Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le journal intime de Clémence — Chapitre 12
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le journal intime de Clémence
Chapitre 12
Samedi 15 juin
Appuyé sur un coude, Julien me regardait. Le rideau – il avait dû se relever dans la nuit pour le fermer – laissait passer, de chaque côté, des flots de lumière. Draps et couvertures étaient rabattus au pied du lit.
Il m'a souri.
‒ Salut !
‒ Salut ! Il y a longtemps ?
‒ Longtemps que quoi ?
‒ Que tu me regardes comme ça ?
‒ Deux heures. Pas loin. Je ne m'en lasse pas. Tu es tellement belle !
À mon tour je lui ai souri.
‒ J'aime tes yeux. Ils sont tout pleins de moi.
‒ Tu sais ce que je voudrais ? C'est que tout le monde te voie. Que tout le monde sache. Que tout le monde ait envie de toi.
‒ Il y a tes copains là-haut, en face. C'est déjà pas si mal.
‒ Oui, mais eux… Tu sais ce qu'on pourrait faire ? C'est en envoyer à un site des photos de toi. Ils seraient des centaines à te voir comme ça. Des milliers. Ça te dirait pas ?
‒ C'est pas que ça me dirait pas, c'est que…
Un coup de sonnette. Strident. Péremptoire.
‒ Ah, ça, c'est sûrement Damien. Qui rêve de faire ta connaissance de beaucoup plus près.
Il m'a souri.
‒ Salut !
‒ Salut ! Il y a longtemps ?
‒ Longtemps que quoi ?
‒ Que tu me regardes comme ça ?
‒ Deux heures. Pas loin. Je ne m'en lasse pas. Tu es tellement belle !
À mon tour je lui ai souri.
‒ J'aime tes yeux. Ils sont tout pleins de moi.
‒ Tu sais ce que je voudrais ? C'est que tout le monde te voie. Que tout le monde sache. Que tout le monde ait envie de toi.
‒ Il y a tes copains là-haut, en face. C'est déjà pas si mal.
‒ Oui, mais eux… Tu sais ce qu'on pourrait faire ? C'est en envoyer à un site des photos de toi. Ils seraient des centaines à te voir comme ça. Des milliers. Ça te dirait pas ?
‒ C'est pas que ça me dirait pas, c'est que…
Un coup de sonnette. Strident. Péremptoire.
‒ Ah, ça, c'est sûrement Damien. Qui rêve de faire ta connaissance de beaucoup plus près.
Je me suis levée. En face ils étaient très probablement aux aguets. Je n'ai pas ouvert le rideau. Me voir doit rester exceptionnel. Il faut qu'ils attendent quelquefois pour rien. Maintenant que je les ai bien en mains. Dans la salle de bains, j'ai pris tout mon temps. Je me suis fait une beauté. Le grand jeu. Qu'il puisse dire aux autres, ce Damien que de près Clémence… Je les entendais parler Julien et lui. À mi-voix. De moi ? Probable. Un dernier coup d'œil dans la glace et j'ai fait mon entrée. ‒ Ah, la voilà ! Je te présente Clémence.
‒ Oui, ben ça, j'me doute ! Enfin, je te vois. Enfin ! Depuis le temps qu'il me parle de toi. Sans vouloir te montrer. Je finissais par me demander si t'existais vraiment à force.
J'ai souri. Julien nous a servi du café. On a parlé. Ils ont évoqué des souvenirs. Du temps qu'ils étaient à l'école. Qu'ils allaient chiper des bonbons à la Supérette du coin. Qu'ils attendaient que le facteur soit passé pour aller vider leurs pistolets à eau dans les boîtes aux lettres. Tout le temps qu'il est resté là, il n'a pas arrêté de se dire – j'en suis sûre – qu'il m'avait vue à poil et que je le savais pas. Ça l'excitait. Ça se voyait, ça l'excitait. J'ai aimé. Beaucoup.
‒ Oui, ben ça, j'me doute ! Enfin, je te vois. Enfin ! Depuis le temps qu'il me parle de toi. Sans vouloir te montrer. Je finissais par me demander si t'existais vraiment à force.
