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✦ Exorium Le journal intime de Clémence XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le journal intime de Clémence — Chapitre 17

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Le journal intime de Clémence

Chapitre 17

Samedi 29 juin
 Avant d'aller rejoindre Camille, je suis passée chez Charusse. Histoire de le prévenir que j'allais être absente quelques jours, mais aussi, et surtout, de lui mettre un peu la pression. J'avais ma petite idée derrière la tête.
‒ Vous ! C'est vous !
Il était ravi. Ses yeux en pétillaient de bonheur.
‒ Entrez ! Installez-vous !
Il s'est vite rendu compte que je tirais la tronche. Pour pas s'en rendre compte…
‒ Il y a quelque chose qui va pas ? C'est pas à cause de moi au moins ?
C'était pas à cause de lui, non.
‒ C'est mon petit ami. On s'est disputés.
‒ Ah ! Oh, mais ça va peut-être s'arranger.
‒ Je sais pas. Parce qu'on s'est dit de ces trucs, là. Et puis n'importe comment je suis pas sûre d'en avoir vraiment envie.
‒ Je peux peut-être vous aider. Il s'est passé quoi au juste ?
‒ Oh, rien ! Des conneries.
‒ Vous voulez pas en parler ?
‒ Oh, à vous je peux bien. Disons qu'hier j'avais pas de culotte. J'ai passé toute la journée comme ça. Aux courses. Partout. Il s'en est rendu compte et ça l'a rendu fou furieux. Tu parles ! Il y a vraiment pas de quoi. Seulement il est vieux jeu, mais vieux jeu ! Même vous qu'avez deux fois son âge je suis sûre que ça vous choque pas.
‒ Bien sûr que non !
‒ Ah, vous voyez ! Non, faut dire que c'est souvent que j'en mets pas l'été. Presque tout le temps en fait. On se sent tellement mieux comme ça. La belle affaire si quelqu'un s'en aperçoit. Il en perdra pas la vue. Non, vous croyez pas, vous ?
Oh, si ! Si ! Il était bien de cet avis, si ! La question qui lui brûlait les lèvres il n'a pas osé la poser. Et je m'étais habillée de telle manière qu'il ne puisse pas y répondre. Pas aujourd'hui. Pas tout de suite.
11 heures
Finalement on a jeté une tente dans le coffre de la voiture. Parce qu'aller à l'hôtel nous aurait coûté la peau des fesses.
‒ On aura plus une thune pour quoi que ce soit d'autre.
Sans compter que pour faire des rencontres, c'était l'idéal un camping naturiste.
‒ C'est convivial. Tout le monde discute avec tout le monde. Non, mais comment on va s'en payer du bon temps !
‒ Ça te fait pas culpabiliser ?
‒ Par rapport à Pierre ? Non, je suis pas sa propriété à Pierre. Je suis la propriété de personne. On s'est rien promis en plus. Et toi ? Par rapport à Julien ?
‒ Un peu quand même. Il est tellement tendre. Tellement amoureux. S'il l'apprenait…
‒ Il le saura pas. Il y a aucune espèce de raison qu'il le sache.
‒ Oui, oh, n'importe comment…
‒ N'importe comment ?
‒ Quand un mec me plaît je peux pas m'empêcher. C'est plus fort que moi. Alors !
‒  Alors, oui. Comme tu dis…
18 heures
Ça a attaqué fort. Parce que, sur l'emplacement juste à côté de celui qu'on venait de nous attribuer, deux types. D'à peu près notre âge. Mignons. Qui sirotaient tranquillement une bière, devant une table de camping, dans le plus simple appareil.
‒ Salut, les filles !
‒ Salut !
Et on a commencé à décharger la voiture.
‒ Vous devez avoir soif. Avec cette chaleur !
‒ Un peu, oui !
‒ Eh bien venez boire un coup.
‒ » Oui, mais non. Fallait qu'on monte notre tente et puis qu'on…
‒ Vous avez bien le temps. Il fait jour tard. Et puis on vous aidera. Allez, venez !
