuit. Je sais qu'il m'aime avec ses mains quand il pense que je ne vois pas, et qu'il me repousse avec ses mots dès que le jour se lève. Cette duplicité est une torture.
On finit la soirée devant un écran d'ordinateur, mais mon attention est ailleurs. Je guette le moment où nous allons nous coucher, ce moment où les masques tomberont à nouveau. Quand nous nous glissons enfin sous la couette, Nans ne m'enlace pas tout de suite. Il reste sur le dos, fixant le plafond.
— Dorian ?
— Oui ?
— C'est fatiguant d'être nous, parfois.
— Je sais.
— Oui ?
— C'est fatiguant d'être nous, parfois.
— Je sais.
Il se tourne enfin vers moi, cherche ma main sous les draps et la serre contre sa poitrine. Je sens les battements de son cœur, rapides, irréguliers. Il ne fait rien d'autre, mais cette main serrée contre son cœur en dit plus long que tous les discours du monde. Je m'endors avec une question qui me brûle les lèvres : combien de temps allons-nous tenir avant que l'incendie ne ravage tout ?
Les semaines qui suivent le dernier semestre s'écoulent dans une distorsion temporelle insupportable. Le compte à bout est lancé. Chaque cours de linguistique, chaque café pris sur les quais, chaque silence partagé dans les rayonnages de la bibliothèque nous rapproche du gouffre. Nous sommes en fin de troisième année. Les dossiers de Master sont déposés, les appartements vont être rendus. Pourtant, rien n'a changé en apparence. Nans est toujours cette présence solaire et tactile qui me rend fou, et moi, je suis toujours Dorian, le rouquin taiseux qui se laisse consumer sans mot dire.
Le dernier samedi soir de notre vie étudiante arrive sous un ciel orageux. C'est mon anniversaire, une date que j'ai presque oubliée dans le tumulte des derniers examens. Nans, lui, n'a rien oublié. Il débarque vers vingt-et-une heures avec un pack de bières et un sourire qui semble porter toute la mélancolie du monde.
— Joyeux anniversaire, Dubry, lance-t-il en posant les bouteilles sur mon bureau. On va fêter ça comme il se doit. C'est notre dernière nuit, Dorian. Demain, la route m'appelle.
L'aveu est un coup de poignard. Je sais qu'il part pour l'été avant de rejoindre un Master à l'autre bout de la France, mais l'entendre le dire rend la chose réelle. On boit lentement, assis par terre sur le lino de ma chambre. L'alcool nous rend plus légers, ou peut-être est-ce simplement la certitude de la fin qui brise les dernières digues.
— J'ai un truc pour toi, dit-il soudain en sortant un paquet de son sac.
C'est un exemplaire ancien de Les Nuits d'Octobre de Nerval, un livre qu'il sait que je cherche depuis des mois. Je l'ouvre d'une main tremblante. Sur la première page, il a écrit de son écriture cursive, nerveuse et élégante :
— À Dorian, mon super ami, mon écrivain. Je sais que tu deviendras grand, je l'ai lu dans tes yeux chaque fois que tu regardais le monde. N'oublie jamais que certaines histoires n'ont pas besoin d'être écrites pour exister. Merci pour ce silence qu'on a partagé, c'est le plus beau texte que j'ai lu. Je t'attendrai quelque part entre les lignes.
Je ne sais plus quoi dire. Le doute plane, le sous-entendu est une brûlure. On finit par se coucher très tard, alors que la pluie commence à tambouriner contre le carreau. Dans le noir, l'atmosphère change radicalement. Ce n'est plus le jeu des mois passés. Nans se tourne vers moi et commence à caresser mes cheveux roux avec une lenteur ostentatoire. Ses yeux verts, même dans l'obscurité, sont fixés droit dans les miens.
— Qu'est-ce qu'il y a, Nans ? murmurai-je, le cœur battant à tout rompre.