J'ai souri. Julien nous a servi du café. On a parlé. Ils ont évoqué des souvenirs. Du temps qu'ils étaient à l'école. Qu'ils allaient chiper des bonbons à la Supérette du coin. Qu'ils attendaient que le facteur soit passé pour aller vider leurs pistolets à eau dans les boîtes aux lettres. Tout le temps qu'il est resté là, il n'a pas arrêté de se dire – j'en suis sûre – qu'il m'avait vue à poil et que je le savais pas. Ça l'excitait. Ça se voyait, ça l'excitait. J'ai aimé. Beaucoup.
Dès qu'il a été parti…
‒ Alors ? Comment tu le trouves ?
‒ Sympa, mais bon.
‒ Il va aller leur chanter tes louanges. Et ils vont tous vouloir faire ta connaissance. Les uns après les autres.
J'ai haussé les épaules.
‒ Si ça les amuse…
‒ Ça te dit pas ?
‒ Oh, si ! Si !
‒ D'autant que plus ils auront l'occasion de t'approcher, de te parler et plus ils auront envie d'aller se poster à la fenêtre, en face, là-haut, pour te voir. Obligé. En attendant tu m'as pas répondu tout à l'heure…
‒ À propos de quoi ?
‒ De mettre des photos de toi sur un site.
Son portable a sonné.
‒ Décidément ! Chaque fois qu'on veut parler de ça, on est interrompus.
‒ Allô ! Oui. Oui. Je sais pas. Si tu veux… Je vais voir. Je sais pas, j'te dis. Je vais voir avec mes parents. Je te rappelle. Oui, moi aussi.
Il a raccroché.
‒ C'était Camille ! Elle s'emmerde.
‒ Ben, va la rejoindre !
‒ Mouais…
‒ T'as pas l'air enchanté.
‒ C'est pas ça. C'est que je me disais que peut-être tu pourrais encore rester là ce soir.
‒ C'est pas possible, ça, Julien. C'est pas possible. Avec Pierre je vais la passer, la soirée. Faut que j'y aille d'ailleurs, là, maintenant. Il va m'attendre.
‒ Alors ? Comment tu le trouves ?
‒ Sympa, mais bon.
‒ Il va aller leur chanter tes louanges. Et ils vont tous vouloir faire ta connaissance. Les uns après les autres.
J'ai haussé les épaules.
‒ Si ça les amuse…
‒ Ça te dit pas ?
‒ Oh, si ! Si !
‒ D'autant que plus ils auront l'occasion de t'approcher, de te parler et plus ils auront envie d'aller se poster à la fenêtre, en face, là-haut, pour te voir. Obligé. En attendant tu m'as pas répondu tout à l'heure…
‒ À propos de quoi ?
‒ De mettre des photos de toi sur un site.
Son portable a sonné.
‒ Décidément ! Chaque fois qu'on veut parler de ça, on est interrompus.
‒ Allô ! Oui. Oui. Je sais pas. Si tu veux… Je vais voir. Je sais pas, j'te dis. Je vais voir avec mes parents. Je te rappelle. Oui, moi aussi.
Il a raccroché.
‒ C'était Camille ! Elle s'emmerde.
‒ Ben, va la rejoindre !
‒ Mouais…
‒ T'as pas l'air enchanté.
‒ C'est pas ça. C'est que je me disais que peut-être tu pourrais encore rester là ce soir.
‒ C'est pas possible, ça, Julien. C'est pas possible. Avec Pierre je vais la passer, la soirée. Faut que j'y aille d'ailleurs, là, maintenant. Il va m'attendre.
16 heures
Il paraissait tout heureux de me retrouver
‒ On fait quoi ?
‒ On reste un peu là ?
Dans ma chambre.
‒ Si tu veux, oui.
Il m'a prise contre lui. Poussée sur le lit. Pressé. Impatient. Son plaisir est venu vite. Très vite.
‒ Je suis désolé. J'ai pas pu me retenir. J'ai pas pu.