Ils nous ont sorti deux pliants, versé deux grands verres de coca bien frais. Et on a discuté. D'où on venait. Ce qu'on faisait. Les musiques qu'on aimait. Les films, tout ça ! Ils habitent Strasbourg. Tous les deux. Lucas, lui, il fait dentaire. Et Boris veut entrer dans la police. Pas loin de deux heures on a parlé.
‒ C'est la première fois que vous venez dans un camping naturiste, hein ?
‒ Oui. On est déjà allées sur des plages, mais en camping jamais, non.
‒ Ça se voit.
‒ Comment ça ?
‒ La première chose que tout le monde fait ici, c'est de se mettre à l'aise. On les supporte assez toute l'année, les vêtements. Regardez tout autour. Il y a que vous qu'êtes habillées.
C'était vrai. On s'est mises à l'aise. Et on s'est rassises avec eux.
22 heures
On n'a pas réussi à s'endormir tout de suite.
‒ Non, mais comment ils sont sympas !
J'étais bien de son avis. Pour être sympas, ça, ils étaient sympas.
‒ On a sacrément du pot, hein, finalement ! Parce que les deux premiers sur qui on tombe…
Oui, mais fallait pas s'emballer non plus. C'était pas parce qu'on avait passé la soirée avec que pour autant…
‒ Tu parles ! Ils en crèvent d'envie. Il a pas arrêté de te dévorer des yeux Boris. Il te plaît ?
Fallait reconnaître, il me déplaisait pas.
‒ Plus que Lucas ?
‒ Ah, pour ça, oui ! Il y a pas photo.
‒ C'est trop marrant, les goûts. Parce que moi, c'est exactement le contraire. Lucas, je lui trouve un charme fou alors que Boris… Tant mieux, remarque ! Comme ça au moins on se les disputera pas.
‒ Bon, mais allez ! On dort. Parce que sinon demain…
Camille se tournait, se retournait, soupirait.
‒ J'arrive pas à dormir.
‒ Moi non plus.
‒ Ça te fait la même chose à toi ?
‒ La même chose que quoi ?
‒ J'adore Julien, mais, chaque fois que je rencontre un mec qui me plaît, je peux pas m'empêcher de me dire que, peut-être, pour un truc qui dure, ce serait beaucoup mieux avec celui-là. Et je me fais tout un film.
‒ Parce que tu le connais pas justement, mais le jour où tu le connaîtrais vraiment.
‒ On sait pas. On peut pas savoir. Ce qu'il faudrait finalement, c'est pouvoir en garder plusieurs à la fois. Le temps de se rendre compte, de faire le tri, seulement ça !
Dimanche 30 juin
On s'est levées à onze heures. Ils étaient partis. Leur tente était fermée.
‒ Hein ? Mais c'est dégueulasse ! Ils auraient pu nous attendre quand même ! Oh, mais bouge pas qu'ils vont nous payer ça !
‒ Ah, ça, c'est sûr ! Ils vont voir ce qu'ils vont voir.
Bon, mais on allait pas faire tourner toute notre existence autour d'eux types non plus. On connaissait pas plus que ça finalement. Alors qu'il y en avait des tas qu'étaient au moins aussi intéressants qu'eux. Et on a filé à la plage.
‒ Tu sais quoi ?
Non. Qu'est-ce qu'il fallait que je sache ?
‒ Eh ben plus ça va et plus j'adore ça les regarder les mecs. Je veux dire… Les regarder complètement partout quand ils sont à poil comme ça.
‒ C'est clair, t'arrêtes pas. Depuis deux heures qu'on est là, t'as seulement pas ouvert ton smartphone.