— J'ai un dernier cadeau pour toi, Dorian. Avant le départ. Avant notre dernière soirée et notre dernière nuit ensemble car je pars demain matin.
— Quoi ?
— J'ai un dernier cadeau pour toi, Dorian. Avant le départ. Avant notre dernière soirée et notre dernière nuit ensemble car je pars demain matin.
— Quoi ?
Il ne répond pas avec des mots. Il réduit l'espace et pose ses lèvres sur les miennes. Je ne le repousse pas. Le baiser, lent au départ, devient de plus en plus profond. La langue de Nans vient rencontrer la mienne et le baiser devient plus intense, plus avide. Il commence à caresser mon corps et prend une de mes mains pour la mettre sur son torse.
— Tu peux le faire aussi, me dit-il.
Il se retrouve au-dessus de moi et nous repartons encore dans un baiser fougueux. Tous les deux, nous nous retrouvons avec une érection qui se frotte l'une contre l'autre à nous en faire mal. Nans passe sa main sous l'élastique de mon caleçon pour me caresser les fesses et nous commençons à retirer nos sous-vêtements. Il me regarde et, contre ma bouche, il me dit qu'il ne peut pas aller plus loin que des caresses. Il veut juste sentir tout mon corps contre lui ; c'est la dernière partie de mon corps qu'il ne connaît pas encore de moi.
Une fois entièrement nus, nous restons un instant immobile, le souffle court, à nous contempler dans la pénombre. L'attente de ces trois années semble peser dans l'air, rendant chaque seconde de nudité électrique. Nans est magnifique. Sa peau est d'une chaleur de braise contre la mienne. Il approche sa main et commence par effleurer mes cuisses, remontant avec une lenteur de supplice vers mon sexe qui palpite.
Lorsqu'il pose enfin ses doigts sur moi, je lâche un gémissement que je ne peux plus contenir. Il caresse du bout de l'index le sommet de mon gland, étalant le liquide séminal avec une précision qui me fait cambrer le dos. Son propre sexe est une vision qui m'étourdit : son pénis est long, d'une épaisseur impressionnante, et parcouru de veines qui témoignent de son excitation sauvage. En dessous, ses couilles sont bien lisses, lourdes, d'un volume qui remplit ma paume quand je m'ose enfin à les peser. Je les sens rouler sous mes doigts, tendues par le désir, tandis que je remonte ma main pour enserrer sa verge.
Il me prend à pleine main, ses doigts longs faisant le tour complet de mon sexe, et commence un mouvement de va-et-vient lent et ferme. Je réplique, ma main s'adaptant à la circonférence de son membre long et gros. On s'embrasse avec une fureur nouvelle, nos langues se battant pour plus d'accès, tandis que nos bas-ventres se percutent. Je sens la dureté de son pénis contre ma cuisse, puis contre mon propre sexe. On se branle mutuellement, les yeux dans les yeux, les souffles courts se mélangeant. Nans accélère, son pouce massant mon frein avec une telle intensité que je vois des étoiles derrière mes paupières closes.
Je serre davantage ma prise sur lui, sentant sa verge devenir encore plus raide, presque brûlante. Je descends à nouveau ma main pour caresser la peau fine et tendue de ses couilles lisses, provoquant chez lui un râle guttural qui vibre jusque dans mon propre corps. La friction de nos peaux, l'odeur de notre désir, le bruit de nos mains qui glissent sur nos sexes... tout est décuplé. On est au bord du précipice. Le mouvement devient frénétique, une urgence que rien ne peut plus arrêter. Sans un mot, portés par une ultime saccade de nos hanches, nous éjaculons chacun l'un sur l'autre en même temps. La semence jaillit en jets chauds et épais, inondant nos ventres et nos mains entrelacées, tandis que nos bouches restent soudées dans un dernier baiser affolé.
Lorsque je reprends enfin mes esprits, le corps encore secoué de spasmes, je lui demande :
— Pourquoi ?
Et Nans me dit juste :
— Shuuut, il faut dormir maintenant.