‒ Ça fait rien.
Ça faisait rien, non. Parce que ça voulait dire que Laëtitia, il avait pas dû la voir d'un moment. Peut-être, oui. Sûrement ! Et même… Peut-être qu'avec un peu de chance c'était en train de tourner vinaigre entre eux. Il fallait la jouer fine alors. Je me suis blottie contre lui. Il m'a doucement caressé les cheveux. La nuque.
‒ Je suis bien avec toi.
Décidément !
‒ Moi aussi, je suis bien.
On est restés un long moment silencieux. On s'est endormis.
‒ On fait quoi ?
‒ On reste un peu là ?
Dans ma chambre.
‒ Si tu veux, oui.
Il m'a prise contre lui. Poussée sur le lit. Pressé. Impatient. Son plaisir est venu vite. Très vite.
‒ Je suis désolé. J'ai pas pu me retenir. J'ai pas pu.
‒ Ça fait rien.
Ça faisait rien, non. Parce que ça voulait dire que Laëtitia, il avait pas dû la voir d'un moment. Peut-être, oui. Sûrement ! Et même… Peut-être qu'avec un peu de chance c'était en train de tourner vinaigre entre eux. Il fallait la jouer fine alors. Je me suis blottie contre lui. Il m'a doucement caressé les cheveux. La nuque.
‒ Je suis bien avec toi.
Décidément !
‒ Moi aussi, je suis bien.
On est restés un long moment silencieux. On s'est endormis.
Dimanche 16 juin
Ils étaient à l'appart. Tous les deux. Camille et Pierre ont presque aussitôt remis ça avec les États-Unis.
‒ Bon, dites, on va pas passer l'après-midi enfermés là. Avec le temps qu'il fait ! Si on allait manger une glace chez Berthillon plutôt ?
Aussitôt dit, aussitôt fait. Et puis on a longé les quais. En plongeant de temps à autre le nez dans les bacs des bouquinistes. L'Île de la Cité. On a regardé passer les bateaux-mouches.
‒ Vous savez ce qui serait bien ? C'est qu'un soir on aille dîner tous les quatre dessus.
Le boulevard Saint-Michel. Saint-Germain. C'est venu d'un coup. Une pluie d'orage. Froide. Torrentielle. On s'est engouffrés, en riant aux éclats, dans le premier cinéma venu. Installés tout au fond. Côte à côte. C'est Julien qui a commencé. Sa main à onduler sous le tee-shirt de Camille. Le crissement de la fermeture éclair du jean. Pierre leur jetait de rapides coups d'œil. Aussi discrets que possible.
‒ Si tu t'occupais de moi plutôt ?
Ce qu'il a fait. Bien. Agréable. Tout en continuant, mine de rien, à surveiller ce qui se passait à côté. Camille a eu son plaisir. Retenu… Susurré. Moi aussi. Après elle. Presque aussitôt, les dents refermées sur le col de la chemise de Pierre.
‒ Bon, dites, on va pas passer l'après-midi enfermés là. Avec le temps qu'il fait ! Si on allait manger une glace chez Berthillon plutôt ?
Aussitôt dit, aussitôt fait. Et puis on a longé les quais. En plongeant de temps à autre le nez dans les bacs des bouquinistes. L'Île de la Cité. On a regardé passer les bateaux-mouches.
‒ Vous savez ce qui serait bien ? C'est qu'un soir on aille dîner tous les quatre dessus.
Le boulevard Saint-Michel. Saint-Germain. C'est venu d'un coup. Une pluie d'orage. Froide. Torrentielle. On s'est engouffrés, en riant aux éclats, dans le premier cinéma venu. Installés tout au fond. Côte à côte. C'est Julien qui a commencé. Sa main à onduler sous le tee-shirt de Camille. Le crissement de la fermeture éclair du jean. Pierre leur jetait de rapides coups d'œil. Aussi discrets que possible.
‒ Si tu t'occupais de moi plutôt ?