‒ N'empêche, comment j'avais des tas de scrupules là-dessus avant. Ça se faisait pas pour une nana un truc pareil. Qu'est-ce qu'on allait penser de moi si on s'en rendait compte ? Et talali et talala… Non, mais franchement… Pourquoi les mecs, eux, ils auraient le droit de nous reluquer à longueur de temps sous toutes les coutures et pas nous ? C'est pas juste. Surtout que ça vaut le coup souvent. Pas à chaque fois, non, faut pas rêver, mais souvent. T'en as pas deux pareilles en plus si t'y réfléchis bien. Regarde-la celle-là, tiens, justement ! Non, mais regarde comment elle est fichue ! J'aimerais trop ça voir ce que ça donne quand il bande. En attendant, je suis bien tranquille que t'as neuf filles sur dix, quand elles ont l'occasion, elles la laissent pas passer. Elles se rincent l'œil tant qu'elles peuvent. Seulement c'est hypocrisie et compagnie, tout ça. Elles l'avoueraient pour rien au monde. Et t'as intérêt à faire pareil. Sinon, tu passes pour la grosse vicieuse de base.
Moi aussi j'ai regardé. Après tout, si on a des yeux c'est pour s'en servir. Et c'est pas si souvent qu'on peut en voir autant des mecs. Mais j'ai pas fait que ça non plus. J'ai envoyé des mails à Julien pour lui raconter, en détail, à quoi elle employait son temps sur la plage, sa Camille. « Et elle est à côté de toi pendant que tu me racontes tout ça ? Elle se doute de rien ? Trop génial. » Oui, ben en attendant j'étais vachement déçue, moi. « Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? » « Il se passe qu'il le publie, le site, pas les dernières photos qu'on a faites. Ils les trouvent nulles, je suis sûre. » « Oh, ça y est ! Tout de suite. Laisse-leur le temps. Ils ont bien le droit de prendre quelques jours de vacances, eux aussi ! » « Non, mais je suis trop impatiente, attends ! » « J'm'en fiche, moi ! Je peux les regarder tant que je veux. » « Quel égoïste tu fais ! » « Et, en confidence, j'y passe un temps, mais un temps ! Je suis amoureux fou de tes fesses, je crois bien. »
Je l'adore, Julien.
19 heures
Quand on est revenues au camping Boris et Lucas étaient tranquillement assis devant leur tente.
‒ Alors, les filles, ça va comme vous voulez ?
Ça allait, oui. On avait passé l'après-midi sur la plage.
Eux aussi, une plage privée. Où il y avait absolument personne.
‒ Ils sont absents, les proprios en ce moment. Alors on en profite. On vous y emmènera, si vous voulez.
On voulait bien, oui. Et on a mangé ensemble. On a mis nos provisions en commun et on a mangé ensemble.
22 heures
On a regagné notre tente. Et Camille a explosé.
‒ T'as vu ça ? Ils en ont strictement rien à foutre de nous en fait.
‒ Je dirais pas ça. On a passé une bonne soirée, moi j'trouve. On a discuté. On a rigolé. Qu'est-ce t'aurais voulu de plus.
‒ Qu'ils s'intéressent vraiment à nous. Qu'ils aient envie de nous, quoi !
‒ Ils ont peut-être des copines.
‒ Et alors ? On en a bien, nous, des copains. Ça empêche rien. Et t'as déjà vu des mecs laisser passer une occasion, toi ? Copine ou pas. Non, la vérité, c'est qu'on leur plaît pas et puis voilà ! C'est agréable ! Et ça tombe mal. Vraiment mal. Parce qu'après une journée comme ça !
Minuit…
Je rêvais que j'étais sur un bateau. Et ça tanguait, mais ça tanguait. À en attraper le mal de mer. Ça m'a réveillée. Et… il tanguait vraiment le matelas. Et pas qu'un peu ! Il tanguait et elle haletait, Camille. Elle haletait tant qu'elle pouvait. J'allais en avoir des choses à lui raconter à Julien !
Lundi 1er juillet
C'est le soleil qui nous a sorties du lit.
‒ Qu'on profite à fond de la journée.
Boris et Lucas étaient déjà attablés devant leur tente, devant un café, les pieds en éventail.
‒ Mais vous dormez jamais !