Il me prend dans ses bras et m'embrasse encore une fois, ses lèvres goûtant le sel de ma peau. Il se met dans mon dos, toujours en me caressant, son autre main serrant la mienne, me faisant des baisers dans le cou et sur l'épaule. Nous nous endormons nus l'un contre l'autre, soudés par le plaisir et la tristesse.
Au petit matin, je me réveille avec un vide. Nans n'est plus là. À la place, sur l'oreiller, il y a une lettre. Je la déplie et mes yeux s'embuent immédiatement. Le papier est légèrement froissé, comme s'il l'avait serré fort avant de le poser.
« Mon Dorian,
Si tu lis ces lignes, c'est que je suis déjà loin, quelque part sur l'autoroute, avec le cœur en miettes. Je pars avant ton réveil parce que je suis un lâche, Dorian. Un lâche qui n'aurait jamais pu supporter de voir tes yeux s'ouvrir et d'y lire la fin de nous. Si je t'avais regardé une dernière fois, je ne serais jamais monté dans cette voiture. Je serais resté là, prisonnier de ta chambre, de ton odeur, de ta peau.
Si tu lis ces lignes, c'est que je suis déjà loin, quelque part sur l'autoroute, avec le cœur en miettes. Je pars avant ton réveil parce que je suis un lâche, Dorian. Un lâche qui n'aurait jamais pu supporter de voir tes yeux s'ouvrir et d'y lire la fin de nous. Si je t'avais regardé une dernière fois, je ne serais jamais monté dans cette voiture. Je serais resté là, prisonnier de ta chambre, de ton odeur, de ta peau.
Ce que je ressens pour toi, je n'ai jamais eu le courage de le nommer. J'ai préféré me cacher derrière des blagues, des bières et des "on est nous". Mais la vérité, c'est que j'ai passé chaque seconde de ces trois années à crever d'envie de te toucher comme on s'est touchés cette nuit. Cette nuit... elle restera gravée dans ma mémoire, dans ma chair, comme une brûlure sacrée. C'était la plus belle partie de ma vie, le seul moment où je me suis senti vraiment à ma place, vraiment entier.
Je sais que tu vas devenir un grand écrivain. Je l'ai toujours su, dès la première fois où je t'ai vu griffonner sur ton carnet avec cet air si sérieux. Écris pour moi, Dorian. Écris ces mots que je n'ai pas su te dire. J'ai été tellement heureux toute cette année avec toi, plus heureux que je ne mérite de l'être. Tu es la plus belle rencontre de mon existence, mon seul regret et ma plus grande joie.
Pardonne-moi de te laisser ce vide. Pardonne-moi de ne pas rester. On dit que si on aime vraiment quelqu'un, il faut le laisser partir... mais c'est une connerie, ça fait juste un mal de chien. Qui sait, peut-être que nos chemins se croiseront à nouveau un jour, dans une autre ville, sous une autre pluie. Ne m'oublie pas, je t'en supplie, car moi, je te porterai en moi jusqu'à mon dernier souffle.
Merci d'avoir été mon "nous". Je t'aime, même si je ne l'ai écrit qu'une fois, ici, sur ce papier qui tremble.
Ton Nans, pour toujours. »
Je reste là, nu sous les draps qui sentent encore son odeur, la lettre contre mon cœur. Je pleure sans pouvoir m'arrêter, de gros sanglots qui secouent tout mon corps, étouffé par la beauté et la tristesse insoutenable de ses mots. Il est parti, et le silence de la chambre est devenu le plus grand vide de mon existence.
Ton Nans, pour toujours. »
Je reste là, nu sous les draps qui sentent encore son odeur, la lettre contre mon cœur. Je pleure sans pouvoir m'arrêter, de gros sanglots qui secouent tout mon corps, étouffé par la beauté et la tristesse insoutenable de ses mots. Il est parti, et le silence de la chambre est devenu le plus grand vide de mon existence.
Fin du chapitre 4.
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