Ce qu'il a fait. Bien. Agréable. Tout en continuant, mine de rien, à surveiller ce qui se passait à côté. Camille a eu son plaisir. Retenu… Susurré. Moi aussi. Après elle. Presque aussitôt, les dents refermées sur le col de la chemise de Pierre.
Lundi 17 juin
Les garçons étaient partis, Camille levée.
‒ Quelle nuit encore, hein !
‒ Ça, tu l'as dit.
‒ Ça l'excite, Julien, de vous entendre à côté. Et pas qu'un peu.
‒ Pierre aussi
‒ Et pas toi ?
On s'est regardées et on a éclaté de rire.
‒ Faut bien reconnaître…
‒ Tu sais quoi ? Tu vas pas te fâcher ?
‒ Non. Dis !
‒ Je l'ai vu à poil, ton Pierre, ce matin. Dans la salle de bains. Je savais pas qu'il y était et quand je suis entrée, il était sous la douche. Pas mal, dis donc ! On dirait pas à le voir comme ça, mais il y a tout ce qu'il faut là où il faut.
‒ Tu savais pas qu'il y était, tu dis ?
‒ Non. Enfin peut-être, si ! Je me doutais. J'avais entendu couler l'eau. Je me doutais que je risquais d'arriver au bon moment. Et ça n'a pas loupé. Oh, mais j'ai bien le droit d'être un peu curieuse, non ?
‒ À charge de revanche alors ! Tu me laisses voir Julien.
‒ Tu l'as jamais vu ? Même en étant en coloc avec !
‒ Jamais.
‒ C'est complètement fou, ça ! Je peux te dire que ça aurait été moi. Bon, mais je vais t'arranger ça.
‒ Quelle nuit encore, hein !
‒ Ça, tu l'as dit.
‒ Ça l'excite, Julien, de vous entendre à côté. Et pas qu'un peu.
‒ Pierre aussi
‒ Et pas toi ?
On s'est regardées et on a éclaté de rire.
‒ Faut bien reconnaître…
‒ Tu sais quoi ? Tu vas pas te fâcher ?
‒ Non. Dis !
‒ Je l'ai vu à poil, ton Pierre, ce matin. Dans la salle de bains. Je savais pas qu'il y était et quand je suis entrée, il était sous la douche. Pas mal, dis donc ! On dirait pas à le voir comme ça, mais il y a tout ce qu'il faut là où il faut.
‒ Tu savais pas qu'il y était, tu dis ?
‒ Non. Enfin peut-être, si ! Je me doutais. J'avais entendu couler l'eau. Je me doutais que je risquais d'arriver au bon moment. Et ça n'a pas loupé. Oh, mais j'ai bien le droit d'être un peu curieuse, non ?
‒ À charge de revanche alors ! Tu me laisses voir Julien.
‒ Tu l'as jamais vu ? Même en étant en coloc avec !
‒ Jamais.
‒ C'est complètement fou, ça ! Je peux te dire que ça aurait été moi. Bon, mais je vais t'arranger ça.
10 heures
On ne lui a pas laissé le temps, Sophie et moi, de dire quoi que ce soit.
‒ On y va chercher ce string que vous avez promis ?
‒ Allez !
Droite. Gauche. Encore gauche. Droite. Un quartier inconnu.
‒ Vous nous emmenez où comme ça ?
‒ Vous verrez bien.
‒ Vous voulez nous perdre, c'est ça ?
‒ En attendant vous étiez pas là vendredi. Il était fermé votre cabinet. Vous étiez où ?
‒ Vous êtes bien curieuses.
‒ Vous aviez rendez-vous avec une nana, j'parie ! C'est ça, hein ?
‒ Ou peut-être deux. Que vous allez voir et que vous regardez comme nous.
‒ Oui, mais alors ça, il a pas le droit. Vous avez pas le droit. Il doit y avoir que nous.
Il s'est garé le long du trottoir.
‒ C'est là ! On est arrivés.
‒ C'est quoi ce machin ? C'est pas un magasin !
‒ On y va chercher ce string que vous avez promis ?
‒ Allez !
Droite. Gauche. Encore gauche. Droite. Un quartier inconnu.