‒ Le moins possible. On vous emmène alors ? Vous voulez la voir cette plage ?
Un peu qu'on voulait !
‒ Le temps de prendre une douche vite fait. D'avaler quelque chose. Et on est à vous.
Camille a murmuré.
‒ On est à eux… On est à eux… Si seulement ça pouvait être vrai !
On s'est faufilés sous des barbelés. On a escaladé un muret, traversé un jardin.
‒ Vous savez ce que vous faites au moins ?
‒ Mais oui ! Vous inquiétez pas !
On a longé, de tout près, une superbe villa.
‒ Vous êtes sûrs qu'il y a personne ?
‒ Certains.
C'était juste en dessous. Une charmante petite plage-crique dans un écrin de verdure.
‒ Et v'là l'affaire !
Superbe. Ils s'étaient pas fichus de nous. Ah non alors !
‒ Et pour être tranquilles, là on est tranquilles.
On l'a pas été longtemps. Le temps de se désaper. De s'étendre tous les quatre côte à côte sur le sable.
‒ On n'est pas bien ici ? Et le portable de Boris a carillonné.
‒ Allô ! Oui ?
Il s'est éloigné, a marché de long en large, fait signe à Lucas de le rejoindre. Ils se sont concertés. Et puis…
‒ Désolés, les filles ! Faut qu'on y aille ! Un pote à nous qu'a de gros soucis.
‒ Vous en avez pour longtemps ?
‒ On sait pas. On peut pas savoir. Mais restez ! Profitez-en !
On n'est pas restées.
‒ Ça a pas d'intérêt sans eux.
Et on est retournées sur la grande plage. Se faire bronzer. Pile. Face. Face. Pile. Mater. Et se faire mater.
Camille s'est agacée.
‒ C'est bien beau tout ça, mais si c'est pour que ça en reste là…
‒ Ça va bien finir par venir.
‒ Oui, ben ça en prend pas vraiment le chemin ! Non… Sur une plage normale ils sont pas à poil, mais les mecs au moins ils s'intéressent à toi. Ils viennent te causer. Tandis qu'ici…
Elle a fait couler du sable entre ses doigts.
‒ C'est comme les deux autres, là ! Boris et Lucas. T'en penses quoi, toi ?
‒ Qu'est-ce tu veux que j'en pense ? On peut s'en faire de bons copains si on veut.
‒ Voilà, tout est dit. C'est ça. C'est exactement ça. Des bons copains. Et rien d'autre. Oui, eh ben moi, ça me va pas du tout. Parce qu'il me plaît trop, Lucas. Et de plus en plus. Alors je peux te dire qu'il va y passer. Le grand jeu, je vais lui sortir. Et si ça le fait pas… Alors là si ça le fait pas, je me fais nonne.
20 heures
Ils n'étaient pas au camping.
‒ Mais qu'est-ce qu'ils foutent ?
 Si leur pote a besoin d'eux…
‒ Oui, ben on reste pas là alors, hein ! On va faire un tour. Je vais devenir folle, moi, sinon, à attendre comme ça.
Et on est allées se promener sur le port. Au milieu de la foule qui déambulait. Avec les bars et les restaurants pleins de monde. Et… Et c'est là que je l'ai aperçu. Attablé devant une pleine plâtrée de moules. Charusse ! Non, mais alors là ! On est repassées. Il ne m'a pas vue. Mais c'était lui. C'était bien lui. Qui savait que j'étais là. Je lui avais dit. Alors… Alors il allait tout écumer ‒ rues, plages, cafés – jusqu'à ce que, comme par hasard, il me tombe dessus. « C'est pas vrai que c'est ici que vous vous êtes en vacances, vous aussi ! C'est un endroit que j'adore. J'y viens tous les ans. » Menteur ! Oh, mais c'est qu'elles allaient devenir intéressantes, les vacances. Très intéressantes. Je n'ai rien dit à Camille. J'ai pas envie. Pour le moment j'ai pas envie.
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