‒ Vous nous emmenez où comme ça ?
‒ Vous verrez bien.
‒ Vous voulez nous perdre, c'est ça ?
‒ En attendant vous étiez pas là vendredi. Il était fermé votre cabinet. Vous étiez où ?
‒ Vous êtes bien curieuses.
‒ Vous aviez rendez-vous avec une nana, j'parie ! C'est ça, hein ?
‒ Ou peut-être deux. Que vous allez voir et que vous regardez comme nous.
‒ Oui, mais alors ça, il a pas le droit. Vous avez pas le droit. Il doit y avoir que nous.
Il s'est garé le long du trottoir.
‒ C'est là ! On est arrivés.
‒ C'est quoi ce machin ? C'est pas un magasin !
Il est parti devant. A fait glisser la grande grille d'entrée sur son rail.
‒ C'est carrément louche ce truc, moi j'trouve ! Je rentre pas là-dedans.
‒ Ni moi non plus ! Je tiens pas à ce qu'on me retrouve égorgée.
Il est revenu sur ses pas.
‒ Ben alors ! Qu'est-ce vous faites ? Vous venez ?
‒ On sait pas. C'est quoi qu'il y a là-derrière ?
‒ Une surprise. Allez, venez !
On s'est regardées
‒ De quoi vous avez peur ? Vous me connaissez. On se connaît.
On a hésité.
‒ Vous le regretterez pas, vous verrez.
Alors on l'a suivi. Une porte. Qu'il a refermée derrière nous. Un couloir. Tout sombre. Un grand hall. Dont il a allumé toutes les lumières d'un coup. Et… Des bacs. De grands bacs métalliques remplis jusqu'à ras bord. De strings. De culottes. De sous-tifs. De bodies. De panties. Il y en avait des monceaux. De toutes les couleurs. De toutes les tailles. De toutes les formes.
‒ Mais c'est quoi tout ça ? Ça sort d'où ?
‒ De l'usine. C'est en attente de conditionnement. Eh bien, allez-y ! Servez-vous ! Faites votre choix. Essayez et servez-vous !
‒ On a le droit ? On risque pas d'avoir des ennuis ?
‒ Vous croyez quoi ? Que je me mettrais voleur pour trois culottes et deux soutiens-gorge ?
Après tout, c'était son problème. Et puis il avait les clefs. Alors s'il avait les clefs.
‒ Et s'il y a quelqu'un qu'arrive ?
‒ Il y a pas de risque. Le lundi matin il y a aucun risque. Alors, allez, prenez !
Et on a pioché à droite. On a pioché à gauche. On s'est foutues à poil. Et on a essayé. Tout ce qui nous plaisait. Tout ce qui nous faisait envie. Une orgie d'essayages. Pour son plus grand plaisir, ça se voyait. Et pour le nôtre.
‒ C'est carrément louche ce truc, moi j'trouve ! Je rentre pas là-dedans.
‒ Ni moi non plus ! Je tiens pas à ce qu'on me retrouve égorgée.
Il est revenu sur ses pas.
‒ Ben alors ! Qu'est-ce vous faites ? Vous venez ?
‒ On sait pas. C'est quoi qu'il y a là-derrière ?
‒ Une surprise. Allez, venez !
On s'est regardées
‒ De quoi vous avez peur ? Vous me connaissez. On se connaît.
On a hésité.
‒ Vous le regretterez pas, vous verrez.
Alors on l'a suivi. Une porte. Qu'il a refermée derrière nous. Un couloir. Tout sombre. Un grand hall. Dont il a allumé toutes les lumières d'un coup. Et… Des bacs. De grands bacs métalliques remplis jusqu'à ras bord. De strings. De culottes. De sous-tifs. De bodies. De panties. Il y en avait des monceaux. De toutes les couleurs. De toutes les tailles. De toutes les formes.
‒ Mais c'est quoi tout ça ? Ça sort d'où ?
‒ De l'usine. C'est en attente de conditionnement. Eh bien, allez-y ! Servez-vous ! Faites votre choix. Essayez et servez-vous !
‒ On a le droit ? On risque pas d'avoir des ennuis ?
‒ Vous croyez quoi ? Que je me mettrais voleur pour trois culottes et deux soutiens-gorge ?
Après tout, c'était son problème. Et puis il avait les clefs. Alors s'il avait les clefs.
‒ Et s'il y a quelqu'un qu'arrive ?
‒ Il y a pas de risque. Le lundi matin il y a aucun risque. Alors, allez, prenez !
Et on a pioché à droite. On a pioché à gauche. On s'est foutues à poil. Et on a essayé. Tout ce qui nous plaisait. Tout ce qui nous faisait envie. Une orgie d'essayages. Pour son plus grand plaisir, ça se voyait. Et pour le nôtre.
J'étais penchée en avant, toute nue, sur l'un des bacs pour essayer d'agripper un truc qui me plaisait au milieu quand il est arrivé par-derrière, le dentiste. Il m'a attrapé les jambes, soulevée et balancée dedans. C'était doux. Tellement. Soyeux. Vaporeux. Agréable. Très. Je m'y suis roulée. Vautrée. Avec délectation.
‒ Viens, Sophie, viens ! C'est trop bien.
Elle a escaladé, s'est tout doucement laissée tomber sur moi. Son ventre contre le mien. Ses seins contre les miens. Je nous ai recouvertes. À pleines brassées. Je nous ai enfouies sous un monceau de lingerie. Nous y ai fait disparaître. Ses lèvres sur les miennes. Je les lui ai abandonnées. Je les ai entrouvertes. J'ai refermé mes bras sur elle.
‒ Viens, Sophie, viens ! C'est trop bien.
Elle a escaladé, s'est tout doucement laissée tomber sur moi. Son ventre contre le mien. Ses seins contre les miens. Je nous ai recouvertes. À pleines brassées. Je nous ai enfouies sous un monceau de lingerie. Nous y ai fait disparaître. Ses lèvres sur les miennes. Je les lui ai abandonnées. Je les ai entrouvertes. J'ai refermé mes bras sur elle.
‒ Eh ben dites donc, les filles ! Eh ben dites donc !
Il était tout rouge. Avec les yeux qui brillaient. Il s'est penché vers moi.
‒ Tu as joui, hein ?
Tout bas. À l'oreille. J'ai mis un doigt sur mes lèvres.
‒ Ça, c'est un secret.
‒ Si ! Tu as joui. Je suis sûr que tu as joui.
Sophie avait commencé à se rhabiller.
‒ Heureusement que personne pouvait venir, hein ! Parce que sinon.
Il a souri.
‒ En principe personne pouvait venir, non, mais il y avait les caméras de surveillance.
On s'est récriées.
‒ Hein ? Mais c'est dégueulasse ! Il y a plein de gens qui vont pouvoir nous voir.
‒ Pas si je subtilise les bandes… Et que je les conserve pour mon usage personnel… »
Il était tout rouge. Avec les yeux qui brillaient. Il s'est penché vers moi.
‒ Tu as joui, hein ?
Tout bas. À l'oreille. J'ai mis un doigt sur mes lèvres.
‒ Ça, c'est un secret.
‒ Si ! Tu as joui. Je suis sûr que tu as joui.
Sophie avait commencé à se rhabiller.
‒ Heureusement que personne pouvait venir, hein ! Parce que sinon.
Il a souri.
‒ En principe personne pouvait venir, non, mais il y avait les caméras de surveillance.
On s'est récriées.
‒ Hein ? Mais c'est dégueulasse ! Il y a plein de gens qui vont pouvoir nous voir.
‒ Pas si je subtilise les bandes… Et que je les conserve pour mon usage personnel… »
‒ Il les a retirées.
‒ Ben, oui ! Oui. T'as bien vu.
‒ Il a pas fini de se les passer et repasser en boucle
‒ Ah, ben ça !
‒ Dommage qu'il les ait pas laissées finalement dans un sens.
Elle m'a regardée avec des yeux ronds.
‒ Non, mais ça va pas ! T'es pas bien ?
‒ Je trouverais pas ça désagréable, moi, qu'il y ait des mecs qui me regardent sans que je sache qui c'est.
‒ Pour que ça te retombe sur la gueule après. On sait jamais où ça peut finir par aller traîner ces trucs-là.
‒ Oui, oh, faut pas non plus psychoter sans arrêt sur tout. En attendant on a eu des tas de trucs à l'œil du coup.
‒ Et de la qualité en plus ! Faudra y retourner. Qu'il nous y ramène !
‒ Mouais !
‒ Non ? T'as pas l'air convaincue.
‒ Si ! Oh, si ! Mais un vrai magasin normal ce serait pas mal non plus.
‒ Ben, oui ! Oui. T'as bien vu.
‒ Il a pas fini de se les passer et repasser en boucle
‒ Ah, ben ça !
‒ Dommage qu'il les ait pas laissées finalement dans un sens.
Elle m'a regardée avec des yeux ronds.
‒ Non, mais ça va pas ! T'es pas bien ?
‒ Je trouverais pas ça désagréable, moi, qu'il y ait des mecs qui me regardent sans que je sache qui c'est.
‒ Pour que ça te retombe sur la gueule après. On sait jamais où ça peut finir par aller traîner ces trucs-là.
‒ Oui, oh, faut pas non plus psychoter sans arrêt sur tout. En attendant on a eu des tas de trucs à l'œil du coup.
‒ Et de la qualité en plus ! Faudra y retourner. Qu'il nous y ramène !
‒ Mouais !
‒ Non ? T'as pas l'air convaincue.
‒ Si ! Oh, si ! Mais un vrai magasin normal ce serait pas mal non plus.
Midi
Encore Stéphane. Avec sa pièce de théâtre.
‒Oh, toi, quand t'as une idée en tête !
‒ C'est que… je peux pas imaginer quelqu'un d'autre que toi dans le rôle d'Adela. C'est toi. C'est forcément toi. Tant physiquement que moralement. Au point que si je peux pas t'avoir, je laisse tomber la pièce.
‒ Hein ? Mais c'est du chantage !
‒ Non ! Du réalisme.
‒ J'ai tant d'occupations.
‒ Qu'une de plus ou une de moins… t'es plus à ça près.
‒ C'est une façon de voir les choses.
‒ Tu peux bien faire ça pour moi quand même, non ?
Il m'a pris la main par-dessus la table. L'a gardée.
‒ Oui. Bon, allez !On commence quand ?
‒ Jeudi. Tu sais où. Je compte sur toi, hein ?
‒Oh, toi, quand t'as une idée en tête !
‒ C'est que… je peux pas imaginer quelqu'un d'autre que toi dans le rôle d'Adela. C'est toi. C'est forcément toi. Tant physiquement que moralement. Au point que si je peux pas t'avoir, je laisse tomber la pièce.
‒ Hein ? Mais c'est du chantage !
‒ Non ! Du réalisme.
‒ J'ai tant d'occupations.
‒ Qu'une de plus ou une de moins… t'es plus à ça près.
‒ C'est une façon de voir les choses.
‒ Tu peux bien faire ça pour moi quand même, non ?
Il m'a pris la main par-dessus la table. L'a gardée.
‒ Oui. Bon, allez !On commence quand ?
‒ Jeudi. Tu sais où. Je compte sur toi, hein ?
17 heures
Julien était à l'ordi.
‒ T'es déjà là ? Tu bosses pas ?
‒ Si ! Enfin non. J'ai pris mon après-midi. J'avais des trucs à faire.
‒ Reluquer des petites nanas à poil apparemment.
‒ Elles sont pas mal foutues, hein ?
‒ Faut reconnaître, oui.
‒ Ça te dirait pas à toi ?
‒ Ça y est ! V'là que ça le reprend !
‒ Tout un tas de types – des filles aussi d'ailleurs – à t'admirer. À avoir envie de toi. À te le dire. À se donner du plaisir en pensant à toi. Me dis pas que ça te plairait pas.
‒ Si ! Oui. Et faudrait que je fasse quoi ?
‒ Rien. Rien de spécial. Juste des photos. Visage caché évidemment. C'est moi qui les prendrais. Les poses on les choisirait ensemble. Alors ? T'en penses quoi ?
‒ Que… Mais je vais d'abord le visiter à fond le site. Je te dirai.
‒ T'es déjà là ? Tu bosses pas ?
‒ Si ! Enfin non. J'ai pris mon après-midi. J'avais des trucs à faire.
‒ Reluquer des petites nanas à poil apparemment.
‒ Elles sont pas mal foutues, hein ?
‒ Faut reconnaître, oui.
‒ Ça te dirait pas à toi ?
‒ Ça y est ! V'là que ça le reprend !
‒ Tout un tas de types – des filles aussi d'ailleurs – à t'admirer. À avoir envie de toi. À te le dire. À se donner du plaisir en pensant à toi. Me dis pas que ça te plairait pas.
‒ Si ! Oui. Et faudrait que je fasse quoi ?
‒ Rien. Rien de spécial. Juste des photos. Visage caché évidemment. C'est moi qui les prendrais. Les poses on les choisirait ensemble. Alors ? T'en penses quoi ?
‒ Que… Mais je vais d'abord le visiter à fond le site. Je te dirai.
21 heures
‒ Clémence !
La voix de Camille. Qui venait de la salle de bains.
‒ Oui ? Quoi ?
‒ T'as pas du dissolvant ?
J'avais, oui.
‒ Tu peux me l'apporter ? Tu seras un amour.
Elle était assise sur le petit tabouret à côté du lavabo, enveloppée dans une grande serviette blanche. Julien, lui, était sous la douche et se frictionnait vigoureusement.
‒ Merci. Et attends ! Attends ! Te sauve pas comme ça ! Tu peux pas me montrer comment ça s'ouvre ce truc ? Ça fait une heure que je me bats avec.
La voix de Camille. Qui venait de la salle de bains.
‒ Oui ? Quoi ?
‒ T'as pas du dissolvant ?
J'avais, oui.
‒ Tu peux me l'apporter ? Tu seras un amour.
Elle était assise sur le petit tabouret à côté du lavabo, enveloppée dans une grande serviette blanche. Julien, lui, était sous la douche et se frictionnait vigoureusement.
‒ Merci. Et attends ! Attends ! Te sauve pas comme ça ! Tu peux pas me montrer comment ça s'ouvre ce truc ? Ça fait une heure que je me bats avec.
Elle m'a rejointe en catimini dans ma chambre.
‒ Alors ? T'as vu ? Je t'avais dit que je te le montrerais. Je te l'avais pas dit ?
Si elle avait su !
‒ Il est pas mal foutu, hein ?
Oh, ça, oui, oui !
‒ On a de la chance finalement toutes les deux. On est sacrément bien loties. Toi avec Pierre, moi avec Julien. Ce qu'on doit en faire des jalouses ! Bon, mais j'y retourne. Il m'attend. À un petit câlin je vais avoir droit.
Elle a marqué un temps d'arrêt, hésité.
‒ T'as encore envie ? De le voir. Ça te dit ?
Elle a baissé la voix.
‒ Je vais la laisser entrebâillée la porte de la chambre. Alors si tu veux…
‒ Alors ? T'as vu ? Je t'avais dit que je te le montrerais. Je te l'avais pas dit ?
Si elle avait su !
‒ Il est pas mal foutu, hein ?
Oh, ça, oui, oui !
‒ On a de la chance finalement toutes les deux. On est sacrément bien loties. Toi avec Pierre, moi avec Julien. Ce qu'on doit en faire des jalouses ! Bon, mais j'y retourne. Il m'attend. À un petit câlin je vais avoir droit.
Elle a marqué un temps d'arrêt, hésité.
‒ T'as encore envie ? De le voir. Ça te dit ?
Elle a baissé la voix.
‒ Je vais la laisser entrebâillée la porte de la chambre. Alors si tu veux…
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